{"id":5381,"date":"2024-06-13T19:48:13","date_gmt":"2024-06-13T19:48:13","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/le-tableau-de-gogol-petites-anachronies-au-sujet-des-arts-et-de-la-litterature\/"},"modified":"2024-09-09T19:01:09","modified_gmt":"2024-09-09T19:01:09","slug":"le-tableau-de-gogol-petites-anachronies-au-sujet-des-arts-et-de-la-litterature","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5381","title":{"rendered":"Le tableau de Gogol: petites anachronies au sujet des arts et de la litt\u00e9rature"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6875\">Dossier \u00abArts, litt\u00e9rature: dialogues, croisements, interf\u00e9rences\u00bb, n\u00b07<\/a><\/h5>\n<p>Dans une nouvelle intitul\u00e9e <em>Le portrait<\/em><a id=\"footnoteref1_b8bqyqz\" class=\"see-footnote\" title=\"Dans sa version originale\u00a0: Gogol, \u00ab\u00a0Portret\u00a0\u00bb, Letchworth, Hertfordshire, Bradda Books, 1975.\u00a0 Traduction fran\u00e7aise dans La pl\u00e9iade, Gallimard. \" href=\"#footnote1_b8bqyqz\">[1]<\/a><em>,<\/em> Gogol d\u00e9crit une sc\u00e8ne o\u00f9 la chambre du peintre Tchartkov s\u2019apparente \u00e0 un tableau dont le contraste entre la lumi\u00e8re et les ombres provoque des liens inattendus entre les objets et dessine un corps d\u00e9sarticul\u00e9 \u2014 corps de choses dont le d\u00e9ploiement rappelle les orchestrations incoh\u00e9rentes de l\u2019\u00eatre glissant dans le sommeil\u00a0: \u00ab\u00a0La lune se jouait toujours \u00e0 travers la pi\u00e8ce, arrachant \u00e0 l\u2019ombre ici une toile, l\u00e0 une main de pl\u00e2tre, ailleurs une draperie abandonn\u00e9e sur une chaise, un pantalon, des bottes non cir\u00e9es <a id=\"footnoteref2_7h8xuj6\" class=\"see-footnote\" title=\"Ibid., en russe, p.\u00a026, traduction, p.\u00a0683-4. \" href=\"#footnote2_7h8xuj6\">[2]<\/a>.\u00a0\u00bb \u00c0 cette vision d\u2019un corps d\u00e9coup\u00e9 en artefacts r\u00e9pond, dans la nouvelle, celle d\u2019un visage\u00a0: la description d\u2019un tableau \u00e9nigmatique dont Tchartkov fera la malheureuse acquisition et qui repr\u00e9sente le visage d\u2019un vieillard. Le lecteur r\u00e9alise que, si ce visage impassible (de <em>bronze<\/em>, pr\u00e9cise la nouvelle) constitue l\u2019objet du tableau, il agit \u00e0 son tour tel un autre cadre dans le cadre du tableau\u00a0: \u00ab\u00a0le peintre semblait avoir encastr\u00e9 dans sa toile des <em>yeux arrach\u00e9s<\/em> \u00e0 un \u00eatre humain<a id=\"footnoteref3_njw2r2c\" class=\"see-footnote\" title=\"Ibid., en russe, p.\u00a020, traduction, p.\u00a0681. \" href=\"#footnote3_njw2r2c\">[3]<\/a>\u00a0\u00bb. \u0152uvre d\u2019art dans l\u2019\u0153uvre d\u2019art, les yeux sont d\u00e9crits comme \u00ab\u00a0vivants\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0<em>Vyrezany\u00a0iz jivovo tchelovieka\u00bb <\/em>\u00e9crit Gogol \u00e0 propos des yeux, c\u2019est-\u00e0-dire litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0d\u00e9coup\u00e9s d\u2019un homme vivant\u00a0\u00bb et non \u00ab\u00a0arrach\u00e9s\u00a0\u00bb comme le sugg\u00e8re ici la traduction classique. Or le d\u00e9coupage est bien l\u2019acte qui pr\u00e9side au cadrage d\u2019un tableau. C\u2019est aussi un paradigme important de la culture visuelle occidentale\u00a0: peindre, \u00e9crire, analyser, photographier, filmer supposeraient que le regard distingue, singularise et pr\u00e9l\u00e8ve des signes, des unit\u00e9s de sens, et qu\u2019il maintienne la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 distance en l\u2019objectivant.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Dans les deux cas \u2014 soit le d\u00e9coupage de la chambre par le jeu des ombres et de la lumi\u00e8re, et le surcadrage du tableau o\u00f9 des yeux vivants apparaissent \u2014 ce qui est donn\u00e9 \u00e0 voir selon les modalit\u00e9s m\u00eames de la d\u00e9coupe se trouve pourtant \u00e0 brouiller la limite entre la repr\u00e9sentation et le donn\u00e9 ph\u00e9nom\u00e9nologique. Sans doute est-ce \u00e0 dire que toute repr\u00e9sentation est aussi, d\u2019un point de vue ph\u00e9nom\u00e9nologique, un ph\u00e9nom\u00e8ne livr\u00e9 \u00e0 la perception. Mais cela serait sans compter <em>l\u2019\u00e9paisseur<\/em> manifeste qu\u2019entretiennent les diverses strates de ce d\u00e9coupage, la diff\u00e9rence d\u2019appr\u00e9hension qui caract\u00e9rise ici, pr\u00e9cis\u00e9ment, le fait de voir. Car Gogol ne peut d\u00e9crire cette vision qu\u2019en plusieurs \u00e9tapes\u00a0: dans l\u2019\u00e9paisseur nocturne de la chambre, les objets appara\u00eetraient les uns apr\u00e8s les autres tels les signes d\u2019une \u00e9criture; et le visage du vieillard ne r\u00e9v\u00e8le le secret du tableau qu\u2019aux limites d\u2019une d\u00e9coupe en abyme\u00a0: les yeux du tableau renversent l\u2019orientation m\u00eame du regard cens\u00e9 l\u2019envelopper; c\u2019est le peintre qui se voit d\u00e9sign\u00e9 ici \u00ab\u00a0objet du regard\u00a0\u00bb, tandis que l\u2019objet de son propre regard se voit diff\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019infini. Alors, l\u2019assurance que pouvait fournir la d\u00e9coupe du regard le dispute \u00e0 la puissance m\u00e9tamorphique et narrative des images.\u00a0<\/p>\n<p>La nouvelle de Gogol semble \u00ab\u00a0illustrer\u00a0\u00bb parfaitement les rapports entre l\u2019art et la litt\u00e9rature. Elle applique de mani\u00e8re exemplaire les techniques \u00e9prouv\u00e9es de l\u2019<em>ekphrasis<\/em> classique, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019art de repr\u00e9senter verbalement une repr\u00e9sentation visuelle. Mais au-del\u00e0 de cette merveilleuse concordance, la nouvelle devrait nous amener plus loin. Aussi, \u00e0 partir de l\u2019exemple de Gogol, j\u2019aimerais tirer trois conclusions qui me permettront justement de pr\u00e9senter le d\u00e9bat autour de cette relation entre les arts et la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re consiste \u00e0 reconna\u00eetre que le rapport entre les arts et la litt\u00e9rature passe toujours par une <em>exp\u00e9rience<\/em> des choses et des \u00eatres, par une relation avec le monde. Si Tchartkov voit se composer dans sa chambre le jeu de l\u2019ombre et de la lumi\u00e8re, c\u2019est bien parce qu\u2019il est peintre et que son exp\u00e9rience est d\u2019abord constitu\u00e9e de ce qui caract\u00e9rise l\u2019exp\u00e9rience d\u2019un peintre.\u00a0 Il ne peut voir et regarder autrement qu\u2019avec cette exp\u00e9rience qui est la sienne. Et si, \u00e0 son tour, ce tableau ph\u00e9nom\u00e9nologique produit une intrigue, en ce que s\u2019y r\u00e9v\u00e8le dans le temps de la lecture la composition \u00e9nigmatique et inusit\u00e9e d\u2019un corps, c\u2019est bien parce que la mat\u00e9rialit\u00e9 m\u00eame de l\u2019\u00e9criture oblige Gogol \u00e0 la d\u00e9crire dans cette forme. La rencontre entre la peinture et l\u2019\u00e9criture suppose donc une exp\u00e9rience de ces mat\u00e9rialit\u00e9s et de ces formes, des habitudes, des ensembles de gestes et d\u2019attitudes. L\u2019art ne rencontre pas la litt\u00e9rature comme deux objets se rencontreraient dans l\u2019espace, car chacun de ces termes renvoie \u00e0 des pratiques bien concr\u00e8tes dont on ne saurait pourtant pr\u00e9ciser l\u2019exact commencement ou la fin pr\u00e9cise. L\u2019exp\u00e9rience humaine, comprise dans son historicit\u00e9, est elle-m\u00eame le lieu de toutes les m\u00e9tamorphoses parce qu\u2019elle d\u00e9bute elle-m\u00eame avec les techniques de l\u2019art<a id=\"footnoteref4_kzay9y2\" class=\"see-footnote\" title=\"\u00c0 ne pas confondre avec l\u2019art technicien. \" href=\"#footnote4_kzay9y2\">[4]<\/a>.\u00a0<\/p>\n<p>Cela conduit \u00e0 ma seconde conclusion\u00a0: la relation entre les arts et la litt\u00e9rature suppose une exp\u00e9rience toujours d\u00e9j\u00e0 elle-m\u00eame engag\u00e9e dans des mat\u00e9rialit\u00e9s appel\u00e9es \u00e0 se transformer. C\u2019est le cas parce que toute exp\u00e9rience est toujours d\u00e9j\u00e0 m\u00e9diatis\u00e9e. Pour apprendre \u00e0 observer le monde comme un peintre doit le faire, Tchartkov a d\u00fb recevoir de ses ma\u00eetres un savoir-faire qu\u2019il met \u00e0 son tour en pratique. C\u2019est, bien s\u00fbr, ce qu\u2019on appelle la \u00ab\u00a0transmission\u00a0\u00bb. Mais le fait est que toute transmission exige une m\u00e9diation, un cadre mat\u00e9riel\u00a0: c\u2019est, en l\u2019occurrence, le cadre de vision perspectiviste, le prestige de la statuaire dont la mati\u00e8re semble conf\u00e9rer \u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de l\u2019art, c\u2019est la mat\u00e9rialit\u00e9 du cadre qui d\u00e9coupe et enserre la repr\u00e9sentation plus qu\u2019elle ne la porte, ce sont les nuances picturales des huiles par lesquelles les couleurs et les ombres attirent le regard. Mais c\u2019est aussi la peinture devenue art du solitaire que l\u2019on transporte d\u00e9sormais chez le collectionneur comme on le ferait d\u2019un livre chez le lecteur; c\u2019est cet art qui a quitt\u00e9 l\u2019horizon des grands projets (les fresques, les vastes compositions publiques). Cet art-l\u00e0 partage avec la litt\u00e9rature, <em>mat\u00e9riellement parlant, <\/em>l\u2019exp\u00e9rience du repliement dans la sph\u00e8re du priv\u00e9. D\u2019o\u00f9, en partie, la nostalgie romantique pour les ruines d\u2019un monde o\u00f9 l\u2019art se serait exprim\u00e9 jusque dans la vie la plus profane, faisant de la nature elle-m\u00eame le g\u00e9nie des repr\u00e9sentations et de la r\u00eaverie la plus solitaire l\u2019exploration funambulesque d\u2019un dehors illimit\u00e9. Au moment o\u00f9 ces deux espaces \u2014 int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur, priv\u00e9 et public, imaginaire et r\u00e9el \u2014 se radicalisent jusqu\u2019\u00e0 \u00e9clater, prolif\u00e8rent justement les consid\u00e9rations sur le m\u00e9lange des arts, comme si l\u2019on souhaitait par l\u00e0 abolir les fronti\u00e8res entre des mat\u00e9rialit\u00e9s diff\u00e9rentes afin de prouver une fois pour toute la seule puissance de la cr\u00e9ativit\u00e9 artistique \u2014 autre avatar de l\u2019imagination cr\u00e9atrice. Pourtant, c\u2019est la mat\u00e9rialit\u00e9 nouvelle des m\u00e9diations qui, depuis la Renaissance, pr\u00e9pare cet \u00e9clatement\u00a0: inventions optiques, technologies nouvelles de vision qui permettent de relativiser les mondes. L\u2019\u00e9clatement trouvera son climax moderne au moment o\u00f9, pour le dire comme Baudelaire, l\u2019artiste \u00ab\u00a0ordonne la somme de mat\u00e9riaux involontairement amass\u00e9s<a id=\"footnoteref5_zr11p2h\" class=\"see-footnote\" title=\"Charles Baudelaire, \u00ab\u00a0Le peintre de la vie moderne\u00a0\u00bb, \u00c9crits sur l\u2019art, Livre de Poche, 1970. \" href=\"#footnote5_zr11p2h\">[5]<\/a>\u00a0\u00bb. Le peintre que celui-ci d\u00e9crit dans son essai entreprend des \u00ab\u00a0tableaux vivants et surprenants, d\u00e9calqu\u00e9s sur la vie elle-m\u00eame<a id=\"footnoteref6_ei8bq6y\" class=\"see-footnote\" title=\"Ibid. \" href=\"#footnote6_ei8bq6y\">[6]<\/a>\u00bb. La v\u00e9ritable nature de la relation entre litt\u00e9rature et peinture ne semble-t-elle pas li\u00e9e, chez Baudelaire, \u00e0 ce sursaut du vivant au c\u0153ur de l\u2019\u0153uvre et qui abolit toute distinction entre les pratiques? C\u2019est aussi le grand subterfuge (et l\u2019angoisse essentielle) dans la nouvelle de Gogol que de convaincre le lecteur de ce que l\u2019art le plus parfait, en s\u2019approchant ainsi de la vie, risque d\u2019abolir l\u2019art dans la vie elle-m\u00eame. Mais tandis que Gogol se d\u00e9bat contre les d\u00e9mons qu\u2019\u00e9voque une telle possibilit\u00e9, Baudelaire rench\u00e9rit.\u00a0<\/p>\n<p>Or le rapport entre les arts et la litt\u00e9rature ne se laisse pas d\u00e9partager entre, d\u2019une part, une conception \u00ab\u00a0essentialiste\u00a0\u00bb des arts (par exemple\u00a0: dans le c\u00e9l\u00e8bre <em>Laocoon<\/em> de Lessing au milieu du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle) et une conception \u00ab\u00a0abolitionniste\u00a0\u00bb, aussi peu radicale soit-elle, qui supposerait le m\u00e9lange entre les arts. C\u2019est la derni\u00e8re conclusion \u00e0 tirer de la le\u00e7on du peintre Tchartkov\u00a0: le \u00ab\u00a0d\u00e9coupage\u00a0\u00bb ou la \u00ab\u00a0division\u00a0\u00bb produit des effets de renversements et de brouillages qui n\u2019autorisent pas \u00e0 traiter des arts et de la litt\u00e9rature comme il en serait de disciplines adversaires ou purement transitives. Comme le \u00ab\u00a0cadre\u00a0\u00bb du tableau de Tchartkov qui, en multipliant ses effets, finit par s\u2019abolir dans la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un regard, c\u2019est parfois en explorant la singularit\u00e9 la plus forte d\u2019un art qu\u2019on y trouve ce qu\u2019on attendait d\u2019un autre. C\u2019est le langage sur l\u2019art et, avec lui, l\u2019institution de l\u2019art qui apposent trop souvent les scell\u00e9s sur ce qui, en pratique, ne cesse de s\u2019ouvrir et de communiquer. En visant la reconnaissance et la l\u00e9gitimit\u00e9, chaque art, destin\u00e9 par de nouvelles possibilit\u00e9s mat\u00e9rielles, est confront\u00e9 \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de prouver sa sp\u00e9cificit\u00e9. Mais ce sont l\u00e0 des questions fondamentalement institutionnelles. Les pratiques ne dialoguent pas moins pour autant, du plus lointain des arts au plus r\u00e9cent. C\u2019est ce que r\u00e9v\u00e8le, par exemple, les nouvelles textualit\u00e9s multim\u00e9diatiques, ne serait-ce que parce que le mot \u00ab\u00a0texte\u00a0\u00bb, de <em>textus<\/em>, au sens propre, renvoie \u00e0 l\u2019action s\u00e9culaire de \u00ab\u00a0tisser\u00a0\u00bb et relie non seulement l\u2019\u00e9criture et les images \u00e9lectroniques, mais les plus anciennes traditions orales aux technologies de l\u2019image les plus r\u00e9centes et les plus multiformes. On con\u00e7oit alors l\u2019importance de reconna\u00eetre les m\u00e9diations de l\u2019exp\u00e9rience <em>dans le temps.<\/em> Car ces diverses relations se croisent et interf\u00e8rent de mani\u00e8re temporelle; elles induisent une lecture anachronique de nos m\u00e9diations. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de consid\u00e9rer les relations entre m\u00e9dias en termes d\u2019une \u00ab\u00a0\u00e9paisseur\u00a0\u00bb temporelle. Parce que les arts ont leurs <em>histoires,<\/em> leurs intrigues et leurs \u00e9nigmatiques repliements, \u00e9tudier leurs relations consiste alors \u00e0 prendre en compte la charge historique que chacun lib\u00e8re et qui fait de leurs \u00e9changes non pas un simple croisement de th\u00e8mes, un simple jeu d\u2019influences mutuelles et d\u2019interdiscursivit\u00e9, mais une ouverture sur le possible.\u00a0<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 partir de l\u00e0, me semble-t-il, que la r\u00e9flexion contemporaine sur l\u2019interm\u00e9dialit\u00e9, les nouvelles textualit\u00e9s, les interf\u00e9rences et le dialogisme peut porter. Depuis quelques ann\u00e9es, dans ce domaine, les analyses comparatistes ou interdiscursives ont laiss\u00e9 place d\u2019une part \u00e0 des efforts de th\u00e9orisation du rapport entre les diff\u00e9rentes mat\u00e9rialit\u00e9s et modalit\u00e9s des m\u00e9dias, d\u2019autre part \u00e0 des analyses d\u2019\u0153uvres et de pratiques plus sensibles \u00e0 la complexit\u00e9 et \u00e0 la diversit\u00e9 des croisements interm\u00e9diatiques.\u00a0<\/p>\n<p>La revue <em>Postures<\/em> s\u2019engage aujourd\u2019hui de front dans ce d\u00e9bat.\u00a0<\/p>\n<p><!--novelty_footnote_list()--><\/p>\n<section class=\"footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed\" data-collapsible-show-label=\"Notes\" data-collapsible-hide-label=\"Notes\">\n<h2>Notes<\/h2>\n<p id=\"footnote1_b8bqyqz\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref1_b8bqyqz\">[1]<\/a> Dans sa version originale\u00a0: Gogol, \u00ab\u00a0Portret\u00a0\u00bb, Letchworth, Hertfordshire, Bradda Books, 1975.\u00a0 Traduction fran\u00e7aise dans <em>La pl\u00e9iade, <\/em>Gallimard.<\/p>\n<p id=\"footnote2_7h8xuj6\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref2_7h8xuj6\">[2]<\/a> <em>Ibid.<\/em>, en russe, p.\u00a026, traduction, p.\u00a0683-4.<\/p>\n<p id=\"footnote3_njw2r2c\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref3_njw2r2c\">[3]<\/a> <em>Ibid., <\/em>en russe, p.\u00a020, traduction, p.\u00a0681.<\/p>\n<p id=\"footnote4_kzay9y2\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref4_kzay9y2\">[4]<\/a> \u00c0 ne pas confondre avec l\u2019art technicien.<\/p>\n<p id=\"footnote5_zr11p2h\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref5_zr11p2h\">[5]<\/a> Charles Baudelaire, \u00ab\u00a0Le peintre de la vie moderne\u00a0\u00bb<em>, \u00c9crits sur l\u2019art,<\/em> Livre de Poche, 1970.<\/p>\n<p id=\"footnote6_ei8bq6y\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref6_ei8bq6y\">[6]<\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n<\/section>\n<p><!--\/novelty_footnote_list()--><\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Villeneuve, Johanne. 2005. \u00abLe tableau de Gogol: petites anachronies au sujet des arts et de la litt\u00e9rature\u00bb, <em>Postures<\/em>, Dossier \u00abArts, litt\u00e9rature: dialogues, croisements, interf\u00e9rences\u00bb, n\u00b07, En ligne, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5381 (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx).<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/villeneuve-07.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 villeneuve-07.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-5fb7a1d3-7406-411f-890b-e1af1f0bd333\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/villeneuve-07.pdf\">villeneuve-07<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/villeneuve-07.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-5fb7a1d3-7406-411f-890b-e1af1f0bd333\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier \u00abArts, litt\u00e9rature: dialogues, croisements, interf\u00e9rences\u00bb, n\u00b07 Dans une nouvelle intitul\u00e9e Le portrait[1], Gogol d\u00e9crit une sc\u00e8ne o\u00f9 la chambre du peintre Tchartkov s\u2019apparente \u00e0 un tableau dont le contraste entre la lumi\u00e8re et les ombres provoque des liens inattendus entre les objets et dessine un corps d\u00e9sarticul\u00e9 \u2014 corps de choses dont le d\u00e9ploiement 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