{"id":5433,"date":"2024-06-13T19:48:16","date_gmt":"2024-06-13T19:48:16","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/lengagement-altermondialiste-de-tomas-jensen\/"},"modified":"2024-09-11T04:48:55","modified_gmt":"2024-09-11T04:48:55","slug":"lengagement-altermondialiste-de-tomas-jensen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5433","title":{"rendered":"L\u2019engagement altermondialiste de Tom\u00e1s Jensen"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6880\">Actes du colloque \u00abEngagement: imaginaires et pratiques\u00bb, Hors s\u00e9rie n\u00b01<\/a><\/h5>\n<p>Depuis ses d\u00e9buts musicaux au Qu\u00e9bec en 1998, Tom\u00e1s Jensen a \u00e9t\u00e9 invariablement pr\u00e9sent\u00e9 comme un chanteur engag\u00e9 \u2014 du moins jusqu\u2019en 2006. Certaines pi\u00e8ces de l\u2019opus <em>Pied-de-nez<\/em> (2002) de Jensen et de ses musiciens, les Faux-Monnayeurs, confirment la justesse de cette cat\u00e9gorisation en faisant implicitement r\u00e9f\u00e9rence aux manifestations qui eurent lieu durant les Sommets de Qu\u00e9bec (celui des Am\u00e9riques et celui des Peuples), en avril 2001. Si la pratique esth\u00e9tique de l\u2019artiste semble color\u00e9e par le discours altermondialiste, qu\u2019en est-il de son parcours\u00a0? Le chanteur d\u2019origine argentine adopte-t-il une posture coh\u00e9rente par rapport \u00e0 la mouvance militante pr\u00e9\u00e9minente de son \u00e9poque\u00a0?<\/p>\n<p>Identifions d&rsquo;abord ce qui caract\u00e9rise ce type d\u2019engagement et son imaginaire, avant d&rsquo;analyser le parcours sp\u00e9cifique de Tom\u00e1s Jensen \u00e0 la lumi\u00e8re de ces observations. On pourra alors avancer quelques hypoth\u00e8ses expliquant l\u2019essoufflement actuel du mouvement, du moins chez Jensen et quelques autres groupes musicaux qui s\u2019inscrivent dans la m\u00eame voie, celle de la chanson engag\u00e9e altermondialiste.<\/p>\n<h2>L\u2019engagement altermondialiste<\/h2>\n<p>Avant toute chose, il est essentiel de tenter une d\u00e9finition de l\u2019altermondialisme et aussi de pr\u00e9ciser ce qu\u2019on entend par \u00ab\u00a0engagement\u00a0\u00bb. Pour cerner ce dernier terme, on utilisera la r\u00e9flexion d\u2019Anne Benetollo, qui a pens\u00e9 les liens entre le rock et la politique. Selon sa perspective, un artiste est engag\u00e9 \u00ab\u00a0s\u2019il prend parti ou position dans ses chansons dans le but de recruter des individus dans un mouvement social sp\u00e9cifique, contribuer \u00e0 la prise de conscience sur un probl\u00e8me de son temps, remplir une fonction significative\u00a0\u00bb (1999, p. 164). On ajoutera qu\u2019elle adjoint \u00e0 ce portrait un crit\u00e8re de coh\u00e9rence entre l\u2019engagement affich\u00e9 dans la production artistique et les agissements personnels des artistes eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>L\u2019une des causes qui ont ralli\u00e9 de nombreux artistes au tournant du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle est l\u2019altermondialisme, un vaste mouvement de contestation face \u00e0 la mondialisation des march\u00e9s n\u00e9goci\u00e9e par des accords de libre-\u00e9change englobant toujours plus de nations. Dans un article paru en 2005 dans la revue <em>Anthropologie et Soci\u00e9t\u00e9s<\/em>, Jean-Fr\u00e9d\u00e9ric Lemay identifie comme les \u00e9v\u00e9nements fondateurs de la mouvance altermondialiste les sommets \u00e9cologistes qui ont suivi celui de Rio en 1992, la r\u00e9volte zapatiste d\u00e9clench\u00e9e en 1994 au Chiapas et la manifestation contre l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) survenue \u00e0 Seattle en 1999. (2005, p. 39-40.) L\u2019opposition au libre-\u00e9change \u00e9conomique rassemble d\u2019abord des membres d\u2019organisations syndicales, sociales et environnementales. Ces groupes tentent d\u2019\u00e9laborer des solutions de remplacement, dont la formation d\u2019une Alliance sociale continentale, ayant pour objectif premier de tisser des liens entre les citoyens des pays des trois Am\u00e9riques. (Brunelle et Deblock, 2000, p.\u00a0132.) Le Br\u00e9sil et le Mexique sont consid\u00e9r\u00e9s comme les terreaux de ce projet\u00a0: le sommet de Rio a accueilli des d\u00e9l\u00e9gations de partout dans le monde, et la r\u00e9volte zapatiste a re\u00e7u la sympathie de nombreux militants de tous horizons. De plus, en raison de certains gains des syndicats obtenus durant la n\u00e9gociation du Mercosud, un march\u00e9 commun \u00e0 plusieurs pays d\u2019Am\u00e9rique latine, la partie australe du continent semble prometteuse pour les sociaux-d\u00e9mocrates. (<em>Ibid<\/em>., p. 142-143.) Un imaginaire se d\u00e9veloppe alors, celui \u2014 non d\u00e9nu\u00e9 de fondement, mais tout de m\u00eame fantasm\u00e9 \u2014 d\u2019une Am\u00e9rique du Sud combative, citoyenne, impliqu\u00e9e socialement et soucieuse de la pr\u00e9servation de l&rsquo;environnement.<\/p>\n<p>L\u2019engouement pour le commerce \u00e9quitable, qui vise \u00e0 supprimer les interm\u00e9diaires entre les travailleurs plus pauvres des pays du Sud (notamment de certaines contr\u00e9es latino-am\u00e9ricaines) et les consommateurs des pays industrialis\u00e9s du Nord, et l\u2019incorporation de cette pratique dans la mouvance altermondialiste sont aussi r\u00e9v\u00e9lateurs de cet imaginaire. (Lemay, 2005, p. 46.) Par ailleurs, un tel imaginaire n\u2019est pas sans ressasser certains clich\u00e9s, comme le partage de m\u00eames racines latines entre les Qu\u00e9b\u00e9cois et les Sud-Am\u00e9ricains. Quoi qu\u2019il en soit, la g\u00e9ographie se trouve d\u2019une certaine fa\u00e7on r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9e sous l\u2019influence de cette pens\u00e9e \u00e9mergente.<\/p>\n<p>Dans l\u2019histoire militante, la mouvance altermondialiste aurait pour anc\u00eatre le tiers-mondisme. Selon Miguel Benasayag, elle s\u2019en distingue par une \u00ab\u00a0nouvelle radicalit\u00e9\u00a0\u00bb et une forte sensibilit\u00e9 r\u00e9volutionnaire, d\u2019o\u00f9 la sympathie que re\u00e7oivent les forces r\u00e9volutionnaires du Mexique de militants d\u00e9sireux de cr\u00e9er un contre-pouvoir r\u00e9sistant \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme. (2000, p.\u00a06.) D&rsquo;ailleurs, des figures militantes de l\u2019histoire r\u00e9cente (ou non) sont ressuscit\u00e9es en tant que mod\u00e8les\u00a0: Sim\u00f3n Bol\u00edvar et Emiliano Zapata, par exemple. Le cas d\u2019Ernesto \u00ab\u00a0Che\u00a0\u00bb Guevara, \u00e9lu v\u00e9ritable symbole de l\u2019opposition au pouvoir et de militantisme, participe aussi \u00e0 cette id\u00e9alisation de l\u2019Am\u00e9rique latine. Malgr\u00e9 tout ce que la commercialisation de son image peut avoir de paradoxal, le Che incarne parfaitement un mod\u00e8le d\u2019engagement \u00e0 travers ses voyages en Am\u00e9rique du Sud et sa lutte dans la clandestinit\u00e9 pour d\u00e9clencher des r\u00e9volutions. Son exemplarit\u00e9, dans les ann\u00e9es soixante, est attest\u00e9e jusqu\u2019en France o\u00f9 la figure la plus marquante de l\u2019engagement, Jean-Paul Sartre, le d\u00e9crit comme \u00ab\u00a0l\u2019\u00eatre humain le plus complet de notre \u00e9poque\u00a0\u00bb (Sartre cit\u00e9 par Piel, 2007). La post\u00e9rit\u00e9 culturelle du Che est immense, notamment en chanson\u00a0: elles sont nombreuses \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crites \u00e0 son sujet. \u00ab\u00a0Hasta siempre\u00a0\u00bb \u2014 compos\u00e9e par Carlos Puebla et r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9e au Qu\u00e9bec par le groupe Colectivo en 2003 \u2014 en est un exemple.<\/p>\n<p>Non seulement la mouvance altermondialiste d\u00e9finit-elle ses h\u00e9ros, mais la strat\u00e9gie militante se d\u00e9veloppe par la constitution de r\u00e9seaux immenses et solidaires pour concurrencer les relations de pouvoir qui lient les dirigeants et les grands financiers. Pour d\u00e9crire son fonctionnement, Lemay parle de mouvements \u00ab\u00a0organis\u00e9s en r\u00e9seaux nationaux et transnationaux et qui mettent en \u0153uvre des actions localis\u00e9es \u00e0 petite \u00e9chelle et des \u00e9v\u00e9nements coordonn\u00e9s aux niveaux national, continental et international\u00a0\u00bb (2005, p. 40). Benasayag, pour sa part, interpr\u00e8te cette strat\u00e9gie comme un d\u00e9passement en acte de l\u2019individualisme du syst\u00e8me qui forge notre mani\u00e8re d\u2019\u00eatre depuis quelques si\u00e8cles. Cet individualisme peut sembler s\u00e9curitaire, parce qu\u2019il se fonde sur des principes qui r\u00e9alisent l\u2019unicit\u00e9 de chaque \u00eatre humain, mais, toujours selon Benasayag, il forme une soci\u00e9t\u00e9 de la tristesse. La contestation altermondialiste est alors per\u00e7ue comme une \u00ab\u00a0v\u00e9ritable joie\u00a0\u00bb (Benasayag, 2000, p.\u00a08), capable de vaincre la pens\u00e9e dominante.<\/p>\n<p>Cette dynamique appara\u00eet peut-\u00eatre plus clairement aux Qu\u00e9b\u00e9cois lors du deuxi\u00e8me Sommet des Peuples, tenu \u00e0 Qu\u00e9bec en avril 2001, quelques jours avant la r\u00e9union des chefs d\u2019\u00c9tat pour le Sommet des Am\u00e9riques. En effet, \u00e0 cette occasion, des milliers de membres d\u2019organisations diverses se sont r\u00e9unis et ont permis des rencontres par secteurs d\u2019activit\u00e9 entre des travailleurs d\u2019Am\u00e9rique du Sud, des \u00c9tats-Unis et du Qu\u00e9bec. En plus d\u2019aboutir \u00e0 une d\u00e9claration officielle de refus de la Zone de libre-\u00e9change des Am\u00e9riques (ZL\u00c9A), l\u2019\u00e9v\u00e9nement s&rsquo;est termin\u00e9 par une grande marche des peuples. D\u2019autres r\u00e9seaux plus radicaux ont aussi organis\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement parall\u00e8le sur un mod\u00e8le plus ou moins semblable, le \u00ab\u00a0Carnaval anticapitaliste\u00a0\u00bb, dont la \u00ab\u00a0ZL\u00c9A citoyenne\u00a0\u00bb faisait partie. Des organismes divers, tels que des syndicats, des associations \u00e9tudiantes ou humanitaires, mais aussi des fermiers biologiques, ont tenu des kiosques dans les rues de Qu\u00e9bec afin de \u00ab\u00a0transmettre de l\u2019information et de susciter des d\u00e9bats d\u2019id\u00e9es au sujet de la mondialisation\u00a0\u00bb (Tremblay, 2001).<\/p>\n<p>En somme, les strat\u00e9gies militantes visent l\u2019\u00e9mergence de r\u00e9seaux permettant de mettre de l\u2019avant la solidarit\u00e9 comme valeur primordiale. En effet, les r\u00eaves d\u2019\u00e9conomie solidaire et de commerce \u00e9quitable proposent des mod\u00e8les au sein desquels la dynamique de groupe joue un r\u00f4le fondamental. L\u2019exp\u00e9rience de la solidarit\u00e9 se fait sur les plans tant international et national que local.<\/p>\n<p>On peut d\u00e8s lors synth\u00e9tiser ce qui ressort de l&rsquo;imaginaire du militantisme altermondialiste. Cet imaginaire mise sp\u00e9cifiquement sur des figures r\u00e9volutionnaires marquantes, principalement issues de l\u2019histoire latino-am\u00e9ricaine\u00a0: Che Guevara et sa figure de gu\u00e9rillero clandestin qui persiste malgr\u00e9 sa r\u00e9cup\u00e9ration mercantile, mais aussi Emiliano Zapata, \u00e0 la t\u00eate du mouvement zapatiste du Chiapas dans les ann\u00e9es dix. Cependant, les altermondialistes se distancient des m\u00e9thodes clandestines de la gu\u00e9rilla, s\u2019organisant plut\u00f4t en r\u00e9seaux imbriquant le local et l\u2019international. Ils mondialisent ainsi leur mouvement, \u00e0 l\u2019image du syst\u00e8me qu\u2019ils critiquent, dans le but de proposer un autre mod\u00e8le de mondialisation, plus social qu\u2019\u00e9conomique, et plus solidaire qu\u2019individualiste. Dans cette d\u00e9marche, la solidarit\u00e9 est \u00e9lev\u00e9e au rang de valeur-cl\u00e9, contre-pied complet de l\u2019individualisme du syst\u00e8me capitaliste (ou n\u00e9o-lib\u00e9ral) critiqu\u00e9.<\/p>\n<h2>Parcours d&rsquo;un chanteur multiculturel<\/h2>\n<p>La trajectoire dans le champ culturel qu\u00e9b\u00e9cois du chanteur Tom\u00e1s Jensen converge, sous plusieurs aspects, avec l\u2019imaginaire de l\u2019engagement, dont les aspects d\u00e9terminants ont \u00e9t\u00e9 mis en lumi\u00e8re pr\u00e9c\u00e9demment. Du point de vue de l&rsquo;identit\u00e9, Jensen se situe d\u2019embl\u00e9e dans une zone grise. Il est n\u00e9 en Argentine, d&rsquo;une m\u00e8re aux origines espagnoles et italiennes, et d&rsquo;un p\u00e8re d\u2019ascendance irlandaise et danoise. Il quitte son pays tr\u00e8s jeune, suivant d\u2019abord ses parents qui d\u00e9m\u00e9nagent au Br\u00e9sil, puis seulement sa m\u00e8re, qui s\u2019installe au Chili, avant de s\u2019\u00e9tablir finalement en France, alors qu\u2019il n\u2019a que huit ans. Il y passe toute son adolescence, et ce n\u2019est qu\u2019au d\u00e9but de l\u2019\u00e2ge adulte (dans la vingtaine) qu\u2019il choisit le Qu\u00e9bec, d\u00e9cidant de suivre une Qu\u00e9b\u00e9coise dont il est amoureux. Toutes ces p\u00e9r\u00e9grinations ne l\u2019emp\u00eachent pas de nommer l\u2019Argentine son \u00ab\u00a0chez soi\u00a0\u00bb, alors qu\u2019il y est accueilli en \u00e9tranger\u00a0: \u00ab\u00a0[Q]uand je suis au Qu\u00e9bec, on retient de moi mon accent fran\u00e7ais. Quand je suis en France, c\u2019est un Qu\u00e9b\u00e9cois qu\u2019on entend. Et quand je vais en Argentine, je ne suis pas tout \u00e0 fait argentin.\u00a0\u00bb (Jensen interview\u00e9 par Samson, 2002, p.\u00a0C-8.) Le fait d\u2019\u00e9noncer en 2002 qu\u2019il se sent toujours argentin alors qu\u2019il vit au Qu\u00e9bec depuis au moins quatre ans t\u00e9moigne d\u2019un ancrage dans son pass\u00e9 latino-am\u00e9ricain en m\u00eame temps que d\u2019un d\u00e9sir d&rsquo;amenuiser les distances imaginaires entre les deux territoires. D\u2019une certaine fa\u00e7on, ce parcours compliqu\u00e9 et les difficult\u00e9s identitaires qui s\u2019y rattachent invitent \u00e0 faire un premier pied de nez aux fronti\u00e8res politiques.<\/p>\n<p>Si le chanteur situe ses racines en Am\u00e9rique du Sud et vit au Qu\u00e9bec, sa pratique musicale, elle, trouve sa source en France\u00a0: \u00ab\u00a0Renaud [\u2026] est vraiment celui qui m\u2019a donn\u00e9 l\u2019envie d\u2019\u00e9crire des chansons [\u2026]\u00a0\u00bb (Jensen interview\u00e9 par Vigneault, 2002, p. D-6). Tout particuli\u00e8rement, la chanson \u00ab\u00a0Soci\u00e9t\u00e9 tu m\u2019auras pas\u00a0\u00bb aurait marqu\u00e9 Jensen, qui la fredonnait \u00e0 neuf ans. L\u2019anecdote fait sourire, et inscrit la posture militante de Jensen (contestataire de la soci\u00e9t\u00e9 et de ses vendus) dans une pratique de longue date, un engagement constant depuis la tendre enfance. Ainsi, dans ses premi\u00e8res entrevues, Jensen affichait plus volontiers ses pr\u00e9f\u00e9rences fran\u00e7aises en mati\u00e8re de chanson. En 2001, il citait Georges Brassens, Serge Gainsbourg et Alain Bashung parmi ses artistes favoris. Cet engouement pour la chanson fran\u00e7aise ne l\u2019a pas emp\u00each\u00e9, par ailleurs, de mettre de plus en plus en valeur ses inspirations latino-am\u00e9ricaines au moment de la parution de son troisi\u00e8me album, <em>Tom\u00e1s Jensen et les Faux-Monnayeurs, <\/em>en 2004. Il avouait alors admirer le chanteur br\u00e9silien Caetano Veloso, cofondateur du mouvement musical appel\u00e9 \u00ab\u00a0tropicalisme\u00a0\u00bb, dont Jensen dit que les adeptes\u00a0\u00ab\u00a0bouffent les cultures d\u2019ailleurs et les recrachent \u00e0 leur fa\u00e7on [et que les] fronti\u00e8res disparaissent.\u00a0\u00bb (Jensen interview\u00e9 par Poitras, 2004, p. 14.) Se permettant lui-m\u00eame une grande libert\u00e9 dans sa recherche musicale, Tom\u00e1s Jensen identifie aussi la tradition des chansonniers cubains et chiliens \u00e0 textes engag\u00e9s comme ayant une influence d\u00e9terminante sur son \u00e9criture.<\/p>\n<p>C\u2019est donc en France que Jensen fait ses premi\u00e8res armes dans le domaine musical, sans pour autant r\u00e9ussir \u00e0 en vivre. En effet, bien que la chanson soit alors sa principale occupation \u2014 il fait de nombreuses prestations dans les bars \u2014, l&rsquo;assistance sociale demeure sa premi\u00e8re source de revenus. Interrog\u00e9 \u00e0 ce sujet en 2003 par une journaliste du <em>Devoir<\/em>, il expliquait\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0J\u2019avais du mal \u00e0 \u00e9crire des chansons rythm\u00e9es en France. Elles \u00e9taient beaucoup plus moroses. \u00c7\u2019avait beaucoup moins de chance d\u2019attirer l\u2019attention.\u00a0\u00bb (Jensen interview\u00e9 Touzin, 2003, p.\u00a0B7.) Au contraire, \u00e0 Montr\u00e9al, il a l\u2019opportunit\u00e9 de faire des spectacles au pub Le Magellan durant trois ans et de vivre de sa musique. Durant cette p\u00e9riode, les musiciens qui seront plus tard connus sous le nom des Faux-Monnayeurs se joignent au chanteur solo. C\u2019est avec eux qu\u2019il apprend \u00e0 dynamiser sa musique \u00ab\u00a0pour affronter la foule bruyante des bars o\u00f9 il se [produit]\u00a0\u00bb (Touzin, 2003, p. B7).<\/p>\n<p>Ce changement esth\u00e9tique peut donc s\u2019expliquer \u2014 au moins partiellement \u2014 par des raisons pragmatiques. En m\u00eame temps, il est difficile de ne pas tenir compte du courant de musique festive et engag\u00e9e qui \u00e9merge au tournant des ann\u00e9es deux mille et qui correspond aux nouveaux go\u00fbts du public. La fin des ann\u00e9es quatre-vingt-dix voit na\u00eetre des groupes partageant cette esth\u00e9tique nouvelle, de Manu Chao \u00e0 Tryo, en passant par Zebda, Les Ogres de Barback, la Rue K\u00e9tanou, la Tordue et les Hurlements d\u2019L\u00e9o. Au Qu\u00e9bec, on pense notamment \u00e0 La Chango Family et \u00e0 Pol\u00e9mil Bazar, dont le style emprunte au reggae, aux musiques du monde \u2014 en particulier \u00e0 la musique gitane \u2014, et \u00e0 Loco Locass dans la veine rap. Ces groupes sont souvent \u00e9voqu\u00e9s dans les articles concernant Jensen, tant pour comparer leurs styles musicaux que les attribuer \u00e0 une m\u00eame \u00ab\u00a0mode\u00a0\u00bb. C\u2019est probablement aussi cette vogue qui rend le g\u00e9rant de Tom\u00e1s Jensen confiant des possibilit\u00e9s d\u2019exportation de son travail en France, puisque le chanteur n\u2019aura qu\u2019\u00e0 suivre \u00ab\u00a0les traces des formations comme Manu Chao et Noir D\u00e9sir\u00a0\u00bb (<em>idem<\/em>.).<\/p>\n<p>Non seulement Tom\u00e1s Jensen est compar\u00e9 \u00e0 plusieurs artistes par les journalistes et par Louis C\u00f4t\u00e9, son g\u00e9rant, mais il s\u2019identifie lui-m\u00eame \u00e0 un r\u00e9seau incluant certains de ces groupes. Dans le livret d&rsquo;accompagnement de son album <em>Pied-de-nez<\/em>, l\u2019inscription \u00ab\u00a0Salut et longue vie \u00e0 vous\u00a0\u00bb pr\u00e9c\u00e8de l\u2019\u00e9num\u00e9ration suivante\u00a0: Pol\u00e9mil Bazar, Les Ours, Arseniq33, Ivy et Reggie et La Chango Family. Le ton est convivial et solidaire et s\u2019adresse \u00e0 des pairs, des groupes musicaux (on remarquera l\u2019absence de chanteurs solos) install\u00e9s au Qu\u00e9bec et fonctionnant hors des r\u00e9seaux majeurs, dans ce qu\u2019on pourrait nommer la sph\u00e8re de production restreinte de la chanson qu\u00e9b\u00e9coise (pour reprendre les termes du sociologue Pierre Bourdieu). \u00c0 noter, aussi, que toutes ces formations sont en effervescence au moment de l\u2019entr\u00e9e dans le nouveau mill\u00e9naire. Les d\u00e9buts des Ours \u2014 un groupe de country qu\u00e9b\u00e9cois \u2014 et du duo form\u00e9 par Ivy et Reggie \u2014 Ivan Belinski et Jean-Fran\u00e7ois Brassard \u2014 se font au milieu des ann\u00e9es quatre-vingt-dix, mais ces formations connaissent un nouveau d\u00e9part en 2001; les balbutiements de Pol\u00e9mil Bazar se font en 1999 dans les bars de Qu\u00e9bec, et ceux de La Chango Family, en 2000 \u00e0 Montr\u00e9al. Le groupe Arseniq33, form\u00e9 en 1992 en Mont\u00e9r\u00e9gie, est quant \u00e0 lui le doyen de ces formations engag\u00e9es salu\u00e9es par Jensen; on peut cependant souligner qu\u2019il est en pleine tourn\u00e9e qu\u00e9b\u00e9coise durant la p\u00e9riode 1998-2002. Le r\u00e9seau qui s\u2019esquisse ainsi laisse transpara\u00eetre des liens de solidarit\u00e9 entre ces diff\u00e9rents artistes, \u00e0 travers les voyages des tourn\u00e9es qu\u00e9b\u00e9coises et un esprit de groupe certain, rappelant les valeurs de l\u2019imaginaire de l\u2019engagement d\u00e9crit pr\u00e9c\u00e9demment.<\/p>\n<p>L\u2019aspect collectif de la d\u00e9marche de Jensen est incontestable. Sa fa\u00e7on de travailler avec les Faux-Monnayeurs est r\u00e9v\u00e9latrice d\u2019un projet de plus en plus commun et d\u00e9mocratique. Sur la pochette de son premier album, <em>Au pied de la lettre <\/em>(2000) seul le nom de Tom\u00e1s Jensen apparaissait. Par contre, d\u00e8s le deuxi\u00e8me album, <em>Pied-de-nez<\/em>, les noms des quatre musiciens figurent sur la premi\u00e8re page du livret, ce qui leur conf\u00e8re un statut de coauteurs, bien que leurs noms soient \u00e9crits en petits caract\u00e8res au bas de la pochette. Sur ce disque se trouve aussi la premi\u00e8re mention de leur appellation de Faux-Monnayeurs, \u00e0 la fois dans les paroles de la chanson \u00e9ponyme, et \u00e0 la toute fin du livret, lorsqu\u2019il est question de leurs r\u00f4les d\u2019arrangeurs et d\u2019assistants \u00e0 la r\u00e9alisation, \u00e0 la prise de son et au mixage. Les deux disques suivants, <em>Tom\u00e1s Jensen et les Faux-Monnayeurs <\/em>(2004) et <em>Pris sur le vif <\/em>(2006), sont plus explicitement sign\u00e9s par le chanteur et son groupe. L\u2019ann\u00e9e 2006 marque leur s\u00e9paration et, depuis, Tom\u00e1s Jensen a enregistr\u00e9 un nouvel album dans un tout autre registre, <em>Quelqu\u2019un d\u2019autre <\/em>(2008).<\/p>\n<p>Le statut de Jensen au sein du groupe Tom\u00e1s Jensen et les Faux-Monnayeurs (dont il est la seule figure v\u00e9ritablement connue) se r\u00e9v\u00e8le plut\u00f4t ambigu. C\u2019est son nom entier qui fait partie de l\u2019intitul\u00e9 du groupe, alors que les quatre autres membres sont rassembl\u00e9s sous la m\u00eame \u00e9tiquette collective de Faux-Monnayeurs. Malgr\u00e9 tout, Jensen semble avoir un r\u00e9el d\u00e9sir d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un membre du groupe au m\u00eame titre que les autres et de d\u00e9centrer les prises de d\u00e9cision\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0[M]\u00eame si le groupe porte mon nom, \u00e7a demeure un ensemble.\u00a0\u00bb (Jensen interview\u00e9 par Touzin, 2003, p. B-7), sent-il le besoin de pr\u00e9ciser. Mais, puisque c\u2019est lui qui signe les textes des chansons et qui assume toutes les entrevues, ou presque, l\u2019\u00e9quilibre est plut\u00f4t asym\u00e9trique.<\/p>\n<p>Jensen affiche donc une identit\u00e9 trouble, \u00e0 cheval entre l\u2019Argentine, la France et le Qu\u00e9bec. Il puise ses influences surtout dans les milieux militants de gauche et dans la culture sud-am\u00e9ricaine. Sa pratique d\u2019auteur-compositeur-interpr\u00e8te prend forme en France, mais c\u2019est au Qu\u00e9bec qu\u2019il rend sa musique festive et qu\u2019il r\u00e9ussit \u00e0 vivre de son art, tout en s\u2019inscrivant dans un courant de groupes francophones engag\u00e9s. S\u2019il fait lui aussi partie d\u2019une formation, celle-ci semble fortement marqu\u00e9e par sa personnalit\u00e9.<\/p>\n<p>Il y a ainsi une certaine convergence, sous plusieurs aspects, de la pratique artistique de Tom\u00e1s Jensen avec diff\u00e9rents aspects de l\u2019imaginaire de l\u2019engagement altermondialiste. En faisant de son parcours musical une entreprise collective avec les Faux-Monnayeurs, Jensen semble r\u00eaver d\u2019une Am\u00e9rique latine id\u00e9ale, dont les fronti\u00e8res culturelles dispara\u00eetraient (par l\u2019entremise du tropicalisme), et qui manifesterait un d\u00e9sir de solidarit\u00e9 exacerb\u00e9e. Cependant, son adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019id\u00e9al altermondialiste n\u2019est pas totale\u00a0: on peut observer quelques divergences \u00e0 certains moments de sa carri\u00e8re, lorsque sa personnalit\u00e9 d\u2019auteur-compositeur-interpr\u00e8te est mise de l\u2019avant par certains choix \u00e9ditoriaux. Quoi qu\u2019il en soit, ces rapprochements peuvent en partie expliquer la r\u00e9ception des journalistes et du public \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Jensen, mais soul\u00e8vent aussi d\u2019importantes questions concernant la chanson engag\u00e9e actuelle.<\/p>\n<h2>Au-del\u00e0 de l\u2019engagement<\/h2>\n<p>Toutes ces consid\u00e9rations sur les caract\u00e9ristiques du militant altermondialiste, ainsi que sur le parcours particulier de Jensen, permettent de d\u00e9gager certaines similitudes entre le type abstrait et le chansonnier r\u00e9el. Par exemple, tous deux naissent de l\u2019affirmation de liens avec une Am\u00e9rique latine r\u00eav\u00e9e, une utopie activiste o\u00f9 chacun serait engag\u00e9 et o\u00f9 la d\u00e9mocratie participative serait un mod\u00e8le dominant. Tout comme Jensen, le militant type, si l\u2019on peut dire, s\u2019exalte devant des projets collectifs qui tentent de contrer l\u2019individualisme en tant que cons\u00e9quence du capitalisme sauvage et proposent un programme d\u2019\u00e9ducation populaire porteur de changements r\u00e9volutionnaires.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une longue parenth\u00e8se fran\u00e7aise, Jensen revient sur le continent am\u00e9ricain durant sa vingtaine, quelques mois seulement avant les \u00e9v\u00e9nements de Seattle, au c\u0153ur du brassage d\u2019id\u00e9es de cette r\u00e9plique manifestante au libre-\u00e9change \u00e9conomique. Au plus fort de ce discours altermondialiste, le chanteur s\u2019est laiss\u00e9 porter par la vague qui, d\u2019un m\u00eame coup, pouvait le faire renouer avec ses origines sud-am\u00e9ricaines et avec son h\u00e9ritage familial de fils de r\u00e9fugi\u00e9s politiques. Cette vague, d\u2019un point de vue pragmatique, l\u2019a fait b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une popularit\u00e9 en ce qu\u2019il correspondait au type de figure h\u00e9ro\u00efque recherch\u00e9 par les manifestants.<\/p>\n<p>Certaines ambivalences du discours du chanteur et de son parcours laissent \u00e0 penser toutefois que l\u2019ad\u00e9quation n\u2019est que partielle\u00a0: par exemple, la mani\u00e8re dont son projet artistique, bien que collectif, a pour effet de mettre de l\u2019avant sa personnalit\u00e9 et d\u2019exacerber son individualit\u00e9. Sa r\u00e9cente rupture avec les Faux-Monnayeurs, en 2006, et m\u00eame avec cette tradition et cette esth\u00e9tique de l\u2019engagement s\u2019interpr\u00e8te, sous ce nouvel \u00e9clairage, comme un d\u00e9sengagement d\u2019un mouvement social qui s\u2019est essouffl\u00e9. C\u2019est alors que le chanteur peut r\u00e9affirmer ses inspirations fran\u00e7aises, moins festives que sentimentales (il exprime son envie de composer des ballades), qu\u2019il distingue de ses projets aux sonorit\u00e9s latines plus \u00e9lectriques, s\u00e9parant d\u00e9sormais chanson \u00e0 texte et musique festive. L\u2019engouement militant pass\u00e9, l\u2019horizon d\u2019attente a chang\u00e9. Jensen, qui approche la quarantaine, fait le point sur son engagement et se tourne vers des pr\u00e9occupations plus personnelles.<\/p>\n<p>Des plus r\u00e9cents projets de Jensen, la posture contestataire s\u2019est envol\u00e9e, \u00e0 l\u2019instar de ceux d\u2019autres groupes musicaux qui se sont s\u00e9par\u00e9s et ont vu leurs membres r\u00e9aliser des projets \u00e0 titre individuel, comme Mali (Christophe Petit) de Tryo ou, plus pr\u00e8s de chez nous, Hugo Fleury de Pol\u00e9mil Bazar. Comment expliquer sociologiquement cet abandon de la posture militante par plusieurs artistes\u00a0? Par le succ\u00e8s du mouvement de contestation contre la ZL\u00c9A, qui a fait avorter le projet de zone de libre-\u00e9change panam\u00e9ricaine, mais qui, d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 de cause rassembleuse, s\u2019est ensuite d\u00e9sagr\u00e9g\u00e9\u00a0? Ou, si l\u2019on prend le probl\u00e8me \u00e0 l\u2019inverse, quel type de combat, d\u2019engagement au sein de la sph\u00e8re de l\u2019intime, a soudain sembl\u00e9 plus l\u00e9gitime \u00e0 ces chanteurs\u00a0? Si ces interrogations semblent pour l\u2019instant sans r\u00e9ponse, elles peuvent \u00eatre tr\u00e8s f\u00e9condes pour aborder l\u2019histoire de la chanson engag\u00e9e r\u00e9cente, le ph\u00e9nom\u00e8ne de la \u00ab\u00a0militance altermondialiste\u00a0\u00bb dans sa globalit\u00e9, voire m\u00eame pour comprendre les m\u00e9canismes qui nourrissent ou appauvrissent la volont\u00e9 d\u2019activisme chez les artistes.<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Benasayag, Miguel et Diego Sztulwark. 2000. <em>Du Contre-pouvoir\u00a0: de la subjectivit\u00e9 contestataire \u00e0 la construction de contre-pouvoirs<\/em>, Paris\u00a0: \u00c9ditions La\u00a0D\u00e9couverte, 166\u00a0p.<\/p>\n<p>Benetollo, Anne. 1999. <em>Rock et politique\u00a0: censure, opposition, int\u00e9gration<\/em>. Coll. \u00ab\u00a0Logiques sociales\u00a0\u00bb, s\u00e9rie \u00ab\u00a0Musiques et Champ social\u00a0\u00bb. Paris\u00a0: \u00c9ditions L\u2019Harmattan, 278\u00a0p.<\/p>\n<p>Brunelle, Dorval et Christian Deblock. 2000. \u00ab\u00a0Les mouvements d\u2019opposition au libre-\u00e9changisme dans les Am\u00e9riques et la constitution d\u2019une Alliance sociale continentale\u00a0\u00bb. <em>Nouvelles pratiques sociales<\/em>, vol. 13, n<sup>o<\/sup> 2, p. 131-147.<\/p>\n<p>Brunet, Alain. 2001. \u00ab\u00a0Tom\u00e1s et Louise\u00a0\u00bb, <em>La Presse<\/em>, 3 novembre, p. D-6.<\/p>\n<p>Houle, Nicolas. 2003. \u00ab\u00a0Le chantre langag\u00e9\u00a0: Tom\u00e1s Jensen d\u00e9barque ce soir aux Journ\u00e9es d\u2019Afrique avec ses coups de gueule festifs\u00a0\u00bb. <em>Le Soleil<\/em>, 13 septembre, p. C-9.<\/p>\n<p>JENSEN, Tom\u00e1s. 2000. <em>Au Pied de la lettre<\/em>, [ind\u00e9pendant], [disque compact], 46\u00a0min.<\/p>\n<p>JENSEN, Tom\u00e1s. 2002. <em>Pied-de-nez<\/em>, Zone 3, [disque compact], 50 min.<\/p>\n<p>JENSEN, Tom\u00e1s. 2004. <em>Tom\u00e1s Jensen et les Faux-Monnayeurs<\/em>, GSI Musique, [disque compact], 48 min.<\/p>\n<p>JENSEN, Tom\u00e1s. 2008. <em>Quelqu\u2019un d\u2019autre<\/em>, GSI Musique, [disque compact]. 45 min.<\/p>\n<p>Lemay, Jean-Fr\u00e9d\u00e9ric. 2005. \u00ab\u00a0Mouvance altermondialisation et identit\u00e9 collective des organisations\u00a0: les tribulations d\u2019une association de commerce \u00e9quitable\u00a0\u00bb. <em>Anthropologie et Soci\u00e9t\u00e9s<\/em>, vol. 29, n<sup>o<\/sup> 3, p. 39-40.<\/p>\n<p>Piel, Jean. \u00ab\u00a0Questions internationales (1)\u00a0: Che Guevara, un r\u00e9volutionnaire immortel\u00a0\u00bb. <em>Radio France Internationale<\/em>. 2007. En ligne.<\/p>\n<p>&lt; <a href=\"http:\/\/www.rfi.fr\/fichiers\/MFI\/PolitiqueDiplomatie\/2265.asp\">www.rfi.fr\/fichiers\/MFI\/PolitiqueDiplomatie\/2265.asp<\/a> &gt;. Consult\u00e9 en ligne le 23 octobre 2008.<\/p>\n<p>Poitras, Marie-H\u00e9l\u00e8ne. 2004. \u00ab\u00a0Tom\u00e1s Jensen\u00a0: Soci\u00e9t\u00e9 tu l\u2019auras pas\u00a0\u00bb. <em>Voir<\/em>, vol.\u00a018, n<sup>o<\/sup> 36, 9 septembre, p. 14.<\/p>\n<p>Samson, Jacques. 2002. \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9tranger en exil\u00a0: Tom\u00e1s Jensen fait un \u201cPied-de-nez\u201d aux choses qui d\u00e9rangent\u00a0\u00bb. <em>Le Soleil<\/em>, 18 mai, p. C-8.<\/p>\n<p>Touzin, Caroline. 2003. \u00ab\u00a0Un retour aux sources pour Tom\u00e1s Jensen\u00a0\u00bb. <em>Le Devoir<\/em>, 16\u00a0octobre, p.\u00a0B-7.<\/p>\n<p>Tremblay, Robert. \u00ab\u00a0Compte-rendu des activit\u00e9es <em>(sic)<\/em> de la \u201cZLEA citoyenne\u201d\u00a0\u00bb. <em>Centre des m\u00e9dias alternatifs du Qu\u00e9bec<\/em>. 2001. En ligne, <a href=\"http:\/\/www.cmaq.net\/fr\/node\/5765\">www.cmaq.net\/fr\/node\/5765<\/a>. Consult\u00e9 le 3 janvier 2008.<\/p>\n<p>Vigneault, Alexandre. 2002. \u00ab\u00a0Tom\u00e1s Jensen l\u00e8ve le poing\u2026 et tire la langue\u00a0\u00bb. <em>La Presse<\/em>, 18 mai, p. D-6.<\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Pr\u00e9fontaine, Jade. 2009. \u00abL\u2019engagement altermondialiste de Tom\u00e1s Jensen\u00bb, <em>Postures<\/em>, Actes du colloque \u00abEngagement: imaginaires et pratiques\u00bb, Hors s\u00e9rie n\u00b01, En ligne, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5433 (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx). D&rsquo;abord paru dans: Pr\u00e9fontaine, Jade. 2009. \u00abL\u2019engagement altermondialiste de Tom\u00e1s Jensen\u00bb, <em>Postures<\/em>, Actes du colloque \u00abEngagement: imaginaires et pratiques\u00bb, Hors s\u00e9rie n\u00b01, p. 127-137.<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/prefontaine-hd1.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 prefontaine-hd1.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-676c32ed-267b-4b5e-ad68-7c14e313ace6\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/prefontaine-hd1.pdf\">prefontaine-hd1<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/prefontaine-hd1.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-676c32ed-267b-4b5e-ad68-7c14e313ace6\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Actes du colloque \u00abEngagement: imaginaires et pratiques\u00bb, Hors s\u00e9rie n\u00b01 Depuis ses d\u00e9buts musicaux au Qu\u00e9bec en 1998, Tom\u00e1s Jensen a \u00e9t\u00e9 invariablement pr\u00e9sent\u00e9 comme un chanteur engag\u00e9 \u2014 du moins jusqu\u2019en 2006. 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