{"id":5435,"date":"2024-06-13T19:48:16","date_gmt":"2024-06-13T19:48:16","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/lechec-de-la-filiation-reflexion-sur-lengagement-dans-le-banquet-de-sebastien-rose\/"},"modified":"2024-09-11T04:48:02","modified_gmt":"2024-09-11T04:48:02","slug":"lechec-de-la-filiation-reflexion-sur-lengagement-dans-le-banquet-de-sebastien-rose","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5435","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9chec de la filiation : r\u00e9flexion sur l\u2019engagement dans \u00ab Le Banquet \u00bb de S\u00e9bastien Rose"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6880\">Actes du colloque \u00abEngagement: imaginaires et pratiques\u00bb, Hors s\u00e9rie n\u00b01<\/a><\/h5>\n<blockquote>\n<p><em>C&rsquo;est le devoir du cin\u00e9aste de questionner son \u00e9poque, de provoquer des d\u00e9bats et la r\u00e9flexion.<\/em><\/p>\n<p>S\u00e9bastien Rose<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L&rsquo;engagement de l&rsquo;art a longtemps \u00e9t\u00e9 une fa\u00e7on pour les cr\u00e9ateurs de participer \u00e0 la cit\u00e9, les po\u00e8tes refusant d&rsquo;\u00eatre aussi sommairement exclus de la R\u00e9publique. Ils ont le plus souvent pris le parti d&rsquo;exposer une \u00e9ternelle lutte des classes, du moins jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9chec des grandes id\u00e9ologies sociales qui a men\u00e9 les artistes \u00e0 d\u00e9laisser l&rsquo;engagement dans la sph\u00e8re collective pour se r\u00e9fugier dans celle de l&rsquo;intime. Mais si cet int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;intime d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration d\u00e9sillusionn\u00e9 a longtemps \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme un v\u00e9ritable d\u00e9sengagement, la critique a d\u00e9sormais tendance \u00e0 se r\u00e9approprier cette id\u00e9e de l&rsquo;engagement pour en observer les marques dans cette foisonnante litt\u00e9rature centr\u00e9e sur l&rsquo;individu, voyant dans les pr\u00e9occupations des artistes une volont\u00e9 de toucher \u00e0 l&rsquo;universel par le particulier. Bien entendu, l&rsquo;Histoire n&rsquo;est que retours de balancier et les mouvements altermondialistes, n\u00e9s dans les ann\u00e9es quatre-vingt-dix, ont fourni \u00e0 l&rsquo;art un imaginaire renouvel\u00e9 du social, du global. Au moment o\u00f9 ce retour au collectif s&rsquo;essouffle lui aussi, une question demeure\u00a0: est-il possible aujourd&rsquo;hui d&rsquo;engager une \u0153uvre sans pour autant faire le choix de l&rsquo;intime ou du collectif\u00a0? De l&rsquo;esth\u00e9tique ou du social\u00a0? Est-il possible de refuser ces dichotomies et de produire une \u0153uvre engag\u00e9e autrement, qui, \u00e9vitant les modes ou les courants micro-historiques, parviendrait \u00e0 une plus grande universalit\u00e9\u00a0? Le m\u00e9dia cin\u00e9matographique semble \u00eatre id\u00e9al pour une telle aventure, son vocabulaire permettant la proximit\u00e9 du drame intime et le recul du drame social. Un d\u00e9but de r\u00e9ponse se trouve dans <em>Le Banquet<\/em>, un film de fiction de S\u00e9bastien Rose, qui appara\u00eet comme une v\u00e9ritable tentative en ce sens.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, Rose n&rsquo;a rien invent\u00e9\u00a0: les grandes fresques sociales intercalent toujours des \u00e9pisodes plus intimes, des drames plus personnels. Le r\u00e9alisateur d\u00e9clarait d&rsquo;ailleurs : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai beaucoup \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 par <em>Germinal<\/em>. Rappelez-vous, c&rsquo;est lors de la gr\u00e8ve des mineurs que le chaos survient par l&rsquo;entremise de Souvarine.\u00a0\u00bb (Rose interview\u00e9 par Magny, 2008, p. A-7.) Cette filiation litt\u00e9raire s&rsquo;inscrit dans un vaste r\u00e9seau de r\u00e9f\u00e9rences qui tisse le film et r\u00e9pond \u00e0 la th\u00e9matisation de la filiation (toujours probl\u00e9matique) qui appara\u00eet comme la pr\u00e9occupation commune \u00e0 tous les films de S\u00e9bastien Rose. Alors que ses deux premiers films l&rsquo;abordaient plus directement en traitant de relation m\u00e8re-fils (<em>Comment ma m\u00e8re accoucha de moi durant sa m\u00e9nopause<\/em>, 2003), puis p\u00e8re-fils (<em>La vie avec mon p\u00e8re<\/em>, 2005), dans son troisi\u00e8me long-m\u00e9trage il s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 un autre aspect de la filiation (\u00e9galement probl\u00e9matique), l&rsquo;enseignement et la transmission des savoirs d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;autre, \u00e9voquant la le\u00e7on de Pierre Perrault dans <em>Pour la suite du monde<\/em> (1963)<em>. <\/em>Mais le m\u00e9canisme de transmission s&rsquo;enraille\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"margin-left: 28.5pt; text-align: justify;\">Le rapport Parent s&rsquo;effondre, l&rsquo;UQAM est au bord de la faillite. Un syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9ducation \u00e0 deux vitesses est in\u00e9luctable, estime [S\u00e9bastien Rose]. Aujourd&rsquo;hui, on permet \u00e0 tout le monde d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9, m\u00eame \u00e0 ceux qui sont incapables de suivre. Vous trouvez normal que j&rsquo;aie appris \u00e0 \u00e9crire \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9? R\u00e9forme apr\u00e8s r\u00e9forme, on constate la faillite du syst\u00e8me. (Rose interview\u00e9 par Tremblay, 2008, p. E-13.)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans cette d\u00e9claration, on voit bien que Rose d\u00e9nonce plusieurs probl\u00e8mes \u00e0 la fois, des probl\u00e8mes dont les causes ne sont souvent pas les m\u00eames, mais dont les cons\u00e9quences sont forc\u00e9ment li\u00e9es. De quelle fa\u00e7on cette d\u00e9sagr\u00e9gation se manifeste-t-elle \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran? De deux fa\u00e7ons, par le choix et le traitement des lieux qui servent de d\u00e9cors \u00e0 la fiction, mais surtout par la construction de ses personnages, dans leur nuance, dans leurs interrelations, dans la polarisation qui les oppose parfois.<\/p>\n<p>C&rsquo;est que l&rsquo;ennemi est multiple, partout, mais rarement incarn\u00e9. Il se trouve dans les rouages du syst\u00e8me qui avale les individus. Par exemple, le personnage connot\u00e9 le plus n\u00e9gativement, le cynique recteur de l&rsquo;universit\u00e9, qui ne r\u00eave que de b\u00e9ton et compte gagner la bataille contre les \u00e9tudiants en les divisant, appara\u00eet n\u00e9anmoins avec certaines nuances : il sous-entend qu&rsquo;il fut jadis un \u00e9tudiant militant de gauche, d&rsquo;une part, et il est pr\u00e9sent\u00e9 comme un p\u00e8re d\u00e9pass\u00e9 par les probl\u00e8mes et les agissements de sa fille monoparentale toxicomane, d&rsquo;autre part. Ces deux aspects minent donc la caract\u00e9risation monolithique de l&rsquo;\u00e9thos du personnage en tant qu&rsquo;ennemi num\u00e9ro un. Dans un film dont la trame principale demeure une tuerie en milieu universitaire, on pourrait \u00e9galement attendre que le tueur soit pr\u00e9sent\u00e9 comme un ennemi, un antagoniste absolu. Or, Gilbert, un jeune \u00e9tudiant en cin\u00e9ma psychiquement fragile, incapable de trouver sa place dans une universit\u00e9 qui promettait l&rsquo;acc\u00e8s universel, et confront\u00e9 \u00e0 un professeur qui lui refuse les cadres tr\u00e8s rigides dont il a besoin pour survivre, est davantage construit comme une victime, celle de ses propres limites et celle du syst\u00e8me qui \u00e9choue \u00e0 r\u00e9aliser ses promesses d&rsquo;int\u00e9gration.<\/p>\n<p>Ainsi, tout le vaste spectre des personnages est face \u00e0 diff\u00e9rents types de situations dramatiques toutes caract\u00e9ris\u00e9es par un d\u00e9calage entre l&rsquo;id\u00e9al et le r\u00e9el, entre les possibilit\u00e9s et les limites. On voit alors s&rsquo;enfoncer dans les limites du r\u00e9el toute une mosa\u00efque de Dons Quichottes pris dans leur vision id\u00e9alis\u00e9e. Un leader \u00e9tudiant dont les id\u00e9aux se dissolvent dans l&rsquo;arrivisme des n\u00e9cessit\u00e9s de la vie et dans la confrontation \u00e0 une branche radicale du mouvement, une m\u00e8re actrice incapable de supporter la pression sans retomber dans sa d\u00e9pendance \u00e0 la drogue, un professeur de cin\u00e9ma passionn\u00e9 par sa mati\u00e8re et la transmission de celle-ci, mais d\u00e9sillusionn\u00e9 par l&rsquo;apathie des \u00e9tudiants et le nivellement par le bas du syst\u00e8me qui l&#8217;emploie. Tous ces personnages, qui se d\u00e9battent dans un syst\u00e8me broyeur d&rsquo;id\u00e9aux, ont leur part de responsabilit\u00e9 dans la situation qui est la leur. Si l&rsquo;ennemi apparent n&rsquo;est pas qu&rsquo;ennemi, il en va de m\u00eame des victimes. Chacun est le bourreau d&rsquo;un autre. Bien s\u00fbr, cette approche a les d\u00e9fauts de ses qualit\u00e9s. En voulant trop bien faire, on fait trop. La juxtaposition d&rsquo;autant de destins, ajout\u00e9e \u00e0 la situation collective explosive, finit par diluer le propos. Mais peut-\u00eatre faut-il reculer d&rsquo;un pas et observer ce que le tableau g\u00e9n\u00e9ral peut montrer. Comme le dit Rose\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"margin-left: 31.35pt; text-align: justify;\">Dans mon film, le banquet, c&rsquo;est le lieu o\u00f9 tout converge, explique le r\u00e9alisateur. Dans la tradition en Gr\u00e8ce antique, c&rsquo;est un espace de r\u00e9flexion et c&rsquo;est cela que je veux proposer aux spectateurs. Je ne voulais pas faire un film univoque, mais un film ouvert o\u00f9 je pouvais partager mes interrogations avec le public. (Interview\u00e9 par Dumais, 2008.)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette plurivocit\u00e9 des points de vue et cette volont\u00e9 de provoquer la r\u00e9flexion sont d&rsquo;ailleurs appuy\u00e9es par la plasticit\u00e9 m\u00eame du film, tout en \u00e9vitant l&rsquo;esth\u00e9tisation ou la symbolisation du propos. Montage, trame sonore, d\u00e9cors, tout participe \u00e0 construire un discours multiple et dialogique. L&rsquo;absence totale de musique et une image trop ou trop peu \u00e9clair\u00e9e, cr\u00e9ant l&rsquo;illusion de lumi\u00e8re naturelle, donne une impression de r\u00e9alisme documentaire ou de film d&rsquo;archive \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un Gus Van Sant (dont le th\u00e8me du film <em>Elephant<\/em> (2003) est d&rsquo;ailleurs similaire), mais la construction du r\u00e9cit tr\u00e8s \u00e9tudi\u00e9e et le montage presque toujours signifiant nous \u00e9loignent de cet univers du docu-fiction. Les premi\u00e8res images qui constituent le prologue annoncent d\u00e9j\u00e0 efficacement la construction du film \u00e0 venir. Sans narrateur, sans fil \u00e9vident, la cam\u00e9ra nous montre successivement l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;invit\u00e9s distingu\u00e9s exhibant des signes \u00e9vidents de richesse \u00e0 une r\u00e9ception sur fond de manifestation \u00e9tudiante, sous le regard froid d&rsquo;une s\u00e9rie de policiers rev\u00eatant le traditionnel uniforme anti\u00e9meute. Puis, le discours du recteur emplit l&rsquo;\u00e9cran, discours ax\u00e9 sur l&rsquo;ouverture d&rsquo;un grand \u00ab\u00a0chantier du savoir\u00a0\u00bb, \u00e0 prendre au sens litt\u00e9ral et b\u00e9tonesque de l&rsquo;expression, alors que la manifestation d\u00e9g\u00e9n\u00e8re dans un chaos enfum\u00e9. Cette construction dichotomique \u2014 que permet le montage et qui propose sans cesse un va-et-vient, une alternance de points de vue \u2014 masque mal celui du r\u00e9alisateur, mais permet tout de m\u00eame un certain dialogue. \u00c0 chaque image en gros plan sur un visage troubl\u00e9 par un drame int\u00e9rieur r\u00e9pond celle d&rsquo;une foule joyeusement bigarr\u00e9e, carnavalesque. Par exemple, alors que les \u00e9tudiants les plus radicaux se prom\u00e8nent en mobylette dans les couloirs de l&rsquo;universit\u00e9 pour d\u00e9clencher la gr\u00e8ve, appara\u00eet le personnage de Gilbert tentant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de convaincre les passants de signer sa p\u00e9tition, d\u00e9non\u00e7ant l&rsquo;hypocrisie d&rsquo;un syst\u00e8me qui l&rsquo;admet en son sein, mais lui refuse l&rsquo;aide n\u00e9cessaire pour y \u00e9voluer. Au fond, les revendications sont similaires : un plus grand acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation, mais Gilbert ne retire aucun r\u00e9confort de cette solidarit\u00e9, son visage appara\u00eet profond\u00e9ment marqu\u00e9 par le d\u00e9sarroi, d\u00e9sarroi qui finira par se transformer en \u00e9pisode psychotique d&rsquo;une rare violence. L&rsquo;\u00e9difice du savoir craque de partout.<\/p>\n<p>Mais si Rose tente d&rsquo;universaliser son propos en ne nommant jamais pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;universit\u00e9 o\u00f9 se d\u00e9roulent tous ces drames, en ne donnant \u00e0 ses personnages aucun nom reconnaissable, il n&rsquo;en demeure pas moins que l&rsquo;auditoire montr\u00e9alais, en 2008, n&rsquo;est pas dupe\u00a0: c&rsquo;est bien de l&rsquo;UQAM qu&rsquo;il est ici question. Si un personnage comme celui du recteur, qui tient un discours bien pr\u00e8s de celui entendu dans la r\u00e9alit\u00e9, et le contexte dans lequel se d\u00e9roule la gr\u00e8ve \u00e9tudiante peuvent d\u00e9j\u00e0 nous fournir une piste, ce sont les lieux de tournage, d\u00e9cors du film, qui jouent un v\u00e9ritable r\u00f4le. Presque toutes les sc\u00e8nes se d\u00e9roulant en milieu universitaire (\u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur ou \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur), la cam\u00e9ra nous fait arpenter les lieux de l&rsquo;UQAM, explorant tout le campus dans ses moindres d\u00e9tails, ses corridors, ses salles de cours, ses lieux de rencontre, r\u00e9partis dans tous les pavillons. Si le regard est alors fluide, le montage fait violence aux lieux, mais seulement pour un public connaissant v\u00e9ritablement l&rsquo;UQAM en profondeur : portes et corridors n&rsquo;aboutissent pas aux m\u00eames locaux, aux m\u00eames pavillons, dans la fiction et dans la r\u00e9alit\u00e9, cr\u00e9ant un espace hybride. Dans le contexte du scandale immobilier qui secoue l&rsquo;UQAM, cette v\u00e9ritable prise de possession des lieux physiques par la cam\u00e9ra et par les \u00e9tudiants qui envahissent et occupent l&rsquo;espace (qu&rsquo;ils soient en cours ou en gr\u00e8ve), jamais vide, est r\u00e9v\u00e9lateur. Il y a une nette volont\u00e9 de se r\u00e9approprier cet espace perdu symboliquement dans le scandale financier, une volont\u00e9 d&rsquo;occuper l&rsquo;espace. Si le recteur annonce sa volont\u00e9 de construire les lieux de l&rsquo;avenir, qu&rsquo;on le voit d\u00e9ambuler sur le chantier de l&rsquo;\u00eelot voyageur, de ce qui est devenu, ironiquement, une v\u00e9ritable cicatrice dans le Quartier Latin, les \u00e9tudiants et les professeurs habitent au pr\u00e9sent les lieux charg\u00e9s du pass\u00e9. Malheureusement, cette cohabitation s&rsquo;av\u00e8re impossible et aboutit dans la violence et la destruction : Gilbert tire symboliquement sur les maquettes de l&rsquo;universit\u00e9 apr\u00e8s la tuerie, les murs des locaux occup\u00e9s par les gr\u00e9vistes sont d\u00e9fonc\u00e9s par les policiers, la salle de banquet o\u00f9 la tuerie a eu lieu est d\u00e9tremp\u00e9e et des cadavres jonchent le sol, les rues qui divisent le campus ont l&rsquo;apparence d&rsquo;un champ de bataille.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir tout d\u00e9construit et an\u00e9anti tous les espoirs, S\u00e9bastien Rose propose deux pistes, sans doute un peu trop soulign\u00e9es \u00e0 grand trait, mais int\u00e9ressantes en ce qu&rsquo;elles assurent sa filiation cin\u00e9matographique. Le film de Rose n&rsquo;est pas que pamphl\u00e9taire et ses r\u00e9f\u00e9rences ne sont pas que litt\u00e9raires\u00a0: il s&rsquo;inscrit v\u00e9ritablement dans une histoire du cin\u00e9ma, entretenant par sa forme et ses th\u00e8mes son appartenance au m\u00e9dia. Ainsi, l&rsquo;enfant souill\u00e9, survivant de la tuerie, \u00e9voque \u00e9videmment le <em>Cuirass\u00e9 Potemkine<\/em> de Sergei Eisenstein avec son c\u00e9l\u00e8bre landau descendant les escaliers d\u2019Odessa. Mais la finale puise plus sp\u00e9cifiquement dans la cin\u00e9matographie qu\u00e9b\u00e9coise. Ce que le film entier fait d&rsquo;ailleurs. L&rsquo;ancien \u00e9tudiant devenu professeur attend f\u00e9brilement l&rsquo;arriv\u00e9e de ses premiers \u00e9tudiants sur fond de <em>Mon oncle Antoine<\/em> de Claude Jutra\u00a0: \u00ab\u00a0R\u00e9veille-toi mononcle\u2026 r\u00e9veille-toi\u00a0\u00bb. Mais faut-il y entendre, comme le sugg\u00e8re Normand Provencher\u00a0: <em>R\u00e9veille-toi Qu\u00e9bec\u2026 r\u00e9veille-toi?<\/em> (2008, p.\u00a0A-22.)<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Dumais, Manon. 2008. \u00ab\u00a0<em>Le Banquet. <\/em>Pour la suite du monde\u00a0\u00bb. <em>Voir, <\/em>vol. 22, n\u00ba 34, Cin\u00e9ma, 28 ao\u00fbt. Accessible en ligne\u00a0:<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.voir.ca\/publishing\/article.aspx?zone=1&amp;section=7&amp;article=60084\">www.voir.ca\/publishing\/article.aspx?zone=1&amp;section=7&amp;article=60084<\/a><\/p>\n<p>Magny, Andr\u00e9. 2008. \u00ab\u00a0S\u00e9bastien Rose pioche chez Platon et Zola. Je pense donc j&rsquo;\u00e9duque\u00a0\u00bb. <em>Le Droit, <\/em>Arts &amp; spectacles, 23 ao\u00fbt, p. A-7.<\/p>\n<p>Provencher, Normand. 2008. \u00ab\u00a0<em>Le banquet<\/em>. Entre les murs\u00a0\u00bb. <em>Le Soleil, <\/em>Arts magazine Cin\u00e9ma, 30 ao\u00fbt, p. A-22. Accessible en ligne\u00a0:<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.cyberpresse.ca\/le-soleil\/200809\/08\/01-664230-le-banquet-entre-les-murs.php\">www.cyberpresse.ca\/le-soleil\/200809\/08\/01-664230-le-banquet-entre-les-mu&#8230;<\/a><\/p>\n<p>Provencher, Normand. 2008. \u00ab\u00a0Pour la suite du monde\u00a0\u00bb. <em>Le Soleil, <\/em>Arts magazine, 23 ao\u00fbt, p. A-16. Accessible en ligne\u00a0:<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.cyberpresse.ca\/le-soleil\/200809\/08\/01-657814-pour-la-suite-du-monde.php\">www.cyberpresse.ca\/le-soleil\/200809\/08\/01-657814-pour-la-suite-du-monde.php<\/a><\/p>\n<p>Rose, S\u00e9bastien. 2008. <em>Le Banquet, <\/em>Qu\u00e9bec, couleur, 95 min.<\/p>\n<p>Tremblay, Odile. 2008. \u00ab\u00a0S\u00e9bastien Rose et les filiations mal g\u00e9r\u00e9es\u00a0\u00bb. <em>Le Devoir, <\/em>Cahier sp\u00e9cial, 23 ao\u00fbt, p. E-13.<\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Despr\u00e9s, \u00c9laine. 2009. \u00abL&rsquo;\u00e9chec de la filiation: r\u00e9flexion sur l&rsquo;engagement dans Le banquet de S\u00e9bastien Rose\u00bb, <em>Postures<\/em>, Actes du colloque \u00abEngagement: imaginaires et pratiques\u00bb, Hors s\u00e9rie n\u00b01, En ligne, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5435 (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx). D&rsquo;abord paru dans: Despr\u00e9s, \u00c9laine. 2009. \u00abL&rsquo;\u00e9chec de la filiation: r\u00e9flexion sur l&rsquo;engagement dans Le banquet de S\u00e9bastien Rose\u00bb, <em>Postures<\/em>, Actes du colloque \u00abEngagement: imaginaires et pratiques\u00bb, Hors s\u00e9rie n\u00b01, p. 99-104.<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/despres-hd1.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 despres-hd1.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-404f3c01-1e26-4205-a301-fece990e5475\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/despres-hd1.pdf\">despres-hd1<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/despres-hd1.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-404f3c01-1e26-4205-a301-fece990e5475\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Actes du colloque \u00abEngagement: imaginaires et pratiques\u00bb, Hors s\u00e9rie n\u00b01 C&rsquo;est le devoir du cin\u00e9aste de questionner son \u00e9poque, de provoquer des d\u00e9bats et la r\u00e9flexion. S\u00e9bastien Rose L&rsquo;engagement de l&rsquo;art a longtemps \u00e9t\u00e9 une fa\u00e7on pour les cr\u00e9ateurs de participer \u00e0 la cit\u00e9, les po\u00e8tes refusant d&rsquo;\u00eatre aussi sommairement exclus de la R\u00e9publique. Ils [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_coblocks_attr":"","_coblocks_dimensions":"","_coblocks_responsive_height":"","_coblocks_accordion_ie_support":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[1192,1134,1197],"tags":[102],"class_list":["post-5435","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actes-du-colloque-engagement-imaginaires-et-pratiques","category-article","category-ponts","tag-despres-elaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5435","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5435"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5435\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9337,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5435\/revisions\/9337"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5435"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5435"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5435"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}