{"id":5467,"date":"2024-06-13T19:48:18","date_gmt":"2024-06-13T19:48:18","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/presentation-utopie-dystopie-entre-imaginaire-et-realite\/"},"modified":"2024-09-13T17:34:30","modified_gmt":"2024-09-13T17:34:30","slug":"presentation-utopie-dystopie-entre-imaginaire-et-realite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5467","title":{"rendered":"Pr\u00e9sentation &#8211; Utopie\/Dystopie: entre imaginaire et r\u00e9alit\u00e9"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6882\">Dossier \u00ab Utopie\/Dystopie: entre imaginaire et r\u00e9alit\u00e9 \u00bb, Hors s\u00e9rie n\u00b02<\/a><\/h5>\n<blockquote>\n<p>L&rsquo;utopie, c&rsquo;est ne pas se soumettre aux choses telles qu&rsquo;elles sont et lutter pour ce qu&rsquo;elles devraient \u00eatre.<\/p>\n<p>Claudio Magris, <em>Utopie et d\u00e9senchantement<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p>\u00c0 chaque effondrement des preuves, le po\u00e8te r\u00e9pond par une salve d&rsquo;avenir.<\/p>\n<p>Ren\u00e9 Char, <em>Fureur et myst\u00e8re<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Depuis son apparition chez Thomas More, l&rsquo;utopie a rev\u00eatu bien des formes, subi bien des changements. Des pr\u00e9curseurs que sont Platon et Aristote aux grands utopistes qu&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 Rabelais, Francis Bacon, Voltaire ou Charles Fourier, pour n&rsquo;en nommer que quelques-uns, la litt\u00e9rature et la philosophie ont fourni plus d&rsquo;une occasion de r\u00e9fl\u00e9chir au meilleur des mondes. Imaginer le meilleur, craindre le pire. Mais l&rsquo;optimisme et le pessimisme ne sont pas forc\u00e9ment l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on pourrait les croire. L&rsquo;utopie pr\u00e9sente souvent une bonne dose de pessimisme face \u00e0 un r\u00e9el qui ne satisfait pas les attentes. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, on peut voir la dystopie <a id=\"footnoteref1_giksk4i\" class=\"see-footnote\" title=\" L'utilisation du terme \u00ab\u00a0dystopie\u00a0\u00bb n'est pas encore g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, bien qu'on le voie appara\u00eetre de plus en plus dans les textes critiques. Le terme \u00ab\u00a0contre-utopie\u00a0\u00bb en particulier appara\u00eet r\u00e9guli\u00e8rement en France. Toutefois, nous avons pris la d\u00e9cision \u00e9ditoriale d'opter pour \u00ab\u00a0dystopie\u00a0\u00bb, qui fait donc r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un r\u00e9cit imaginant le pire des mondes, g\u00e9n\u00e9ralement par extrapolation de la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle il appara\u00eet. La dystopie prend essentiellement ses racines dans les totalitarismes du XXe\u00a0si\u00e8cle, bien qu'on puisse en voir des traces plus t\u00f4t dans l'histoire. Les textes les plus c\u00e9l\u00e8bres et repr\u00e9sentatifs de ce sous-genre litt\u00e9raire sont sans conteste\u00a0Nineteen Eighty-Four\u00a0de Georges Orwell et\u00a0Brave New World\u00a0d'Aldous Huxley. \" href=\"#footnote1_giksk4i\">[1]<\/a>comme un espoir d&rsquo;\u00e9viter le pire. Tel un avertissement, il s&rsquo;agit le plus souvent de projeter dans l&rsquo;avenir, en les amplifiant, les d\u00e9fauts d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 perfectible. Le XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle et ses r\u00e9gimes totalitaires ont d&rsquo;ailleurs inspir\u00e9 de nombreux cr\u00e9ateurs. Pensons seulement \u00e0 Eug\u00e8ne Zamiatine, Aldous Huxley, Georges Orwell, Ray Bradbury, Jorge Luis Borges, Jean-Luc Godard ou, plus r\u00e9cemment, Michel Houellebecq, Schuiten et Peeters, Enki Bilal, Terry Gilliam\u2026 \u00c0 l\u2019aube du XXI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, les grands bouleversements sociaux qui ont marqu\u00e9 les cinq derni\u00e8res d\u00e9cennies et la red\u00e9finition d\u2019une responsabilit\u00e9 morale globale alimentent toujours ces r\u00e9flexions et revendications \u00e0 saveur utopique, et ce, tant sur la sc\u00e8ne politique, que sociale ou artistique.<\/p>\n<p>Entre la perfection du monde qu\u2019appelle l\u2019utopiste et le constat de sa non-existence, le troisi\u00e8me colloque annuel organis\u00e9 par l\u2019Association des \u00c9tudiants aux Cycles Sup\u00e9rieurs en \u00c9tudes Litt\u00e9raires de l\u2019UQ\u00c0M a r\u00e9uni des \u00e9tudiants du baccalaur\u00e9at, de la ma\u00eetrise et du doctorat provenant de diff\u00e9rentes universit\u00e9s \u2014 UQ\u00c0M, Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, Universit\u00e9 Laval, Universit\u00e9 de Sherbrooke, Universit\u00e9 Paris Ouest-Nanterre et Universit\u00e9 Paris IV-Sorbonne \u2014 afin d\u2019aborder l\u2019utopie dans toutes ses dimensions et sous toutes ses formes. Paradoxalement, alors que ces derniers repensaient la valeur et les limites d\u2019un concept vieux d\u2019un demi-si\u00e8cle (le terme ayant \u00e9t\u00e9 forg\u00e9 par Thomas More en 1516), le contexte dans lequel s\u2019est tenu le colloque \u00ab\u00a0Utopie\u00a0\/\u00a0Dystopie\u00a0: entre imaginaire et r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb d\u00e9montrait violemment l\u2019actualit\u00e9 de leurs r\u00e9flexions.<\/p>\n<p>En effet, dans le contexte du quaranti\u00e8me anniversaire de la fondation de l\u2019\u00ab\u00a0Universit\u00e9 du Peuple\u00a0\u00bb, la th\u00e9matique de cette rencontre renvoyait ironiquement aux slogans qui tr\u00f4naient sur les nombreux piquets de gr\u00e8ve<a id=\"footnoteref2_w3pni7f\" class=\"see-footnote\" title=\" Le colloque \u00ab\u00a0Utopie\u00a0\/\u00a0Dystopie\u00a0: entre imaginaire et r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb s\u2019est tenu le 3 avril 2009 \u00e0 l\u2019UQAM alors que s\u00e9vissait \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur la gr\u00e8ve du syndicat des professeurs et professeures de l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al. C\u2019est donc sous le signe d\u2019un syndicalisme revendicateur, d\u2019une solidarit\u00e9 coll\u00e9giale et d\u2019un mutisme administratif et gouvernemental qu\u2019a eu lieu cette journ\u00e9e de r\u00e9flexion d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019utopie sociale ou politique, mais aussi langagi\u00e8re, esth\u00e9tique, architecturale, scientifique, philosophique\u2026\" href=\"#footnote2_w3pni7f\">[2]<\/a> stationn\u00e9s aux portes de l\u2019UQ\u00c0M, \u00e0 l&rsquo;intersection des rues Saint-Denis et de Maisonneuve. \u00ab\u00a0U-topie\u00a0\u00bb\u00a0: monde de nulle part; \u00ab\u00a0eu-topie\u00a0\u00bb\u00a0: lieu de bonheur. D\u2019un point de vue purement \u00e9tymologique, l\u2019utopie se veut en fait une rencontre impossible. Apor\u00e9tique, elle se comprend sous la forme d\u2019une tension qui, transpos\u00e9e dans le champ de l\u2019action, se manifeste par la qu\u00eate. Ainsi, tel un exemple vivant du concept \u00e0 l\u2019\u00e9tude, de nouveaux combats se livraient sous nos yeux dans l\u2019espoir de conserver la port\u00e9e sociale de l\u2019\u00e9ducation contenue dans les propositions du rapport Parent (1963-1964), et de garder vivante, au moyen d\u2019un financement et d\u2019un personnel enseignant suffisants, une universit\u00e9 construite au c\u0153ur du centre-ville de Montr\u00e9al. L\u2019UQ\u00c0M, v\u00e9ritable symbole de la d\u00e9mocratisation de l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur au Qu\u00e9bec, \u00e9tait menac\u00e9e apr\u00e8s quarante ans d\u2019existence. Le capitalisme, tant d\u00e9nonc\u00e9 par les contestations \u00e9tudiantes des ann\u00e9es 1960, \u00e9tait encore une fois point\u00e9 du doigt \u2014 cette fois sous la forme du n\u00e9o-lib\u00e9ralisme \u2014 et accus\u00e9 de corrompre une institution n\u00e9e des id\u00e9aux d\u2019une population qui a cherch\u00e9 \u00e0 se doter d\u2019une seconde universit\u00e9 francophone, accessible \u00e0 tous. V\u00e9ritable confrontation entre un id\u00e9al de soci\u00e9t\u00e9 et les lois concr\u00e8tes du march\u00e9, la gr\u00e8ve, qui a fait office de toile de fond aux r\u00e9flexions men\u00e9es par les \u00e9tudiants rassembl\u00e9s dans le cadre du colloque \u00ab\u00a0Utopie\u00a0\/\u00a0Dystopie\u00a0: entre imaginaire et r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb, a su donner au concept d\u2019utopie une dimension concr\u00e8te, dynamique, actuelle.<\/p>\n<p>Les articles r\u00e9unis dans ce second num\u00e9ro sp\u00e9cial de la revue\u00a0<em>Postures<\/em>\u00a0s\u2019inscrivent \u00e0 leur mani\u00e8re dans le temps de l\u2019utopie. Que ce soit en interrogeant les r\u00e9cits du pass\u00e9, en pensant le pr\u00e9sent \u00e0 travers des \u0153uvres contemporaines ou en imaginant les possibilit\u00e9s que rec\u00e8lent des mondes futuristes, chacun des auteurs de ce num\u00e9ro s\u2019approprie un segment de l\u2019arc diachronique tendu par l\u2019utopie, la dystopie ou l\u2019uchronie dans le but de questionner les diverses formes de repr\u00e9sentation du monde. Divis\u00e9s en trois temps, dont la d\u00e9finition se r\u00e9v\u00e8le souvent des plus mall\u00e9ables, tous les articles traquent, observent et interrogent les pr\u00e9jug\u00e9s, les pr\u00e9conceptions et les lieux communs \u00e0 la base de toute repr\u00e9sentation sociale, et ce, qu\u2019elle soit individuelle ou collective.<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, int\u00e9ress\u00e9s par les constructions narratives du pass\u00e9, S\u00e9bastien Roldan et David Desrosiers revisitent l\u2019histoire de la France\u00a0: celle du pessimisme de l\u2019esprit fin de si\u00e8cle (du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle) et celle, plus contemporaine, du Paris r\u00e9volutionnaire de mai 1968, afin d\u2019en autopsier les mythes, les sch\u00e8mes collectifs et les imaginaires qui les sous-tendent. Le premier, S\u00e9bastien Roldan arpente, \u00e0 travers les manuscrits liminaires et la version d\u00e9finitive de\u00a0<em>La Joie de vivre<\/em>\u00a0(1884) d\u2019\u00c9mile Zola, les deux versants d\u2019une m\u00eame histoire dans son article intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Un vieux cynique menace\u00a0<em>La Joie de vivre<\/em>\u00a0\u00bb. S\u2019int\u00e9ressant \u00e0 la \u00ab\u00a0fictionnalisation large et fid\u00e8le\u00a0\u00bb de la doctrine du philosophe Schopenhauer par les pessimistes parisiens de la fin du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, Roldan fouille les \u00e9crits de Zola \u00e0 la recherche des strat\u00e9gies narratives par lesquelles le chef de file du naturalisme a su transformer par la n\u00e9gative, \u00e0 l\u2019instar de nombre de ses contemporains, l\u2019utopie asc\u00e9tique de la m\u00e9taphysique schopenhauerienne. Au fil de ses recherches, ce dernier d\u00e9couvre le mythe l\u00e0 o\u00f9 le programme naturaliste zolien se devait d\u2019accomplir une \u00ab\u00a0cueillette en r\u00e8gle de documents historiques, scientifiques, m\u00e9dicaux ou id\u00e9ologiques\u00a0\u00bb. Ainsi, loin de jeter un regard objectif sur le pessimisme de l\u2019esprit fin de si\u00e8cle,\u00a0<em>La Joie de vivre<\/em>, nous apprend Roldan, se laisse jouer par la mythologie eschatologique de son temps; le roman fonctionnerait donc tel un dialogue entre le r\u00e9el de l\u2019histoire et les constructions narratives de son temps. Devant ce constat toutefois, David Desrosiers demeure insatisfait. Au diapason de l\u2019uchronie, son article \u00ab<em>\u00a0L\u2019Algarabie<\/em>\u00a0de Jorge Semprun, entre uchronie et autobiographie\u00a0\u00bb semble demander\u00a0: \u00ab\u00a0mais encore?\u00a0\u00bb Aussi, arm\u00e9 des mots satyriques de Semprun, il nous propose de franchir le pas entre la possibilit\u00e9 d\u2019une connaissance du pass\u00e9 et la \u00ab\u00a0conscience active de la contingence historique\u00a0\u00bb par l\u2019analyse du bouleversement de la carte du donn\u00e9 (Ranci\u00e8re, 2007) que permet l\u2019\u00e9criture uchronique. Poursuivant Semprun au c\u0153ur d\u2019une France pour qui mai 1968 aurait \u00e9t\u00e9 plus qu\u2019un simple \u00e9v\u00e9nement \u00e0 comm\u00e9morer (Nora, 1997), David Desrosiers constate les possibilit\u00e9s autobiographiques d\u2019un genre qui s\u2019amuse \u00e0 la fronti\u00e8re des possibles. Plus qu\u2019un jeu sur les \u00ab\u00a0si\u00a0\u00bb de l\u2019histoire, l\u2019uchronie, selon lui, peut se lire sur un plan beaucoup plus personnel, voire intimiste. Tel un miroir d\u00e9formant, elle permettrait d\u2019\u00ab\u00a0[E]xplorer l\u2019identit\u00e9 au croisement du r\u00e9el et de l\u2019imaginaire, dans la contradiction de ce que l\u2019on est, de ce que l\u2019on a \u00e9t\u00e9 et de ce que l\u2019on aurait pu \u00eatre, en r\u00e9cup\u00e9rant ce que la vie rejette hors du r\u00e9el, mais dont l\u2019imaginaire conserve secr\u00e8tement la trace.\u00a0\u00bb Pour ces deux observateurs du pass\u00e9 que sont S\u00e9bastien Roldan et David Desrosiers, il s\u2019av\u00e8re donc que l\u2019utopie se r\u00e9sume \u00e0 une question de trace.<\/p>\n<p>Puis, au pass\u00e9 succ\u00e8de le pr\u00e9sent. \u00c0 partir des hantises m\u00e9morielles de nos soci\u00e9t\u00e9s contemporaines, St\u00e9phanie Bellemare-Page, dans \u00ab\u00a0Dystopie et spectre du totalitarisme dans\u00a0<em>Le Monde selon Gabriel,<\/em>\u00a0d\u2019Andre\u00ef\u00a0Makine\u00a0\u00bb, se penche sur les d\u00e9mons qui fa\u00e7onnent la m\u00e9diatisation des utopies capitaliste et d\u00e9mocratique au sein de l\u2019\u00e9criture dramaturgique de l\u2019auteur fran\u00e7ais d\u2019origine russe Andre\u00ef Makine. Lecture critique d\u2019une pi\u00e8ce se voulant l\u2019exacerbation dystopique d\u2019un \u00ab\u00a0monde domin\u00e9 par l\u2019Image\u00a0\u00bb, son article nous entra\u00eene au c\u0153ur de l\u2019imaginaire d\u2019un auteur partag\u00e9 entre une m\u00e9moire culturelle empreinte du \u00ab\u00a0spectre du totalitarisme\u00a0\u00bb stalinien et une conception utopique des vertus du langage po\u00e9tique. En ce sens, l\u2019analyse de Bellemare-Page nous confronte, au moyen de la \u00ab\u00a0paratopie\u00a0\u00bb, \u00e0 la vision manich\u00e9enne du monde port\u00e9e par Makine, ce dramaturge pour qui \u00ab\u00a0[l]es rapports de force entre le litt\u00e9raire et le politique ont une consonance particuli\u00e8re [\u2026], legs de l\u2019exp\u00e9rience sovi\u00e9tique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mais si le monde dystopique de Makine est domin\u00e9 par l&rsquo;image, c&rsquo;est \u00e0 partir d&rsquo;elle que le photographe espagnol David Nebreda construit son utopie. Dans son article \u00ab\u00a0La possibilit\u00e9 d\u2019un corps\u00a0:\u00a0<em>Autoportraits<\/em>\u00a0de David Nebreda\u00a0\u00bb, Olivier Masson aborde cette \u0153uvre tr\u00e8s contemporaine, mais aussi atemporelle dans sa quotidiennet\u00e9. La photographie permet \u00e0 l&rsquo;artiste de projeter son corps dans un lieu autrement inaccessible, et ce, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;ubiquit\u00e9 de l&rsquo;image \u00e0 l&rsquo;\u00e8re de la reproductibilit\u00e9 technique (Walter Benjamin, 1935). Or, la fonction de l\u2019utopie, selon Paul Ricoeur (1985), est justement de \u00ab\u00a0projeter l\u2019imagination hors du r\u00e9el dans un ailleurs qui est aussi un nulle part\u00a0\u00bb. Dans le cas de Nebreda, c&rsquo;est plus que l&rsquo;imagination qui est projet\u00e9e, c&rsquo;est le corps imagin\u00e9 et fantasm\u00e9, ce corps utopique, d\u00e9fini par Michel Foucault (2004) comme \u00ab\u00a0colossal dans sa puissance, infini dans sa dur\u00e9e\u00a0\u00bb et marqu\u00e9 par une conduite asc\u00e9tique \u00e9lev\u00e9e au rang de r\u00e9gime de vie (\u00c9mile Durkheim, 1960). Cet article explore donc les modalit\u00e9s du projet nebredien d&rsquo;utopie corporelle, celui de r\u00e9concilier \u00ab\u00a0[le] corps r\u00e9el qu\u2019il refuse et [le] corps imag\u00e9 qu\u2019il d\u00e9sire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent, c&rsquo;est \u00e0 une projection dans l&rsquo;avenir que s&rsquo;int\u00e9ressent les articles de cette troisi\u00e8me et derni\u00e8re partie, temps par excellence de l&rsquo;utopie, mais surtout de la dystopie. En effet, les r\u00e9cits d&rsquo;anticipation mobilisent bien souvent un univers \u00e0 caract\u00e8re dystopique, dans l&rsquo;optique d&rsquo;imaginer le pire, de mettre en garde. La posture dystopique est donc par d\u00e9finition optimiste, malgr\u00e9 ce qu&rsquo;on pourrait croire. Pourquoi imaginer le pire, si ce n&rsquo;est pour tenter de l&rsquo;\u00e9viter?<\/p>\n<p>Dans un premier temps, H\u00e9l\u00e8ne Taillefer, dans \u00ab\u00a0L&rsquo;av\u00e8nement de la soci\u00e9t\u00e9-machine\u00a0\u00bb, part de la perspective m\u00e9caniste, et donc fortement d\u00e9terministe, du monde de Ren\u00e9 Descartes (1644) pour aborder la structure m\u00eame des mondes dystopiques, fond\u00e9s sur une gouvernance totalitariste. C&rsquo;est que la logique cart\u00e9sienne de l&rsquo;\u00eatre, mais surtout de la soci\u00e9t\u00e9, conduit \u00e0 consid\u00e9rer celle-ci comme un syst\u00e8me complexe aux propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mergentes (Marius Mukungu Kakangu, 2007), tel qu&rsquo;on le th\u00e9orise aujourd&rsquo;hui, un superorganisme (Howard Bloom, 1995) qui correspond \u00e0 une conception de l&rsquo;\u00c9tat qu&rsquo;on peut faire remonter au L\u00e9viathan de Thomas Hobbes (1651). Or, si la soci\u00e9t\u00e9 est un syst\u00e8me complexe, il est possible d&rsquo;en d\u00e9duire un ensemble de principes immuables pouvant servir \u00e0 concevoir une \u00e9ventuelle machine \u00e0 gouverner (Dominique Dubarle, 1948) qui saurait prendre les meilleures d\u00e9cisions possibles. Or, selon Norbert Wiener, cette machine \u00e0 gouverner pose \u00e9videmment probl\u00e8me et conduit forc\u00e9ment \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment dystopique, une soci\u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame machinique, dans laquelle \u00ab\u00a0l\u2019individu est subor\u00addonn\u00e9 \u00e0 une structure plus imposante que lui, au profit de laquelle il doit parfois \u00eatre sacrifi\u00e9\u00a0\u00bb. H\u00e9l\u00e8ne Taillefer explore cette possibilit\u00e9 fictionnelle \u00e0 partir de trois romans dystopiques exemplaires\u00a0:\u00a0<em>Nineteen Eighty-Four\u00a0<\/em>(1948) de George Orwell,\u00a0<em>Le D\u00e9peupleur\u00a0<\/em>(1970) de Samuel Beckett et\u00a0<em>Neuromancer\u00a0<\/em>(1984) de William Gibson.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une \u00e9tude de la structure m\u00eame des dystopies, Marc Ross Gaudreault, dans \u00ab\u00a0Immobilisme et surpopulation\u00a0: la mise en garde d\u2019Harry Harrison\u00a0\u00bb, s&rsquo;int\u00e9resse plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 un cas d&rsquo;esp\u00e8ce, le roman\u00a0<em>Make Room! Make Room!<\/em>\u00a0(1966) d&rsquo;Harry Harrison et son adaptation filmique de Richard Fleischer (<em>Soylent Green<\/em>, 1973). \u00c0 partir d&rsquo;un discours du pr\u00e9sident Eisenhower (1959) dans lequel il affirmait sa volont\u00e9 de rester \u00e0 l\u2019\u00e9cart de toute forme de r\u00e9gulation des naissances malgr\u00e9 les probl\u00e8mes manifestes de surpopulation \u00e0 venir, Harry Harrison pose \u00ab\u00a0[U]n regard sombre sur l\u2019avenir de l\u2019humanit\u00e9 si celle-ci ne fait pas \u00e9chec \u00e0 sa croissance d\u00e9mographique exponentielle.\u00a0\u00bb Selon la th\u00e8se de Thomas Malthus (1798), fondateur de la d\u00e9mographie, laquelle d\u00e9montre que la croissance exponentielle de la population est oppos\u00e9e \u00e0 la croissance lin\u00e9aire des ressources, un monde radicalement surpeupl\u00e9 et marqu\u00e9 par le tragique manque de ressources ne saurait qu&rsquo;\u00eatre min\u00e9 par un\u00a0<em>lumpenprol\u00e9tariat\u00a0<\/em>(Karl Marx, 1848) toujours plus nombreux. Chez Harrison comme chez Fleischer, cette \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9 mondiale [\u2026] repose enti\u00e8rement sur les paradigmes de la survivance et du cannibalisme\u00a0\u00bb, symbolique chez le premier et litt\u00e9ral chez le second. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 d\u00e9crire les m\u00e9canismes de ces paradigmes que cet article est consacr\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p>Si Harry Harrison et Richard Fleischer s&rsquo;inqui\u00e8tent de la lente agonie de l&rsquo;humanit\u00e9 par le biais de l&rsquo;\u00e9puisement des ressources qui r\u00e9sulte de la surpopulation, Ray Bradbury s&rsquo;inscrit dans une toute autre forme d&rsquo;imaginaire de la fin, moins insidieuse, mais plus spectaculaire\u00a0: la bombe nucl\u00e9aire, qui \u00ab\u00a0figure un changement de paradigme des plus importants\u00a0: l&rsquo;homme peut d\u00e9sormais causer sa propre extinction\u00a0\u00bb. Elaine Despr\u00e9s, dans \u00ab\u00a0Rena\u00eetre de cendres radioactives\u00a0: la solution apocalyptique de Ray Bradbury\u00a0\u00bb, s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 la dynamique symbolique et sociale du monde dystopique tel qu&rsquo;il se d\u00e9ploie dans le roman\u00a0<em>Fahrenheit 451\u00a0<\/em>(1953). C&rsquo;est que dans cet univers singulier, le champignon nucl\u00e9aire permet une\u00a0<em>tabula rasa,\u00a0<\/em>la destruction qu&rsquo;elle entra\u00eene permettant une renaissance de la civilisation, prise dans un arr\u00eat sur image. L&rsquo;explosion de la bombe nucl\u00e9aire qui cl\u00f4t le roman joue alors le r\u00f4le symbolique et narratif de r\u00e9solution des deux paradigmes contradictoires qui cohabitent et s&rsquo;incarnent dans \u00ab\u00a0la tension entre les deux p\u00f4les de signification symbolique du feu\u00a0\u00bb\u00a0: feu destructeur et feu r\u00e9confortant (Gaston Bachelard, 1949). Or, la r\u00e9solution de cette tension paradigmatique permet le red\u00e9marrage du moteur historique. En effet, s&rsquo;il pr\u00e9sente de nombreuses caract\u00e9ristiques du totalitarisme (Hannah Arendt, 1972), le monde imagin\u00e9 par Bradbury n&rsquo;a rien de sovi\u00e9tique ou de fasciste, il s&rsquo;agit plut\u00f4t d&rsquo;\u00ab\u00a0[U]ne version alt\u00e9r\u00e9e du futur proche des \u00c9tats-Unis, r\u00e9sultat de la d\u00e9rive d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 individualiste qui recherche le bonheur imm\u00e9diat et perp\u00e9tuel et qui en est venue \u00e0 consid\u00e9rer les livres comme une source de malheur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs \u00e9galement \u00e0 une version alt\u00e9r\u00e9e de l&rsquo;Am\u00e9rique que s&rsquo;int\u00e9resse Gabriel Gaudette dans le dernier article de ce num\u00e9ro, \u00ab\u00a0C&rsquo;est pour votre bien que je tuerai trois millions de personnes\u00a0\u00bb. Mais le monde qu&rsquo;il d\u00e9crit ne se situe pas \u00e0 proprement parler dans un temps futur, mais plut\u00f4t dans un autre temps, parall\u00e8le au n\u00f4tre, celui de l&rsquo;uchronie, qui n&rsquo;est pas un non-lieu, mais un non-temps. \u00c0 partir d&rsquo;une r\u00e9flexion sur les dangers de la concr\u00e9tisation de l&rsquo;utopie, en particulier la tendance de l&rsquo;utopiste \u00e0 s&rsquo;octroyer un pouvoir qui ne lui revient pas de droit, malgr\u00e9 ses intentions louables, Gabriel Gaudette aborde le monde des superh\u00e9ros qui peuplent le neuvi\u00e8me art, et plus particuli\u00e8rement le roman graphique\u00a0<em>Watchmen\u00a0<\/em>(2005) de Dave Gibbons et Alan Moore. \u00c0 travers une analyse du mode op\u00e9ratoire des superh\u00e9ros, il en arrive \u00e0 les d\u00e9crire comme des \u00ab\u00a0utopistes pragmatiques\u00a0\u00bb dans la mesure o\u00f9 ceux-ci agissent concr\u00e8tement sur le r\u00e9el qu&rsquo;ils esp\u00e8rent lib\u00e9rer de ses criminels. Or, un personnage de\u00a0<em>Watchmen<\/em>\u00a0sort du lot et propose un projet utopique autrement ambitieux\u2026 et destructeur. Adrian Veidt (aussi connu sous le pseudonyme d&rsquo;Ozymandias), \u00ab\u00a0dans sa tentative d\u2019instaurer un r\u00e8gne social du surhomme\u00a0\u00bb,\u00a0correspond au roi-philosophe de la R\u00e9publique platonicienne\u00a0: homme d&rsquo;affaires tr\u00e8s influent, il est aussi consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;homme le plus intelligent du monde. Or, le projet utopique de Veidt tient son originalit\u00e9 du fait que ce n&rsquo;est pas un programme collectif d&rsquo;organisation sociale qu&rsquo;il sugg\u00e8re, \u00ab\u00a0il propose plut\u00f4t d\u2019op\u00e9rer une r\u00e9volution individuelle qui se diffusera \u00e0 l\u2019ensemble des citoyens de la terre\u00a0\u00bb. Le seul hic est que cette r\u00e9volution passe n\u00e9cessairement par un chaos pr\u00e9alable, caus\u00e9 par la mort de trois millions de New-Yorkais, du fait d&rsquo;un immense monstre t\u00e9l\u00e9port\u00e9 au c\u0153ur de Manhattan, une variante de la\u00a0<em>tabula rasa<\/em>\u00a0si courante dans les r\u00e9cits dystopiques.\u00a0<\/p>\n<p>Pour clore ce num\u00e9ro de\u00a0<em>Postures,\u00a0<\/em>nous reproduisons finalement le texte dramatique \u00ab\u00a0Dernier Acte\u00a0\u00bb d&rsquo;\u00c9tienne Lepage, une courte pi\u00e8ce dystopique cr\u00e9\u00e9e pour l&rsquo;occasion et qui a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une lecture lors du colloque en avril 2009. Dans une absurdit\u00e9 domestique aux accents ionesciens, \u00c9tienne Lepage propose les derniers moments d&rsquo;un r\u00e9gime, la rencontre ultime des t\u00eates dirigeantes d\u00e9chues d&rsquo;une dictature et de leurs femmes, alors qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur le peuple se r\u00e9volte, avec \u00e0 sa t\u00eate les enfants enrag\u00e9s de ses anciens dirigeants.\u00a0<\/p>\n<p>En guise de conclusion, l\u2019Association \u00c9tudiante des Cycles Sup\u00e9rieurs en \u00c9tudes Litt\u00e9raires et la revue\u00a0<em>Postures<\/em>\u00a0souhaitent remercier chaleureusement les \u00e9tudiants, les professeurs, les membres des comit\u00e9s de r\u00e9daction et de correction, \u00c9tienne Lepage et les com\u00e9diens ayant particip\u00e9 \u00e0 la lecture dystopique de\u00a0<em>Dernier Acte<\/em>\u00a0ainsi que les partenaires financiers qui ont permis \u00e0 ce colloque de conna\u00eetre un tel succ\u00e8s et \u00e0 cette publication de voir le jour. Gr\u00e2ce \u00e0 leur contribution financi\u00e8re, Figura, le Centre de recherche sur le texte et l\u2019imaginaire, l\u2019AFEA, le D\u00e9partement d\u2019\u00e9tudes litt\u00e9raires et la Facult\u00e9 des Arts, via le programme\u00a0<em>Initiatives<\/em>, encouragent des projets d\u2019envergure qui permettent \u00e0 des \u00e9tudiants de participer concr\u00e8tement \u00e0 la recherche universitaire et \u00e0 la reconnaissance de la place de la litt\u00e9rature dans le monde.<\/p>\n<p><!--novelty_footnote_list()--><\/p>\n<section class=\"footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed\" data-collapsible-show-label=\"Notes\" data-collapsible-hide-label=\"Notes\">\n<h2>Notes<\/h2>\n<p id=\"footnote1_giksk4i\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref1_giksk4i\">[1]<\/a> L&rsquo;utilisation du terme \u00ab\u00a0dystopie\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas encore g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, bien qu&rsquo;on le voie appara\u00eetre de plus en plus dans les textes critiques. Le terme \u00ab\u00a0contre-utopie\u00a0\u00bb en particulier appara\u00eet r\u00e9guli\u00e8rement en France. Toutefois, nous avons pris la d\u00e9cision \u00e9ditoriale d&rsquo;opter pour \u00ab\u00a0dystopie\u00a0\u00bb, qui fait donc r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un r\u00e9cit imaginant le pire des mondes, g\u00e9n\u00e9ralement par extrapolation de la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle il appara\u00eet. La dystopie prend essentiellement ses racines dans les totalitarismes du XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, bien qu&rsquo;on puisse en voir des traces plus t\u00f4t dans l&rsquo;histoire. Les textes les plus c\u00e9l\u00e8bres et repr\u00e9sentatifs de ce sous-genre litt\u00e9raire sont sans conteste\u00a0<em>Nineteen Eighty-Four\u00a0<\/em>de Georges Orwell et\u00a0<em>Brave New World<\/em>\u00a0d&rsquo;Aldous Huxley.<\/p>\n<p id=\"footnote2_w3pni7f\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref2_w3pni7f\">[2]<\/a> Le colloque \u00ab\u00a0Utopie\u00a0\/\u00a0Dystopie\u00a0: entre imaginaire et r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb s\u2019est tenu le 3 avril 2009 \u00e0 l\u2019UQAM alors que s\u00e9vissait \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur la gr\u00e8ve du syndicat des professeurs et professeures de l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al. C\u2019est donc sous le signe d\u2019un syndicalisme revendicateur, d\u2019une solidarit\u00e9 coll\u00e9giale et d\u2019un mutisme administratif et gouvernemental qu\u2019a eu lieu cette journ\u00e9e de r\u00e9flexion d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019utopie sociale ou politique, mais aussi langagi\u00e8re, esth\u00e9tique, architecturale, scientifique, philosophique\u2026<\/p>\n<\/section>\n<p><!--\/novelty_footnote_list()--><\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Bouchard, Marie-Pierre et Despr\u00e9s, Elaine. 2010. \u00ab Pr\u00e9sentation \u00bb, <em>Postures<\/em>, Dossier \u00ab Utopie\/Dystopie: entre imaginaire et r\u00e9alit\u00e9 \u00bb, Hors s\u00e9rie n\u00b02, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5467 (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx).<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/presentation-hd2.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 presentation-hd2.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-970e745c-feba-4e0a-a8be-10db6bf4a9b3\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/presentation-hd2.pdf\">presentation-hd2<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/presentation-hd2.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-970e745c-feba-4e0a-a8be-10db6bf4a9b3\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier \u00ab Utopie\/Dystopie: entre imaginaire et r\u00e9alit\u00e9 \u00bb, Hors s\u00e9rie n\u00b02 L&rsquo;utopie, c&rsquo;est ne pas se soumettre aux choses telles qu&rsquo;elles sont et lutter pour ce qu&rsquo;elles devraient \u00eatre. Claudio Magris, Utopie et d\u00e9senchantement \u00c0 chaque effondrement des preuves, le po\u00e8te r\u00e9pond par une salve d&rsquo;avenir. Ren\u00e9 Char, Fureur et myst\u00e8re Depuis son apparition chez [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_coblocks_attr":"","_coblocks_dimensions":"","_coblocks_responsive_height":"","_coblocks_accordion_ie_support":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[1140,1205],"tags":[49,102],"class_list":["post-5467","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-avant-propos","category-utopie-dystopie-entre-imaginaire-et-realite","tag-bouchard-marie-pierre","tag-despres-elaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5467","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5467"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5467\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9489,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5467\/revisions\/9489"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5467"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5467"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5467"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}