{"id":5484,"date":"2024-06-13T19:48:19","date_gmt":"2024-06-13T19:48:19","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/semiose-de-la-bibliotheque-de-leonard-de-vinci-ce-quest-devenu-un-des-fragments-du-codex-de-madrid-ii-sous-la-re-figuration-des-biographes-martin-kemp-daniel-arasse-et-fritjof-capra\/"},"modified":"2024-09-12T03:10:59","modified_gmt":"2024-09-12T03:10:59","slug":"semiose-de-la-bibliotheque-de-leonard-de-vinci-ce-quest-devenu-un-des-fragments-du-codex-de-madrid-ii-sous-la-re-figuration-des-biographes-martin-kemp-daniel-arasse-et-fritjof-capra","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5484","title":{"rendered":"S\u00e9miose de la biblioth\u00e8que de L\u00e9onard de Vinci.  Ce qu&rsquo;est devenu un des fragments du \u00ab Codex de Madrid II \u00bb sous la re-figuration des biographes Martin Kemp, Daniel Arasse et Fritjof Capra"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6884\">Dossier \u00ab Interdisciplinarit\u00e9s \/ Penser la biblioth\u00e8que \u00bb, n\u00b013<\/a><\/h5>\n<p>L\u00e9onard de Vinci (1452-1519), peintre de la Renaissance italienne, captive l&rsquo;imaginaire. Ses archives rassemblent ses id\u00e9es et, parfois, des listes de produits du march\u00e9, le calcul de ses d\u00e9penses et, ce qui est \u00e0 l&rsquo;origine de cet article\u00a0: deux listes de livres qui sont g\u00e9n\u00e9ralement reconnues comme \u00e9tant des traces de ses activit\u00e9s d&rsquo;\u00e9tude.<\/p>\n<p>La biblioth\u00e8que comme \u00ab\u00a0collection de livres\u00a0\u00bb repr\u00e9sente une entit\u00e9 qui, \u00e0 elle seule, fascine en caract\u00e9risant la personne qui l&rsquo;a collig\u00e9e. L&rsquo;examen des diff\u00e9rentes repr\u00e9sentations de la biblioth\u00e8que personnelle de L\u00e9onard de Vinci r\u00e9v\u00e8le que les biographes d\u00e9crivent cette biblioth\u00e8que chacun \u00e0 leur mani\u00e8re. Le fait que l&rsquo;inventaire soit diversifi\u00e9 et h\u00e9t\u00e9roclite ne r\u00e8gle pas la question, car les interpr\u00e9tations qui d\u00e9coulent de cette mise en ordre sont multiples. Pourquoi les repr\u00e9sentations biographiques de la biblioth\u00e8que personnelle de L\u00e9onard de Vinci forment-elles chaque fois un ensemble diff\u00e9rent? Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, j\u2019envisage pour ma part plusieurs hypoth\u00e8ses; je retiendrai toutefois principalement dans ma pr\u00e9sente r\u00e9flexion des arguments justifiant l&rsquo;utilit\u00e9 des concepts fondamentaux en s\u00e9miotique pour \u00e9lucider un probl\u00e8me d&rsquo;interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p>Pour tenter de d\u00e9gager des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse, le statut caract\u00e9ristique de cette biblioth\u00e8que sera compar\u00e9 dans trois biographies. Il y a lieu de lire cette biblioth\u00e8que comme un signe parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment fini, arbitraire, dont la signifiance est une r\u00e9currence dans toutes les biographies. L&rsquo;expos\u00e9 d\u00e9butera par une description s\u00e9miotique. L&rsquo;hypoth\u00e8se qui sera pos\u00e9e en premier lieu propose que la biblioth\u00e8que personnelle de L\u00e9onard de Vinci peut \u00eatre analys\u00e9e selon la proposition de Philippe Hamon (1977) sur le statut s\u00e9miologique du personnage. Apr\u00e8s cette exploration, une seconde hypoth\u00e8se positionnera les biographes en fonction de leur proximit\u00e9 \u00e0 la trace archivistique afin de dessiner les contours de la s\u00e9miose<a id=\"footnoteref1_pmqo3n6\" class=\"see-footnote\" title=\"La s\u00e9miose est un processus s\u00e9miotique en expansion qui fait que le signe \u00e9voque toutes les occurrences pr\u00e9c\u00e9dentes dans la dynamique de l'augmentation suscitant toutes les occurrences subs\u00e9quentes (selon Charles Sanders Peirce, philosophe \u00e0 l'origine de la s\u00e9miotique pragmatique, contemporain am\u00e9ricain de Ferdinand de Saussure, linguiste suisse ayant inaugur\u00e9 le volet europ\u00e9en de la s\u00e9miologie structurale). \" href=\"#footnote1_pmqo3n6\">[1]<\/a> de ce fragment d&rsquo;archives datant du tout d\u00e9but du seizi\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<h2>La perspective des biographes<\/h2>\n<p>En 1981, Martin Kemp, professeur en histoire de l&rsquo;art \u00e0 Oxford, offre, dans <em>The Marvellous Works of Nature and Man<\/em>, la lecture d&rsquo;un sp\u00e9cialiste interdisciplinaire de L\u00e9onard de Vinci. Un autre historien de l&rsquo;art, Daniel Arasse, directeur d&rsquo;\u00e9tude \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole des hautes \u00e9tudes en sciences sociales de Paris, publie <em>Les rythmes du monde<\/em> en 1997 et pr\u00e9sente L\u00e9onard de Vinci dans le contexte culturel de l&rsquo;Italie du quinzi\u00e8me si\u00e8cle. Enfin, Fritjof Capra, professeur de physique au Schumacher College en Angleterre et directeur fondateur du Center for Ecoliteracy \u00e0 Berkeley, Californie, vient de publier la traduction de son livre, <em>L\u00e9onard de Vinci, homme des sciences,<\/em> qui donne \u00e0 voir une perspective sur l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;un paradigme scientifique postmoderne autour de la personne de De Vinci. Ces trois ouvrages forment un corpus qui repr\u00e9sente tr\u00e8s bien la vaste collection biographique exposant habituellement la biblioth\u00e8que de l&rsquo;artiste comme la preuve de ses connaissances.<\/p>\n<p>Les documents d&rsquo;archives qui comportent les listes de livres ayant hypoth\u00e9tiquement appartenu \u00e0 L\u00e9onard de Vinci<a id=\"footnoteref2_h6y0yci\" class=\"see-footnote\" title=\"Il y a un consensus pour dire que ces livres ont appartenu \u00e0 L\u00e9onard de Vinci. Faudrait-il se poser la question \u00e0 nouveau? Peut-\u00eatre s'agit-il de listes de lectures potentielles qu'il pr\u00e9voyait faire ou de celles qu'il avait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9es sans n\u00e9cessairement d\u00e9tenir ces ouvrages? \" href=\"#footnote2_h6y0yci\">[2]<\/a> \u00a0sont publi\u00e9s sous la forme de fac-simil\u00e9s comment\u00e9s. Le premier inventaire provient du <em>Codex Atlanticus<\/em> et a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 1888 par Jean-Paul Richter. Il s&rsquo;agit de 40 titres dont la compilation par L\u00e9onard de Vinci sera approximativement dat\u00e9e de la d\u00e9cennie de 1490 \u2013 il faut pr\u00e9ciser que la datation des archives est aussi mati\u00e8re \u00e0 interpr\u00e9tation. Mais c&rsquo;est surtout \u00e0 partir du second inventaire que les biographes de l&rsquo;artiste d\u00e9criront les activit\u00e9s intellectuelles de L\u00e9onard de Vinci en int\u00e9grant <em>sa<\/em> biblioth\u00e8que dans leurs r\u00e9cits. Ce second inventaire fait partie du <em>Codex de Madrid II<\/em> qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert tardivement en 1965. L&rsquo;historien des sciences et des technologies de l&rsquo;Universit\u00e9 de Californie, Ladislao Reti, date cette deuxi\u00e8me liste de 116 titres \u00e0 la premi\u00e8re d\u00e9cennie du seizi\u00e8me si\u00e8cle, soit 10 ans apr\u00e8s l\u2019inventaire du <em>Codex Atlanticus<\/em>, alors que L\u00e9onard de Vinci avait d\u00e9j\u00e0 plus de 50 ans. Il l&rsquo;a premi\u00e8rement publi\u00e9e dans le <em>Burlington Magazine<\/em> en 1968 et, ensuite, sous forme de livret en 1972, pendant qu&rsquo;il travaillait \u00e0 la compilation et \u00e0 la traduction du <em>Codex de Madrid II<\/em>. L&rsquo;article et le livret fournissent \u00e9galement une transcription comment\u00e9e des 116 entr\u00e9es, une recherche bibliographique et un entrecroisement avec la liste des 40 livres d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9e par Richter. Cet extrait du <em>Codex de Madrid II<\/em> semblait capital pour l&rsquo;auteur, car il a fait para\u00eetre sa recherche bibliographique et ses commentaires avant la fin de ses travaux sur le codex en entier. Cette compilation sera reprise pour transmettre l&rsquo;essence de la personne de L\u00e9onard de Vinci, mais jamais mot \u00e0 mot \u2013 c&rsquo;est-\u00e0-dire que les biographes interpr\u00e8tent eux-m\u00eames la liste<a id=\"footnoteref3_rqop3or\" class=\"see-footnote\" title=\"Umberto Eco, dans Vertige de la liste (2009), propose une exploration mus\u00e9ale de l'objet \u00ab\u00a0liste\u00a0\u00bb (le livre accompagnait une exposition au Mus\u00e9e du Louvre en novembre 2009). Il retrace cette habitude de la liste \u00e0 l'Iliade d'Hom\u00e8re. L'\u00e9num\u00e9ration, selon lui, r\u00e9apparait au Moyen-\u00e2ge et \u00e0 la Renaissance et les crit\u00e8res de classement de l'\u00e9poque se basaient sur l'essence ou la propri\u00e9t\u00e9 des objets \u2013 mais en g\u00e9n\u00e9ral, on retrouve des regroupements d\u00e9sordonn\u00e9s. La liste de livres pr\u00e9lev\u00e9e dans le Codex de Madrid II n'est ni ordonn\u00e9e ni d\u00e9taill\u00e9e. Il s'agit d'une liste pratique non classifi\u00e9e qui mentionne des livres par auteur, une caract\u00e9ristique physique, le sujet ou une portion du titre. Reti en d\u00e9gagea les r\u00e9f\u00e9rences bibliographiques les plus pr\u00e9cises qu'il soit possible de trouver. \" href=\"#footnote3_rqop3or\">[3]<\/a> en constituant une narration dont la di\u00e9g\u00e8se r\u00e9elle demeurera voil\u00e9e.<\/p>\n<p>Martin Kemp reconna\u00eet les travaux de Ladislao Reti sur la traduction et les commentaires du <em>Codex de Madrid II<\/em>, qui agissent comme traces dans son propre ouvrage. Des fragments de description de la biblioth\u00e8que figurent un peu partout dans <em>The Marvellous Works of Nature and Man<\/em> comme la preuve des connaissances philosophiques et scientifiques de l&rsquo;artiste. Toutefois, Kemp en fait un r\u00e9sum\u00e9 plus sp\u00e9cifique en page 240, c&rsquo;est-\u00e0-dire aux trois quarts de l&rsquo;ouvrage. De plus, il remarque dans la liste la pr\u00e9sence des carnets de l&rsquo;artiste lui-m\u00eame, \u00e0 peu pr\u00e8s les seules r\u00e9f\u00e9rences traitant de l&rsquo;art \u2013 ce qui est en fait une hypoth\u00e8se de Reti. Il divise cet inventaire selon quatre cat\u00e9gories assez larges\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>[\u2026] we find as expected a substantial section concerned with natural philosophy<a id=\"footnoteref4_sz12rh9\" class=\"see-footnote\" title=\"Avant le Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, la philosophie naturelle m\u00ealait r\u00e9f\u00e9rents, significations et signes. Michel Foucault, dans Les mots et les choses (1990) signale\u00a0: \u00ab\u00a0La nature, comme jeu des signes et des ressemblances, se referme sur elle-m\u00eame selon la figure redoubl\u00e9e du cosmos\u00a0\u00bb (p. 46). Ainsi, on peut lire dans cette natural philosophy, une zone du savoir relevant de l'\u00e9pist\u00e9m\u00e8, mais bien avant qu'elle n'engendre le concept appliqu\u00e9 de science. Les id\u00e9es sur la nature provenaient de l'observation et de l'interpr\u00e9tation qui occupaient simultan\u00e9ment le discours philosophique. \" href=\"#footnote4_sz12rh9\">[4]<\/a> (more than forty books) and, less expectedly, an even larger group of literary works (if we include in this category a few dictionaries and grammars). There are only ten relating to art, architecture and engineering, and eight volumes of a religious nature. [\u2026] Particularly notable are three mathematical works which can be shown to have exercised a direct influence on his thought at this time. (Kemp, 1981, p. 240)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ensuite, Daniel Arasse, dans <em>Les rythmes du monde<\/em>, semble ignorer la source premi\u00e8re du fac-simil\u00e9 d&rsquo;archives et base son t\u00e9moignage sur celui d&rsquo;un proche collaborateur de Reti, le professeur Augusto Marinoni<a id=\"footnoteref5_5xfkax1\" class=\"see-footnote\" title=\"Marinoni collabore avec Reti durant une quinzaine d'ann\u00e9es. On retrouve quelques ouvrages collectifs o\u00f9 leurs articles se c\u00f4toient. Malgr\u00e9 les diff\u00e9rences dans leurs approches du savoir de l'artiste, le professeur de litt\u00e9rature italienne Marinoni \u00e9tait bien plac\u00e9 pour aider Reti \u00e0 retracer certains ouvrages. Le m\u00e9rite du d\u00e9chiffrage de l'inventaire revient toutefois \u00e0 Reti. Marinoni a publi\u00e9, en 1974, Scritti Letterari (Milano: Biblioteca universale Rizzoli) sur les \u00e9crits de L\u00e9onard de Vinci, o\u00f9 il interpr\u00e8te les travaux de Reti sur le fragment d'archives. \" href=\"#footnote5_5xfkax1\">[5]<\/a> de Milan. La description de la biblioth\u00e8que est concentr\u00e9e dans le premier chapitre de la biographie alors qu&rsquo;il aborde la culture du contexte historique. Si cette distribution de l\u2019information met en lumi\u00e8re \u2013 et en valeur \u2013 la biblioth\u00e8que personnelle, Arasse critique pourtant radicalement la vie intellectuelle de L\u00e9onard de Vinci\u00a0: \u00ab\u00a0ce n&rsquo;est pas une biblioth\u00e8que de technicien [&#8230;]. Mais ce n&rsquo;est pas non plus une biblioth\u00e8que de \u201clettr\u00e9\u201d\u00a0\u00bb (Arasse, 1997, p. 38). Il d\u00e9plore le fait que cet inventaire ne pr\u00e9sente pas les th\u00e8mes de la culture classique (philosophie, th\u00e9ologie, etc.) ni aucun texte humaniste. Enfin, il y a lieu d&rsquo;interroger les all\u00e9gations de Daniel Arasse, car comme on peut le voir dans la liste de Reti, l&rsquo;inventaire comporte en effet ce genre d&rsquo;ouvrage. Arasse utilise une trace d\u00e9j\u00e0 affect\u00e9e par l&rsquo;interpr\u00e9tation de Marinoni. Selon lui, cette biblioth\u00e8que \u00ab\u00a0refl\u00e8te avec pr\u00e9cision la formation qu&rsquo;a re\u00e7ue L\u00e9onard\u00a0\u00bb (<em>ibid.,<\/em> p. 39) et celle-ci se limite \u00e0 l&rsquo;enseignement de la <em>scuole d&rsquo;abaco<\/em><a id=\"footnoteref6_3au07j0\" class=\"see-footnote\" title=\"\u00c9cole d'abaque. \" href=\"#footnote6_3au07j0\">[6]<\/a>, cours professionnel de calculs con\u00e7u pour les marchands et les artisans. Pour servir les arguments de sa th\u00e8se, l&rsquo;artiste est positionn\u00e9 par Daniel Arasse dans son rapport \u00e0 la tradition savante, dans un clivage social profil\u00e9 sur \u00ab\u00a0la distinction aristot\u00e9licienne entre <em>\u00e9pist\u00e9m\u00e8<\/em>, science th\u00e9orique, et <em>techn\u00e8<\/em>, pratique visant \u00e0 la production de biens mat\u00e9riels \u2013 distinction \u00e0 laquelle s&rsquo;oppose radicalement L\u00e9onard\u00a0\u00bb (<em>ibid<\/em>., p. 36-37). Arasse pr\u00e9cise que c&rsquo;est une \u00ab\u00a0donn\u00e9e fondamentale si l&rsquo;on veut cerner sa position dans la culture de son temps\u00a0\u00bb (<em>ibid<\/em>., p.\u00a036). Il est clair que la nomenclature de son classement vise \u00e0 accentuer l&rsquo;importance du groupe des ouvrages culturels\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>La moiti\u00e9 des livres (58 sur 116) porte sur les sciences (51 ouvrages) et les techniques (7 ouvrages); l&rsquo;autre moiti\u00e9 se r\u00e9partit en trois groupes d&rsquo;importance in\u00e9gale\u00a0: 25 ouvrages de litt\u00e9rature profane, 14 de litt\u00e9rature religieuse et morale, 16 portant sur le latin, sa grammaire et son vocabulaire. (<em>Ibid.,<\/em> p. 38)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Finalement, Fritjof Capra ins\u00e8re sa description de la biblioth\u00e8que un peu apr\u00e8s le d\u00e9but de <em>L\u00e9onard de Vinci, homme des sciences<\/em>. La biblioth\u00e8que de L\u00e9onard de Vinci par Capra a \u00e9t\u00e9 puis\u00e9e chez Martin Kemp, mais ne se limite pas au r\u00e9sum\u00e9 se trouvant \u00e0 la page 240 de <em>The Marvellous Works of Nature and Man<\/em>. Capra compile plut\u00f4t l\u2019ensemble des sujets que Kemp aura diss\u00e9min\u00e9s tout au long de son ouvrage. Son \u00ab\u00a0L\u00e9onard\u00a0\u00bb, personnage racine de la science d&rsquo;approche connexionniste, aurait accumul\u00e9 une biblioth\u00e8que couvrant un large spectre de sujets\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>Plus de la moiti\u00e9 d&rsquo;entre eux traitent de mati\u00e8res scientifiques ou philosophiques\u00a0: ouvrages de math\u00e9matiques, d&rsquo;astronomie, d&rsquo;anatomie et de m\u00e9decine, d&rsquo;histoire naturelle<a id=\"footnoteref7_tmhc4xr\" class=\"see-footnote\" title=\"Il est n\u00e9cessaire de faire la remarque que la nomenclature des sujets mise de l'avant par les biographes n'est pas n\u00e9cessairement fid\u00e8le aux appellations de l'\u00e9poque. Par exemple, l'approche de \u00ab\u00a0l'histoire naturelle\u00a0\u00bb surgit au courant du seizi\u00e8me si\u00e8cle avec l'effort taxonomique de nommer et de classer les objets naturels selon une convention commune. Ce qui fait suite aux histoires naturelles, comme les d\u00e9nombre Foucault (1990), qui rassemblaient tous les faits entourant un objet. Par exemple, une plante suscitait autant la description de ses parties que l'analogie avec le cosmos, ainsi que les recettes alimentaires et apothicaires qui lui conf\u00e9raient une utilit\u00e9. Par ces appellations d'histoire naturelle et de natural philosophy, Capra et Kemp d\u00e9signent des ouvrages de r\u00e9flexion empirique et philosophique sur la nature (voir la note 2). \" href=\"#footnote7_tmhc4xr\">[7]<\/a>, de g\u00e9ographie et de g\u00e9ologie, mais aussi d&rsquo;architecture et d&rsquo;art militaire. Trente ou quarante autres sont des livres de litt\u00e9rature, et une douzaine, que L\u00e9onard consulte sans doute pour peindre des sujets religieux, se rapportent \u00e0 l&rsquo;histoire sainte. (Capra, 2010, p. 86)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les diff\u00e9rences entre les trois inventaires r\u00e9v\u00e8lent le projet de chacun des biographes. Kemp veut exposer l&rsquo;interdisciplinarit\u00e9 de l&rsquo;artiste en d\u00e9taillant la liste selon des cat\u00e9gories larges et inclusives. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, en ne d\u00e9crivant pas pr\u00e9cis\u00e9ment les sujets de la premi\u00e8re moiti\u00e9 des titres sur \u00ab\u00a0les sciences et les techniques\u00a0\u00bb, Arasse omet par le fait m\u00eame tout renseignement qui pourrait contredire ses propos. Capra entreprend le chemin inverse\u00a0: il d\u00e9taille la premi\u00e8re moiti\u00e9 de la biblioth\u00e8que dans le but de mettre en lumi\u00e8re sa th\u00e9orie sur l&rsquo;esprit scientifique de L\u00e9onard de Vinci, qu\u2019il pr\u00e9sente d\u2019entr\u00e9e de jeu dans le titre comme un \u00ab\u00a0homme des sciences\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;en savoir plus sur les biographes eux-m\u00eames, mais bien de ma\u00eetriser le processus de signifiance qui m\u00e8ne d&rsquo;un fragment d&rsquo;archives \u00e0 un \u00ab\u00a0r\u00e9cit historique\u00a0\u00bb. Quel est le r\u00f4le de cette biblioth\u00e8que qui devient une trace importante de la qu\u00eate de L\u00e9onard de Vinci? Si les descriptions de la biblioth\u00e8que sont telles qu&rsquo;elles sont, c&rsquo;est probablement que les messages des descriptions sont plus complexes que ce qu&rsquo;elles donnent \u00e0 voir.<\/p>\n<h2>Un signe qui joue un r\u00f4le<\/h2>\n<p>Si la biblioth\u00e8que de L\u00e9onard de Vinci agit \u00e0 titre de signe dans les biographies, \u00e0 partir de quel d\u00e9nominateur commun pourrait-on comparer ces trois biblioth\u00e8ques sur les plans de l\u2019expression et du contenu\u00a0? \u00c0 des fins d\u2019analyse, les donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 compil\u00e9es selon une m\u00e9thode statistique \u00e0 partir de ce que les citations donnent \u00e0 lire. Le Tableau 1 donne en pourcentage le nombre d&rsquo;ouvrages appartenant \u00e0 chaque modalit\u00e9 du savoir, soit le savoir \u00e9pist\u00e9mique (\u00ab\u00a0<em>natural philosophy<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0histoire naturelle\u00a0\u00bb <a id=\"footnoteref8_ubae226\" class=\"see-footnote\" title=\"Voir les notes 2 et 7. \" href=\"#footnote8_ubae226\">[8]<\/a>), le culturel (litt\u00e9rature et grammaire latine), le technique (architecture, peinture religieuse, arts militaires) et le scientifique (math\u00e9matiques, astronomie et g\u00e9ologie, par exemple, quand ces sciences sont nomm\u00e9es en tant que telles). Il s&rsquo;agit d&rsquo;un calcul bas\u00e9 sur la quantit\u00e9 de chacun des groupes de contenu. De cette mani\u00e8re, la lecture a \u00e9t\u00e9 normalis\u00e9e. Les parenth\u00e8ses indiquent \u00e0 quel autre savoir une entr\u00e9e se rattache puisque certaines descriptions g\u00e9n\u00e9ralisent les contenus.<\/p>\n<p><strong>Tableau 1<\/strong><\/p>\n<p>Division du savoir (en %) dans<\/p>\n<p>la description de la biblioth\u00e8que personnelle de L\u00e9onard de Vinci selon trois biographes<\/p>\n<blockquote>\n<table border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"width: 97px; height: 23px;\">\n<p>SAVOIRS<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 23px; height: 23px;\">\u00a0<\/td>\n<td style=\"width: 100px; height: 23px;\">\n<p>KEMP<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 100px; height: 23px;\">\n<p>ARASSE<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 97px; height: 23px;\">\n<p>CAPRA<\/p>\n<\/td>\n<td>\u00a0<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 97px; height: 23px;\">\n<p>\u00c9pist\u00e9mique<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 23px; height: 23px;\">\n<p>E<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 100px; height: 23px;\">\n<p>39<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 100px; height: 23px;\">\n<p>0<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 97px; height: 23px;\">\n<p>60<\/p>\n<\/td>\n<td>\u00a0<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 97px; height: 23px;\">\n<p>Culturel<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 23px; height: 23px;\">\n<p>C<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 100px; height: 23px;\">\n<p>42<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 100px; height: 23px;\">\n<p>50<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 97px; height: 23px;\">\n<p>30<\/p>\n<\/td>\n<td>\u00a0<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 97px; height: 23px;\">\n<p>Technique<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 23px; height: 23px;\">\n<p>T<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 100px; height: 23px;\">\n<p>18<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 100px; height: 23px;\">\n<p>50<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 97px; height: 23px;\">\n<p>10+(e)<\/p>\n<\/td>\n<td>\u00a0<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 97px; height: 23px;\">\n<p>Scientifique<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 23px; height: 23px;\">\n<p>S<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 100px; height: 23px;\">\n<p>1+(e)<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 100px; height: 23px;\">\n<p>(t)<\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 100px; height: 23px;\" colspan=\"2\">\n<p>(e)<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>\u00a0(Kemp 1981, Arasse 1997 et Capra 2010)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Un autre calcul, sur le plan de l&rsquo;expression cette fois, a permis de d\u00e9terminer la division du savoir \u00e0 laquelle chacun des biographes accorde le plus d\u2019importance, en termes de nombre de syllabes. La case qui repr\u00e9sente cette donn\u00e9e a \u00e9t\u00e9 mise en caract\u00e8re gras dans le <em>tableau 1<\/em>.<\/p>\n<p>Les deux observations qu&rsquo;on peut faire \u00e0 premi\u00e8re vue sont l&rsquo;absence du savoir \u00e9pist\u00e9mique dans la description de Daniel Arasse et la quasi-absence du savoir scientifique chez Martin Kemp. De plus, si, pour Kemp, la mention sp\u00e9cifique de contenu scientifique n&rsquo;est pas explicite, ce savoir y est quand m\u00eame adjoint parce que la \u00ab\u00a0<em>natural philosophy<\/em>\u00a0\u00bb incluait les sciences, avant qu&rsquo;elles ne soient nomm\u00e9es ainsi. En tenant compte de l&rsquo;importance formelle des \u00e9nonc\u00e9s, il est r\u00e9v\u00e9lateur de voir que, chez Arasse, c&rsquo;est le savoir culturel qui demande le plus d&rsquo;\u00e9laboration, alors que, chez Capra, c&rsquo;est le scientifique \u2013 et cela sert bien leurs propos. Ensuite, chez Kemp, le savoir le plus \u00e9labor\u00e9 sur le plan de l&rsquo;expression est celui qui est le moins \u00e9lev\u00e9 en termes de pourcentage sur le plan du contenu, et c&rsquo;est le savoir technique \u2013 la tension que cela cr\u00e9e laisse entrevoir un regret (\u00ab\u00a0<em>only ten<\/em>\u00a0\u00bb) que Kemp compense en d\u00e9veloppant la rubrique.<\/p>\n<p>Si le signe-biblioth\u00e8que remplit un r\u00f4le pr\u00e9cis, celui-ci est diff\u00e9rent chez chacun des biographes. Dans une synth\u00e8se formul\u00e9e sous forme d&rsquo;\u00e9quations, cette diff\u00e9rence est encore plus concr\u00e8te. La biblioth\u00e8que de Martin Kemp (K.) divise \u00e9galement l&rsquo;ensemble des savoirs \u00e9pist\u00e9mique et scientifique et l\u2019ensemble du savoir culturel, en ce qu&rsquo;ils sont plus volumineux que l\u2019ensemble du savoir technique\u00a0:<\/p>\n<p>K. \u21d4\u00a0 {e,s} &gt; t = c &gt; t\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>La biblioth\u00e8que de Daniel Arasse (A.) regroupe en deux parties \u00e9quivalentes l&rsquo;ensemble des savoirs scientifique et technique ainsi que l\u2019ensemble du savoir culturel\u00a0:<\/p>\n<p>A. \u21d4\u00a0 {s,t} = c<\/p>\n<p>La biblioth\u00e8que de Fritjof Capra (C.) pr\u00e9sente un grand ensemble de savoirs \u00e9pist\u00e9mique, scientifique et technique, plus volumineux que l\u2019ensemble des ouvrages sur le savoir culturel\u00a0:<\/p>\n<p>C. \u21d4\u00a0 {e,s,t} &gt; c \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<\/p>\n<p>Pour faire suite \u00e0 cette synth\u00e8se s\u00e9miotique, il est int\u00e9ressant de poursuivre l&rsquo;exploration selon la vision de Umberto Eco, pour qui le signe d\u00e9passe en qualit\u00e9 et en attributs le premier <em>aliquid stat pro aliquo<\/em> de Saint Augustin. Klinkenberg, r\u00e9sumant la pens\u00e9e de Eco (Klinkenberg, 1996, p. 33-42), affirme qu\u2019il y aurait trois familles de signes. La premi\u00e8re, qui a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e, concerne le signe de substitution. Il y a aussi des signes qui fonctionnent comme la trace d&rsquo;un code; c&rsquo;est cette forme qui contribue \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration de l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;on va voir maintenant. La troisi\u00e8me famille regroupe quant \u00e0 elle les signes qui figurent comme instruments de structuration de l&rsquo;univers; cette troisi\u00e8me facette sera au centre de l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;on verra en conclusion.<\/p>\n<h2>Le personnage-biblioth\u00e8que<\/h2>\n<p>Philippe Hamon pr\u00e9senta en 1977 une th\u00e9orie int\u00e9ressante sur le statut s\u00e9miologique du personnage, c&rsquo;est-\u00e0-dire que le personnage peut \u00eatre analys\u00e9 selon une approche s\u00e9miologique (ou s\u00e9miotique, car on parle de plus en plus de l&rsquo;une ou de l&rsquo;autre formule \u00e9galement) parce qu&rsquo;il est un signe. Si la construction du personnage historique contribue \u00e0 fictionnaliser le r\u00e9cit historique selon Ricoeur, en le mettant en relation avec un objet, on observe dans tout le corpus \u00e9tudi\u00e9 la concr\u00e9tisation de la <em>qu\u00eate <\/em>de L\u00e9onard de Vinci. La th\u00e9orie de Hamon part d&rsquo;une typologie du signe au sein de laquelle les <em>signes anaphoriques <\/em>constituent le dernier type. Ils permettent de passer d&rsquo;une linguistique du signe \u00e0 une linguistique du discours\u00a0: \u00ab\u00a0on quitte en effet les structures d&rsquo;ordre proche (\u00e9chelle du syntagme) pour passer \u00e0 des structures d&rsquo;ordre lointain (\u00e9chelle du texte)\u00a0\u00bb (Hamon, 1977, p. 122). En tant qu&rsquo;unit\u00e9, un signe peut jouer un r\u00f4le et, dans cette relation avec les personnages, il peut lui-m\u00eame \u00eatre un personnage. Si la biographie n&rsquo;est pas une \u0153uvre litt\u00e9raire, c&rsquo;est \u00e0 tout le moins un r\u00e9cit fictionnalisant le pass\u00e9. Et pour Hamon, le personnage n\u2019a pas d\u2019obligation de relever du domaine litt\u00e9raire. De plus, cette unit\u00e9 n&rsquo;est pas exclusivement anthropomorphe<a id=\"footnoteref9_i94dw0n\" class=\"see-footnote\" title=\"Lire \u00e0 ce sujet Hamon, 1977, p. 118-119. \" href=\"#footnote9_i94dw0n\">[9]<\/a>. De cette fa\u00e7on, la biblioth\u00e8que personnelle de L\u00e9onard de Vinci peut cr\u00e9er un \u00ab\u00a0effet-personnage\u00a0\u00bb dans les biographies puisqu&rsquo;elle est toujours l\u00e0 (comme le docteur Watson avec Sherlock Holmes). En analogie \u00e0 sa typologie du signe, Hamon distingue trois cat\u00e9gories de personnages<a id=\"footnoteref10_wwdoxzo\" class=\"see-footnote\" title=\"Ibid., p. 122. \" href=\"#footnote10_wwdoxzo\">[10]<\/a>. En premier lieu, il d\u00e9crit les <em>personnages-r\u00e9f\u00e9rentiels<\/em>. Dans les r\u00e9cits de la biblioth\u00e8que de L\u00e9onard, la plupart des biographes s&rsquo;entendent pour dire qu&rsquo;il a accumul\u00e9 des connaissances par ses relations avec des \u00ab\u00a0lettr\u00e9s\u00a0\u00bb \u2013 c&rsquo;est ici le contrat de suspension de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 inh\u00e9rente au r\u00e9cit qui donne un effet de r\u00e9el cr\u00e9\u00e9 par le recours \u00e0 des personnages-r\u00e9f\u00e9rentiels. En second lieu, la cat\u00e9gorie des <em>personnages-embrayeurs<\/em> cr\u00e9e des effets de perspective comme les marques de la pr\u00e9sence du biographe ou les auteurs non pr\u00e9sents aupr\u00e8s de l&rsquo;artiste. Par exemple, Martin Kemp pense que L\u00e9onard de Vinci a probablement lu Nicolas de Cues afin de parfaire ses connaissances scientifiques<a id=\"footnoteref11_s0ndlwf\" class=\"see-footnote\" title=\"Kemp, 1981, p.\u00a0243. \" href=\"#footnote11_s0ndlwf\">[11]<\/a>. Inversement, Daniel Arasse, de son c\u00f4t\u00e9, dit que L\u00e9onard de Vinci n&rsquo;a pas lu Nicolas de Cues, mais que leur parent\u00e9 d&rsquo;esprit lui laisse croire qu&rsquo;il \u00ab\u00a0est vraisemblable qu&rsquo;il en a eu une connaissance orale\u00a0\u00bb (Arasse, 1997, p.\u00a069). Finalement, les <em>personnages-anaphores<\/em>, cat\u00e9gorie dans laquelle le personnage-biblioth\u00e8que semble reposer, cr\u00e9ent un espace de sens. Ce sont ceux par qui \u00ab\u00a0l&rsquo;\u0153uvre se cite elle-m\u00eame et s&rsquo;organise comme tautologique\u00a0\u00bb (Hamon, 1977, p.\u00a0123). La biblioth\u00e8que participe \u00e0 la narration comme un personnage, mais elle r\u00e9f\u00e8re bien plus au syst\u00e8me de la biographie qu&rsquo;\u00e0 autre chose. Cela \u00e9tait perceptible dans le Tableau 1 par les sp\u00e9cifications particuli\u00e8res que les biographes inf\u00e8rent dans leurs descriptions.<\/p>\n<h2>Autocitation anaphorique<\/h2>\n<p>D\u00e9finir l&rsquo;anaphore n\u00e9cessite tout un appareil \u00e9pist\u00e9mologique dont les limites d\u00e9passent la pr\u00e9sente exploration. Pour la d\u00e9finir bri\u00e8vement, en premier lieu, il y a soit la figure de rh\u00e9torique impliquant la r\u00e9p\u00e9tition d&rsquo;un rh\u00e8me en d\u00e9but de phrase, soit la figure grammaticale des proc\u00e9d\u00e9s d&rsquo;accumulation par identification. Dans une d\u00e9finition plus th\u00e9orique, la linguiste Marion Pescheux dit que la r\u00e9p\u00e9tition de l&rsquo;anaphore grammaticale \u00ab\u00a0utilise pour l&rsquo;identification les cat\u00e9gories s\u00e9mantiques qui font partie de l&rsquo;armature explicite de la grammaire\u00a0\u00bb (Pescheux, 2008, p. 5), par exemple les pronoms, le verbe faire, et les d\u00e9terminants comme dans l\u2019expression\u00a0: \u00ab<em>\u00a0sa<\/em>\u00a0\u00bb<em> biblioth\u00e8que<\/em>.<\/p>\n<p>Utilis\u00e9e comme figure discursive telle que la pr\u00e9sente Hamon, elle proc\u00e8de d&rsquo;une relation d&rsquo;anaphorisation entre deux entit\u00e9s, dont la pr\u00e9c\u00e9dente est r\u00e9p\u00e9t\u00e9e dans l&rsquo;anaphore; il s&rsquo;agit d&rsquo;une relation d&rsquo;identification. Ici, la pr\u00e9c\u00e9dente, c&rsquo;est \/artiste-deVinci\/, tandis que l&rsquo;anaphorisation passe dans la description de \u00ab\u00a0<em>sa<\/em>\u00a0\u00bb biblioth\u00e8que. Pescheux pr\u00e9cise dans ce cas\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a anaphore s\u00e9mantique (au sens restreint) quand un terme condens\u00e9 (ou d\u00e9nomination) reprend une expansion syntagmatique ant\u00e9rieure\u00a0\u00bb (<em>ibid<\/em>., p. 5). Le personnage-biblioth\u00e8que jouant le r\u00f4le d&rsquo;anaphore serait alors une d\u00e9nomination de l&rsquo;expansion textuelle de L\u00e9onard de Vinci, mise en discours dans la biographie. Ce proc\u00e9d\u00e9 rel\u00e8ve d&rsquo;une condensation du fragment d&rsquo;archives, comme la trace provenant premi\u00e8rement de l&rsquo;interpr\u00e9tation de Ladislao Reti et se prolongeant dans la s\u00e9miose constitu\u00e9e des biographies, pour mettre l&rsquo;artiste en relation avec des savoirs qui le repr\u00e9sentent.<\/p>\n<p>Ce proc\u00e9d\u00e9 de condensation du fragment d&rsquo;archives ram\u00e8ne le propos \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de la <em>trace<\/em> telle qu&rsquo;\u00e9labor\u00e9e par Ricoeur, \u00e0 partir de la m\u00e9ditation d&rsquo;Emmanuel L\u00e9vinas\u00a0: \u00ab\u00a0L\u00e9vinas parle de la trace dans le contexte de l&rsquo;\u00e9piphanie du <em>visage<\/em>\u00a0\u00bb (Ricoeur, 1985, p.\u00a0182). La trace, dans cette perspective, \u00ab\u00a0<em>signifie sans faire appara\u00eetre\u00a0<\/em>\u00bb (<em>ibid<\/em>., p.\u00a0183), au contraire du r\u00e9cit qui voudrait bien <em>donner corps<\/em>.<\/p>\n<h2>S\u00e9miose d&rsquo;un fragment d&rsquo;archives<\/h2>\n<p>Dans les biographies \u00e9tudi\u00e9es, en quoi les relations anaphoriques entre le personnage-r\u00e9f\u00e9rentiel de L\u00e9onard de Vinci et le personnage-anaphore de sa biblioth\u00e8que diff\u00e8rent-elles\u00a0? Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette probl\u00e9matisation reformul\u00e9e \u00e0 la lumi\u00e8re de notre exploration s\u00e9miotique, il serait int\u00e9ressant de relever les fonctions de communication mises en jeu chez chacun des biographes, selon l&rsquo;approche de la communication de Jakobson.<\/p>\n<p>En un sens, Fritjof Capra est le seul qui modifie la fonction po\u00e9tique de mani\u00e8re volontaire et explicite de sorte que son message servira \u00e0 mettre en relation m\u00e9tonymique <em>l&rsquo;artiste<\/em> et <em>l&rsquo;homme <u>des<\/u> sciences<\/em>. Selon lui, la biblioth\u00e8que et le savoir de L\u00e9onard de Vinci se composaient des titres qu&rsquo;on retrouve dans ses archives, ainsi que de ceux qu&rsquo;il avait emprunt\u00e9s \u00e0 des amis, un total \u00ab\u00a0virtuel\u00a0\u00bb d&rsquo;environ 200 titres\u00a0: \u00ab\u00a0biblioth\u00e8que substantielle \u00e0 la Renaissance<a id=\"footnoteref12_eiy1jy5\" class=\"see-footnote\" title=\"Un fait \u00e9conomique n'a pas \u00e9t\u00e9 abord\u00e9 par ces biographes. Or, il faut consid\u00e9rer que l'invention des techniques de l'imprimerie co\u00efncide avec la naissance de L\u00e9onard de Vinci. Ce proc\u00e9d\u00e9 \u00e9tait le produit d'artisans qui, bien que le papier venait d'\u00eatre introduit en Italie et que l'imprimerie b\u00e9n\u00e9ficiait des avanc\u00e9es typographiques des caract\u00e8res mobiles et de la presse invent\u00e9e par Gutenberg au d\u00e9but de la d\u00e9cennie de 1450, faisaient le travail de mains d'hommes, car l'imprimerie n'\u00e9tait pas encore une technologie m\u00e9canis\u00e9e. Par cons\u00e9quent, le livre \u00e9tait co\u00fbteux. \" href=\"#footnote12_eiy1jy5\">[12]<\/a>, m\u00eame pour un lettr\u00e9\u00a0\u00bb (Capra, 2010, p.\u00a086). Perception oppos\u00e9e \u00e0 celle de Daniel Arasse, qui affirme\u00a0: \u00ab\u00a0il ne faut pas penser que L\u00e9onard lisait les livres savants que sa biblioth\u00e8que pouvait effectivement contenir\u00a0\u00bb (Arasse, 1997, p. 41). De plus, il a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 que Daniel Arasse modifie lui aussi le message, ce qui fait en sorte que le personnage-anaphore repr\u00e9sente une zone de savoir qui ne se situe ni du c\u00f4t\u00e9 <em>\u00e9pist\u00e9m\u00e8<\/em> et ni de celui de <em>techn\u00e8<\/em>. La fonction po\u00e9tique, travaill\u00e9e insidieusement par Daniel Arasse, contourne le r\u00e9f\u00e9rent du fragment d&rsquo;archives pr\u00e9sent\u00e9 par Reti et installe une tendance esth\u00e9tisante induisant une interpr\u00e9tation des th\u00e8mes de la biblioth\u00e8que de L\u00e9onard de Vinci. La s\u00e9lection arbitraire des informations et leur r\u00e9organisation dans une po\u00e9tique particuli\u00e8re proc\u00e8dent d&rsquo;une \u00e9valuation subjective. Comme dit Ricoeur, l&rsquo;analyse de l&rsquo;\u00e9lagage institutionnel des archives peut d\u00e9noncer \u00ab\u00a0le caract\u00e8re id\u00e9ologique de la discrimination\u00a0\u00bb (Ricoeur, 1985, p. 172). Arasse et Capra utilisent cette anaphore pour \u00e9voquer une id\u00e9ologie particuli\u00e8re dans la dialectique\u00a0: \/artiste-deVinci = non lettr\u00e9\/ vs \/artiste-deVinci = lettr\u00e9\/. Ce qui est tout \u00e0 fait diff\u00e9rent dans l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 de Martin Kemp, c&rsquo;est que le fragment du <em>Codex de Madrid II<\/em> pr\u00e9sente manifestement un inventaire de titres qu&rsquo;on accepte comme sympt\u00f4me d&rsquo;une accumulation de connaissances dont le signe informe sur la personne de l&rsquo;artiste. Son personnage-anaphore joue sur la fonction r\u00e9f\u00e9rentielle pour caract\u00e9riser un artiste polyvalent et interdisciplinaire \u2013 d&rsquo;ailleurs, ce jeu de la fonction r\u00e9f\u00e9rentielle l&rsquo;oblige \u00e0 r\u00e9f\u00e9rer, tout au long de son ouvrage, aux livres qu&rsquo;aurait lus l&rsquo;artiste. Par la force des choses, le fait, pour Kemp, de ne mentionner le second inventaire des cinquante ans de L\u00e9onard de Vinci seulement qu&rsquo;aux trois quarts de sa biographie marque un respect de la di\u00e9g\u00e8se absent des pr\u00e9occupations des deux autres biographes. La relation anaphorique dans ce cas implique\u00a0: \/artiste-deVinci = chercheur interdisciplinaire\/, un peu \u00e0 la mani\u00e8re dont le pr\u00e9sentait Reti au tout d\u00e9but de la s\u00e9miose.<\/p>\n<p>Une partie de la r\u00e9ponse \u00e0 la question des diff\u00e9rences entre les biographes peut \u00eatre \u00e9nonc\u00e9e comme suit\u00a0: la fonction m\u00e9tas\u00e9miotique de la biblioth\u00e8que de L\u00e9onard, qui le suit partout dans ses biographies, n&rsquo;est pas de citer int\u00e9gralement un fragment de ses archives, mais d&rsquo;informer sur le code particulier que le biographe expose. Cet enjeu port\u00e9 par l&rsquo;anaphore, sous la forme de la reprise, d\u00e9crit des attributs de l&rsquo;artiste et op\u00e8re la propri\u00e9t\u00e9 du signe comme instrument de structuration de l&rsquo;univers \u00e0 travers la succession des interpr\u00e9tations des savoirs de cette personne fascinante et quasi mythique que devint L\u00e9onard de Vinci.<\/p>\n<p>La <em>qu\u00eate du savoir<\/em> de L\u00e9onard de Vinci trouve sa preuve dans sa relation avec la trace archivistique d&rsquo;une accumulation de livres; c&rsquo;est bien l\u00e0 le but de l&rsquo;historien. Avec les lunettes de Peirce, on pourrait dire que la trace est un <em>repr\u00e9sentamen<\/em><a id=\"footnoteref13_ao1jntm\" class=\"see-footnote\" title=\"Le repr\u00e9sentamen est, selon Klinkenberg (1996)\u00a0: \u00ab\u00a0la chose qui repr\u00e9sente\u00a0\u00bb, c'est-\u00e0-dire, une couche mat\u00e9rielle du signifiant formel, avant m\u00eame qu'il ne s'engage dans la signification. \" href=\"#footnote13_ao1jntm\">[13]<\/a> en relation avec l&rsquo;objet dynamique qui n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait une biblioth\u00e8que, mais plut\u00f4t l&rsquo;indice de son accumulation\u00a0: la qu\u00eate d&rsquo;un savoir \u00e9pist\u00e9mique chez Kemp, d&rsquo;un savoir culturel chez Arasse et la qu\u00eate d&rsquo;un savoir scientifique chez Capra. Le recours au personnage-anaphore de la biblioth\u00e8que que tous les biographes consid\u00e8rent comme un passage oblig\u00e9 contribue \u00e0 l&rsquo;expansion de la s\u00e9miose par l&rsquo;effet-personnage \u2013 on s&rsquo;attache \u00e0 cette figure!<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>Pourrait-on dire que les biographes se r\u00e9pondent l&rsquo;un l&rsquo;autre dans cette entreprise de d\u00e9peindre une figure historique? \u00c0 partir d&rsquo;un document d&rsquo;archives, Martin Kemp t\u00e9moigne d&rsquo;un artiste polyvalent ayant marqu\u00e9 son \u00e9poque. Une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es plus tard, Daniel Arasse \u00e9labore sa lecture en y ajoutant son expertise d&rsquo;<em>italianologue<\/em>. Un peu plus critique, il \u00e9tire la fonction de la trace vers un travail du message, esth\u00e9tisant l&rsquo;interpr\u00e9tation en plan rapproch\u00e9, ce qui \u00ab\u00a0d\u00e9contextualise\u00a0\u00bb la trace pour servir son argument. Cela est encore plus manifeste lorsque Fritjof Capra utilise le g\u00e9nie de L\u00e9onard de Vinci dans le but de pr\u00e9senter quelques radicelles primitives de la pens\u00e9e scientifique de type holistique ou connexionniste. Son parti-pris au sein du message m\u00eame fait un gros plan sur les d\u00e9tails scientifiques. Le maniement de la fonction esth\u00e9tique \u2013 comme l&rsquo;effet du jeu du t\u00e9l\u00e9phone arabe \u2013 transforme l&rsquo;histoire qui devient une \u0153uvre de quasi-fiction<a id=\"footnoteref14_0s2wf5a\" class=\"see-footnote\" title=\"Le cr\u00e9dit de cette interpr\u00e9tation de la trace documentaire pouvant \u00eatre affect\u00e9e par la fonction po\u00e9tique au point qu'elle devienne une \u0153uvre revient \u00e0 madame Catherine Saouter, professeure \u00e0 l'UQAM. Il s'agit d'une th\u00e9orie in\u00e9dite qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans le cadre d'un s\u00e9minaire de s\u00e9miotique. C'est avec un grand respect pour les travaux de cette professeure que la s\u00e9miose de la biblioth\u00e8que personnelle de L\u00e9onard de Vinci est appr\u00e9hend\u00e9e selon cet angle. \" href=\"#footnote14_0s2wf5a\">[14]<\/a>.<\/p>\n<p>Afin de garder le caract\u00e8re tout \u00e0 fait scientifique de l&rsquo;interpr\u00e9tation, faudra-t-il un historien convaincu pour classifier cette liste de livres selon une grille moderne telle que le syst\u00e8me de <em>Dewey<\/em> ou, encore mieux, celui de la <em>Library of Congress<\/em>? Les \u00ab\u00a0nuages\u00a0\u00bb de la condensation des titres dans l&rsquo;une ou l&rsquo;autre des nomenclatures des branches du savoir donneraient une id\u00e9e plus objective de l&rsquo;inventaire, bien que d\u00e9contextualis\u00e9e, encore une fois. Il serait enfin plus ais\u00e9 de reproduire fid\u00e8lement la description. Les biographes \u00e9tudi\u00e9s dans cet article errent entre le niveau du <em>dicisigne<\/em> de Peirce et celui de l&rsquo;<em>argument<\/em>. Dans l&rsquo;expansion de la signifiance d&rsquo;un fragment d&rsquo;archives datant du d\u00e9but du seizi\u00e8me si\u00e8cle, ce traitement normalis\u00e9 selon la discipline de la biblioth\u00e9conomie ajouterait alors \u00e0 la s\u00e9miose un <em>l\u00e9gisigne symbolique argumental<\/em><a id=\"footnoteref15_3tols3p\" class=\"see-footnote\" title=\"Le l\u00e9gisigne symbolique dans la trichonomie du signe de Peirce se compose de la portion des signes \u2013 entre autres linguistiques \u2013 relevant d'un code socialement admis dont la substitution arbitraire est une propri\u00e9t\u00e9. L'interpr\u00e9tant, cette dynamique de la relation entre le repr\u00e9sentamen \/l\u00e9gisigne\/ et l'objet \/symbolique\/, peut \u00eatre un effet de rh\u00e8me (purement pr\u00e9sent sans valeur de v\u00e9rit\u00e9), de dicisigne (en tant que r\u00e9f\u00e9rence subjective) ou d'argument. Ce dernier compose un processus de mise en discours par le biais de l'hypoth\u00e8se \u2013 soit l'abduction, l'induction ou la d\u00e9duction.\" href=\"#footnote15_3tols3p\">[15]<\/a> de type d\u00e9ductif. N\u00e9anmoins, les re-figurations successives seraient soit d\u00e9vi\u00e9es dans leurs trajectoires, ou soit transform\u00e9es en n&rsquo;offrant plus le loisir de la flexibilit\u00e9 des nomenclatures pour jouer le jeu du personnage-biblioth\u00e8que.<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>ARASSE, Daniel. 1997. <em>L\u00e9onard de Vinci. Le Rythme du monde.<\/em> Paris\u00a0: Hazan, 543 p.<\/p>\n<p>CAPRA, Fritjof. 2010. <em>L\u00e9onard de Vinci\u00a0: Homme des sciences.<\/em> Paris\u00a0: Actes Sud (traduction de l&rsquo;original paru en 2007), 278 p.<\/p>\n<p>ECO, Umberto (et Mus\u00e9e du Louvre). 2009. <em>Vertige de la liste<\/em>. Paris\u00a0: Flammarion, 408\u00a0p.<\/p>\n<p>FOUCAULT, Michel. 1990. <em>Les mots et les choses, une arch\u00e9ologie des sciences humaines<\/em>. Paris\u00a0: Gallimard, 398 p.<\/p>\n<p>HAMON, Philippe. 1977. \u00ab\u00a0Pour un statut s\u00e9miologique du personnage\u00a0\u00bb. <em>Po\u00e9tique du r\u00e9cit<\/em>, dir. Genette et Todorov. Paris\u00a0: \u00c9ditions du Seuil, p. 115-180.<\/p>\n<p>KEMP, Martin. 1981. <em>Leonardo Da Vinci\u00a0: The Marvellous Works of Nature and Man<\/em>. Oxford\u00a0: Oxford University Press (\u00c9d. revue et augment\u00e9e en 2006), 381 p.<\/p>\n<p>KLINKENBERG, Jean-Marie. 1996. <em>Pr\u00e9cis de s\u00e9miotique g\u00e9n\u00e9rale<\/em>. Bruxelles\u00a0: De Boeck-Wesmael, 486 p.<\/p>\n<p>PESCHEUX, Marion. 2008. \u00ab\u00a0Le feuilleton de l&rsquo;anaphorisation\u00a0: de \u201cfacettes\u201d en \u201cdegr\u00e9s\u201d, Troisi\u00e8me \u00e9pisode\u00a0\u00bb. <em>Revue Texto<\/em>, juillet 2008, vol. XVIII, en 3 \u00e9pisodes, [en ligne] consult\u00e9 le 2010-12-18, URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.revue-texto.net\/Reperes\/Reperes.html\">http:\/\/www.revue-texto.net\/Reperes\/Reperes.html<\/a><\/p>\n<p>RETI, Ladislao. 1968. \u00ab\u00a0The Two Unpublished Manuscripts of Leonardo da Vinci in the Biblioteca Nacional of Madrid \u2013 II\u00a0\u00bb. <em>The Burlington Magazine<\/em>, Vol. 110, No. 779 (Feb., 1968), p. 81-91, [en ligne] consult\u00e9 le 2010-12-18 sur <em>Jstor,<\/em> URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/875523\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/875523<\/a><\/p>\n<p>RETI, Ladislao. 1972. <em>The Library of Leonardo Da Vinci. <\/em>Los Angeles\u00a0: Zeitlin &amp; Ver Brugge, 28 p. \u00a0<\/p>\n<p>RETI, Ladislao (et L\u00e9onard de Vinci). 1974. <em>The Madrid Codices<\/em> (5 volumes). New York\u00a0: McGraw-Hill. \u00a0<\/p>\n<p>RICHTER, Jean-Paul (et L\u00e9onard de Vinci). 1888. <em>The Notebooks of Leonardo Da Vinci, volume 2<\/em>. Project Gutenberg, consult\u00e9 le 2010-12-18 URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.gutenberg.org\/cache\/epub\/4999\/pg4999.html\">http:\/\/www.gutenberg.org\/cache\/epub\/4999\/pg4999.html<\/a><\/p>\n<p>RICOEUR, Paul. 1983. <em>Temps et r\u00e9cit<\/em>. t.3\u00a0: <em>Le temps racont\u00e9<\/em>. (en 3 tomes), Paris\u00a0: \u00c9ditions du Seuil, 426 p.\u00a0<\/p>\n<p><!--novelty_footnote_list()--><\/p>\n<section class=\"footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed\" data-collapsible-show-label=\"Notes\" data-collapsible-hide-label=\"Notes\">\n<h2>Notes<\/h2>\n<p id=\"footnote1_pmqo3n6\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref1_pmqo3n6\">[1]<\/a> La <em>s\u00e9miose<\/em> est un processus s\u00e9miotique en expansion qui fait que le signe \u00e9voque toutes les occurrences pr\u00e9c\u00e9dentes dans la dynamique de l&rsquo;augmentation suscitant toutes les occurrences subs\u00e9quentes (selon Charles Sanders Peirce, philosophe \u00e0 l&rsquo;origine de la s\u00e9miotique pragmatique, contemporain am\u00e9ricain de Ferdinand de Saussure, linguiste suisse ayant inaugur\u00e9 le volet europ\u00e9en de la s\u00e9miologie structurale).<\/p>\n<p id=\"footnote2_h6y0yci\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref2_h6y0yci\">[2]<\/a> Il y a un consensus pour dire que ces livres ont appartenu \u00e0 L\u00e9onard de Vinci. Faudrait-il se poser la question \u00e0 nouveau? Peut-\u00eatre s&rsquo;agit-il de listes de lectures potentielles qu&rsquo;il pr\u00e9voyait faire ou de celles qu&rsquo;il avait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9es sans n\u00e9cessairement d\u00e9tenir ces ouvrages?<\/p>\n<p id=\"footnote3_rqop3or\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref3_rqop3or\">[3]<\/a> Umberto Eco, dans <em>Vertige de la liste <\/em>(2009), propose une exploration mus\u00e9ale de l&rsquo;objet \u00ab\u00a0liste\u00a0\u00bb (le livre accompagnait une exposition au Mus\u00e9e du Louvre en novembre 2009). Il retrace cette habitude de la liste \u00e0 <em>l&rsquo;Iliade<\/em> d&rsquo;Hom\u00e8re. L&rsquo;\u00e9num\u00e9ration, selon lui, r\u00e9apparait au Moyen-\u00e2ge et \u00e0 la Renaissance et les crit\u00e8res de classement de l&rsquo;\u00e9poque se basaient sur l&rsquo;essence ou la propri\u00e9t\u00e9 des objets \u2013 mais en g\u00e9n\u00e9ral, on retrouve des regroupements d\u00e9sordonn\u00e9s. La liste de livres pr\u00e9lev\u00e9e dans le <em>Codex de Madrid II<\/em> n&rsquo;est ni ordonn\u00e9e ni d\u00e9taill\u00e9e. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une liste pratique non classifi\u00e9e qui mentionne des livres par auteur, une caract\u00e9ristique physique, le sujet ou une portion du titre. Reti en d\u00e9gagea les r\u00e9f\u00e9rences bibliographiques les plus pr\u00e9cises qu&rsquo;il soit possible de trouver.<\/p>\n<p id=\"footnote4_sz12rh9\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref4_sz12rh9\">[4]<\/a> Avant le Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, la philosophie naturelle m\u00ealait r\u00e9f\u00e9rents, significations et signes. Michel Foucault, dans<em> Les mots et les choses<\/em> (1990) signale\u00a0: \u00ab\u00a0La nature, comme jeu des signes et des ressemblances, se referme sur elle-m\u00eame selon la figure redoubl\u00e9e du cosmos\u00a0\u00bb (p. 46). Ainsi, on peut lire dans cette <em>natural philosophy<\/em>, une zone du savoir relevant de <em>l&rsquo;\u00e9pist\u00e9m\u00e8,<\/em> mais bien avant qu&rsquo;elle n&rsquo;engendre le concept appliqu\u00e9 de science. Les id\u00e9es sur la nature provenaient de l&rsquo;observation et de l&rsquo;interpr\u00e9tation qui occupaient simultan\u00e9ment le discours philosophique.<\/p>\n<p id=\"footnote5_5xfkax1\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref5_5xfkax1\">[5]<\/a> Marinoni collabore avec Reti durant une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es. On retrouve quelques ouvrages collectifs o\u00f9 leurs articles se c\u00f4toient. Malgr\u00e9 les diff\u00e9rences dans leurs approches du savoir de l&rsquo;artiste, le professeur de litt\u00e9rature italienne Marinoni \u00e9tait bien plac\u00e9 pour aider Reti \u00e0 retracer certains ouvrages. Le m\u00e9rite du d\u00e9chiffrage de l&rsquo;inventaire revient toutefois \u00e0 Reti. Marinoni a publi\u00e9, en 1974, <em>Scritti Letterari<\/em> (Milano: Biblioteca universale Rizzoli) sur les \u00e9crits de L\u00e9onard de Vinci, o\u00f9 il interpr\u00e8te les travaux de Reti sur le fragment d&rsquo;archives.<\/p>\n<p id=\"footnote6_3au07j0\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref6_3au07j0\">[6]<\/a> \u00c9cole d&rsquo;abaque.<\/p>\n<p id=\"footnote7_tmhc4xr\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref7_tmhc4xr\">[7]<\/a> Il est n\u00e9cessaire de faire la remarque que la nomenclature des sujets mise de l&rsquo;avant par les biographes n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement fid\u00e8le aux appellations de l&rsquo;\u00e9poque. Par exemple, l&rsquo;approche de \u00ab\u00a0l&rsquo;histoire naturelle\u00a0\u00bb surgit au courant du seizi\u00e8me si\u00e8cle avec l&rsquo;effort taxonomique de nommer et de classer les objets naturels selon une convention commune. Ce qui fait suite aux <em>histoires naturelles<\/em>, comme les d\u00e9nombre Foucault (1990), qui rassemblaient tous les faits entourant un objet. Par exemple, une plante suscitait autant la description de ses parties que l&rsquo;analogie avec le cosmos, ainsi que les recettes alimentaires et apothicaires qui lui conf\u00e9raient une utilit\u00e9. Par ces appellations d&rsquo;<em>histoire naturelle<\/em> et de <em>natural philosophy<\/em>, Capra et Kemp d\u00e9signent des ouvrages de r\u00e9flexion empirique et philosophique sur la nature (voir la note 2).<\/p>\n<p id=\"footnote8_ubae226\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref8_ubae226\">[8]<\/a> Voir les notes 2 et 7.<\/p>\n<p id=\"footnote9_i94dw0n\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref9_i94dw0n\">[9]<\/a> Lire \u00e0 ce sujet Hamon, 1977, p. 118-119.<\/p>\n<p id=\"footnote10_wwdoxzo\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref10_wwdoxzo\">[10]<\/a> <em>Ibid<\/em>., p. 122.<\/p>\n<p id=\"footnote11_s0ndlwf\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref11_s0ndlwf\">[11]<\/a> Kemp, 1981, p.\u00a0243.<\/p>\n<p id=\"footnote12_eiy1jy5\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref12_eiy1jy5\">[12]<\/a> Un fait \u00e9conomique n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 abord\u00e9 par ces biographes. Or, il faut consid\u00e9rer que l&rsquo;invention des techniques de l&rsquo;imprimerie co\u00efncide avec la naissance de L\u00e9onard de Vinci. Ce proc\u00e9d\u00e9 \u00e9tait le produit d&rsquo;artisans qui, bien que le papier venait d&rsquo;\u00eatre introduit en Italie et que l&rsquo;imprimerie b\u00e9n\u00e9ficiait des avanc\u00e9es typographiques des caract\u00e8res mobiles et de la presse invent\u00e9e par Gutenberg au d\u00e9but de la d\u00e9cennie de 1450, faisaient le travail de <em>mains d&rsquo;hommes<\/em>, car l&rsquo;imprimerie n&rsquo;\u00e9tait pas encore une technologie m\u00e9canis\u00e9e. Par cons\u00e9quent, le livre \u00e9tait co\u00fbteux.<\/p>\n<p id=\"footnote13_ao1jntm\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref13_ao1jntm\">[13]<\/a> Le <em>repr\u00e9sentamen<\/em> est, selon Klinkenberg (1996)\u00a0: \u00ab\u00a0la chose qui repr\u00e9sente\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire, une couche mat\u00e9rielle du <em>signifiant<\/em> formel, avant m\u00eame qu&rsquo;il ne s&rsquo;engage dans la signification.<\/p>\n<p id=\"footnote14_0s2wf5a\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref14_0s2wf5a\">[14]<\/a> Le cr\u00e9dit de cette interpr\u00e9tation de la trace documentaire pouvant \u00eatre affect\u00e9e par la fonction po\u00e9tique au point qu&rsquo;elle devienne une \u0153uvre revient \u00e0 madame Catherine Saouter, professeure \u00e0 l&rsquo;UQAM. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une th\u00e9orie in\u00e9dite qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans le cadre d&rsquo;un s\u00e9minaire de s\u00e9miotique. C&rsquo;est avec un grand respect pour les travaux de cette professeure que la s\u00e9miose de la biblioth\u00e8que personnelle de L\u00e9onard de Vinci est appr\u00e9hend\u00e9e selon cet angle.<\/p>\n<p id=\"footnote15_3tols3p\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref15_3tols3p\">[15]<\/a> Le <em>l\u00e9gisigne symbolique<\/em> dans la <em>trichonomie du signe<\/em> de Peirce se compose de la portion des signes \u2013 entre autres linguistiques \u2013 relevant d&rsquo;un code socialement admis dont la substitution arbitraire est une propri\u00e9t\u00e9. <em>L&rsquo;interpr\u00e9tant<\/em>, cette dynamique de la relation entre le <em>repr\u00e9sentamen<\/em> \/l\u00e9gisigne\/ et l&rsquo;objet \/symbolique\/, peut \u00eatre un effet de <em>rh\u00e8me<\/em> (purement pr\u00e9sent sans valeur de v\u00e9rit\u00e9), de <em>dicisigne<\/em> (en tant que r\u00e9f\u00e9rence subjective) ou d&rsquo;<em>argument<\/em>. Ce dernier compose un processus de mise en discours par le biais de l&rsquo;hypoth\u00e8se \u2013 soit l&rsquo;abduction, l&rsquo;induction ou la d\u00e9duction.<\/p>\n<\/section>\n<p><!--\/novelty_footnote_list()--><\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Labont\u00e9, Nancy. \u00ab S\u00e9miose de la biblioth\u00e8que de L\u00e9onard de Vinci : ce qu\u2019est devenu un des fragments du Codex de Madrid II sous la re-figuration des biographes Martin Kemp, Daniel Arasse et Fritjof Capra) \u00bb, <em>Postures<\/em>, Dossier \u00ab Interdisciplinarit\u00e9s \/ Penser la biblioth\u00e8que \u00bb, n\u00b013, En ligne, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5484 (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx).<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/labonte-13.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 labonte-13.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-95cb284e-3bf6-4e97-b35e-4dbe012439e4\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/labonte-13.pdf\">labonte-13<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/labonte-13.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-95cb284e-3bf6-4e97-b35e-4dbe012439e4\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier \u00ab Interdisciplinarit\u00e9s \/ Penser la biblioth\u00e8que \u00bb, n\u00b013 L\u00e9onard de Vinci (1452-1519), peintre de la Renaissance italienne, captive l&rsquo;imaginaire. Ses archives rassemblent ses id\u00e9es et, parfois, des listes de produits du march\u00e9, le calcul de ses d\u00e9penses et, ce qui est \u00e0 l&rsquo;origine de cet article\u00a0: deux listes de livres qui sont g\u00e9n\u00e9ralement reconnues [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_coblocks_attr":"","_coblocks_dimensions":"","_coblocks_responsive_height":"","_coblocks_accordion_ie_support":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[1134,1213,1216],"tags":[196],"class_list":["post-5484","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","category-interdisciplinarites-penser-la-bibliotheque","category-theorie-interdisciplinarites-penser-la-bibliotheque","tag-labonte-nancy"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5484","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5484"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5484\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9390,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5484\/revisions\/9390"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5484"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5484"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5484"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}