{"id":5501,"date":"2024-06-13T19:48:21","date_gmt":"2024-06-13T19:48:21","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/introduction-en-territoire-feministe-regards-et-relectures\/"},"modified":"2024-09-09T16:30:23","modified_gmt":"2024-09-09T16:30:23","slug":"introduction-en-territoire-feministe-regards-et-relectures","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5501","title":{"rendered":"Introduction &#8211; En territoire f\u00e9ministe : regards et relectures"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6886\">Dossier \u00ab En territoire f\u00e9ministe : regards et relectures \u00bb, n\u00b0 15<\/a><\/h5>\n<p>Dans son br\u00fblant et d\u00e9sormais fondamental <em>Rire de la M\u00e9duse<\/em>, H\u00e9l\u00e8ne Cixous invite les femmes \u00e0 \u00e9crire, <em>\u00e0 s\u2019\u00e9crire<\/em>. <em>Qu\u2019elles se mettent au texte<\/em>, qu\u2019elles s\u2019inscrivent dans la langue \u00e9crite et orale. Qu\u2019elles \u00e9crivent avec leur corps, qu\u2019elles soul\u00e8vent les institutions patriarcales, qu\u2019elles d\u00e9couvrent le continent noir et obscur qu\u2019elles habitent<a id=\"footnoteref1_dkkopty\" class=\"see-footnote\" title=\" Le Rire de la M\u00e9duse, \u00c9ditions de l\u2019Arc, 1975.\" href=\"#footnote1_dkkopty\">[1]<\/a>. Cet appel \u00e0 de nouvelles pratiques d\u2019\u00e9criture (et de lecture), s\u2019il a suffisamment \u00e9volu\u00e9 pour devenir un champ de recherche reconnu par l\u2019Universit\u00e9, appara\u00eet toujours d\u2019une grande actualit\u00e9. Les \u00e9tudes litt\u00e9raires f\u00e9ministes, florissantes, permettent d\u2019explorer toujours davantage le \u00ab continent noir \u00bb, de l\u2019\u00e9clairer toujours un peu plus. Rendre compte de la sexuation de l\u2019\u00e9criture, donner la parole aux \u00e9crivaines du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent, voir comment les femmes (et les hommes) traitent du f\u00e9minin dans leurs \u0153uvres : l\u2019objectif, sans conteste, est aussi riche que vaste. Ce continent, nous l\u2019avons ici nomm\u00e9 territoire.<\/p>\n<p>En demandant aux jeunes chercheuses et aux jeunes chercheurs de se pencher sur la question du sexe et du genre en litt\u00e9rature, sans autre contrainte, nous nous attendions \u00e9videmment \u00e0 un ensemble h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. De fait, les textes rassembl\u00e9s, bien que li\u00e9s par leur approche r\u00e9solument f\u00e9ministe, s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 diff\u00e9rents corpus nationaux, touchent \u00e0 diff\u00e9rentes th\u00e9matiques, proposent des retours en arri\u00e8re comme ils jettent des coups d\u2019oeil sur le pr\u00e9sent. Qu\u2019ils traitent de sexualit\u00e9, de maternit\u00e9, qu\u2019ils s\u2019int\u00e9ressent aux multiples mani\u00e8res de construire le f\u00e9minin, qu\u2019ils montrent comment la litt\u00e9rature permet de d\u00e9jouer des rapports de hi\u00e9rarchie et de division, ils <em>regardent<\/em>\u00a0 et <em>relisent<\/em>\u00a0 diverses \u0153uvres \u00e0 l\u2019aune d\u2019une <em>autre<\/em> grille, toujours n\u00e9cessaire nous semble-t-il. Ce quinzi\u00e8me num\u00e9ro de <em>Postures<\/em>, num\u00e9ro anniversaire, se place donc sous le signe du foisonnement et de la vari\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<h2>Prendre la parole<\/h2>\n<p>Il s\u2019ouvre avec l\u2019article de Fran\u00e7ois-Ronan Dubois, qui revisite \u00e0 notre plus grand profit un classique de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise, <em>La Princesse de Cl\u00e8ves<\/em>, un roman dont l\u2019interpr\u00e9tation f\u00e9ministe se base depuis toujours sur une correspondance entre l\u2019oeuvre et la vie de l\u2019auteure. Or, cette approche biographique, difficile \u00e0 supporter lorsque l\u2019auteure n\u2019est plus de ce monde, est depuis le XXe \u00a0si\u00e8cle fortement contest\u00e9e dans le monde litt\u00e9raire. S\u2019appuyant sur une hypoth\u00e8se boud\u00e9e par les critiques selon laquelle l\u2019ad\u00e9quation entre la vie de Madame de Lafayette et celle de son h\u00e9ro\u00efne n\u2019aurait que peu de fondement historique, Dubois s\u2019interroge sur la pertinence de conserver un regard f\u00e9ministe sur cette \u0153uvre. Un postulat \u00e9merge, qui laisse place \u00e0 la r\u00e9flexion et \u00e0 la discussion : il n\u2019y aurait \u00ab d\u2019\u00e9crivains f\u00e9ministes que ceux dont les \u0153uvres sont l\u2019objet d\u2019un commentaire f\u00e9ministe \u00bb.<\/p>\n<p>Delphine Dufour aborde de son c\u00f4t\u00e9 le cas de Marie d\u2019Agoult, alias Daniel Stern, une journaliste du XIXe \u00a0si\u00e8cle. Cette intellectuelle qui a longtemps entretenu le flou autour de son genre et de son sexe a \u00e9crit avec aplomb et intelligence sur des sujet dits masculins : politique, philosophie et histoire, tout en s\u2019int\u00e9ressant \u00e0 des productions litt\u00e9raires f\u00e9minines, d\u00e9crivant par exemple avec virilit\u00e9 la po\u00e9tesse Louise Ackermann. M\u00eame si, d\u2019apr\u00e8s Dufour, Stern \u00e9choue \u00e0 incarner le processus f\u00e9ministe qui am\u00e8ne \u00ab de la prise de conscience individuelle \u00e0 la d\u00e9fense d\u2019une identit\u00e9 collective, de <em>soi<\/em>\u00a0 aux <em>autres<\/em> \u00bb, elle n\u2019en reste pas moins une des premi\u00e8res v\u00e9ritables <em>intellectuelles<\/em>\u00a0 \u2014 au sens sta\u00ebllien du terme \u2014 , qui r\u00e9fl\u00e9chit avec libert\u00e9 sur les sujets qui l\u2019int\u00e9resse, et ce, m\u00eame si cette libert\u00e9 s\u2019exerce au prix d\u2019une fracturation de l\u2019\u00eatre.<\/p>\n<p>De l\u2019Europe des XVIIIe \u00a0et XIXe \u00a0si\u00e8cles, Mari\u00e8ve Mar\u00e9chal nous emm\u00e8ne vers l\u2019Alg\u00e9rie moderne avec une analyse de l\u2019agentivit\u00e9 dans le roman <em>Cette fille-l\u00e0<\/em>, de Ma\u00efssa Bey. Pour Malika, l\u2019h\u00e9ro\u00efne du roman, marginalis\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne, la mise en r\u00e9cit de son pass\u00e9 permet de s\u2019affranchir symboliquement \u2014\u00a0 mais aussi activement \u2014\u00a0 de la minorisation impos\u00e9e par une soci\u00e9t\u00e9 misogyne. Portrait sans conteste positif de la libert\u00e9 qu\u2019offre la prise de parole et l\u2019organisation du discours, <em>Cette fille-l\u00e0<\/em> constitue un r\u00e9cit d\u2019\u00e9mancipation inspirant. Comme Mar\u00e9chal le souligne, \u00ab [l]a qu\u00eate d\u2019origine [de Malika] \u00e0 travers la mise en r\u00e9cit de son pass\u00e9 la m\u00e8ne \u00e0 d\u00e9couvrir qu\u2019elle a elle-m\u00eame le pouvoir de s\u2019inscrire en soci\u00e9t\u00e9, d\u2019en changer l\u2019ordre dominant \u00bb. Avec cette analyse tr\u00e8s juste qui t\u00e9moigne de l\u2019\u00e9volution de la pens\u00e9e f\u00e9ministe, Mar\u00e9chal conclut avec brio la premi\u00e8re partie de ce num\u00e9ro anniversaire.<\/p>\n<h2>Entre f\u00e9minin et f\u00e9minisme<\/h2>\n<p>Avec une \u00e9tude d\u2019une oeuvre de Rachilde, Romain Courapied poursuit la r\u00e9flexion entam\u00e9e par Dubois et Dufour quant aux modalit\u00e9s de l\u2019engagement f\u00e9ministe. \u00c0 l\u2019instar de Daniel Stern, Rachilde \u2014\u00a0 son vrai nom est Margueritte Eymery \u2014\u00a0 fait appel \u00e0 un pseudonyme et s\u2019engage alors dans un processus qui \u00e0 la fois la prot\u00e8ge et la divise. Insistant sur la difficult\u00e9 d\u2019\u00e9crire dans un monde ouvertement misogyne o\u00f9 les femmes n\u2019ont qu\u2019une matrice et pas de t\u00eate, Courapied s\u2019interroge sur la pertinence de faire appel au concept d\u2019intention d\u2019auteur lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019analyser une oeuvre subversive : la remise en question des mod\u00e8les \u00e9tablis qu\u2019elle suppose doit-elle appara\u00eetre sans que la question de l\u2019auteur ne soit abord\u00e9e ? Ici, Courapied remarque que la lecture de <em>Monsieur V\u00e9nus<\/em>\u00a0 comme un texte subversif est troubl\u00e9e par un paratexte qui sans cesse minimise sa port\u00e9e. Or, les lectures qui en seront faites par des critiques f\u00e9ministes des deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me vagues nous rappelleront que ces proc\u00e9d\u00e9s de l\u00e9gitimation \u00ab par le bas \u00bb ne peuvent faire taire une voix v\u00e9ritablement contestataire.<\/p>\n<p>De la p\u00e9riode d\u00e9cadente, nous nous tournons vers le monde contemporain avec l\u2019\u00e9tude des textes de Chlo\u00e9 Delaume men\u00e9e par Anysia Troin-Guis. Si elle ne s\u2019affiche pas ouvertement comme f\u00e9ministe, la romanci\u00e8re fran\u00e7aise a toutefois produit une oeuvre qui probl\u00e9matise nombre de questions abord\u00e9es par le mouvement f\u00e9ministe : contr\u00f4le et possession du corps f\u00e9minin, domination masculine, identit\u00e9 et affirmation, etc. Troin-Guis r\u00e9pond tr\u00e8s clairement \u00e0 la question pos\u00e9e par le texte de Dubois sur la pertinence de l\u2019approche f\u00e9ministe pour tout texte : l\u2019auteure \u00ab ne propose pas un discours fig\u00e9 sur les femmes mais, \u00e0 partir d\u2019une mise en r\u00e9cit de certains th\u00e8mes qui lui sont associ\u00e9s ou par l\u2019application de la th\u00e9orie de la performativit\u00e9 des genres \u00e0 l\u2019analyse de sa pratique, elle relaye diff\u00e9rents aspects de la question f\u00e9ministe actuelle \u00bb. Ici encore, les \u00ab d\u00e9tails \u00bb historiques et biographiques se trouvent balay\u00e9s par l\u2019ad\u00e9quation de l\u2019oeuvre avec la grille d\u2019analyse f\u00e9ministe.<\/p>\n<p>En abordant la question de la litt\u00e9rature f\u00e9minine, il est difficile de passer outre le r\u00e9cent engouement pour les r\u00e9cits vampiriques mettant en sc\u00e8ne un personnage narrateur f\u00e9minin aux prises avec un monde fantastique dans un cadre contemporain. Ga\u00efane Hanser s\u2019y int\u00e9resse d\u2019un point de vue f\u00e9ministe en tentant de mettre au jour les tenants et aboutissants d\u2019une litt\u00e9rature en pleine expansion, la <em>Bit Lit<\/em>. Le genre fantastique y permet d\u2019aborder de biais des questions de marginalisation et de diff\u00e9rence ; de m\u00eame, la focalisation interne incite \u00e0 l\u2019identification au personnage, mettant en place les cl\u00e9s d\u2019une r\u00e9flexion sur la sexualit\u00e9 f\u00e9minine, la maternit\u00e9 et le pouvoir. Si, comme le remarque Hanser, le sous-genre mine le r\u00e9alisme de ces \u0153uvres \u2014\u00a0 et d\u00e8s lors la possibilit\u00e9 de transposer directement le produit de ces r\u00e9flexions dans le r\u00e9el \u2014\u00a0 , il permet, comme \u00e0 l\u2019h\u00e9ro\u00efne de Ma\u00efssa Bey, de donner libre cours \u00e0 une cr\u00e9ativit\u00e9 lib\u00e9ratrice.<\/p>\n<h2>Sexualit\u00e9(s)<\/h2>\n<p>Un autre continent et un autre pan des \u00e9tudes f\u00e9ministes sont explor\u00e9s dans l\u2019article de Davy Desmas, qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019oeuvre de l\u2019\u00e9crivain mexicain Enrique Serna. Abordant de front deux nouvelles de l\u2019auteur, Desmas y cherche et d\u00e9couvre diverses manifestations du topos de la sexualit\u00e9 : homosexualit\u00e9, transsexualisme et narcissisme sexuel. Dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 le catholicisme imprime toute d\u00e9viance du sceau du p\u00e9ch\u00e9, la transgression repr\u00e9sente pour les personnages serniens la source d\u2019un vertige paralysant. Comme le fait remarquer Desmas, \u00ab le personnage sernien se lance dans une double qu\u00eate : \u00e0 la fois celle de l\u2019identit\u00e9 sexuelle et celle l\u2019orientation sexuelle, toutes deux ne pouvant se d\u00e9faire du regard d\u2019Autrui et s\u2019en trouvant ainsi limit\u00e9es voire frein\u00e9es \u00bb. Ainsi, en questionnant la soci\u00e9t\u00e9 mexicaine \u00e0 travers le prisme de la sexualit\u00e9, Serna \u2014\u00a0 non sans rappeler les postulats de Judith Butler \u2014\u00a0 nous d\u00e9crit une identit\u00e9, un Soi cern\u00e9 de toute part par les normes et leur internalisation.<\/p>\n<p>Se penchant aussi sur la question de la sexualit\u00e9, Gabriel Laverdi\u00e8re s\u2019int\u00e9resse \u00e0 deux romans de Nathalie Sarraute, <em>Martereau<\/em>\u00a0 et <em>Le Plan\u00e9tarium<\/em>. Sa r\u00e9flexion aborde le sujet par son exact milieu, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019androgynie, une neutralit\u00e9 sexuelle que Sarraute d\u00e9crit comme inspir\u00e9e de l\u2019enfance. Pourtant, Laverdi\u00e8re rep\u00e8re aussi dans ses textes une homosexualit\u00e9 latente, qui semble constituer la cl\u00e9 de l\u2019androgynie : en effet, pour atteindre \u00e0 la neutralit\u00e9, \u00ab le plus simple des m\u00e9langes \u00bb, le personnage masculin se voit f\u00e9minis\u00e9 et emprunte alors les attributs de l\u2019homosexualit\u00e9. C\u2019est donc en tentant de r\u00e9duire l\u2019influence de la sexualit\u00e9 \u2014\u00a0 identit\u00e9 sexuelle et orientation sexuelle \u2014\u00a0 dans la construction de ses personnages que Sarraute en arrive \u00e0 se positionner, selon Laverdi\u00e8re, comme une auteure f\u00e9ministe. Ainsi la critique sociale des rapports de sexe et de genre proc\u00e8de-t-elle de la neutralit\u00e9 plus que de la dissidence.<\/p>\n<p>La sexualit\u00e9, qui met le plus souvent en relation intime homme et femme, est par cons\u00e9quent un lieu important des rapports de pouvoir entre les sexes. C\u2019est ce qu\u2019illustre l\u2019analyse propos\u00e9e par Jessica Hamel-Akr\u00e9 de <em>La V\u00e9nus \u00e0 la fourrure<\/em> de Sacher-Masoch, un roman dans lequel elle observe le portrait n\u00e9gatif dress\u00e9 de la sexualit\u00e9 f\u00e9minine et o\u00f9 le personnage f\u00e9minin, bien qu\u2019en apparence d\u00e9tenteur du pouvoir, constitue en v\u00e9rit\u00e9 l\u2019objet de l\u2019oppression. Comme Hamel-Akr\u00e9 le souligne, \u00ab [l]es femmes [y] sont d\u00e9peintes explicitement comme des \u00eatres dangereux, malins, pr\u00eates \u00e0 d\u00e9truire l\u2019homme \u00e0 tout moment, comme une maladie qui infecte le genre masculin \u00bb. \u00c0 l\u2019aide entre autres d\u2019un imaginaire animal invoqu\u00e9 par la fourrure, le corps f\u00e9minin est dans le roman de Sacher-Masoch \u00e0 la fois objet de d\u00e9sir et territoire \u00e0 conqu\u00e9rir; le pouvoir octroy\u00e9 \u00e0 la femme dans l\u2019imaginaire sado-masochiste se r\u00e9v\u00e8le bel et bien superficiel et illusoire.<\/p>\n<h2>Perspectives<\/h2>\n<p>Au terme de cette travers\u00e9e du territoire f\u00e9ministe, il nous a sembl\u00e9 des plus pertinents d\u2019ouvrir la r\u00e9flexion avec l\u2019article de Genevi\u00e8ve Tringali, qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la place de la litt\u00e9rature des femmes dans l\u2019enseignement sup\u00e9rieur. Soulignant d\u00e8s le d\u00e9part le r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant que jouent les manuels scolaires dans la transmission et la cons\u00e9cration des textes litt\u00e9raires, Tringali nous offre un survol de la place faite aux \u00e9crits f\u00e9minins dans deux anthologies utilis\u00e9es au niveau coll\u00e9gial. En effet, comme elle le remarque avec justesse et bien que l\u2019une des anthologies pr\u00e9sent\u00e9es accorde \u00e0 ces \u00e9crits un espace int\u00e9ressant, \u00ab trop souvent, la volont\u00e9 d\u2019une inclusion plus importante des \u0153uvres de femmes dans les corpus qui sont consacr\u00e9s par les manuels scolaires litt\u00e9raires s\u2019est heurt\u00e9e \u00e0 la question, plus large, de la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019une posture f\u00e9ministe qui souhaite accorder une place plus grande \u00e0 l\u2019\u00e9criture des femmes au sein de l\u2019institution litt\u00e9raire \u00bb. La litt\u00e9rature des femmes semble donc, au m\u00eame titre que les \u00e9tudes f\u00e9ministes, occuper une aire trop souvent marginale au c\u00e9gep comme \u00e0 l\u2019Universit\u00e9. Nous voulons en ce sens que les regards et relectures d\u2019inspiration f\u00e9ministe collig\u00e9s dans ce quinzi\u00e8me num\u00e9ro contribuent \u00e0 l\u00e9gitimer davantage cette approche et \u00e0 d\u00e9montrer, par leur pluralit\u00e9 et leur efficacit\u00e9, son importance toujours renouvel\u00e9e.<\/p>\n<p>La c\u00e9l\u00e9bration du quinzi\u00e8me anniversaire de <em>Postures<\/em>\u00a0 nous donne l\u2019occasion de saluer tous les collaborateurs et toutes les collaboratrices qui ont particip\u00e9 au projet au fil des ans. Depuis son premier num\u00e9ro, publi\u00e9 en 1997, <em>Postures<\/em>\u00a0 propose aux \u00e9tudiants et \u00e9tudiantes de l\u2019UQAM et d\u2019ailleurs la possibilit\u00e9 d\u2019une premi\u00e8re exp\u00e9rience de publication, d\u2019un premier contact avec le milieu de l\u2019\u00e9dition. \u00c0 tous ceux et celles qui ont permis (et permettent) de faire vivre <em>Postures<\/em>, de cr\u00e9er un espace de diffusion riche et stimulant : bravo et merci !<\/p>\n<p>Merci, \u00e9galement, aux partenaires financiers, qui permettent depuis 15 ans que soit publi\u00e9e une revue \u00e9tudiante de qualit\u00e9 ; Figura, le Centre de recherche sur le texte et l\u2019imaginaire, l\u2019Association facultaire des \u00e9tudiants et \u00e9tudiantes en arts (AFEA), l\u2019Association \u00e9tudiante du module d\u2019\u00e9tudes litt\u00e9raires (AEMEL) et l\u2019Association \u00e9tudiante des cycles sup\u00e9rieurs en \u00e9tudes litt\u00e9raires (AECSEL) donnent aux \u00e9tudiants et \u00e9tudiantes l\u2019occasion de partager leurs travaux avec un lectorat inform\u00e9.<\/p>\n<p>Merci, enfin, \u00e0 Lori Saint-Martin, professeure au D\u00e9partement d\u2019\u00e9tudes litt\u00e9raires et pionni\u00e8re des \u00e9tudes litt\u00e9raires f\u00e9ministes qu\u00e9b\u00e9coises, qui signe, avec \u00ab Lire, \u00e9crire dans la chambre \u00e0 \u00e9chos \u00bb, l\u2019avant-propos du pr\u00e9sent dossier.<\/p>\n<p>Bonne lecture !<\/p>\n<p><!--novelty_footnote_list()--><\/p>\n<section class=\"footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed\" data-collapsible-show-label=\"Notes\" data-collapsible-hide-label=\"Notes\">\n<h2>Notes<\/h2>\n<p id=\"footnote1_dkkopty\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref1_dkkopty\">[1]<\/a> <em>Le Rire de la M\u00e9duse<\/em>, \u00c9ditions de l\u2019Arc, 1975.<\/p>\n<\/section>\n<p><!--\/novelty_footnote_list()--><\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Gibeau, Ariane et \u00a0Fournier-Guillemette, Rosemarie. 2012. \u00ab Introduction \u00bb, <em>Postures<\/em>, Dossier \u00ab En territoire f\u00e9ministe : regards et relectures \u00bb, n\u00b0 15, En ligne, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5501, (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx).<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/introduction-15.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 introduction-15.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-7fadd7da-3822-4146-a679-a6c376cd810e\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/introduction-15.pdf\">introduction-15<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/introduction-15.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-7fadd7da-3822-4146-a679-a6c376cd810e\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier \u00ab En territoire f\u00e9ministe : regards et relectures \u00bb, n\u00b0 15 Dans son br\u00fblant et d\u00e9sormais fondamental Rire de la M\u00e9duse, H\u00e9l\u00e8ne Cixous invite les femmes \u00e0 \u00e9crire, \u00e0 s\u2019\u00e9crire. 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