{"id":5515,"date":"2024-06-13T19:48:21","date_gmt":"2024-06-13T19:48:21","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/zone-lintemporelle-discutee-analyse-de-levolution-du-statut-dun-classique-quebecois\/"},"modified":"2024-09-06T17:43:54","modified_gmt":"2024-09-06T17:43:54","slug":"zone-lintemporelle-discutee-analyse-de-levolution-du-statut-dun-classique-quebecois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5515","title":{"rendered":"\u00ab Zone \u00bb, l\u2019intemporelle discut\u00e9e : analyse de l\u2019\u00e9volution du statut d\u2019un classique qu\u00e9b\u00e9cois"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6885\">Dossier \u00ab D&rsquo;hier \u00e0 demain : le rapport au(x) classique(s) \u00bb, n\u00b016<\/a><\/h5>\n<p>Dans son <em>Guide de la culture au Qu\u00e9bec<\/em>, Daniel Chartier pr\u00e9sente \u00ab\u00a0des \u0153uvres qui forment un patrimoine qu\u2019il convient aujourd\u2019hui de conna\u00eetre et de conserver\u00a0\u00bb (Chartier, 2004, p. 5) et dresse, entre autres choses, une liste de cent grands ouvrages ayant marqu\u00e9 la litt\u00e9rature qu\u00e9b\u00e9coise, autrement dit, une liste des classiques litt\u00e9raires du Qu\u00e9bec. Parmi ceux-ci se trouve <em>Zone<\/em> de Marcel Dub\u00e9, pi\u00e8ce qui a propuls\u00e9 l\u2019homme de lettres dans les hautes sph\u00e8res du th\u00e9\u00e2tre qu\u00e9b\u00e9cois. Plusieurs autres guides et histoires litt\u00e9raires ou culturelles parlent de cette \u0153uvre comme d\u2019un incontournable de notre r\u00e9pertoire dramatique, notamment l\u2019<em>Histoire de la litt\u00e9rature qu\u00e9b\u00e9coise<\/em> de Michel Biron, Fran\u00e7ois Dumont et \u00c9lisabeth Nardout-Lafarge, qui louange le r\u00e9alisme et l\u2019approche psychologique de la \u00ab\u00a0pi\u00e8ce la plus connue\u00a0\u00bb (Biron, Dumont et Nardout-Lafarge, 2010, p. 356) de Dub\u00e9. Du c\u00f4t\u00e9 des anthologies p\u00e9dagogiques, comme celles provenant des \u00c9ditions du Renouveau P\u00e9dagogique Inc. (ERPI), <em>Zone<\/em> se voit class\u00e9e parmi les \u00ab\u00a0pi\u00e8ces inoubliables\u00a0\u00bb (Provencher, 2007, 99) de la litt\u00e9rature d\u2019ici.<\/p>\n<p>Or, lorsqu\u2019on commence \u00e0 \u00e9tudier <em>Zone<\/em>, on remarque qu\u2019il y a peu ou pas d\u2019ouvrages th\u00e9oriques qui s\u2019y int\u00e9ressent sp\u00e9cifiquement et qu\u2019elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 souvent mont\u00e9e par des troupes professionnelles. Ainsi, si la pi\u00e8ce n\u2019est ni analys\u00e9e ni mont\u00e9e fr\u00e9quemment, il est juste de se demander comment elle a r\u00e9ussi \u00e0 se classer au rang de classique du th\u00e9\u00e2tre qu\u00e9b\u00e9cois. Il est possible de trouver quelques \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse en se penchant sur la r\u00e9ception critique de trois mises en sc\u00e8nes professionnelles<a id=\"footnoteref1_sm0n4th\" class=\"see-footnote\" title=\" Il s\u2019agit l\u00e0 des trois seules productions d\u2019envergure de la pi\u00e8ce faites au th\u00e9\u00e2tre et en fran\u00e7ais\u00a0: une adaptation anglophone a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e au printemps 1977, mais n\u2019a apparemment pas su combler m\u00eame les attentes de son propre metteur en sc\u00e8ne, Daniel Simard, puisqu\u2019il ne s\u2019agissait \u00ab\u00a0\u00e0 toutes fins utiles [que d\u2019une] traduction et pas toujours fid\u00e8le, malheureusement \u00bb (Dassylva, 1977, p. D3). Il y aurait aussi eu une adaptation de Zone en t\u00e9l\u00e9th\u00e9\u00e2tre, mais il ne reste que peu de traces de celle-ci et de sa r\u00e9ception critique. \" href=\"#footnote1_sm0n4th\">[1]<\/a> de l\u2019\u0153uvre : la cr\u00e9ation de la pi\u00e8ce en 1953 par la troupe de La Jeune Sc\u00e8ne, la repr\u00e9sentation en 1977 \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019ouverture du th\u00e9\u00e2tre Denise-Pelletier et, enfin, la populaire mise en sc\u00e8ne des Productions Kl\u00e9os, pr\u00e9sent\u00e9e de 2003 \u00e0 2005. On verra que, selon l\u2019\u00e9poque, le statut de classique de <em>Zone<\/em> est tour \u00e0 tour discut\u00e9, ni\u00e9 ou r\u00e9affirm\u00e9.<\/p>\n<h2>La cr\u00e9ation\u00a0: <em>Zone<\/em> en 1953<\/h2>\n<p>C\u2019est en 1952, alors qu\u2019il fr\u00e9quente le coll\u00e8ge Sainte-Marie, que Dub\u00e9 \u00e9crit une premi\u00e8re version de <em>Zone<\/em>, qui avait pour titre originel <em>De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du mur<\/em>. D\u00e9j\u00e0, cette pi\u00e8ce en deux actes, remarqu\u00e9e dans des festivals d\u2019art dramatique r\u00e9gionaux et nationaux, permet au jeune auteur de faire ses premiers pas dans le monde de l\u2019\u00e9criture dramatique. <em>Zone<\/em> est par la suite \u00e9crite dans sa version d\u00e9finitive pour les com\u00e9diens de La Jeune Sc\u00e8ne, troupe dont fait partie Dub\u00e9. L\u2019histoire en est alors la suivante\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>Zone raconte en trois actes [\u2026] l\u2019histoire d\u2019un gang d\u2019adolescents\u00a0: Ciboulette, Moineau, Passe-Partout, Tit-Noir et leur chef Tarzan, qui font le trafic de cigarettes am\u00e9ricaines pour gagner de l\u2019argent dans l\u2019espoir de r\u00e9aliser leurs r\u00eaves, mais bien un peu, \u00e9galement, pour faire un pied-de-nez aux adultes et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. De provenance tr\u00e8s modeste, ces jeunes h\u00e9ros d\u00e9crocheurs squattent une usine d\u00e9saffect\u00e9e et agissent en hors-la-loi parce qu\u2019ils sont, au fond, des id\u00e9alistes anim\u00e9s de l\u2019envie de changer le monde, d\u2019infl\u00e9chir le destin de porteurs d\u2019eau et de ch\u00f4meurs qui les attend<a id=\"footnoteref2_thoooed\" class=\"see-footnote\" title=\" Ce tr\u00e8s juste r\u00e9sum\u00e9 est emprunt\u00e9 \u00e0 l\u2019article de Solange L\u00e9vesque publi\u00e9 dans Le Devoir en novembre 2003 (L\u00e9vesque, 2003). \" href=\"#footnote2_thoooed\">[2]<\/a>.\u00a0<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Jeune Sc\u00e8ne monte la pi\u00e8ce en 1953 avec l\u2019aide d\u2019un metteur en sc\u00e8ne professionnel, Robert Rivard, et la pr\u00e9sente une premi\u00e8re fois au Festival dramatique r\u00e9gional de Montr\u00e9al, pour la reprendre la m\u00eame ann\u00e9e au Dominion Drama Festival \u00e0 Victoria, en Colombie-Britannique. Le succ\u00e8s est instantan\u00e9\u00a0: <em>Zone<\/em> remporte le prix de la meilleure pi\u00e8ce canadienne au festival de Victoria, ainsi que les troph\u00e9es Calvert, Sir Barry Jackson et Louis Jouvet.<\/p>\n<p>Si la pi\u00e8ce suscite un tel engouement, c\u2019est notamment parce qu\u2019elle apporte un contrepoids \u00e0 l\u2019ensemble des productions th\u00e9\u00e2trales canadiennes. En effet, il y avait \u00e0 cette p\u00e9riode une domination certaine de la culture anglophone, \u00e0 un point tel qu\u2019au Festival national de Victoria auquel participait La Jeune Sc\u00e8ne, certaines troupes torontoises \u00e9taient persuad\u00e9es \u00e0 l\u2019avance de remporter tous les honneurs. Dub\u00e9 les a rapidement fait d\u00e9mentir, conscient qu\u2019il \u00e9tait de\u00a0 \u00ab\u00a0la n\u00e9cessit\u00e9 de jeter les bases d\u2019une dramaturgie qu\u00e9b\u00e9coise par la cr\u00e9ation d\u2019oeuvres nationales et originales\u00a0\u00bb (Laroche, 1970, p.\u00a012).<\/p>\n<p>Il est ici de mise de faire une courte parenth\u00e8se concernant les notions de \u00ab\u00a0naissance\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0renaissance\u00a0\u00bb de la dramaturgie qu\u00e9b\u00e9coise. Comme le souligne Jean-Marc Larrue dans son article sur la m\u00e9moire th\u00e9\u00e2trale au Qu\u00e9bec, il y aurait dans l\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre une renaissance chronique de la dramaturgie qu\u00e9b\u00e9coise, sans qu\u2019elle soit morte entre-temps : \u00ab\u00a0chaque initiative [de l\u2019activit\u00e9 th\u00e9\u00e2trale] y \u00e9tait une premi\u00e8re, chaque premi\u00e8re, le tout d\u00e9but et le d\u00e9but de tout. [\u2026] Rarement aura-t-on vu dans l\u2019Histoire un th\u00e9\u00e2tre national na\u00eetre si souvent et si peu mourir!\u00a0\u00bb (Larrue, 1988-1989, p. 62). Selon Larrue, le tout serait d\u00fb \u00e0 une m\u00e9moire collective lacunaire qui se justifierait, entre autres, par un empressement de la soci\u00e9t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise \u00e0 se plonger dans le futur, en balayant les bons et moins bons coups du pass\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Un pass\u00e9 vide, fait de n\u00e9ant, est un pass\u00e9 l\u00e9ger et commode, un pass\u00e9 peu compromettant, un pass\u00e9 qui donne toujours raison\u00a0\u00bb (Larrue, <em>op. cit.<\/em>, p. 69). Or, certains chercheurs, comme Maximilien Laroche, vont jusqu\u2019\u00e0 stipuler que <em>Zone<\/em> participerait \u00e0 une naissance du th\u00e9\u00e2tre qu\u00e9b\u00e9cois :<\/p>\n<blockquote>\n<p>Car bien plus que d\u2019un renouveau ou d\u2019une renaissance c\u2019est \u00e0 une v\u00e9ritable naissance de la dramaturgie qu\u00e9b\u00e9coise que l\u2019on assiste \u00e0 partir de 52. Non seulement \u00e0 partir de cette date l\u2019on voit se multiplier les salles et les troupes de th\u00e9\u00e2tre, mais encore s\u2019\u00e9largir le r\u00e9pertoire de celles-ci pour inclure aussi bien des pi\u00e8ces de boulevard ou d\u2019avant-garde que des oeuvres qu\u00e9b\u00e9coises (Laroche, 1968, p. 11).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Bien que cette perception historique du th\u00e9\u00e2tre soit valable, l\u2019on penche ici davantage vers celle de Jean-Marc Larrue, qui d\u00e9montre efficacement les trous de m\u00e9moire de notre histoire culturelle.<\/p>\n<p>Il est donc juste d\u2019affirmer qu\u2019avec <em>Zone<\/em>, le th\u00e9\u00e2tre qu\u00e9b\u00e9cois rena\u00eet et que c\u2019est l\u00e0 l\u2019une des multiples r\u00e9affirmations historiques du th\u00e9\u00e2tre d\u2019ici ; \u00e0 l\u2019\u00e9poque, la pi\u00e8ce est per\u00e7ue comme l\u2019expression d\u2019un art qui est \u00ab\u00a0n\u00f4tre\u00a0\u00bb, sentiment qui se voit partag\u00e9 par le public et les critiques. Ainsi, il y a dans le <em>M\u00e9tropole<\/em> du 1<sup>er<\/sup> mars 1953 la mention suivante\u00a0: \u00ab\u00a0Le jour est proche o\u00f9 l\u2019on pourra \u00e9crire le premier livre de l\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre canadien-fran\u00e7ais. Ce jour-l\u00e0, il faudra faire une place \u00e0 part \u00e0 Marcel Dub\u00e9<a id=\"footnoteref3_a39d8gh\" class=\"see-footnote\" title=\" Ces propos sont rapport\u00e9s dans la section \u00ab\u00a0Jugements critiques sur Zone\u00a0\u00bb de l\u2019ouvrage de Maximilien Laroche (Laroche, 1970, p. 181). \" href=\"#footnote3_a39d8gh\">[3]<\/a>\u00a0\u00bb. Cet enthousiasme contagieux \u00e9rige Dub\u00e9 au titre de porte-parole d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui d\u00e9sirait faire entendre sa voix.<\/p>\n<p><em>Zone<\/em> permet aussi l\u2019essor d\u2019un genre th\u00e9\u00e2tral jusque-l\u00e0 peu d\u00e9velopp\u00e9\u00a0: le drame d\u2019adolescence. Ce monde nouveau qui \u00e9volue dans la pi\u00e8ce viendrait du d\u00e9sir qu\u2019avait Dub\u00e9 de \u00ab\u00a0cr\u00e9er des personnages appartenant \u00e0 des milieux [qu\u2019il connaissait]\u00a0\u00bb (Brault, 2003, p. 71). Quoi de plus naturel en effet, lorsqu\u2019on cr\u00e9e une \u0153uvre th\u00e9\u00e2trale du haut de ses vingt-deux ans, que de parler de la mis\u00e8re des jeunes, de leur combat contre l\u2019adversit\u00e9, de leur p\u00e9nible route vers l\u2019affirmation de soi? Ainsi, les personnages de <em>Zone<\/em> viennent parfois \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 des questions d\u2019ordre moral, comme la notion d\u2019ob\u00e9issance \u00e0 un chef de bande\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>PASSE-PARTOUT \u2013 [\u2026] T\u2019aimes \u00e7a travailler dans une manufacture de chemises, Ciboulette?<br \/>CIBOULETTE \u2013 Pas une miette.<br \/>PASSE-PARTOUT \u2013 Alors, pourquoi que tu y vas?<br \/>CIBOULETTE \u2013 Les ordres sont les ordres. [\u2026]<br \/>PASSE PARTOUT \u2013 Faut jamais faire ce qu\u2019on aime pas (Dub\u00e9, 1968 [1953], p. 40).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ailleurs, les jeunes protagonistes discutent de leur vision de l\u2019amour, et Ciboulette affirme, en parlant de Tarzan\u00a0: \u00ab\u00a0[J]\u2019ai pas le droit de lui parler d\u2019amour, je le d\u00e9rangerais dans ses id\u00e9es et il pourrait plus me regarder comme il me regarde en ce moment, comme il nous regarde tous. Pour lui, on est les copains d\u2019une m\u00eame aventure, des camarades de jeu\u00a0\u00bb (Dub\u00e9, 1968 [1953], p.\u00a049). Il faut aussi souligner que, dans la pi\u00e8ce, tous les jeunes personnages qui font partie de la bande sont d\u00e9sign\u00e9s par des \u00ab\u00a0surnoms enfantins (Tit-Noir, Tarzan, Passe-Partout, Ciboulette)\u00a0\u00bb (Biron, Dumont et Nardout-Lafarge, 2010, p. 356). Par une prise de parole de personnages g\u00e9n\u00e9ralement mis \u00e0 l\u2019\u00e9cart, <em>Zone<\/em> devient le portrait d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration nouvelle. Il est donc possible d\u2019affirmer que la cr\u00e9ation de la pi\u00e8ce en 1953 a un double impact au sein de l\u2019art qu\u00e9b\u00e9cois\u00a0: elle permet une r\u00e9affirmation ou une renaissance de l\u2019identit\u00e9 culturelle canadienne-fran\u00e7aise et met de l\u2019avant un sujet qui n\u2019\u00e9tait jusqu\u2019alors que peu, ou pas, exploit\u00e9 en litt\u00e9rature. Cela permettait d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e0 <em>Zone<\/em> de s\u2019imposer en tant qu\u2019\u0153uvre importante d\u2019une dramaturgie nationale.<\/p>\n<h2>D\u00e9pass\u00e9e ou pas ? <em>Zone<\/em> en 1977<\/h2>\n<p>En 1977, <em>Zone<\/em> est choisie pour entamer la saison 77-78 de la Nouvelle Compagnie Th\u00e9\u00e2trale\u00a0: cette production prend un int\u00e9r\u00eat particulier du fait du grand d\u00e9ploiement m\u00e9diatique qui l\u2019a entour\u00e9e. En effet, apr\u00e8s l\u2019acquisition du cin\u00e9ma Granada, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, par la Nouvelle Compagnie Th\u00e9\u00e2trale, enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9e au public \u00e9tudiant, ce qui allait devenir le Th\u00e9\u00e2tre Denise-Pelletier est r\u00e9nov\u00e9 de fond en comble et augmente en superficie et en polyvalence par l\u2019annexion de la salle Fred-Barry. L\u2019inauguration du th\u00e9\u00e2tre \u00e9tait donc hautement attendue et c\u2019est <em>Zone<\/em>, dans une mise en sc\u00e8ne de Paul Blouin, qui allait faire office de pi\u00e8ce d\u2019ouverture.<\/p>\n<p>La majorit\u00e9 des articles publi\u00e9s tout juste apr\u00e8s cette soir\u00e9e se ressemblent sur un point\u00a0: la r\u00e9ussite de l\u2019\u00e9v\u00e8nement d\u00e9pend de l\u2019appr\u00e9ciation de la pi\u00e8ce. Bien qu\u2019il y ait une certaine ambivalence dans cette appr\u00e9ciation<a id=\"footnoteref4_ibubizz\" class=\"see-footnote\" title=\" Au Devoir, Adrien Gruslin note que \u00ab la production [...] aura quelque peu assombri l\u2019\u00e9clat de l\u2019ouverture du Th\u00e9\u00e2tre Denise-Pelletier et de la saison de la NCT\u00a0\u00bb (Gruslin, 18 octobre 1977, p. 16), alors qu\u2019au Montreal Star il est mentionn\u00e9 que \u00ab\u00a0The result was an enjoyable evening of discovery for everyone\u00a0\u00bb (Sabbath, 1977, p. A14). \" href=\"#footnote4_ibubizz\">[4]<\/a>, un reproche reste constant, qui est celui du niveau de langue utilis\u00e9 dans la pi\u00e8ce. Effectivement, plusieurs s\u2019entendent pour dire que le fran\u00e7ais employ\u00e9 par les personnages de <em>Zone<\/em> est un fran\u00e7ais irr\u00e9aliste, qui ne peut plus se justifier dans une production artistique en 1977. Rappelons que dans les ann\u00e9es 1970, le th\u00e9\u00e2tre qu\u00e9b\u00e9cois change \u00e9norm\u00e9ment\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>Le th\u00e9\u00e2tre se donne une fonction nettement politique, en relation \u00e9troite avec les bouleversements que conna\u00eet la soci\u00e9t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise. [\u2026] Plusieurs pi\u00e8ces font directement \u00e9cho au conflit linguistique, au combat nationaliste, aux luttes ouvri\u00e8res, [\u2026] [et] le nouveau th\u00e9\u00e2tre qu\u00e9b\u00e9cois op\u00e8re un double mouvement, qui vise \u00e0 la fois \u00e0 s\u2019approprier le r\u00e9pertoire th\u00e9\u00e2tral universel et \u00e0 adapter ces langages au contexte qu\u00e9b\u00e9cois\u00a0(Biron, Dumont et Nardout-Lafarge, 2010, p. 511-512).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Marcel Dub\u00e9, fervent utilisateur d\u2019un fran\u00e7ais aux accents plus internationaux, a embelli la parole de ses personnages adolescents qu\u2019il a situ\u00e9s linguistiquement dans un fran\u00e7ais normatif. Ainsi, lorsque Tarzan est en fuite et d\u00e9clare son amour \u00e0 Ciboulette, il lui dit\u00a0: \u00ab\u00a0Laisse-moi finir mon dessin, je veux te poss\u00e9der en image avant de te toucher. Quand je mourrai, c\u2019est ton portrait que je veux retenir au fond de moi-m\u00eame\u00a0\u00bb (Dub\u00e9, 19698 [1953], p. 166). Ce \u00e0 quoi la belle r\u00e9pond\u00a0: \u00ab\u00a0Tarzan ! Si on se mariait tout de suite ! Viens, on va s\u2019enfermer dans le hangar et on va se marier. Viens dans notre ch\u00e2teau ; il nous reste quelques minutes pour vivre tout notre amour. Viens\u00a0\u00bb (Dub\u00e9, 1968 [1953], p. 173). Ce niveau de langage ne pla\u00eet gu\u00e8re \u00e0 Adrien Gruslin, qui souligne que l\u2019auteur \u00ab\u00a0leur fait dire toi et moi pour tou\u00e9 et mou\u00e9, o\u00f9 vas-tu au lieu de o\u00f9 tu vas, et quantit\u00e9 d\u2019autres exemples \u00bb (Gruslin, 18 octobre 1977, p.\u00a016). L\u2019on semble m\u00eame croire que Dub\u00e9 aurait gagn\u00e9 \u00e0 retoucher le niveau de langue de sa pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>Cette esth\u00e9tique du langage n\u2019est donc pas appr\u00e9ci\u00e9e, d\u2019autant plus que plusieurs vont jusqu\u2019\u00e0 reprocher \u00e0 l\u2019auteur d\u2019ancrer la culture qu\u00e9b\u00e9coise dans une relation d\u2019assujettissement avec le fran\u00e7ais parisien, trop longtemps per\u00e7u comme \u00e9tant la norme linguistique. Nul propos ne saurait aussi bien d\u00e9crire ce sentiment d\u2019ali\u00e9nation v\u00e9cu par une partie des spectateurs et critiques que la remarque d\u2019Andr\u00e9 Dionne, dans sa courte pr\u00e9sentation de la pi\u00e8ce parue en 1978 dans la revue <em>Lettres qu\u00e9b\u00e9coises\u00a0<\/em>:<\/p>\n<blockquote>\n<p>Si Dub\u00e9 soutient encore que \u00ab\u00a0l\u2019identit\u00e9 c\u2019est le caract\u00e8re, la langue c\u2019est le maintien\u00a0\u00bb, les \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cents prouvent tout le contraire [&#8230;]. Ne pas se rendre compte de la diff\u00e9rence identificatrice entre la diction emprunt\u00e9e d\u2019un Jean Lesage et le verbe direct d\u2019un Ren\u00e9 L\u00e9vesque, c\u2019est vouloir entretenir \u00e0 tout prix notre ali\u00e9nation ou refuser crassement sa propre remise en question.<\/p>\n<p>Tremblay a toujours affirm\u00e9 qu\u2019il \u00e9crivait en fran\u00e7ais qu\u00e9b\u00e9cois et l\u2019\u00e9cart entre la langue et le caract\u00e8re de ses personnages n\u2019existe pas. Ces derniers s\u2019assument tels qu\u2019ils sont sans fausse pr\u00e9tention. Par contre les personnages de <em>Zone<\/em> nous apparaissent aujourd\u2019hui comme des caricatures litt\u00e9raires et th\u00e9matiques sans consistance. Ce qui nous a repr\u00e9sent\u00e9s trop longtemps h\u00e9las (Dionne, 1978, p. 19).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans cette pr\u00e9occupation linguistique s\u2019immisce donc un d\u00e9bat social\u00a0: en 1977, il est un Qu\u00e9bec qui se questionne, qui prend position et qui d\u00e9cide d\u2019affirmer une culture qui lui est propre. Le reproche d\u2019Andr\u00e9 Dionne est du coup compr\u00e9hensible et r\u00e9sume bien l\u2019un des bl\u00e2mes r\u00e9currents adress\u00e9s \u00e0 <em>Zone<\/em> \u00e0 l\u2019\u00e9poque, c\u2019est-\u00e0-dire le sentiment que la pi\u00e8ce ne repr\u00e9sente non pas une situation qu\u00e9b\u00e9coise, mais bien une situation canadienne-fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Les critiques se demandent alors : en 1977, est-il encore pertinent de monter <em>Zone<\/em>, surtout en tant que pi\u00e8ce d\u2019ouverture d\u2019un nouveau th\u00e9\u00e2tre? Est-ce qu\u2019il s\u2019agit bel et bien d\u2019un classique ou, dans un degr\u00e9 moindre, d\u2019une \u0153uvre marquante de cet art qu\u00e9b\u00e9cois qui est en pleine effervescence? \u00c0 ce propos, les opinions diff\u00e8rent\u00a0: quelques enthousiastes croient que c\u2019est l\u00e0 une pi\u00e8ce \u00ab\u00a0sans rides, portant toujours ce m\u00eame cachet d\u2019authenticit\u00e9 et de v\u00e9rit\u00e9 \u00bb (Leroux, 1977, p. 343), qui rend hommage \u00e0 la fois aux artisans th\u00e9\u00e2traux du pass\u00e9 et du futur, et qui est alors parfaite pour c\u00e9l\u00e9brer une nouvelle salle de spectacle. D\u2019autres nuancent cependant ce propos, affirmant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un \u00ab hommage justifi\u00e9 aux artisans d\u2019un th\u00e9\u00e2tre naissant. Mais aussi adieux voil\u00e9s \u00e0 une p\u00e9riode (d\u00e9-) pass\u00e9e \u00bb (Andr\u00e8s, 1977, p. 27-28). Toutefois, la majorit\u00e9 des critiques croient que <em>Zone<\/em> est une pi\u00e8ce qui a vieilli. L\u2019annonce de la saison 77-78 de la Nouvelle Compagnie Th\u00e9\u00e2trale en d\u00e9\u00e7oit d\u2019ailleurs quelques-uns, dont Adrien Gruslin, qui affiche ouvertement son insatisfaction dans un billet sur la programmation de l\u2019automne : \u00ab\u00a0Quant \u00e0 la saison r\u00e9guli\u00e8re, elle s\u2019annonce \u00e9gale aux pr\u00e9c\u00e9dentes. Les choix sembleront \u00e0 plus d\u2019un observateur d\u00e9cevants et discutables\u00a0\u00bb (Gruslin, 10 septembre 1977, p. 21). Pour lui, <em>Zone<\/em> n\u2019est donc pas une pi\u00e8ce int\u00e9ressante ni m\u00eame simplement un classique dont le statut justifierait une nouvelle mise en sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>Suite aux repr\u00e9sentations, plusieurs s\u2019entendent pour dire que si la pi\u00e8ce de Dub\u00e9 para\u00eet d\u00e9pass\u00e9e en 1977, c\u2019est qu\u2019elle devrait toujours \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une \u0153uvre de 1953, qu\u2019elle gagnerait \u00e0 \u00eatre remise en contexte et qu\u2019il s\u2019agit probablement l\u00e0 du seul moyen de la repr\u00e9senter ad\u00e9quatement. <em>Zone<\/em> n\u2019est alors pas consid\u00e9r\u00e9e comme un classique de cette culture qu\u00e9b\u00e9coise qui est en train de s\u2019\u00e9laborer, et l\u2019on semble m\u00eame oublier l\u2019importance qu\u2019elle a eue dans l\u2019affirmation d\u2019un th\u00e9\u00e2tre \u00ab\u00a0n\u00f4tre\u00a0\u00bb, presque 25 ans auparavant.<\/p>\n<h2>Dure jeunesse\u00a0: <em>Zone<\/em> en 2003-2005<\/h2>\n<p>Plus r\u00e9cemment, <em>Zone<\/em> a \u00e9t\u00e9 mont\u00e9e en 2003 par la compagnie Les Productions Kl\u00e9os. Fond\u00e9e en 1999 par Marie-Anne Alepin, Les Productions Kl\u00e9os a pour mandat de revisiter les classiques oubli\u00e9s, ces pi\u00e8ces qui ne sont plus jou\u00e9es sur la sc\u00e8ne contemporaine. En s\u2019attaquant \u00e0 la pi\u00e8ce de Dub\u00e9, Alepin a eu la bonne id\u00e9e d\u2019\u00e9largir la mission de la troupe et de s\u2019adresser \u00e0 un auditoire qui inclut les adolescents. Public difficile s\u2019il en est un, les jeunes se sont laiss\u00e9s charmer par l\u2019\u0153uvre. La production a connu un tel succ\u00e8s qu\u2019une \u00e9norme tourn\u00e9e \u00e0 travers le Qu\u00e9bec a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e\u00a0: jou\u00e9e \u00e0 plus de 85 reprises de 2003 \u00e0 2005, <em>Zone<\/em> a \u00e9t\u00e9 une pi\u00e8ce tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e du grand public pendant trois ans.<\/p>\n<p>Selon Marie-Anne Alepin, ce succ\u00e8s est en partie attribuable au texte seul\u00a0: en entrevue dans un journal local de LaSalle, elle affirme que \u00ab\u00a0<em>Zone<\/em>, c\u2019est tr\u00e8s vendeur car on parle d\u2019un classique incontournable \u00bb (Anonyme, 2004). Ce qui est sous-entendu, c\u2019est qu\u2019au tournant du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, Marcel Dub\u00e9 est bel et bien devenu une r\u00e9f\u00e9rence th\u00e9\u00e2trale et que certaines de ses pi\u00e8ces, notamment <em>Zone<\/em>, sont des classiques de la dramaturgie qu\u00e9b\u00e9coise. Dans plusieurs articles entourant la production, on rappelle d\u2019ailleurs aux lecteurs qu\u2019on doit \u00e0 Marcel Dub\u00e9 \u00ab\u00a0des personnages devenus des arch\u00e9types de notre dramaturgie \u00bb (B\u00e9rub\u00e9, 2003), que ses \u0153uvres ont marqu\u00e9 le paysage th\u00e9\u00e2tral qu\u00e9b\u00e9cois, et bien plus encore. Finie donc la controverse qui cherchait \u00e0 \u00e9tablir si Dub\u00e9 m\u00e9rite d\u2019\u00eatre rejou\u00e9 ou non\u00a0: les critiques et journalistes de 2003 \u00e0 2005 proclament haut et fort l\u2019importance de <em>Zone<\/em> et la p\u00e9rennit\u00e9 entourant l\u2019ensemble des textes de l\u2019auteur.<\/p>\n<p>Cependant, force est de constater que presque tous les articles r\u00e9dig\u00e9s de 2003 \u00e0 2005 comportent une longue, et apparemment n\u00e9cessaire, description du pass\u00e9 de l\u2019auteur et des prix remport\u00e9s par l\u2019\u0153uvre en 1953, le tout g\u00e9n\u00e9ralement accompagn\u00e9 d\u2019un r\u00e9sum\u00e9 exhaustif de l\u2019intrigue<a id=\"footnoteref5_hil1ukd\" class=\"see-footnote\" title=\" Le r\u00e9sum\u00e9 de la pi\u00e8ce pr\u00e9sent\u00e9 au d\u00e9but de la pr\u00e9sente analyse provient d\u2019ailleurs de l\u2019un des ces articles. \" href=\"#footnote5_hil1ukd\">[5]<\/a>. Or, si la pi\u00e8ce de Dub\u00e9 est \u00e0 ce point intemporelle, de tels rappels historiques \u00e9taient-ils n\u00e9cessaires ? Ne serait-ce pas plut\u00f4t que <em>Zone<\/em> a \u00e9t\u00e9 plus oubli\u00e9e que l\u2019on aurait bien voulu le croire, du moins dans la m\u00e9moire collective populaire ?<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse \u00e0 cette question est \u00e0 trouver dans le fait que l\u2019accent de la pi\u00e8ce, ou ce par quoi elle touche la majorit\u00e9 des gens, s\u2019est d\u00e9plac\u00e9. En effet, les pr\u00e9occupations linguistiques de 1977 et l\u2019id\u00e9e de la renaissance d\u2019un th\u00e9\u00e2tre \u00ab\u00a0n\u00f4tre\u00a0\u00bb de 1953<a id=\"footnoteref6_o6l9c2m\" class=\"see-footnote\" title=\" D\u2019o\u00f9 peut-\u00eatre la n\u00e9cessit\u00e9 des rappels historiques. \" href=\"#footnote6_o6l9c2m\">[6]<\/a> ont recul\u00e9 au profit d\u2019un int\u00e9r\u00eat pour la repr\u00e9sentation des jeunes et de leurs probl\u00e8mes, th\u00e8mes intrins\u00e8ques au texte. Ainsi, pour plusieurs, les malheurs et les espoirs des jeunes de 1953 sont identiques ou presque \u00e0 ceux de la \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9ration Nintendo\u00a0\u00bb, ce qu\u2019explique de belle et juste fa\u00e7on le chroniqueur St\u00e9phane Despatie :<\/p>\n<blockquote>\n<p>Ce que d\u00e9voile la pi\u00e8ce, qui malheureusement est toujours tr\u00e8s actuelle, c\u2019est le cri des adolescents qui ne savent pas quoi faire pour entrer dans le monde des adultes, pour camper leur identit\u00e9. C\u2019est la rupture avec le pass\u00e9, c\u2019est le refus d\u2019un avenir qui ressemble \u00e0 celui de leurs parents, c\u2019est l\u2019amour qui se pointe, c\u2019est la fraternit\u00e9 possible, libre, loin du travail qui ressemble \u00e0 de l\u2019exploitation. La marge et le pouvoir sont des ingr\u00e9dients s\u00e9duisants, autant que le besoin d\u2019\u00eatre aim\u00e9 et respect\u00e9, voire admir\u00e9. Et il y a aussi le droit au r\u00eave, \u00e0 l\u2019espoir, aux changements sociaux (Despatie, 2005).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Aux dires de plusieurs critiques, c\u2019est parce que les pr\u00e9occupations des adolescents n\u2019ont pas chang\u00e9, et ne changeront probablement jamais, que <em>Zone<\/em> r\u00e9ussit encore \u00e0 provoquer une si grande r\u00e9action chez le public, majoritairement compos\u00e9 de groupes scolaires, de 2003 \u00e0 2005. Marie-Anne Alepin raconte d\u2019ailleurs que plusieurs jeunes allaient parler aux com\u00e9diens apr\u00e8s la repr\u00e9sentation pour les f\u00e9liciter et leur dire \u00e0 quel point la pi\u00e8ce les avait touch\u00e9s<a id=\"footnoteref7_q7pryou\" class=\"see-footnote\" title=\" Il faut l\u2019avouer, l\u2019auteure de ces lignes a fait partie de ces jeunes en larmes qui remerciaient les com\u00e9diens pour leur touchante prestation.\" href=\"#footnote7_q7pryou\">[7]<\/a>. Marcel Dub\u00e9, qui a suivi la progression de la troupe lors de la tourn\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 fort impressionn\u00e9 par cette r\u00e9action positive des adolescents. Toujours pr\u00e9occup\u00e9 par ce qu\u2019il ressentait lui-m\u00eame en 1953, l\u2019auteur croit cependant que les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui ont une vie plus difficile que ceux qu\u2019il c\u00f4toyait pendant l\u2019\u00e9criture de la pi\u00e8ce\u00a0et avoue en entrevue\u00a0: \u00ab\u00a0Peut-\u00eatre que si j\u2019avais \u00e0 retoucher <em>Zone<\/em>, les personnages adolescents y seraient encore plus durs entre eux\u00a0\u00bb (B\u00e9rub\u00e9, <em>art. cit.<\/em>).<\/p>\n<p>De ce point de vue, <em>Zone<\/em> serait donc un v\u00e9ritable classique, en ce sens que les th\u00e8mes qui y sont abord\u00e9s seraient encore d\u2019actualit\u00e9, cinquante ans apr\u00e8s sa cr\u00e9ation\u00a0: la pi\u00e8ce para\u00eet comme un drame actuel, pertinent malgr\u00e9 quelques \u00e9l\u00e9ments conventionnels. Selon plusieurs, l\u2019\u0153uvre ne daterait aucunement et devrait toujours \u00eatre abord\u00e9e avec actualit\u00e9\u00a0: elle resterait intemporelle socialement, politiquement et dans le monde de la dramaturgie, ouvrant du coup \u00ab\u00a0une porte sur la modernit\u00e9\u00a0\u00bb (Saint-Pierre, 2005). R\u00e9action quasi unanime, donc, de la part des critiques : en 2003-2005, <em>Zone<\/em> est un classique intemporel, et c\u2019\u00e9tait une id\u00e9e de g\u00e9nie que de la monter au tournant du mill\u00e9naire.<\/p>\n<p>Ce qui est flagrant lorsqu\u2019on analyse l\u2019\u00e9volution du statut de classique de <em>Zone<\/em> en se concentrant sur la r\u00e9ception critique de ses rares mises en sc\u00e8ne professionnelles, c\u2019est que cette \u0153uvre phare de Dub\u00e9 a chang\u00e9 plusieurs fois de statut en une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es\u00a0: de texte affirmatif d\u2019un art et d\u2019une voix d\u2019ici, elle devient, par son niveau de langage, limitative et repr\u00e9sentative d\u2019une forme d\u2019ali\u00e9nation dont on tente de s\u2019affranchir. Quelques g\u00e9n\u00e9rations plus tard, elle n\u2019est plus tant une pi\u00e8ce du \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb qu\u2019une pi\u00e8ce du \u00ab\u00a0eux\u00a0\u00bb, embl\u00e9matique de ces adolescents perdus voulant gagner ce qui leur reste de libert\u00e9. Il semble donc que <em>Zone<\/em> appartient \u00e0 ce type de pi\u00e8ces qui soit sujet \u00e0 interpr\u00e9tation\u00a0: l\u2019\u0153uvre semble r\u00e9ussir \u00e0 se r\u00e9actualiser et \u00e0 soulever de nouveaux discours ; elle ne serait pas fig\u00e9e dans le temps. Cela explique que son statut de classique de la dramaturgie qu\u00e9b\u00e9coise soit souvent discut\u00e9, chose qui para\u00eet \u00e0 la lecture des critiques entourant ses mises en sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>Or, il faut se le demander\u00a0: est-ce que <em>Zone<\/em> est r\u00e9ellement un classique ? Si on se fie au texte <em>Qu\u2019est-ce qu\u2019un classique qu\u00e9b\u00e9cois?<\/em> de Robert Melan\u00e7on, qui r\u00e9sume et rassemble les caract\u00e9ristiques des d\u00e9finitions d\u2019un classique selon diff\u00e9rents th\u00e9oriciens, il semblerait que non, et ce, pour plusieurs raisons\u00a0: <em>Zone<\/em> ne fait pas autorit\u00e9 dans son genre, n\u2019est pas encore vieille de plus d\u2019un si\u00e8cle, n\u2019est pas vraiment un <em>bestseller<\/em> \u00e0 court ni \u00e0 long terme et n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9dit\u00e9e avec un appareil critique et th\u00e9orique. Toutefois, il s\u2019agit d\u2019une pi\u00e8ce couramment mise au programme de l\u2019enseignement secondaire et coll\u00e9gial : elle serait m\u00eame \u00ab\u00a0probablement [la pi\u00e8ce] la plus jou\u00e9e dans tous les coll\u00e8ges et th\u00e9\u00e2tres amateurs au Qu\u00e9bec \u00bb (Bernard, 2003, p. 83).<\/p>\n<p>Il para\u00eet aujourd\u2019hui h\u00e2tif et hasardeux de se prononcer d\u00e9finitivement sur le statut de classique de <em>Zone<\/em>\u00a0: si la pi\u00e8ce semble bel et bien grav\u00e9e dans la m\u00e9moire des gens, il n\u2019en reste pas moins que trop peu d\u2019\u00e9tudes se sont souci\u00e9es d\u2019ancrer l\u2019\u0153uvre dans des cadres th\u00e9orique ou historique. De plus, il faut se demander si l\u2019importante pr\u00e9sence de la pi\u00e8ce dans les \u00e9coles de la province aide \u00e0 faire d\u2019elle un classique\u00a0: selon les propos de Melan\u00e7on, <em>Zone<\/em> serait peut-\u00eatre davantage une \u0153uvre scolaire, puisque \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9cole instrumentalise les classiques \u00e0 ses propres fins\u00a0\u00bb et que \u00ab\u00a0la plus grande partie de la litt\u00e9rature qu\u00e9b\u00e9coise, y compris la plus contemporaine, fait l\u2019objet d\u2019un enseignement\u00a0\u00bb (Melan\u00e7on, 2004, p. 18). C\u2019est donc dire que, sans une \u00e9tude plus approfondie de la place r\u00e9elle qu\u2019occupe <em>Zone<\/em> dans le vaste monde de la litt\u00e9rature qu\u00e9b\u00e9coise, il est pr\u00e9matur\u00e9 de statuer sur son \u00e9tat de classique dramatique ou litt\u00e9raire.<\/p>\n<p>Il n\u2019en reste pas moins que, \u00e0 travers une \u00e9tude de la r\u00e9ception critique des mises en sc\u00e8ne de l\u2019\u0153uvre, une certaine tendance\u00a0se d\u00e9gage : pour les critiques dramatiques et autres \u00e9ditorialistes culturels, il semble difficile de ne pas se prononcer sur la p\u00e9rennit\u00e9 de <em>Zone<\/em>. Si certains disent qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une \u0153uvre intemporelle et toujours tr\u00e8s moderne, d\u2019autres soutiennent qu\u2019elle gagnerait \u00e0 \u00eatre revisit\u00e9e. Mais rares sont ceux qui semblent vouloir la faire dispara\u00eetre d\u00e9finitivement de notre r\u00e9pertoire et de nos sc\u00e8nes.<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Andr\u00e8s, Bernard. 21 octobre 1977. \u00ab\u00a0Frigon, Dub\u00e9 et la Marmaille\u00a0\u00bb. <em>Le Jour<\/em>, p. 27-28.<\/p>\n<p>Anonyme. 2004. \u00ab\u00a0La LaSalloise Marie-Anne Alepin en vedette dans Zone\u00a0\u00bb. <em>Le Messager LaSalle<\/em>, 17 octobre, [En ligne], <a href=\"http:\/\/library.eureka.cc\/WebPages\/Document\/DocActionPrintSave.aspx?DocActionType=2&amp;SaveFormat=1&amp;DocContentType=2&amp;ContainerType=3\">http:\/\/library.eureka.cc\/WebPages\/Document\/DocActionPrintSave.aspx?DocAc&#8230;<\/a> (page consult\u00e9e le 23 novembre 2010).<\/p>\n<p>Bernard, Denis. 2003. \u00ab\u00a0Pourquoi Marcel Dub\u00e9?\u00a0\u00bb. <em>Jeu<\/em>, no. 106, p. 83-84.<\/p>\n<p>B\u00e9rub\u00e9, Jade. 2003. \u00ab Jeunesse d\u2019aujourd\u2019hui\u00a0\u00bb. <em>Voir<\/em>, 6 novembre, [En ligne], <a href=\"http:\/\/www.voir.ca\/publishing\/article.aspx?zone=1&amp;section=8&amp;article=28432\">http:\/\/www.voir.ca\/publishing\/article.aspx?zone=1&amp;section=8&amp;article=28432<\/a> (page consult\u00e9e le 23 novembre 2010).<\/p>\n<p>Biron, Michel, Fran\u00e7ois Dumont et \u00c9lisabeth Nardout-Lafarge. 2010 [2007]. <em>Histoire de la litt\u00e9rature qu\u00e9b\u00e9coise<\/em>. Montr\u00e9al\u00a0: Bor\u00e9al, coll. \u00ab\u00a0Bor\u00e9al compact\u00a0\u00bb, 684 p.<\/p>\n<p>Brault, Marie-Andr\u00e9e. 2003. \u00ab\u00a0Bilan. Entretien avec Marcel Dub\u00e9\u00a0\u00bb. <em>Jeu<\/em>, no. 106, p. 66-73.<\/p>\n<p>Chartier, Daniel. 2004. <em>Le guide de la culture au Qu\u00e9bec. Litt\u00e9rature, cin\u00e9ma, essais, revues<\/em>. Qu\u00e9bec\u00a0: Nota bene, 405 p.<\/p>\n<p>Dassylva, Martial. 1977. \u00ab\u00a0Les \u00e9motions entre les personnages\u00a0: that\u2019s the question!\u00a0\u00bb. <em>La Presse<\/em>, 16 avril, p. D3.<\/p>\n<p>Despatie, St\u00e9phane. 2005. \u00ab\u00a0Terrain min\u00e9\u00a0\u00bb. <em>Voir<\/em>, 5 mai, [En ligne], <a href=\"http:\/\/www.voir.ca\/publishing\/article.aspx?zone=1&amp;section=8&amp;article=36005\">http:\/\/www.voir.ca\/publishing\/article.aspx?zone=1&amp;section=8&amp;article=36005<\/a> (page consult\u00e9e le 23 novembre 2010).<\/p>\n<p>Dionne, Andr\u00e9. 1978. \u00ab\u00a0Le th\u00e9\u00e2tre qu\u2019on joue\u00a0\u00bb. <em>Lettres qu\u00e9b\u00e9coises\u00a0: la revue d\u2019actualit\u00e9 litt\u00e9raire<\/em>, no. 9, p. 18-20.<\/p>\n<p>Dub\u00e9, Marcel. 1968 [1953]. <em>Zone<\/em>. Ottawa\u00a0: Lem\u00e9ac, coll. \u00ab\u00a0Th\u00e9\u00e2tre Canadien\u00a0\u00bb, 185 p.<\/p>\n<p>Gruslin, Adrien. 1977. [s.t.]. <em>Le Devoir<\/em>, 10 septembre, p. 21.<\/p>\n<p>Gruslin, Adrien. 1977. \u00ab\u00a0\u00ab\u00a0Zone\u00a0\u00bb jette une ombre sur l\u2019ouverture du Th\u00e9\u00e2tre Denise-Pelletier de la NCT\u00a0\u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 18 octobre, p. 16.<\/p>\n<p>Laroche, Maximilien. 1968. \u00ab\u00a0Marcel Dub\u00e9\u00a0\u00bb, pr\u00e9face \u00e0\u00a0 Marcel Dub\u00e9, <em>Zone<\/em>. Ottawa\u00a0: Lem\u00e9ac, coll. \u00ab\u00a0Th\u00e9\u00e2tre Canadien\u00a0\u00bb, 185 p.<\/p>\n<p>Laroche, Maximilien. 1970. <em>Marcel Dub\u00e9<\/em>. Ottawa\u00a0: Fides, 189 p.<\/p>\n<p>Larrue, Jean-Marc. 1988-1989. \u00ab\u00a0M\u00e9moire et appropriation\u00a0: essai sur la m\u00e9moire th\u00e9\u00e2trale au Qu\u00e9bec\u00a0\u00bb, \u00a0<em>L\u2019Annuaire th\u00e9\u00e2tral\u00a0: revue qu\u00e9b\u00e9coise d\u2019\u00e9tudes th\u00e9\u00e2trales<\/em>, n\u00b0 5-6, p. 61-72.<\/p>\n<p>Leroux, Normand. 1977. \u00ab\u00a0La litt\u00e9rature qu\u00e9b\u00e9coise contemporaine 1960-1977. III Le th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00bb, <em>\u00c9tudes fran\u00e7aises<\/em>, vol. 13, n\u00b03-4, p. 339-363.<\/p>\n<p>L\u00e9vesque, Solange. 2003. \u00ab\u00a0Zone revisit\u00e9e\u00a0\u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 8 novembre, [En ligne], <a href=\"http:\/\/www.ledevoir.com\/culture\/theatre\/40116\/theatre-zone-revisitee\">http:\/\/www.ledevoir.com\/culture\/theatre\/40116\/theatre-zone-revisitee<\/a> (page consult\u00e9e le 23 novembre 2010).<\/p>\n<p>L\u00e9vesque, Solange. 2005. \u00ab\u00a0La soif de s\u2019affranchir\u00a0\u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 24 septembre, en ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.ledevoir.com\/culture\/theatre\/91072\/theatre-la-soif-de-s-affranchir\">http:\/\/www.ledevoir.com\/culture\/theatre\/91072\/theatre-la-soif-de-s-affra&#8230;<\/a> (page consult\u00e9e le 23 novembre 2010).<\/p>\n<p>Melan\u00e7on, Robert. 2004. <em>Qu\u2019est-ce qu\u2019un classique qu\u00e9b\u00e9cois?<\/em> Montr\u00e9al\u00a0: Fides et Les Presses de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, coll. \u00ab\u00a0Les grandes conf\u00e9rences\u00a0\u00bb, 58 p.<\/p>\n<p>Provencher, Serge. 2007. <em>Anthologie de la litt\u00e9rature qu\u00e9b\u00e9coise<\/em>. Saint-Laurent\u00a0: \u00c9ditions du Renouveau P\u00e9dagogique Inc., 177 p.<\/p>\n<p>Sabbath, Lawrence. 1977. \u00ab\u00a0New city theatre opens\u00a0\u00bb, <em>The Montreal Star<\/em>, octobre, p. A14.<\/p>\n<p>Saint-Pierre, Christian. 2005. \u00ab\u00a0Bande \u00e0 part\u00a0\u00bb, <em>Voir<\/em>, 28 avril, [En ligne]\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.voir.ca\/publishing\/article.aspx?zone=2&amp;section=8&amp;article=35939\">http:\/\/www.voir.ca\/publishing\/article.aspx?zone=2&amp;section=8&amp;article=35939<\/a> (page consult\u00e9e le 23 novembre 2010).<\/p>\n<p><!--novelty_footnote_list()--><\/p>\n<section class=\"footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed\" data-collapsible-show-label=\"Notes\" data-collapsible-hide-label=\"Notes\">\n<h2>Notes<\/h2>\n<p id=\"footnote1_sm0n4th\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref1_sm0n4th\">[1]<\/a> Il s\u2019agit l\u00e0 des trois seules productions d\u2019envergure de la pi\u00e8ce faites au th\u00e9\u00e2tre et en fran\u00e7ais\u00a0: une adaptation anglophone a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e au printemps 1977, mais n\u2019a apparemment pas su combler m\u00eame les attentes de son propre metteur en sc\u00e8ne, Daniel Simard, puisqu\u2019il ne s\u2019agissait \u00ab\u00a0\u00e0 toutes fins utiles [que d\u2019une] traduction et pas toujours fid\u00e8le, malheureusement \u00bb (Dassylva, 1977, p. D3). Il y aurait aussi eu une adaptation de <em>Zone<\/em> en t\u00e9l\u00e9th\u00e9\u00e2tre, mais il ne reste que peu de traces de celle-ci et de sa r\u00e9ception critique.<\/p>\n<p id=\"footnote2_thoooed\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref2_thoooed\">[2]<\/a> Ce tr\u00e8s juste r\u00e9sum\u00e9 est emprunt\u00e9 \u00e0 l\u2019article de Solange L\u00e9vesque publi\u00e9 dans <em>Le Devoir<\/em> en novembre 2003 (L\u00e9vesque, 2003).<\/p>\n<p id=\"footnote3_a39d8gh\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref3_a39d8gh\">[3]<\/a> Ces propos sont rapport\u00e9s dans la section \u00ab\u00a0Jugements critiques sur <em>Zone<\/em>\u00a0\u00bb de l\u2019ouvrage de Maximilien Laroche (Laroche, 1970, p. 181).<\/p>\n<p id=\"footnote4_ibubizz\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref4_ibubizz\">[4]<\/a> Au <em>Devoir<\/em>, Adrien Gruslin note que \u00ab la production [&#8230;] aura quelque peu assombri l\u2019\u00e9clat de l\u2019ouverture du Th\u00e9\u00e2tre Denise-Pelletier et de la saison de la NCT\u00a0\u00bb (Gruslin, 18 octobre 1977, p. 16), alors qu\u2019au <em>Montreal Star<\/em> il est mentionn\u00e9 que \u00ab\u00a0The result was an enjoyable evening of discovery for everyone\u00a0\u00bb (Sabbath, 1977, p. A14).<\/p>\n<p id=\"footnote5_hil1ukd\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref5_hil1ukd\">[5]<\/a> Le r\u00e9sum\u00e9 de la pi\u00e8ce pr\u00e9sent\u00e9 au d\u00e9but de la pr\u00e9sente analyse provient d\u2019ailleurs de l\u2019un des ces articles.<\/p>\n<p id=\"footnote6_o6l9c2m\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref6_o6l9c2m\">[6]<\/a> D\u2019o\u00f9 peut-\u00eatre la n\u00e9cessit\u00e9 des rappels historiques.<\/p>\n<p id=\"footnote7_q7pryou\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref7_q7pryou\">[7]<\/a> Il faut l\u2019avouer, l\u2019auteure de ces lignes a fait partie de ces jeunes en larmes qui remerciaient les com\u00e9diens pour leur touchante prestation.<\/p>\n<\/section>\n<p><!--\/novelty_footnote_list()--><\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Comte, Jo\u00eblle. 2012. \u00ab Zone, l\u2019intemporelle discut\u00e9e : analyse de l\u2019\u00e9volution du statut d\u2019un classique qu\u00e9b\u00e9cois \u00bb,\u00a0<em>Postures<\/em>, Dossier \u00ab D&rsquo;hier \u00e0 demain : le rapport au(x) classique(s) \u00bb, n\u00b016, En ligne &lt;http:\/\/revuepostures.com\/fr\/articles\/comte-16&gt; (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx).<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/comte-16.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 comte-16.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-a6310e67-7e00-4525-9cb6-45121dcd070b\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/comte-16.pdf\">comte-16<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/comte-16.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-a6310e67-7e00-4525-9cb6-45121dcd070b\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier \u00ab D&rsquo;hier \u00e0 demain : le rapport au(x) classique(s) \u00bb, n\u00b016 Dans son Guide de la culture au Qu\u00e9bec, Daniel Chartier pr\u00e9sente \u00ab\u00a0des \u0153uvres qui forment un patrimoine qu\u2019il convient aujourd\u2019hui de conna\u00eetre et de conserver\u00a0\u00bb (Chartier, 2004, p. 5) et dresse, entre autres choses, une liste de cent grands ouvrages ayant marqu\u00e9 la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_coblocks_attr":"","_coblocks_dimensions":"","_coblocks_responsive_height":"","_coblocks_accordion_ie_support":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[1134,1226,1228],"tags":[81],"class_list":["post-5515","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","category-dhier-a-demain-le-rapport-aux-classiques","category-dossier-dhier-a-demain-le-rapport-aux-classiques","tag-comte-joelle"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5515","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5515"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5515\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9053,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5515\/revisions\/9053"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5515"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5515"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5515"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}