{"id":5553,"date":"2024-06-13T19:48:23","date_gmt":"2024-06-13T19:48:23","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/soit-je-ne-suis-personne-soit-je-suis-une-nation\/"},"modified":"2024-09-04T17:33:10","modified_gmt":"2024-09-04T17:33:10","slug":"soit-je-ne-suis-personne-soit-je-suis-une-nation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5553","title":{"rendered":"Soit je ne suis personne, soit je suis une nation"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6889\">Dossier \u00ab Corps et nation: fronti\u00e8res, mutation, transfert \u00bb, n\u00b020<\/a><\/h5>\n<p>Il y a bient\u00f4t trois d\u00e9cennies d\u00e9j\u00e0, Homi Bhabha constatait dans <em>Les lieux de la culture<\/em> :<\/p>\n<blockquote>\n<p>Les trente derni\u00e8res ann\u00e9es ont vu plus de gens vivre \u00e0 travers ou entre des fronti\u00e8res nationales que jamais auparavant \u2013 selon une estimation basse, 40 millions de travailleurs \u00e9trangers, 20 millions de r\u00e9fugi\u00e9s, 20 \u00e0 25 millions de peuples d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 la suite de famines et de guerres civiles (Bhabha, 2007, 21).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il suffit de voir les centaines de jeunes et parfois des familles avec de petits enfants perch\u00e9s sur La Bestia<a id=\"footnoteref1_rcl6r7l\" class=\"see-footnote\" title=\" La b\u00eate, en fran\u00e7ais, ou le train de la mort, d\u00e9signe ces trains de marchandises sur lesquels des milliers de migrants en provenance de l\u2019Am\u00e9rique centrale tentent de rejoindre les USA en traversant le Mexique, au p\u00e9ril de leurs vies.\" href=\"#footnote1_rcl6r7l\">[1]<\/a> en direction des Etats-Unis, ou encore les images r\u00e9currentes des centaines de naufrag\u00e9s en provenance de l\u2019Afrique sur les c\u00f4tes italiennes au large de Lampedusa, pour se rendre rapidement compte que ce qui inspirait la r\u00e9flexion de Bhabha il y a quelques d\u00e9cennies est devenu un mouvement encore plus fort, une pouss\u00e9e incontr\u00f4lable d\u2019une partie de la population mondiale frapp\u00e9e par les violences directes et structurelles, vers une autre partie, per\u00e7ue comme l\u2019espace de tous les possibles, l\u2019Occident.<\/p>\n<p>Ces ph\u00e9nom\u00e8nes qui ne suivent plus les axes historiques initi\u00e9s par les pass\u00e9es coloniaux<a id=\"footnoteref2_epyz1ks\" class=\"see-footnote\" title=\" Ces axes historiques ont constitu\u00e9 des itin\u00e9raires naturels pour les intellectuels et autres figures de colonis\u00e9s : les francophones allant naturellement en France, les anglophones \u2013 comme Homi Bhabha \u2013 se rendant en Grande Bretagne.\" href=\"#footnote2_epyz1ks\">[2]<\/a> , mettent \u00e0 mal des concepts fondamentaux et des structures id\u00e9ologiques et politiques qui ont organis\u00e9s le vivre-ensemble en Europe et en Am\u00e9rique du Nord depuis bient\u00f4t deux si\u00e8cles : il s\u2019agit notamment de ceux de la nation, des fronti\u00e8res, et des formes d\u2019appartenance qui s\u2019y pr\u00e9sentent, et marquent aussi les modalit\u00e9s suivant lesquelles on doit montrer patte blanche.<\/p>\n<p>Ce num\u00e9ro de <em>Postures<\/em> arrive par cons\u00e9quent fort \u00e0 propos, dans un contexte o\u00f9 r\u00e9fl\u00e9chir sur la nation aurait pu para\u00eetre compl\u00e8tement anachronique en raison des rh\u00e9toriques et pratiques globalitaires qui marquent notre \u00e9poque. Cette pr\u00e9sence de plus en plus massive de l\u2019\u00e9tranger au sein des espaces nationaux en Occident signale de nouvelles constellations dont le propre est l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9, le m\u00e9lange. Cette mise en exergue de tensions internes qui exigent que le vivre ensemble soit autrement repens\u00e9, n\u2019est cependant que la manifestation plus explicite d\u2019un collectif h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne par d\u00e9finition; les modalit\u00e9s de la d\u00e9l\u00e9gation de pouvoir ont simplement permis de le r\u00e9ifier sous la forme d\u2019une repr\u00e9sentation absolue et apparemment monolithique, celle de la nation. Georges Didi-Huberman souligne le fait que le peuple aussi bien que sa repr\u00e9sentation soient marqu\u00e9s au sceau de cette h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9, invitant \u00e0 une consid\u00e9ration plus dynamique de l\u2019une et de l\u2019autre. Dans le cas hypoth\u00e9tique d\u2019un isolement absolu, Didi-Huberman pose quand m\u00eame le fait h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne comme intrins\u00e8que \u00e0 tout \u00ab peuple \u00bb :<\/p>\n<blockquote>\n<p>Il suppose un minimum de complexit\u00e9, d\u2019impuret\u00e9 que repr\u00e9sente la composition h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne de ces peuples multiples et diff\u00e9rents que sont les vivants et leurs morts, les corps et leurs esprits, ceux du clan et les autres, les m\u00e2les et les femelles, les humains et leurs dieux ou bien leurs animaux\u2026 il n\u2019y a pas un peuple : il n\u2019y a que des peuples coexistants, non seulement d\u2019une population \u00e0 l\u2019autre, mais encore \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur \u2013 m\u00eame social ou mental \u2013 d\u2019une m\u00eame population aussi coh\u00e9rente qu\u2019on voudrait l\u2019imaginer, ce qui, d\u2019ailleurs, n\u2019est jamais le cas (Didi-Huberman, 2013, 78).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il devient alors n\u00e9cessaire de prendre conscience des points de sutures entre les collectifs \u00ab coexistants \u00bb, m\u00eame dans le contexte des d\u00e9clinaisons nationales de l\u2019entit\u00e9 \u00ab peuple \u00bb que Didi-Huberman expose, d\u2019autant plus que ce type de d\u00e9clinaison op\u00e8re, historiquement, \u00e0 partir de la normalisation et la r\u00e9ification d\u2019une pratique pour en faire celle des collectivit\u00e9s dynamiques et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. \u00c0 ce sujet d\u2019ailleurs, le constat qu\u2019il fait est sans appel :<\/p>\n<blockquote>\n<p>il est toujours possible d\u2019hypostasier \u00ab le peuple \u00bb en identit\u00e9 [nationale, pour notre propos] ou bien en g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 : mais la premi\u00e8re est factice, vou\u00e9e \u00e0 l\u2019exaltation des populismes en tous genres; tandis que la seconde est introuvable, telle une aporie centrale pour toutes les \u00ab sciences politiques \u00bb ou historiques (Ibid.).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les questions que pose ce dossier de Postures sont par cons\u00e9quent celles qui s\u2019imposent, une fois que le processus d\u2019identification du \u00ab peuple \u00bb en nation s\u2019est enclench\u00e9; pire, une fois qu\u2019il bute \u00e0 ses limites extr\u00eames du fait des expressions multiformes et impr\u00e9visibles d\u2019une nature fonci\u00e8rement dynamique et plurivalente. Telle que postul\u00e9e, la nation au fond, est donc la r\u00e9sultante voulu en grande partie immuable, d\u2019un processus qui s\u2019est fait avec de la mati\u00e8re vivante pourtant toujours en mouvement : par voie de cons\u00e9quence, les questions des transferts et des mutations m\u2019apparaissent tout \u00e0 fait inh\u00e9rentes \u00e0 sa nature et logique \u00e0 induire, une fois que ce postulat est accept\u00e9. On ne peut pas en dire autant de la fronti\u00e8re. Puisqu\u2019elle a servi dans la dynamique de particularisation et de singularisation de la collectivit\u00e9 sous l\u2019\u00e9tiquette nationale, elle a n\u00e9cessairement \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue et instrumentalis\u00e9e dans un sens contraire \u00e0 ce qu\u2019elle est : ambivalente, poreuse, montrant \u00e0 tout le moins dans deux directions, l\u2019int\u00e9rieur et l\u2019ext\u00e9rieur que par le fait m\u00eame elle relie <a id=\"footnoteref3_58n6f7p\" class=\"see-footnote\" title=\" Voir \u00e0 ce propos : De Certeau, Michel. 1990. \u00ab R\u00e9cits d\u2019espaces \u00bb, pp. 186-187, dans L\u2019invention du quotidien 1. Arts de faire. Paris : Gallimard, pp. 170-191.\" href=\"#footnote3_58n6f7p\">[3]<\/a>. Un m\u00eame constat s\u2019impose dans ce cas, lorsqu\u2019on \u00e9tudie ce que fait le politique de la fronti\u00e8re et du corps (singulier ou collectif) dans la formation de la nation : il s\u2019agit des lectures particuli\u00e8res et des perceptions selon lesquelles l\u2019un et l\u2019autre sont modelables de mani\u00e8re \u00e0 r\u00e9pondre aux imp\u00e9ratifs de singularisation et de fermeture relative des collectivit\u00e9s. L\u2019incapacit\u00e9 de l\u2019Italie, en 2014, \u00e0 contr\u00f4ler l\u2019arriv\u00e9e des milliers de refugi\u00e9s \u00e0 sa fronti\u00e8re et leur passage vers les pays europ\u00e9ens, tout comme les milliers d\u2019immigrants en provenance de l\u2019Am\u00e9rique centrale sur le dos de La Bestia et qui forcent les fronti\u00e8res et les br\u00e8ches de la fronti\u00e8re am\u00e9ricaine, montre bien \u00e0 quel point les limitations nationales (g\u00e9ographiques et territoriales, linguistiques et sociales, etc.) ne sont jamais vraiment \u00e9tanches. Qu\u2019elles aient \u00e9t\u00e9 postul\u00e9es ainsi avec l\u2019illusion d\u2019un contr\u00f4le des modalit\u00e9s d\u2019ouverture et de fermeture est le fait d\u2019une lecture du politique qui maintenant peine \u00e0 s\u2019ajuster. De cette pr\u00e9sence incongrue de l\u2019\u00e9tranger s\u2019active \u00e9galement la circulation et la diffusion dans l\u2019espace national des pratiques et des biens culturels \u00ab \u00e9trangers \u00bb, toutes deux constituant des dynamiques pr\u00e9alables souvent aux ajustements politiques qui interviennent le plus souvent a posteriori<a id=\"footnoteref4_y5x0suj\" class=\"see-footnote\" title=\" Pour preuve r\u00e9cente les tentatives de l\u00e9galisation du statut de plusieurs milliers de r\u00e9fugi\u00e9s aux \u00c9tats-Unis et au Mexique.\" href=\"#footnote4_y5x0suj\">[4]<\/a> D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9fl\u00e9chir sur les modalit\u00e9s des transferts et les figures des passeurs de culture, incluant, on s\u2019en doute, les distinctions internes et propres \u00e0 tout groupe \u00ab homog\u00e8ne \u00bb en apparence.<\/p>\n<p>Le constat qui est ainsi fait sur la lecture politique et partielle de la fronti\u00e8re, avec ses limites, s\u2019applique \u00e9galement au corps, comme je le mentionnais plus haut. Singuli\u00e8re, cette surface qui semble n\u2019\u00eatre l\u00e0 que comme invitation \u00e0 l\u2019\u00e9criture, ectoplasmique (Berthelot, 1997, 7) par d\u00e9finition selon certains, porte la marque des enjeux li\u00e9s \u00e0 la concr\u00e9tisation du projet national. C\u2019est donc aussi en lui que nous pouvons retrouver des \u00e9lans qui conduisent les sujets dans une forme de d\u00e9linquance vis-\u00e0-vis des projets collectifs. L\u2019\u00e9criture du corps, par les multiples voies des institutions pr\u00e9sidant \u00e0 la socialisation et \u00e0 l\u2019int\u00e9gration des individus, se fait donc avec une lecture, une perception de celui-ci. Le paradoxe est l\u00e0 aussi tout \u00e0 fait \u00e9vident, tout comme il l\u2019est dans la simplification du \u00ab peuple \u00bb en une formule, en l\u2019occurrence nationale : dans le cas du corps, cette simplification part de la domestication des sens qu\u2019il v\u00e9hicule, entendue ici comme une r\u00e9duction de la polys\u00e9mie vers un corps anonyme parce que v\u00e9hicule d\u2019un sens norm\u00e9 et collectivement attendu. Michel de Certeau dira \u00e0 cet \u00e9gard : \u00ab De la naissance au deuil, le droit se \u00ab\u00a0saisit\u00a0\u00bb des corps pour en faire son texte. Par toute sorte d\u2019initiation (rituelle, scolaire, etc.), il les transforme en tables de la loi, en tableaux vivants des r\u00e8gles et coutumes, en acteurs du th\u00e9\u00e2tre organis\u00e9 par un ordre social \u00bb (De Certeau, 1990, 206).<\/p>\n<p>Amener le corps singulier \u00e0 faire sens dans le collectif, ou autrement dit, le mettre au pas de la collectivit\u00e9 nationale c\u2019est, \u00e0 plusieurs \u00e9gards, pr\u00e9tendre pouvoir r\u00e9duire ses effets de sens et ses \u00e9lans spontan\u00e9s, et impr\u00e9visibles dans bien des cas, de mani\u00e8re \u00e0 toujours pouvoir interpr\u00e9ter le geste individuel au b\u00e9n\u00e9fice du collectif. Inutile ici de s\u2019\u00e9tendre sur les d\u00e9rives qui s\u2019ensuivent et que j\u2019ai abord\u00e9es dans d\u2019autres contextes<a id=\"footnoteref5_oaq7c43\" class=\"see-footnote\" title=\" Voir entre autres ma r\u00e9flexion sur le sujet colonial face au pouvoir h\u00e9g\u00e9monique dans Le vieux n\u00e8gre et la m\u00e9daille : \u00ab Roman francophone : \u00e9criture, transitivit\u00e9, lieu \u00bb, dans Tangence, n\u00b0 75, \u00e9t\u00e9 2004, pp. 123-137.\" href=\"#footnote5_oaq7c43\">[5]<\/a><\/p>\n<p>La r\u00e9sistance face \u00e0 cette perception du corps soumis \u00e0 la dictature de la simplification politique nous vient d\u2019un r\u00e9cipiendaire du Prix Nobel de litt\u00e9rature (1992), originaire de St-Lucie, Derek Walcott. Se campant \u00e0 l\u2019intersection des cultures et des races, telles qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 historiquement instrumentalis\u00e9es pour balkaniser le monde, Walcott \u00e9crit, en personnage de son propre r\u00e9cit :<\/p>\n<blockquote>\n<p>Je ne suis qu\u2019un n\u00e8gre rouge qui aime la mer,<\/p>\n<p>J\u2019ai re\u00e7u une solide \u00e9ducation coloniale,<\/p>\n<p>J\u2019ai du Hollandais en moi, du n\u00e8gre, et de l\u2019Anglais,<\/p>\n<p>Et soit je ne suis personne, soit je suis une nation (Walcott, 1998, 48).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ainsi s\u2019\u00e9tablissent les multiples p\u00f4les de la zone de tension avec laquelle la nation travaille : le p\u00f4le de la race et de la couleur, celui du clash historique entre les civilisations, celui des langues et des cultures nationales telles qu\u2019elles se sont construites dans l\u2019Europe des 19e et 20e si\u00e8cles et enfin, celui du sujet. Cette conscience qui dit \u00ab je \u00bb \u00e0 partir d\u2019un corps historiquement et culturellement marqu\u00e9 par l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne et le multiple et qui, par sa simple pr\u00e9sence au monde, nie les fermetures sous toutes leurs formes, d\u00e9fie les fronti\u00e8res et plaide pour la transitivit\u00e9. Ce sujet, sous la plume de Derek Walcott peut, naturellement<a id=\"footnoteref6_u1ezf3o\" class=\"see-footnote\" title=\" Il faut \u00eatre sensible chez lui, du jeu complexe entre le m\u00e9tissage biologique qu\u2019il porte, et celui des cultures et des violences historiques dont il convoque la m\u00e9moire.\" href=\"#footnote6_u1ezf3o\">[6]<\/a>, puiser dans le bagage historique, biologique et culturel qui est le sien. Mais, m\u00eame en l\u2019absence de ces ancrages manifestes, on observera que des c\u00f4tes italiennes aux fronti\u00e8res du Mexique et des Etats-Unis, on assiste \u00e0 la mise en \u00e9vidence d\u2019autres p\u00f4les et d\u2019autres lignes de ruptures qui, en projetant le corps \u00e9tranger \u00e0 l\u2019avant-sc\u00e8ne, emp\u00eache ou incite \u00e0 voir les lignes de forces des collectivit\u00e9s et des tensions internes \u00e0 des nations apparemment homog\u00e8nes.<\/p>\n<div>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Bazi\u00e9, Isaac. 2004. \u00ab Roman francophone : \u00e9criture, transitivit\u00e9, lieu \u00bb, dans <em>Tangence<\/em>, n\u00b0 75, pp. 123-137.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Berthelot, Francis. 1997. <em>Le corps du h\u00e9ros : pour une s\u00e9miotique de l\u2019incarnation romanesque<\/em>. Paris : Nathan, 192 p.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Bhabha, Homi K. 2007 [1999]. <em>Les lieux de la culture. Une th\u00e9orie postcoloniale<\/em>. Paris : Payot, 411 p.\u00a0<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>De Certeau, Michel. 1990. <em>L\u2019invention du quotidien, T. 1 Arts de faire<\/em>. Paris : Gallimard, 1990, 347 p.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Didi-Huberman, Georges. 2013. \u00ab Rendre sensible\u00bb, dans <em>Qu\u2019est-ce qu\u2019un peuple<\/em>, Paris : La Fabrique \u00e9ditions, pp. 77-114.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Derek Walcott. 1998. <em>Le royaume du fruit-\u00e9toile, long po\u00e8me<\/em>. Paris : Circ\u00e9 Editeur, 109 p.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<p><!--novelty_footnote_list()--><\/p>\n<section class=\"footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed\" data-collapsible-show-label=\"Notes\" data-collapsible-hide-label=\"Notes\">\n<h2>Notes<\/h2>\n<p id=\"footnote1_rcl6r7l\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref1_rcl6r7l\">[1]<\/a> La b\u00eate, en fran\u00e7ais, ou le train de la mort, d\u00e9signe ces trains de marchandises sur lesquels des milliers de migrants en provenance de l\u2019Am\u00e9rique centrale tentent de rejoindre les USA en traversant le Mexique, au p\u00e9ril de leurs vies.<\/p>\n<p id=\"footnote2_epyz1ks\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref2_epyz1ks\">[2]<\/a> Ces axes historiques ont constitu\u00e9 des itin\u00e9raires naturels pour les intellectuels et autres figures de colonis\u00e9s : les francophones allant naturellement en France, les anglophones \u2013 comme Homi Bhabha \u2013 se rendant en Grande Bretagne.<\/p>\n<p id=\"footnote3_58n6f7p\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref3_58n6f7p\">[3]<\/a> Voir \u00e0 ce propos : De Certeau, Michel. 1990. \u00ab R\u00e9cits d\u2019espaces \u00bb, pp. 186-187, dans L\u2019invention du quotidien 1. Arts de faire. Paris : Gallimard, pp. 170-191.<\/p>\n<p id=\"footnote4_y5x0suj\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref4_y5x0suj\">[4]<\/a> Pour preuve r\u00e9cente les tentatives de l\u00e9galisation du statut de plusieurs milliers de r\u00e9fugi\u00e9s aux \u00c9tats-Unis et au Mexique.<\/p>\n<p id=\"footnote5_oaq7c43\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref5_oaq7c43\">[5]<\/a> Voir entre autres ma r\u00e9flexion sur le sujet colonial face au pouvoir h\u00e9g\u00e9monique dans Le vieux n\u00e8gre et la m\u00e9daille : \u00ab Roman francophone : \u00e9criture, transitivit\u00e9, lieu \u00bb, dans Tangence, n\u00b0 75, \u00e9t\u00e9 2004, pp. 123-137.<\/p>\n<p id=\"footnote6_u1ezf3o\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref6_u1ezf3o\">[6]<\/a> Il faut \u00eatre sensible chez lui, du jeu complexe entre le m\u00e9tissage biologique qu\u2019il porte, et celui des cultures et des violences historiques dont il convoque la m\u00e9moire.<\/p>\n<\/section>\n<p><!--\/novelty_footnote_list()--><\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Bazi\u00e9, Isaac. 2014. \u00ab Soit je ne suis personne, soit je suis une nation \u00bb, <em>Postures<\/em>, Dossier \u00ab Corps et nation: fronti\u00e8res, mutation, transfert \u00bb, n\u00b020, En ligne, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5553 (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx )..<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/bazie-20.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 bazie-20.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-14fe81bd-ec29-47f9-bf07-4dbe9daf0733\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/bazie-20.pdf\">bazie-20<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/bazie-20.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-14fe81bd-ec29-47f9-bf07-4dbe9daf0733\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier \u00ab Corps et nation: fronti\u00e8res, mutation, transfert \u00bb, n\u00b020 Il y a bient\u00f4t trois d\u00e9cennies d\u00e9j\u00e0, Homi Bhabha constatait dans Les lieux de la culture : Les trente derni\u00e8res ann\u00e9es ont vu plus de gens vivre \u00e0 travers ou entre des fronti\u00e8res nationales que jamais auparavant \u2013 selon une estimation basse, 40 millions de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_coblocks_attr":"","_coblocks_dimensions":"","_coblocks_responsive_height":"","_coblocks_accordion_ie_support":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[1243,1244,1139,1245],"tags":[19],"class_list":["post-5553","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-corps-et-nation-frontieres","category-mutations","category-preface","category-transferts","tag-bazie-isaac"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5553","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5553"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5553\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8967,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5553\/revisions\/8967"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5553"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5553"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5553"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}