{"id":5572,"date":"2024-06-13T19:48:25","date_gmt":"2024-06-13T19:48:25","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/dartemis-a-aphrodite-une-dialectique-de-la-chasse-et-de-lamour-dans-histoire-vraie-de-guy-de-maupassant\/"},"modified":"2024-08-29T18:08:14","modified_gmt":"2024-08-29T18:08:14","slug":"dartemis-a-aphrodite-une-dialectique-de-la-chasse-et-de-lamour-dans-histoire-vraie-de-guy-de-maupassant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5572","title":{"rendered":"D\u2019Art\u00e9mis \u00e0 Aphrodite : une dialectique de la chasse et de l\u2019amour dans \u00ab Histoire vraie \u00bb de Guy de Maupassant."},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6891\">Dossier \u00ab\u00a0Discours et po\u00e9tiques de l\u2019amour \u00bb, n\u00b022<\/a><\/h5>\n<p>Le d\u00e9sir sexuel et la chasse sont compl\u00e9mentairement ancr\u00e9s dans l\u2019imaginaire collectif du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Stendhal \u00e9crivait exemplairement \u00e0 ce sujet\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 la chasse, trouver une belle et fra\u00eeche paysanne qui fuit dans les bois. Tout le monde conna\u00eet l\u2019amour fond\u00e9 sur ce genre de plaisirs\u00a0\u00bb (Stendhal, 1965, 31). D\u00e9sirer, pour un chasseur, signifie avant tout conqu\u00e9rir sa proie; cependant \u00ab\u00a0l\u2019acte cyn\u00e9g\u00e9tique [prend] souvent la forme d\u2019une rencontre amoureuse\u00a0\u00bb (Cnockaert, 2009, 42). Celle-ci, dans un milieu de chasse, n\u00e9cessite une inversion symbolique des r\u00f4les, soit une anthropomorphisation de l\u2019animal ou une animalisation de la femme. Le chasseur, lui, doit s\u2019animaliser, voire s\u2019ensauvager, afin d\u2019\u00e9tablir un rapprochement avec son objet de convoitise. Ces mises en sc\u00e8ne ne sont li\u00e9es qu\u2019\u00e0 un d\u00e9sir commun plus violent encore\u00a0: la mort. Le d\u00e9sir sexuel (de vie) concorde avec le d\u00e9sir de mort; Georges Bataille le signalait d\u00e9j\u00e0 quand il pr\u00e9sentait l\u2019\u00e9rotisme comme \u00ab\u00a0l\u2019approbation de la vie jusque dans la mort\u00a0\u00bb (Bataille, 1957, 17). Le conte \u00ab\u00a0Histoire vraie\u00a0\u00bb de Maupassant effectue d\u2019ailleurs un rapprochement entre la chasse et la s\u00e9duction, qui nous permet de penser la proximit\u00e9 de ces motifs d\u2019\u00e9criture. Il s\u2019agira pour nous d\u2019analyser ce couple antinomique dont les deux p\u00f4les, chasse et amour, se diss\u00e9minent narrativement dans l\u2019\u0153uvre, l\u2019un annulant la pr\u00e9sence de l\u2019autre.<\/p>\n<p>Pour comprendre ce processus, il faut avant tout aborder la prise de parole narrative homodi\u00e9g\u00e9tique qui a pour fonction, dans \u00ab\u00a0Histoire vraie\u00a0\u00bb, d\u2019attiser un d\u00e9sir pass\u00e9, celui de la femme perdue. Risquer un retour du d\u00e9sir pass\u00e9 par l\u2019usage du langage sexuel semble logique, puisque la chasse est surtout un temps de suspension o\u00f9 les fronti\u00e8res dichotomiques s\u2019effacent pour cr\u00e9er des renversements, autant sociaux que discursifs, ce que Mikha\u00efl Bakhtine, en parlant des formes \u00ab\u00a0de la liesse populaire\u00a0\u00bb (Bakhtine, 1970, 368), a d\u00e9sign\u00e9 comme \u00ab\u00a0l\u2019orientation vers le bas\u00a0\u00bb (368) mat\u00e9riel, \u00ab\u00a0le haut mis \u00e0 la place du bas\u00a0\u00bb (368), et vice versa. Passer du narrateur h\u00e9t\u00e9ro\/extradi\u00e9g\u00e9tique au narrateur homo\/intradi\u00e9g\u00e9tique revient \u00e0 c\u00e9der la parole au d\u00e9sir sexuel toujours bien pr\u00e9sent chez M.\u00a0de Varnetot, protagoniste principal qui relate en narration homo\/intradi\u00e9g\u00e9tique son aventure amoureuse avec une servante nomm\u00e9e Rose. Ce passage fait \u00e9galement appara\u00eetre dans la narration un amour interdit, voire impossible, d\u00e9tournant ainsi le chasseur de son statut\u00a0premier, pour qu\u2019il devienne la proie de l\u2019amour. Si tout le conte semble diverger de l\u2019expression d\u2019un quelconque amour de la part de M.\u00a0de Varnetot, nous d\u00e9montrerons que le transfert du plan auctoriel au plan actoriel dans la narration h\u00e9t\u00e9rodi\u00e9g\u00e9tique vient affirmer la d\u00e9ch\u00e9ance de M.\u00a0de Varnetot, non plus dans une atmosph\u00e8re de chasse, mais comme pratique courante de sa vie. En fait, l\u2019ivresse de M.\u00a0de Varnetot ne fait plus partie d\u2019un univers de festivit\u00e9s, mais tend plut\u00f4t vers une d\u00e9ch\u00e9ance n\u00e9gative, un repli de soi dans l\u2019alcool. Notre analyse s\u2019opposera \u00e0 attribuer une \u00ab\u00a0id\u00e9ologie narrative\u00a0\u00bb au narrateur h\u00e9t\u00e9rodi\u00e9g\u00e9tique de \u00ab\u00a0Histoire vraie\u00a0\u00bb, en ceci que la narration poserait des jugements critiques sur les personnages. Au contraire, le concept d\u2019\u00ab\u00a0id\u00e9ologie narrative\u00a0\u00bb, propos\u00e9 notamment par Jaap Lintvelt, nous semble inad\u00e9quat pour d\u00e9crire ce que nous appellerons plut\u00f4t une coupure de la pens\u00e9e commune entre M.\u00a0de Varnetot et son auditoire, entre l\u2019amour \u00ab\u00a0possible\u00a0\u00bb et la complexit\u00e9 des m\u0153urs.<\/p>\n<h2>Le retour du d\u00e9sir par la parole<\/h2>\n<p>Dans le premier tome de <em>Probl\u00e8mes de linguistique g\u00e9n\u00e9rale<\/em>, \u00c9mile Benveniste formulait la n\u00e9cessit\u00e9 de comprendre une forme linguistique \u00ab\u00a0par la totalit\u00e9 de ses emplois, par leur distribution et par les types de liaisons qui en r\u00e9sultent\u00a0\u00bb (Benveniste, 1966, 290). Nous aborderons ainsi le conte de Maupassant par l\u2019analyse des axes syntagmatique et paradigmatique. Nous proposerons que l\u2019axe paradigmatique participe d\u2019un investissement culturel tr\u00e8s fort des mots, ce que nous rep\u00e9rerons une fois ceux-ci replac\u00e9s dans leur contexte. En effet, l\u2019essence d\u2019\u00ab\u00a0Histoire vraie\u00a0\u00bb se trouve, selon nous, dans le d\u00e9ploiement culturel du paradigme de la chasse pr\u00e9sent\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but de la nouvelle. Ce paradigme figure ici comme un temps particulier, caract\u00e9ris\u00e9 par la f\u00eate et se manifestant par une sorte de carnavalisation indirecte, d\u00e9finie par Bakhtine comme une opposition \u00ab\u00a0\u00e0 toute perp\u00e9tuation, \u00e0 tout parach\u00e8vement et terme [\u2026], ses regards [port\u00e9s] en direction d\u2019un avenir inachev\u00e9\u00a0\u00bb (Bakhtine, 1970, 18). Cet \u00e9tat d\u2019incompl\u00e9tude, nous le retrouvons tr\u00e8s t\u00f4t dans le texte\u00a0lorsque sont d\u00e9crits les chasseurs et leur environnement\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019\u00e9taient de ces demi-seigneurs normands, mi-hobereaux, mi-paysans [\u2026], \u00e0 moiti\u00e9 gris<a id=\"footnoteref1_xng1a28\" class=\"see-footnote\" title=\" De Maupassant, Guy. 1977. \u00ab Histoire vraie \u00bb, Contes du jour et de la nuit, Paris\u00a0: Flammarion, p. 207. Toutes les citations tir\u00e9es de ce texte seront d\u00e9sormais suivies entre parenth\u00e8ses de l\u2019abr\u00e9viation HV et du num\u00e9ro de page. \" href=\"#footnote1_xng1a28\">[1]<\/a>\u00a0\u00bb, ou encore par la description de lieux\u00a0: \u00ab\u00a0dans l\u2019esp\u00e8ce de ferme-ch\u00e2teau\u00a0\u00bb (207). Un <em>entre-deux<\/em> persiste dans la description que fait le narrateur h\u00e9t\u00e9rodi\u00e9g\u00e9tique de l\u2019espace, y concr\u00e9tisant de ce fait les figures mi-animales des chasseurs\u00a0: \u00ab\u00a0Ils parlaient comme on <em>hurle<\/em>, riaient comme <em>rugissent<\/em> les fauves et buvaient comme des citernes\u00a0\u00bb (207; nous soulignons). Cette demi-mesure se perp\u00e9tue sur le plan syntagmatique par le langage morcel\u00e9 et les expressions populaires\u00a0: \u00ab\u00a0Cr\u00e9bleu, ma\u00eet\u2019 Blondel, vous avez l\u00e0 une bobonne qui n\u2019est pas piqu\u00e9e des vers.\u00a0\u00bb (207) Ce contexte cyn\u00e9g\u00e9tique fa\u00e7onne le niveau extradi\u00e9g\u00e9tique du conte; il pr\u00e9pare la parole de M. de Varnetot, le passage du premier niveau vers le deuxi\u00e8me.<\/p>\n<p>Le rire, par ailleurs, permet plus directement cette transition. Carnavalesque, il survient apr\u00e8s les dires salaces que nous avons rapport\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment\u00a0: \u00ab\u00a0Et un rire retentissant \u00e9clata.\u00a0\u00bb (208) Le rire \u00ab\u00a0en mourant rena\u00eet et se renouvelle\u00a0\u00bb propose Bakhtine (1970, 20). S\u2019il dispara\u00eet avec les propos du r\u00e9cit intradi\u00e9g\u00e9tique, il refait surface dans les derni\u00e8res lignes de la nouvelle, chang\u00e9, nuanc\u00e9 parce qu\u2019il est d\u00e9sormais charg\u00e9 d\u2019un amour interdit (nous y reviendrons). M.\u00a0de Varnetot s\u2019exprime alors en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est \u00e9gal, c\u2019est moi qui ai fait sa fortune \u00e0 celui-l\u00e0!\u00a0\u00bb (<em>HV<\/em>, 212) Le rire carnavalesque est utilis\u00e9 dans le conte comme transition entre deux niveaux di\u00e9g\u00e9tiques afin de maintenir la coh\u00e9rence du paradigme de la f\u00eate que repr\u00e9sente la chasse.<\/p>\n<p>Cette transition di\u00e9g\u00e9tique, hormis la continuit\u00e9 de l\u2019imaginaire collectif de la chasse, n\u2019en est pas r\u00e9ellement une. D\u2019une blague salace nous passons \u00e0 une histoire somme toute hors contexte, celle de la rencontre de M.\u00a0de Varnetot et de son ancienne servante, r\u00e9cit amoureux d\u2019o\u00f9 na\u00eet donc la parole m\u00e9taphorique du d\u00e9sir. L\u2019acte cyn\u00e9g\u00e9tique n\u2019occasionne en fait qu\u2019une mise en pratique de la dichotomie culturelle chasseur-proie afin de rediriger les propos vers le sujet des conversations initiales, les causeries \u00ab\u00a0de chasse et de chiens\u00a0\u00bb (207). Parmi les proc\u00e9d\u00e9s narratifs qui participent \u00e0 la carnavalisation indirecte, amenant de ce fait le niveau intradi\u00e9g\u00e9tique \u00e0 proc\u00e9der d\u2019une coh\u00e9rence textuelle, il y a d\u2019abord la comparaison claire entre Rose, la servante que M.\u00a0de Varnetot d\u00e9sire, et Mirza, la chienne de celui-ci. Le narrateur exprimera avoir \u00ab\u00a0eu jadis une dr\u00f4le d\u2019histoire avec une fille comme \u00e7a! [\u2026] Toutes les fois qu\u2019[il] y pense, \u00e7a [lui] rappelle Mirza, [s]a chienne\u00a0\u00bb (208). Il va d\u2019ailleurs \u00e9changer sa jument noire pour cette \u00ab\u00a0gredine\u00a0\u00bb (208) enj\u00f4leuse. De plus, Varnetot lui-m\u00eame s\u2019apparente \u00e0 un chasseur, ayant \u00ab\u00a0l\u2019\u0153il de tous les c\u00f4t\u00e9s\u00a0\u00bb (208), \u00e0 l\u2019aff\u00fbt d\u2019une jeune femme. Sur le plan syntagmatique, le langage est toujours morcel\u00e9 \u00e0 la fois chez le narrateur homo\/intradi\u00e9g\u00e9tique\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019t\u2019enfant-l\u00e0, voyez-vous, ce n\u2019\u00e9tait pas n\u2019importe qui\u00a0\u00bb (208), mais aussi dans le r\u00e9cit simultan\u00e9 que sont les dialogues\u00a0: \u00ab\u00a0Qu\u00e9 qu\u2019vous lui donnerez, \u00e0 c\u2019te p\u2019tite?\u00a0\u00bb (209) Nous remarquons une gradation dans le populisme de la parole qui distingue M.\u00a0de Varnetot des paysans. En effet, il y a une diff\u00e9rence consid\u00e9rable entre le langage utilis\u00e9 par le narrateur homo\/intradi\u00e9g\u00e9tique et celui des paysans auxquels il s\u2019adresse. Selon nous, cette hi\u00e9rarchie langagi\u00e8re importe grandement, car elle participe \u00e0 la pr\u00e9destination du mariage de Rose avec un homme de sa classe\u00a0: \u00ab\u00a0une fois que [les femmes] ont l\u2019amour en t\u00eate, elles ne comprennent plus rien.\u00a0\u00bb (211) \u00c0 l\u2019instar de Jaap Linvelt \u2013 qui arrive toutefois \u00e0 une conclusion<a id=\"footnoteref2_x8588je\" class=\"see-footnote\" title=\" Voir\u00a0: Lintvelt, Jaap. 2000. Aspects de la narration. Th\u00e9matique, id\u00e9ologie et identit\u00e9, Qu\u00e9bec\u00a0: \u00c9ditions Nota Bene, coll.\u00a0 \u00ab\u00a0Litt\u00e9rature(s)\u00a0\u00bb, p. 108. \" href=\"#footnote2_x8588je\">[2]<\/a> diff\u00e9rente de la n\u00f4tre \u2013, nous sommes convaincus que le r\u00e9cit intradi\u00e9g\u00e9tique n\u2019est pas que r\u00e9surgence d\u2019un d\u00e9sir, que celui-ci, plut\u00f4t, ne se d\u00e9ploie que pour masquer l\u2019amour interdit.<\/p>\n<h2>L\u2019amour\u00a0: interdit narratif<\/h2>\n<p>\u00c0 la fin de son analyse, Lintvelt d\u00e9montre que \u00ab\u00a0le narrateur extradi\u00e9g\u00e9tique se distancie sans doute de M.\u00a0S\u00e9jour et de M.\u00a0de Varnetot, laissant transpara\u00eetre son admiration pour l\u2019amour f\u00e9minin, \u00e9prouv\u00e9 par Rose\u00a0\u00bb (Lintvelt, 2000, 109), \u00e0 cause notamment des propos finaux de M.\u00a0S\u00e9jour\u00a0: \u00ab\u00a0Tout ce que vous voudrez, mais des femmes comme \u00e7a, il n\u2019en faut pas.\u00a0\u00bb (HV, 212). Selon lui, \u00ab\u00a0la noblesse et la bourgeoisie se trouvent donc critiqu\u00e9es implicitement\u00a0\u00bb (Lintvelt, 2000, 109). Or, nous pouvons \u00e9galement lire l\u2019amour comme un mouvement textuel implicite du narrateur intradi\u00e9g\u00e9tique, volontairement camoufl\u00e9 par le paradigme de la chasse. Nous signalions pr\u00e9c\u00e9demment les diff\u00e9rences hi\u00e9rarchiques entre M.\u00a0de Varnetot et Rose; le premier avait \u00ab\u00a0vingt-cinq ans et vivai[t] en gar\u00e7on, dans [son] ch\u00e2teau de Villebon\u00a0\u00bb (<em>HV<\/em>, 208) gr\u00e2ce \u00e0 des rentes qu\u2019il touchait, alors que la deuxi\u00e8me \u00e9tait \u00ab\u00a0une jeunesse [\u2026] en service chez M.\u00a0D\u00e9boultot\u00a0\u00bb (208). L\u2019amour appara\u00eet d\u00e8s lors inconvenant, d\u2019o\u00f9 le filage m\u00e9taphorique de l\u2019acte cyn\u00e9g\u00e9tique. M.\u00a0de Varnetot exprimera d\u2019ailleurs sa peur des qu\u2019en-dira-t-on, \u00e0 propos de la grossesse de Rose\u00a0: \u00ab\u00a0Vous comprenez, j\u2019avais mon p\u00e8re et ma m\u00e8re \u00e0 Barneville, et ma s\u0153ur mari\u00e9e au marquis d\u2019Yspare, \u00e0 Rollebec, \u00e0 deux lieux de Villebon. Pas moyen de blaguer.\u00a0\u00bb (209), ou encore\u00a0: \u00ab\u00a0Si elle quittait la maison, on se douterait de quelque chose et on jaserait.\u00a0\u00bb (209) Il convient alors de mettre en lumi\u00e8re les proc\u00e9d\u00e9s narratifs qui nous indiquent le caract\u00e8re interdit de cet amour.<\/p>\n<p>Le rite de chasse comporte diff\u00e9rentes \u00e9tapes<a id=\"footnoteref3_a7gsry4\" class=\"see-footnote\" title=\" Voir : Cnockaert, V\u00e9ronique. \u00ab L\u2019empire de l\u2019ensauvagement\u00a0: Adieu de Balzac \u00bb, Romantisme, n\u00b0145, p.\u00a042. \" href=\"#footnote3_a7gsry4\">[3]<\/a>, d\u00e9voy\u00e9es par l\u2019auteur. Du pistage \u00e0 la mise \u00e0 mort, le chasseur doit \u00e0 la fois anthropomorphiser l\u2019animal (ou animaliser la femme dans l\u2019optique de renversement que nous avons soulign\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment), \u00e0 la fois l\u2019ensauvager durant la capture afin de s\u2019en d\u00e9tacher plus facilement lors de la tu\u00e9e. La p\u00e9riode de retour \u00e0 la sauvagerie est caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019attribution d\u2019une faute imaginaire qui scelle le sort de la proie. V\u00e9ronique Cnockaert, reprenant les \u00e9crits de Dalla Bernardina, signale aussi \u00ab\u00a0qu\u2019avant l\u2019abattage de l\u2019animal, le chasseur a besoin d\u2019exprimer publiquement la \u201cfaute\u201d de l\u2019animal [\u2026] afin de ramener ce dernier \u00e0 son statut de b\u00eate\u00a0\u00bb (Cnockaert, 2009, 43). Dans le conte, la symbolique rituelle commence comme elle se doit\u00a0: Rose est tr\u00e8s vite pr\u00e9sent\u00e9e comme une monnaie d\u2019\u00e9change lorsque M.\u00a0de Varnetot dit s\u2019\u00eatre s\u00e9par\u00e9 de sa jument noire Cocote au profit d\u2019elle, rappelant de ce fait les propos de Stendhal. En effet, ce dernier avance dans <em>De l\u2019amour<\/em> que \u00ab\u00a0l\u2019immense majorit\u00e9 des hommes, surtout en France, d\u00e9sire et a une femme \u00e0 la mode, comme on a un joli cheval\u00a0\u00bb (Stendhal, 1965, 32). Plus loin dans le texte de Maupassant, il y a alors ensauvagement de Rose, durant l\u2019annonce de sa grossesse\u00a0: \u00ab\u00a0Et elle m\u2019embrassait, elle m\u2019embrassait, elle riait, elle dansait, elle \u00e9tait folle, quoi!\u00a0\u00bb (<em>HV<\/em>, 209). L\u2019ensauvagement de Rose se caract\u00e9rise ainsi par son incompr\u00e9hension<a id=\"footnoteref4_40z48kd\" class=\"see-footnote\" title=\" Le narrateur dira d\u2019ailleurs\u00a0: \u00ab Pendant plus d\u2019une semaine, elle r\u00e9sista malgr\u00e9 mes raisonnements et mes pri\u00e8res. C\u2019est b\u00eate, les femmes; une fois qu\u2019elles ont l\u2019amour en t\u00eate, elles ne comprennent plus rien. \u00bb (HV, 211) \" href=\"#footnote4_40z48kd\">[4]<\/a> de la hi\u00e9rarchie sociale et, par cons\u00e9quent, par ses d\u00e9bordements amoureux avec M.\u00a0de Varnetot. Dans une logique o\u00f9 les classes sociales sont bien d\u00e9limit\u00e9es, sa grossesse ne peut mener qu\u2019\u00e0 son abandon, mais Rose s\u2019en \u00e9merveille tout de m\u00eame. D\u2019ailleurs, M.\u00a0de Varnetot confie la faute de sa ma\u00eetresse, soit sa grossesse, \u00e0 son oncle afin de condamner la servante \u00e0 retourner au statut auquel elle appartient. Par la suite, les rejets \u00e0 r\u00e9p\u00e9titions de M.\u00a0de Varnetot vont causer la mort de Rose et de son enfant. Dans ses grandes \u00e9tapes, le rite est donc respect\u00e9\u00a0: il y a bel et bien ensauvagement et anthropomorphisation de Rose, suit alors l\u2019attribution d\u2019une faute de la part de M.\u00a0de Varnetot, celle d\u2019une grossesse insens\u00e9e, faute qui causera par ailleurs la mort de la proie, Rose.<\/p>\n<p>Le d\u00e9voiement du rite s\u2019immisce petit \u00e0 petit dans un mouvement d\u2019entrecroisement, que nous constatons \u00e0 l\u2019instant o\u00f9 le narrateur homodi\u00e9g\u00e9tique essaie de convaincre ses narrataires-personnages (l\u2019auditoire) qu\u2019il avait le contr\u00f4le de cette \u00ab\u00a0chasse \u00e0 la femme\u00a0\u00bb, alors qu\u2019il n\u2019en \u00e9tait rien\u00a0: \u00ab\u00a0Mais on ne me prend pas facilement, moi. Je ne suis pas de ceux qu\u2019on enj\u00f4le avec deux baisers. Enfin j\u2019avais l\u2019\u0153il, quand elle m\u2019annon\u00e7a qu\u2019elle \u00e9tait grosse.\u00a0\u00bb (<em>HV<\/em>, 208) Le chasseur devient proie\u00a0: \u00ab\u00a0Pif! pan! c\u2019est comme si on m\u2019avait tir\u00e9 deux coups de fusil dans la poitrine.\u00a0\u00bb (209) Nous retrouvons de ce fait le double d\u00e9ploiement d\u2019une proie\u00a0: Rose, amoureuse de son ma\u00eetre; M. de Varnetot, victime de l\u2019amour. Ce dernier prendra m\u00eame deux fois la fuite \u00e0 la fin du texte, tel un animal apeur\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019allai passer six mois chez mon fr\u00e8re en Touraine.\u00a0\u00bb (211), et\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c7a commen\u00e7ait \u00e0 m\u2019emb\u00eater, toutes ces histoires; et je filai pour six mois encore.\u00a0\u00bb (212) D\u2019ailleurs, nous retrouvons la pr\u00e9sence de l\u2019animal \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame du verbe \u00ab\u00a0m\u2019emb\u00eater\u00a0\u00bb, signalant l\u2019animalisation du chasseur. Nous pouvons r\u00e9ellement parler d\u2019un changement sentimental dans le r\u00e9cit analeptique puisque le chasseur devenu proie s\u2019est attach\u00e9 \u00e0 sa victime initiale. Et \u00e0 l\u2019inverse, en suivant la parole homodi\u00e9g\u00e9tique, nous d\u00e9couvrons que Rose devient presque chasseresse, pourchassant M.\u00a0de Varnetot apr\u00e8s l\u2019acte marital qui devait stabiliser son statut\u00a0: \u00ab\u00a0Quand je fus de retour, j\u2019appris qu\u2019elle \u00e9tait venue chaque semaine au ch\u00e2teau me demander.\u00a0\u00bb (211) Ce d\u00e9mant\u00e8lement identitaire du narrateur intradi\u00e9g\u00e9tique se d\u00e9voile d\u00e9j\u00e0 par la voix omnisciente qui proc\u00e8de d\u2019un changement de point de vue marquant, de l\u2019auctoriel vers l\u2019actoriel, d\u2019une \u00ab\u00a0fonction de repr\u00e9sentation\u00a0\u00bb (Lintvelt, 2000, 16) \u00e0 une \u00ab\u00a0fonction d\u2019action\u00a0\u00bb (16). En effet, M.\u00a0de Varnetot n\u2019est pas d\u00e9fini comme une figure de l\u2019entre-deux\u00a0: \u00ab\u00a0Alors un vieux noble d\u00e9class\u00e9, tomb\u00e9 dans l\u2019alcool, M.\u00a0de Varnetot, \u00e9leva la voix.\u00a0\u00bb (<em>HV<\/em>, 208) Celui-ci a perdu ce qui pourrait le joindre \u00e0 son auditoire. Une distanciation s\u2019effectue alors, que nous aborderons ult\u00e9rieurement. Nous constatons l\u00e0 un retournement de la situation personnelle de M. de Varnetot, qui, contrairement \u00e0 la parole du groupe de chasseurs, lesquels poursuivent le rite de la chasse dans leur discussion \u00e0 connotation sexuelle, tend plut\u00f4t \u00e0 se faire prendre comme chasseur chass\u00e9, d\u00e9tournant le principe m\u00eame du rite.<\/p>\n<p>\u00a0S\u2019il est un \u00e9v\u00e9nement social, le rite n\u2019emp\u00eache pas que les actes individuels de M.\u00a0de Varnetot ne compl\u00e8tent pas totalement l\u2019esprit collectif du rite, soit la mort de la proie. Ainsi Rose est forc\u00e9e de se marier, mais un relent de ce que nous pressentons comme de l\u2019amour dirige le narrateur intradi\u00e9g\u00e9tique \u00e0 ne se s\u00e9parer d\u2019elle\u00a0qu\u2019\u00e0 moiti\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0je ne pouvais pas la l\u00e2cher comme \u00e7a.\u00a0\u00bb (209) De plus, il \u00ab\u00a0lui [permet] de venir [le] voir de temps en temps\u00a0\u00bb (211). Il va m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 la consoler de ce mariage forc\u00e9. Cette s\u00e9rie d\u2019actes sentimentaux racont\u00e9s nous apparaissent non n\u00e9gligeables parce qu\u2019ils respectent quand m\u00eame la place hi\u00e9rarchique de M.\u00a0de Varnetot par rapport \u00e0 Rose, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils transgressent en douceur le rite, tout en s\u2019y inscrivant. Quand il entame sa premi\u00e8re rencontre avec le fruit de sa semence, le \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb narrant dira\u00a0: \u00ab\u00a0Vous me croirez si vous voulez, mais \u00e7a me fit quelque chose de voir ce mioche. Je crois m\u00eame que je l\u2019embrassai.\u00a0\u00bb (211) Il interpelle son auditoire afin d\u2019affirmer subtilement quelque chose qui semble pour lui incongru\u00a0: l\u2019amour de sa ma\u00eetresse et de son enfant.<\/p>\n<p>Nous en revenons au titre m\u00eame de la nouvelle, qui sugg\u00e8re la v\u00e9racit\u00e9 du conte lui-m\u00eame. Ne nous sugg\u00e8re-t-il pas de le croire en ce qu\u2019il ne se peut, de croire en une parole indirecte encadr\u00e9e par les m\u0153urs? La v\u00e9rit\u00e9 ne se situe pas dans la syntagmatique du r\u00e9cit, mais dans le contenu propre au d\u00e9voiement du rite de la chasse\u00a0: le conte est avant tout un genre \u00e0 port\u00e9e universaliste<a id=\"footnoteref5_wioixu0\" class=\"see-footnote\" title=\" Voir\u00a0: Van Gennep, Arnold. 1929. La formation des l\u00e9gendes, Paris\u00a0: Flammarion. Van Gennep \u00e9crit notamment\u00a0: \u00ab Ainsi, \u00e0 \u00e9tablir des valeurs en mati\u00e8re d\u2019activit\u00e9 litt\u00e9raire, le contre proprement dit vient se placer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la po\u00e9sie m\u00eame. [\u2026] Mais on peut voir que le conte a pr\u00e9cis\u00e9ment pour caract\u00e8re propre d\u2019int\u00e9resser tous les hommes, quels que soient leur pays, leur race, leur d\u00e9veloppement intellectuel, la qualit\u00e9 technique de leur civilisation. \u00bb (19) \" href=\"#footnote5_wioixu0\">[5]<\/a>. Pensons aux nombreuses versions retrouv\u00e9es \u00e0 travers l\u2019Europe des divers \u00ab\u00a0classiques\u00a0\u00bb populaires. Le conte raconte une histoire vraie, mais dans son d\u00e9ploiement paradigmatique. Il s\u2019agit d\u2019une confrontation entre les normes sociales et l\u2019individu. Selon nous, le narrateur extradi\u00e9g\u00e9tique ne porte pas la critique; il laisse la parole d\u00e9tourn\u00e9e du sujet narrant entra\u00eener l\u2019acceptation de l\u2019auditoire \u00e0 interpr\u00e9ter la m\u00e9taphore.<\/p>\n<h2>Pouvons-nous parler d\u2019id\u00e9ologie?<\/h2>\n<p>Karl Marx et Friedrich Engels d\u00e9finissent l\u2019id\u00e9ologie en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0on part des hommes dans leur activit\u00e9 r\u00e9elle; c\u2019est \u00e0 partir de leur processus de vie r\u00e9el que l\u2019on pr\u00e9sente aussi le d\u00e9veloppement des reflets et des \u00e9chos id\u00e9ologiques de ce processus vital.\u00a0\u00bb (Engels et Marx, 1972, 51) En bref, les conditions mat\u00e9rielles de production d\u00e9terminent une id\u00e9ologie; il faut qu\u2019il y ait activit\u00e9. \u00c0 partir du moment o\u00f9 le r\u00e9cit extradi\u00e9g\u00e9tique se d\u00e9ploie sous un sch\u00e8me culturel, la description des actions ne d\u00e9montre plus une quelconque \u00ab\u00a0id\u00e9ologie\u00a0\u00bb narrative qui critiquerait implicitement les personnages, mais rendrait plut\u00f4t compte d\u2019un processus social qui d\u00e9passe le jugement personnel. Guy de Maupassant \u00e9tant Normand, il connaissait probablement les coutumes de sa r\u00e9gion. Il pouvait donc les interpr\u00e9ter telles qu\u2019il les avait per\u00e7ues, avec des d\u00e9tails qui nous semblent, \u00e0 nous lectrices et lecteurs du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, d\u2019une subjectivit\u00e9 flagrante. Il s\u2019agit pour les contemporains que nous sommes de convoquer ce que Wolfgang Iser nomme le <em>r\u00e9pertoire<\/em> afin de r\u00e9duire la distanciation historique qui nous s\u00e9pare de l\u2019\u00e9poque de publication du conte\u00a0: \u00ab\u00a0Le texte, en tant que chose, n\u2019est jamais donn\u00e9 en tant que tel, mais toujours d\u2019une mani\u00e8re d\u00e9termin\u00e9e selon le syst\u00e8me r\u00e9f\u00e9rentiel qui a \u00e9t\u00e9 choisi en vue de sa compr\u00e9hension.\u00a0\u00bb (Iser, 1976, 99) En fait, s\u2019il devait y avoir id\u00e9ologie, nous croyons qu\u2019elle se trouverait de fa\u00e7on plus probante dans la seule action qui a lieu\u00a0: la parole homodi\u00e9g\u00e9tique.<\/p>\n<p>Or, nous mentionnions pr\u00e9c\u00e9demment que le r\u00e9cit intradi\u00e9g\u00e9tique d\u00e9tourne la v\u00e9racit\u00e9 de son langage du point de vue de la syntagmatique afin d\u2019accorder \u00e0 la m\u00e9taphore de la chasse une importance contextuelle qui maintient la coh\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale. C\u2019est finalement par l\u2019analyse que nous arrivons \u00e0 d\u00e9gager la port\u00e9e critique des propos de M.\u00a0de Varnetot. L\u2019activit\u00e9 possiblement \u00ab\u00a0r\u00e9elle\u00a0\u00bb se distancie donc de l\u2019acte v\u00e9ritable camoufl\u00e9 par le lexique employ\u00e9. Le texte manifeste selon nous non pas une id\u00e9ologie, mais une confrontation entre l\u2019individu et le social, une coupure de la pens\u00e9e commune. En effet, la description de M. de Varnetot que donne le narrateur omniscient cr\u00e9e un \u00e9cart consid\u00e9rable entre lui et son auditoire; il est d\u00e9peint comme un homme d\u00e9vast\u00e9 qui ne consomme plus seulement l\u2019alcool de fa\u00e7on festive, mais se retrouve au contraire dans une d\u00e9ch\u00e9ance quotidienne. Le passage de l\u2019auctoriel \u00e0 l\u2019actoriel provoque un blanc s\u00e9mantique \u00e0 combler par l\u2019interpr\u00e9tation; sinon, une disjonction s\u2019installe \u00e9laborant \u00ab\u00a0une distinction entre l\u2019usage linguistique courant et l\u2019usage fictionnel\u00a0\u00bb (320).<\/p>\n<p>En remettant certains termes dans leur contexte initial, nous pouvons lire autrement ce qui au premier abord appara\u00eet ici, par exemple, comme une ironie discursive<a id=\"footnoteref6_xl8kj2h\" class=\"see-footnote\" title=\" Lintvelt \u00e9crit d\u2019ailleurs \u00e0 ce sujet\u00a0: \u00ab M. S\u00e9jour est discr\u00e9dit\u00e9 par le narrateur extradi\u00e9g\u00e9tique, qui le pr\u00e9sente comme \" href=\"#footnote6_xl8kj2h\">[6]<\/a>\u00a0: \u00ab\u00a0<em>un grand diable<\/em> qui \u00e9tait devenu v\u00e9t\u00e9rinaire apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 pour \u00eatre pr\u00eatre\u00a0\u00bb (<em>HV<\/em>, 207; nous soulignons) Le <em>Littr\u00e9<\/em>, dictionnaire du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, n\u2019attribue pas \u00e0 l\u2019expression \u00ab\u00a0grand diable\u00a0\u00bb un sens p\u00e9joratif. Elle signifierait\u00a0: \u00ab\u00a0un homme grand et d\u00e9gingand\u00e9<a id=\"footnoteref7_hbmi8t2\" class=\"see-footnote\" title=\" Littr\u00e9, http:\/\/www.littre.org\/definition\/diable (10 d\u00e9cembre 2014). \" href=\"#footnote7_hbmi8t2\">[7]<\/a>.\u00a0\u00bb Cette expression va dans le sens des descriptions carnavalesques des personnages, puisque ce M.\u00a0S\u00e9jour a une allure grotesque; rappelons que \u00ab\u00a0d\u00e9gingander\u00a0\u00bb se traduit par\u00a0: \u00ab\u00a0Donner un air comme disloqu\u00e9 \u00e0 sa taille, \u00e0 son attitude, \u00e0 sa marche<a id=\"footnoteref8_phtigjc\" class=\"see-footnote\" title=\" Littr\u00e9, http:\/\/www.littre.org\/definition\/d%C3%A9gingander (10 d\u00e9cembre 2014). \" href=\"#footnote8_phtigjc\">[8]<\/a>.\u00a0\u00bb Il a c\u00f4toy\u00e9 aussi bien la spiritualit\u00e9 (le haut) que l\u2019animalit\u00e9 (le bas). Les derni\u00e8res lignes du texte peuvent \u00eatre de m\u00eame mani\u00e8re r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9es. Nous avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9 que le rire, typique du temps festif, introduisait le r\u00e9cit intradi\u00e9g\u00e9tique et le concluait. De ce fait, quand le temps de parole de M.\u00a0de Varnetot tire \u00e0 sa fin, le rire fait \u00e0 nouveau transiter la narration d\u2019un niveau di\u00e9g\u00e9tique \u00e0 un autre. Ses propos sont encore dans l\u2019entre-deux m\u00e9taphorique de l\u2019amour interdit. Ainsi, \u00ab\u00a0c\u2019est moi qui ai fait sa fortune\u00a0\u00bb se d\u00e9finit par un usage qui nous est encore connu, soit\u00a0: \u00ab\u00a0Faire fortune, s\u2019\u00e9lever haut dans les honneurs, les emplois, les richesses<a id=\"footnoteref9_etf14t0\" class=\"see-footnote\" title=\" Littr\u00e9, http:\/\/www.littre.org\/definition\/fortune (10 d\u00e9cembre 2014). \" href=\"#footnote9_etf14t0\">[9]<\/a>.\u00a0\u00bb Mais toujours dans l\u2019esprit m\u00e9taphorique qui gouverne le texte, la fortune est aussi la \u00ab\u00a0divinit\u00e9 qui pr\u00e9sidait aux hasards de la vie repr\u00e9sent\u00e9e sous forme d\u2019une femme<a id=\"footnoteref10_qe9dq7o\" class=\"see-footnote\" title=\" Ibid. \" href=\"#footnote10_qe9dq7o\">[10]<\/a>\u00a0\u00bb. N\u2019est-ce pas en effet Rose qui involontairement retourne la situation de M.\u00a0de Varnetot? Nous comprenons mieux alors les paroles finales de M.\u00a0S\u00e9jour qui peuvent para\u00eetre tr\u00e8s mesquines\u00a0: \u00ab\u00a0Tout ce que vous voudrez, mais des femmes comme \u00e7a, il n\u2019en faut pas.\u00a0\u00bb (212) Rose s\u2019apparente \u00e0 l\u2019inversion non carnavalesque, \u00e0 la d\u00e9stabilisation de l\u2019ordre social pr\u00e9\u00e9tabli, celui qui force le narrateur homodi\u00e9g\u00e9tique \u00e0 d\u00e9tourner la v\u00e9racit\u00e9 de son discours. Selon nous, l\u2019ordre social triomphe<a id=\"footnoteref11_2xw9y0g\" class=\"see-footnote\" title=\" Lintvelt \u00e9crit\u00a0: \u00ab Si dans Histoire vraie, \" href=\"#footnote11_2xw9y0g\">[11]<\/a> r\u00e9ellement. Ce n\u2019est que parce qu\u2019il y a carnavalisation indirecte que la parole amoureuse peut se permettre une entorse, qui reste par ailleurs dans les limites du respectable.<\/p>\n<p>Le texte de Maupassant rend ainsi compte d\u2019une subtilit\u00e9 langagi\u00e8re syntagmatique et paradigmatique, traduisant des ambigu\u00eft\u00e9s discursives, de la parole d\u00e9sirante \u00e0 la parole d\u00e9tourn\u00e9e. L\u2019amour transpara\u00eet alors, au-del\u00e0 des mots. La chasse n\u2019est ainsi qu\u2019un pr\u00e9texte id\u00e9al \u00e0 l\u2019\u00e9panchement narratif du d\u00e9sir, puisqu\u2019elle permet l\u2019effacement des fronti\u00e8res sociales et g\u00e9n\u00e9riques, donc un d\u00e9voilement sentimental et amoureux, tr\u00e8s subversif. La d\u00e9ch\u00e9ance de M.\u00a0de Varnetot est en fait la v\u00e9ritable critique d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 fig\u00e9e d\u2019o\u00f9 sa parole amoureuse ne peut \u00e9merger que distante et m\u00e9taphorique. Le mensonge fait appara\u00eetre une forme de r\u00e9alit\u00e9 plus profonde, soit les diff\u00e9rences marqu\u00e9es des classes sociales repr\u00e9sent\u00e9es dans le r\u00e9cit. Le choix du genre est alors ing\u00e9nieux puisque le conte a toujours accept\u00e9 l\u2019invraisemblance de ces composantes alors que, parall\u00e8lement, il rendait une v\u00e9rit\u00e9 sur les rites et coutumes d\u2019une \u00e9poque. En ce sens, s\u2019il y a histoire vraie dans ce r\u00e9cit, c\u2019est parce qu\u2019ils ne permettent r\u00e9ellement pas de s\u2019exprimer de fa\u00e7on directe sur un quelconque amour entre deux personnes d\u2019ordre hi\u00e9rarchiquement incompatible. Il ne faut donc pas se fier au contenu, mais bien \u00e0 la sublimation du non-dit afin de tirer au clair ce qu\u2019un tel r\u00e9cit peut pr\u00e9senter simultan\u00e9ment de vrai et d\u2019id\u00e9ologique, l\u2019un n\u2019allant pas sans l\u2019autre dans le conte.<\/p>\n<h2>BIBLIOGRAPHIE<\/h2>\n<p>BAKHTINE, Mikka\u00efl. 1970. <em>L\u2019\u0153uvre de Fran\u00e7ois Rabelais et la culture populaire au Moyen \u00c2ge et sous la Renaissance<\/em>. Paris\u00a0: \u00c9ditions Gallimard.<\/p>\n<p>BATAILLE, Georges. 1957. <em>L\u2019\u00e9rotisme<\/em>. Paris\u00a0: \u00c9ditions de Minuit, 306 p.<\/p>\n<p>BENEVENISTE, \u00c9mile. 1966. <em>Probl\u00e8mes de linguistique g\u00e9n\u00e9rale. Tome 1<\/em>. Paris: \u00c9ditions Gallimard, coll. \u00ab\u00a0Tel\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>CNOCKAERT, V\u00e9ronique. 2009. \u00ab\u00a0L\u2019empire de l\u2019ensauvagement\u00a0: <em>Adieu<\/em> de Balzac\u00a0\u00bb. <em>Romantisme<\/em>, n\u00b0145.<\/p>\n<p>DE MAUPASSANT, Guy. 1977. \u00ab\u00a0Histoire vraie\u00a0\u00bb, <em>Contes du jour et de la nuit<\/em>. Paris\u00a0: Flammarion.<\/p>\n<p>ENGELS, Friedrich, Marx, Karl. 1972. <em>L\u2019id\u00e9ologie allemande<\/em>. Paris\u00a0: \u00c9ditions sociales.<\/p>\n<p>ISER, Wolfgang. 1976. <em>L\u2019acte de lecture. Th\u00e9orie de l\u2019effet esth\u00e9tique<\/em>. Bruxelles\u00a0: \u00c9ditions Pierre Mardaga.<\/p>\n<p>LINTVELT, Jaap. 2000. <em>Aspects de la narration. Th\u00e9matique, id\u00e9ologie et identit\u00e9<\/em>. Qu\u00e9bec\u00a0: \u00c9ditions Nota Bene, coll.\u00a0 \u00ab\u00a0Litt\u00e9rature(s)\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>STENDHAL. 1965. <em>De l\u2019amour<\/em>. Paris\u00a0: \u00c9ditions Garnier-Flammarion.<\/p>\n<p><strong>M\u00c9DIAGRAPHIE<\/strong><\/p>\n<p><em>Littr\u00e9<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.littre.org\/\">http:\/\/www.littre.org\/<\/a> (11 d\u00e9cembre 2014).<\/p>\n<p><!--novelty_footnote_list()--><\/p>\n<section class=\"footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed\" data-collapsible-show-label=\"Notes\" data-collapsible-hide-label=\"Notes\">\n<h2>Notes<\/h2>\n<p id=\"footnote1_xng1a28\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref1_xng1a28\">[1]<\/a> De Maupassant, Guy. 1977. \u00ab Histoire vraie \u00bb,<em> Contes du jour et de la nuit<\/em>, Paris\u00a0: Flammarion, p. 207. Toutes les citations tir\u00e9es de ce texte seront d\u00e9sormais suivies entre parenth\u00e8ses de l\u2019abr\u00e9viation <em>HV<\/em> et du num\u00e9ro de page.<\/p>\n<p id=\"footnote2_x8588je\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref2_x8588je\">[2]<\/a> Voir\u00a0: Lintvelt, Jaap. 2000. <em>Aspects de la narration. Th\u00e9matique, id\u00e9ologie et identit\u00e9<\/em>, Qu\u00e9bec\u00a0: \u00c9ditions Nota Bene, coll.\u00a0 \u00ab\u00a0Litt\u00e9rature(s)\u00a0\u00bb, p. 108.<\/p>\n<p id=\"footnote3_a7gsry4\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref3_a7gsry4\">[3]<\/a> Voir : Cnockaert, V\u00e9ronique. \u00ab L\u2019empire de l\u2019ensauvagement\u00a0: <em>Adieu<\/em> de Balzac \u00bb, <em>Romantisme<\/em>, n\u00b0145, p.\u00a042.<\/p>\n<p id=\"footnote4_40z48kd\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref4_40z48kd\">[4]<\/a> Le narrateur dira d\u2019ailleurs\u00a0: \u00ab Pendant plus d\u2019une semaine, elle r\u00e9sista malgr\u00e9 mes raisonnements et mes pri\u00e8res. C\u2019est b\u00eate, les femmes; une fois qu\u2019elles ont l\u2019amour en t\u00eate, elles ne comprennent plus rien. \u00bb (<em>HV<\/em>, 211)<\/p>\n<p id=\"footnote5_wioixu0\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref5_wioixu0\">[5]<\/a> Voir\u00a0: Van Gennep, Arnold. 1929. <em>La formation des l\u00e9gendes<\/em>, Paris\u00a0: Flammarion. Van Gennep \u00e9crit notamment\u00a0: \u00ab Ainsi, \u00e0 \u00e9tablir des valeurs en mati\u00e8re d\u2019activit\u00e9 litt\u00e9raire, le contre proprement dit vient se placer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la po\u00e9sie m\u00eame. [\u2026] Mais on peut voir que le conte a pr\u00e9cis\u00e9ment pour caract\u00e8re propre d\u2019int\u00e9resser tous les hommes, quels que soient leur pays, leur race, leur d\u00e9veloppement intellectuel, la qualit\u00e9 technique de leur civilisation. \u00bb (19)<\/p>\n<p id=\"footnote6_xl8kj2h\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref6_xl8kj2h\">[6]<\/a> Lintvelt \u00e9crit d\u2019ailleurs \u00e0 ce sujet\u00a0: \u00ab M. S\u00e9jour est discr\u00e9dit\u00e9 par le narrateur extradi\u00e9g\u00e9tique, qui le pr\u00e9sente comme \u00ab\u00a0un grand diable qui \u00e9tait devenu v\u00e9t\u00e9rinaire apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 pour \u00eatre pr\u00eatre\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 l\u2019histoire tragique de Rose, M. S\u00e9jour en tire sa conclusion personnelle, \u00ab\u00a0en portant \u00e0 sa bouche un verre d\u2019eau-de-vie\u00a0\u00bb. Par ce ton ironique, le narrateur extradi\u00e9g\u00e9tique se distancie sans doute de M. S\u00e9jour et de M. de Varnetot, laissant transpara\u00eetre son admiration pour l\u2019amour f\u00e9minin, \u00e9prouv\u00e9 par Rose. La noblesse et la bourgeoisie se trouvent donc critiqu\u00e9es implicitement, car Maupassant pr\u00e9f\u00e8re une esth\u00e9tique impersonnelle qui rejette les interventions id\u00e9ologiques ouvertes. Gr\u00e2ce \u00e0 cette technique narrative, le lecteur est stimul\u00e9 \u00e0 interpr\u00e9ter lui-m\u00eame l\u2019id\u00e9ologie, cach\u00e9e en profondeur. \u00bb p. 109.<\/p>\n<p id=\"footnote7_hbmi8t2\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref7_hbmi8t2\">[7]<\/a> <em>Littr\u00e9<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.littre.org\/definition\/diable%20(10\">http:\/\/www.littre.org\/definition\/diable (10<\/a> d\u00e9cembre 2014).<\/p>\n<p id=\"footnote8_phtigjc\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref8_phtigjc\">[8]<\/a> <em>Littr\u00e9<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.littre.org\/definition\/d%C3%A9gingander\">http:\/\/www.littre.org\/definition\/d%C3%A9gingander<\/a> (10 d\u00e9cembre 2014).<\/p>\n<p id=\"footnote9_etf14t0\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref9_etf14t0\">[9]<\/a> <em>Littr\u00e9<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.littre.org\/definition\/fortune%20(10\">http:\/\/www.littre.org\/definition\/fortune (10<\/a> d\u00e9cembre 2014).<\/p>\n<p id=\"footnote10_qe9dq7o\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref10_qe9dq7o\">[10]<\/a> <em>Ibid.<\/em><\/p>\n<p id=\"footnote11_2xw9y0g\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref11_2xw9y0g\">[11]<\/a> Lintvelt \u00e9crit\u00a0: \u00ab Si dans <em>Histoire vraie<\/em>, \u00ab\u00a0l\u2019ordre triomphe\u00a0\u00bb, l\u2019analyse narrative r\u00e9v\u00e8le pourtant que cette injustice est au moins d\u00e9nonc\u00e9 implicitement \u00bb. p. 109.<\/p>\n<\/section>\n<p><!--\/novelty_footnote_list()--><\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Maiorana, Roxane. 2015. \u00ab\u00a0D\u2019Art\u00e9mis \u00e0 Aphrodite\u00a0: une dialectique de la chasse et de l\u2019amour dans \u00ab\u00a0Histoire vraie\u00a0\u00bb de Guy de Maupassant\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Postures<\/em>, Dossier \u00ab\u00a0Discours et po\u00e9tiques de l\u2019amour \u00bb, n\u00b022, En\u00a0ligne &lt;http:\/\/revuepostures.com\/fr\/maiorana-22&gt;<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/maiorana-22.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 maiorana-22.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-880c0df0-3194-4b2e-9a0e-208d249e0418\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/maiorana-22.pdf\">maiorana-22<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/maiorana-22.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-880c0df0-3194-4b2e-9a0e-208d249e0418\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier \u00ab\u00a0Discours et po\u00e9tiques de l\u2019amour \u00bb, n\u00b022 Le d\u00e9sir sexuel et la chasse sont compl\u00e9mentairement ancr\u00e9s dans l\u2019imaginaire collectif du XIXe si\u00e8cle. Stendhal \u00e9crivait exemplairement \u00e0 ce sujet\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 la chasse, trouver une belle et fra\u00eeche paysanne qui fuit dans les bois. Tout le monde conna\u00eet l\u2019amour fond\u00e9 sur ce genre de plaisirs\u00a0\u00bb (Stendhal, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_coblocks_attr":"","_coblocks_dimensions":"","_coblocks_responsive_height":"","_coblocks_accordion_ie_support":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[1134,1252,1256],"tags":[250],"class_list":["post-5572","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","category-discours-et-poetiques-de-lamour","category-poursuivre-larchetype","tag-maiorana-roxane"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5572","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5572"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5572\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8752,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5572\/revisions\/8752"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5572"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5572"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5572"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}