{"id":5573,"date":"2024-06-13T19:48:25","date_gmt":"2024-06-13T19:48:25","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/cette-enfance-que-jai-encore-que-jaurai-toujours\/"},"modified":"2024-09-03T20:14:20","modified_gmt":"2024-09-03T20:14:20","slug":"cette-enfance-que-jai-encore-que-jaurai-toujours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5573","title":{"rendered":"Cette enfance que j\u2019ai encore. Que j\u2019aurai toujours"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6892\">Dossier \u00ab l&rsquo;enfance \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre \u00bb, n\u00b021<\/a><\/h5>\n<p>Cette mani\u00e8re de conjuguer l\u2019enfance au pr\u00e9sent<a id=\"footnoteref1_mdjgd8k\" class=\"see-footnote\" title=\"\u00a0Duras, Marguerite. 1983. Alternatives th\u00e9\u00e2trales, \u00ab Marguerite Duras \u00bb, Bruxelles, Maison du Spectacle, n\u00b0 14, p. 13. cit\u00e9 dans : Blot-Labarr\u00e8re, Christiane. 1992. Marguerite Duras, Paris: Seuil, coll. \u00ab Les contemporains \u00bb, p. 28.\u00a0\" href=\"#footnote1_mdjgd8k\">[1]<\/a>\u00a0nous la donne comme une pr\u00e9sence \u00e0 soi en soi, un \u00ab\u00a0avoir\u00a0\u00bb qui est aussi l\u2019avoir-lieu d\u2019un temps\u00a0perdu retrouv\u00e9\u00a0: avenir de la m\u00e9moire. Duras ne dit pas \u00ab\u00a0cette enfance que j\u2019ai eue\u00a0\u00bb, elle dit l\u2019enfance irr\u00e9ductible au pass\u00e9; inachevable, interminable. En cela elle parle aussi de nous, de notre enfance, de sa texture p\u00e9renne qui fait nos voix, nos corps d\u00e9sirants et souffrants.<\/p>\n<p>Nous avons l\u2019enfance tenace, et dans ce qui s\u2019est oubli\u00e9 ou transfigur\u00e9, quelque chose insiste que Freud appelait, pour en dire l\u2019inalt\u00e9rable, l\u2019infantile. Qu\u2019est-ce dire\u00a0? D\u2019abord la pr\u00e9gnance du principe de plaisir qui cherche au-del\u00e0 de sa satisfaction provisoire ce qui pourrait enfin rejoindre le rien d\u2019o\u00f9 je suis venu\u00a0: se balancer, sauter, \u00eatre port\u00e9, creuser, se cacher, resurgir, \u00eatre berc\u00e9, s\u2019enfouir, ces motions d\u2019enfance ont laiss\u00e9 sur mon corps les traces qui creusent une \u00e9rotique complexe o\u00f9 mon sexe, ma sexuation, trouve sa grammaire et ses noms. \u00c0 la diff\u00e9rence du m\u00e9morable et du souvenir d\u2019enfance, l\u2019infantile d\u00e9signe cette intensit\u00e9 d\u2019investissement, zone d\u2019ombre et de silence qui entoure les souvenirs et en fait saillir les contours (dans les souvenirs-\u00e9crans)\u00a0: revers du m\u00e9morable, non disponible \u00e0 une rem\u00e9moration spontan\u00e9e. On comprend qu\u2019il puisse \u00eatre au service de la cr\u00e9ation des formes et des repr\u00e9sentations, de la sublimation en tant qu\u2019elle cr\u00e9e un objet in\u00e9dit\u2026 \u00e0 retrouver.<\/p>\n<p>L\u2019infantile, dira encore Freud, partage ce caract\u00e8re d\u2019indestructibilit\u00e9 avec tous les actes psychiques inconscients. \u00ab\u00a0Ceux-ci sont des voies fray\u00e9es une fois pour toutes, qui ne sont jamais d\u00e9sert\u00e9es [&#8230;]; il n\u2019y a pour eux d\u2019autre sorte d\u2019an\u00e9antissement que pour les ombres du monde souterrain dans <em>L\u2019Odyss\u00e9e<\/em>, qui s\u2019\u00e9veillent \u00e0 une vie nouvelle d\u00e8s qu\u2019elles ont bu du sang\u00a0\u00bb (2003, 607). Si l\u2019enfance est l\u2019\u00e2ge de la magie et des mythes, c\u2019est aussi celui de la th\u00e9orie, des fureurs et f\u00e9eries qui projettent dans le monde les images du corps\u00a0: l\u2019exploration du sadisme y est ins\u00e9parable du masochisme et de l\u2019angoisse du morcellement. L\u2019infantile comme l\u2019inconscient \u00ab\u00a0a affaire au mal\u00a0\u00bb. Mais c\u2019est d\u2019abord au mal dire et au mal voir que l\u2019enfant se mesure. Devant l\u2019\u00e9nigme de son existence, l\u2019enfant est \u00ab\u00a0un chercheur tromp\u00e9\u00a0\u00bb (Gribinsky, 1987, 15), captiv\u00e9 par la diff\u00e9rence sexuelle dont il aspire \u00e0 trouver la concordance. Mais la pulsion, inconnaissable sauf par ses repr\u00e9sentants et ses repr\u00e9sentations, lui reste inconnue. Ce trou dans le savoir, ce pi\u00e8ge, cette inconnue d\u2019une \u00e9quation qu\u2019il ne saurait \u00e9crire, fait de l\u2019enfant un th\u00e9oricien \u00e9gar\u00e9 dans la construction d\u2019un \u00ab\u00a0rapport sexuel\u00a0\u00bb dont il fera sa croyance. C\u2019est l\u2019avenir de ce savoir qui fait nos recherches \u00e9perdues. \u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas de rapport sexuel\u00a0\u00bb, aura dit Lacan pour rouvrir cette croyance infantile sur la faille incomblable de la diff\u00e9rence des sexes<a id=\"footnoteref2_e845xo0\" class=\"see-footnote\" title=\" Cette formule est d\u00e9ploy\u00e9e entre autres dans La logique du fantasme, s\u00e9ance du 31 mai 1967; D\u2019un discours qui ne serait pas du semblant, s\u00e9ance du 17 f\u00e9vrier 1971. En ligne http:\/\/gaogoa.free.fr\/SeminaireS.htm (Consult\u00e9 le 03 \/ 03 \/ 2015).\" href=\"#footnote2_e845xo0\">[2]<\/a>. Par cette formule, il donne \u00e0 entendre non pas l\u2019absence de relations sexuelles, mais l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019en \u00e9crire le rapport d\u2019application logique. Autrement dit, les fantasmes d\u2019un sexe \u00e0 l\u2019autre ne sont ni r\u00e9ciproques ni compl\u00e9mentaires ni les m\u00eames; ils en passent par le d\u00e9tour de la castration et du signifiant o\u00f9 le corps et sa jouissance sont impliqu\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9garement de l\u2019enfant n\u2019en est pas moins un savoir. Ce que Freud appelle tr\u00e8s t\u00f4t, dans les <em>\u00c9tudes sur l\u2019hyst\u00e9rie<\/em>, le \u00ab\u00a0savoir insu\u00a0\u00bb, est ce savoir dont ne dispose pas le sujet conscient mais qui oriente et d\u00e9termine ses actes et sa jouissance. C\u2019est un savoir en ce que le sujet est conduit malgr\u00e9 tous les d\u00e9tours vers la r\u00e9alisation de son d\u00e9sir inconscient. Ce savoir insu nous vient directement de l\u2019enfance; il est \u00e0 la fois pour chacun de nous le plus intime et le plus \u00e9tranger parce qu&rsquo;il commande, organise nos r\u00e9p\u00e9titions, le retour des jouissances les plus archa\u00efques, notre style, notre confiance ou m\u00e9fiance envers le r\u00e9el. L\u2019acte manqu\u00e9, la compulsion de r\u00e9p\u00e9tition, le retour insistant des objets de d\u00e9sirs apparent\u00e9s nous rappellent \u00e0 son existence.<\/p>\n<p>L\u2019enfant veut savoir, il est taraud\u00e9 par une \u00e9nigme qu\u2019il \u00e9prouve davantage qu\u2019il ne la formule. Cela passe par tous les <em>Pourquoi\u00a0?<\/em> qu\u2019il adresse \u00e0 l\u2019adulte et qui t\u00e9moignent moins d\u2019une avidit\u00e9 de conna\u00eetre la raison des choses, qu\u2019ils ne sont une mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de sa place \u00e0 lui, l\u2019enfant; un \u00ab\u00a0pourquoi est-ce que tu me dis \u00e7a\u00a0?\u00a0\u00bb, un pourquoi sans fond, qui interroge le d\u00e9sir de l\u2019adulte comme cause du monde. Cette \u00e9nigme est celle de son existence\u00a0: D\u2019o\u00f9 est-ce que je viens\u00a0? Qu\u2019est-ce qu\u2019un rapport sexuel de mes parents, quels liens ai-je avec ce rapport ? O\u00f9 \u00e9tais-je avant ce rapport ? Dans quel temps d\u2019avant le temps\u00a0? L\u2019enfant ne veut pas savoir consciemment tout \u00e7a (d\u2019ailleurs aucune r\u00e9ponse si juste soit-elle ne pourra le satisfaire). Parce que ce que l\u2019enfant sait d\u00e9j\u00e0, avant de savoir, c\u2019est qu\u2019il y a un manque \u00e0 savoir, qui le pousse \u00e0 chercher, comme il a pouss\u00e9 hors du monde le n\u00e9ant pr\u00e9c\u00e9dant sa venue.<\/p>\n<p>Devant la demande maternelle qui ouvre un gouffre o\u00f9 l\u2019enfant est appel\u00e9, le corps infantile <em>prend<\/em> sa signification phallique de s\u2019\u00e9prouver \u00eatre ce qui manque \u00e0 la m\u00e8re. L\u2019unit\u00e9 corporelle n\u2019est pas donn\u00e9e d\u2019embl\u00e9e; et l\u2019enfance est aussi ce temps logique, mythique de l\u2019av\u00e8nement d\u2019un corps appr\u00e9hendable parce qu\u2019il est aper\u00e7u comme un autre. Le moi est d\u2019abord corporel. L\u2019image de \u00ab\u00a0moi\u00a0\u00bb surgit dans le miroir <em>avant<\/em> que le corps n\u2019ait trouv\u00e9 sa coordination, et m\u2019accorde une consistance unifi\u00e9e qui couvre et r\u00e9v\u00e8le la violence pulsionnelle o\u00f9 je suis, cherchant mes contours dans les battements d\u2019une pr\u00e9sence\/absence o\u00f9 la M\u00e8re s\u2019envisage.<\/p>\n<p>Et apr\u00e8s? Au bord de cette tentation incestueuse, l\u2019enfant entrevoit enfin ce qui, pour la M\u00e8re, au-del\u00e0 de lui, est le d\u00e9sirable dont il capte les noms. Car la M\u00e8re est d\u2019abord l\u2019enjeu d\u2019une violence effective du r\u00e9el et de mon pouvoir sur lui. Et c\u2019est dans cette puissance ou impuissance \u00e0 l\u2019atteindre, Elle, que je pourrai prendre (boire et manger) les noms de son absence \u00e0 moi qu\u2019elle diss\u00e9mine dans le monde, et qui composent ce que Mich\u00e8le Montrelay appelait si justement \u00ab\u00a0le champ flottant des signifiants\u00a0\u00bb (1977). Ces d\u00e9bris d\u2019Elle sont comme les perles ou les grenouilles, les baumes ou les plaies qui sortent de la bouche des f\u00e9es au dessus des\u00a0 berceaux: ce sont les mat\u00e9riaux premiers du destin qui nomment le d\u00e9sir de celle qui les prononce et me d\u00e9signe du coup le bord de ma disparition. C\u2019est en cela seulement que ces d\u00e9bris \u2014 \u00ab\u00a0noms-du-p\u00e8re\u00a0\u00bb qui pointent au-del\u00e0 d\u2019Elle la part du monde d\u00e9sir\u00e9e-d\u00e9sirable \u2014 tissent le voile couvrant la matrice, la bouche de l\u2019origine qui n\u2019est pas tant organe, qu\u2019entame, d\u00e9sir. Il faudrait bien arriver \u00e0 dire comment ce corps primordial est celui d\u2019une atteinte d\u2019avant moi, que je voudrai \u00e0 mon tour entamer pour savoir que je suis. Corps premier sur lequel s\u2019\u00e9prouvent l\u2019<em>aimer<\/em> et le <em>ha\u00efr<\/em>, comme l\u2019\u00e9crit Freud, o\u00f9 se joue le th\u00e9\u00e2tre de mon acte qui est \u00e0 la fois appropriation et certitude, reconnaissance de la limite dedans\/dehors et de l\u2019existence contre le n\u00e9ant (1988, 182).<\/p>\n<p>Le P\u00e8re est par avance un nom pluriel, conglom\u00e9rat des fragments dont la m\u00e8re d\u00e9sirante constelle mon assomption, et qui dit ma place dans la filiation, mais aussi, par constellation, ma place dans l\u2019\u00e9clatement \u2014 et l\u2019\u00e9clat \u2014 de la jouissance maternelle. Dans cette op\u00e9ration myst\u00e9rieuse o\u00f9 le corps psychique trouve les noms de ce qui voile la b\u00e9ance, le trou, la fille semble devoir abandonner au r\u00e9el la part du corps inconciliable avec ce voile signifiant. Le f\u00e9minin corporel est bien cette part soustraite au signifiant, et rejoint ce qui, dans toute parole, ouvre sur le r\u00e9el. Le f\u00e9minin est cette part sans nom, b\u00e9ant dans le corps de la M\u00e8re; qui n\u2019est pas Elle, mais ce \u00e0 quoi, en Elle, je reste, gar\u00e7on ou fille, livr\u00e9. On comprend peut-\u00eatre, \u00e0 le dire ainsi, comment cette \u00ab\u00a0conversion\u00a0\u00bb de l\u2019identification imaginaire \u2014 identification au manque de la M\u00e8re qui n\u2019est pas manque d\u2019organe mais manque \u00e0 \u00eatre toute-m\u00e8re, trou par o\u00f9 la M\u00e8re fuit \u2014; que cette conversion, donc, qui fait passer l\u2019enfant d\u2019une identification au trou dont il se veut le plein, \u00e0 une identification symbolique, autant dire \u00e0 <em>ce qui<\/em> d\u00e9compl\u00e8te la M\u00e8re, et dont les noms repr\u00e9sentent l\u2019objet de son d\u00e9sir, n\u2019op\u00e8re pas de la m\u00eame mani\u00e8re pour le gar\u00e7on et pour la fille.<\/p>\n<p>Si le patriarcat n\u2019a exist\u00e9 qu\u2019en fonction du f\u00e9minin dont chaque enfant re\u00e7oit la r\u00e9v\u00e9lation traumatique au commencement du monde, sa destitution qui a lib\u00e9r\u00e9 la voie et la voix de cette part de jouissance jusque-l\u00e0 retranch\u00e9e, refoul\u00e9e, n\u2019est pas sans ressusciter l\u2019angoisse qui nous a fait surgir et entrer dans la parole. Angoisse qu\u2019il faut d\u00e9sormais soutenir non plus tant \u00e0 l\u2019encontre d\u2019un patriarcat manifestement neutralis\u00e9, mais \u00e0 l\u2019encontre d\u2019un ressac de la toute-puissance maternelle dont nous sommes les \u00e9ternels endeuill\u00e9s. Car le maternel dont nous avons d\u00fb faire le deuil pour venir \u00e0 la rencontre des noms de son d\u00e9sir ne peut que nous reconduire \u00e0 la tentation de l\u2019inceste comme \u00e0 ce qui nous sauverait du d\u00e9sir et du sexe des femmes. Soutenir l\u2019angoisse du f\u00e9minin, que l\u2019on soit homme ou femme \u2014 et il n\u2019est pas dit que cette angoisse soit moins grande pour une femme \u2014, venir au devant de cet inassignable d\u2019o\u00f9 nous parlons et d\u00e9sirons est sans doute ce qui nous rappelle au plus vif de l\u2019infantile o\u00f9 s\u2019est jou\u00e9 l\u2019\u00e9preuve ind\u00e9passable de notre incompl\u00e9tude. Duras le savait, qui a \u00e9crit\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0L\u2019homme et la femme sont absolument irr\u00e9conciliables et c\u2019est cette tentative impossible qui fait la grandeur de la tentative, sa splendeur et son immensit\u00e9. Et c\u2019est de cela que je serai constamment \u2014 et pour toujours, et que j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9\u00a0 \u2014 inconsolable \u00bb (2014, 54).<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Blot-Labarr\u00e8re, Christiane. 1992. Marguerite Duras, Paris: Seuil, coll. \u00ab Les contemporains \u00bb, 318 p.\u00a0<\/p>\n<p>Duras, Marguerite. 2014 [1981]. <em>Le livre dit. Entretiens de<\/em> Duras filme [1981], Paris\u00a0: Gallimard, 240 p.<\/p>\n<p>Freud, Sigmund. 1988. \u00ab\u00a0Pulsion et destins des pulsions\u00a0\u00bb, <em>\u0152uvres compl\u00e8tes XIII<\/em>.<em> 1914-1915<\/em>, Paris\u00a0: PUF, p. 161-185.<\/p>\n<p>_____. 2003 [1900]. <em>L\u2019Interpr\u00e9tation du r\u00eave<\/em>. Paris\u00a0: PUF, 758 p.<\/p>\n<p>Gribinski, Michel. 1987. \u00ab\u00a0Pr\u00e9face\u00a0\u00bb, S. Freud, <em>Trois essais sur la th\u00e9orie sexuelle<\/em>, Paris\u00a0: Gallimard, 1987, p. 9-20.<\/p>\n<p>Montrelay, Mich\u00e8le. 1977. <em>L\u2019Ombre et le nom. Sur la f\u00e9minit\u00e9<\/em>, Paris\u00a0: Minuit, 164 p.<\/p>\n<p><!--novelty_footnote_list()--><\/p>\n<section class=\"footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed\" data-collapsible-show-label=\"Notes\" data-collapsible-hide-label=\"Notes\">\n<h2>Notes<\/h2>\n<p id=\"footnote1_mdjgd8k\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref1_mdjgd8k\">[1]<\/a> \u00a0Duras, Marguerite. 1983. <em>Alternatives th\u00e9\u00e2trales<\/em>, \u00ab Marguerite Duras \u00bb, Bruxelles, Maison du Spectacle, n\u00b0 14, p. 13. cit\u00e9 dans : Blot-Labarr\u00e8re, Christiane. 1992. <em>Marguerite Duras<\/em>, Paris: Seuil, coll. \u00ab Les contemporains \u00bb, p. 28.\u00a0<\/p>\n<p id=\"footnote2_e845xo0\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref2_e845xo0\">[2]<\/a> Cette formule est d\u00e9ploy\u00e9e entre autres dans <em>La logique du fantasme<\/em>, s\u00e9ance du 31 mai 1967; <em>D\u2019un discours qui ne<\/em> <em>serait pas du semblant<\/em>, s\u00e9ance du 17 f\u00e9vrier 1971. En ligne <a href=\"http:\/\/gaogoa.free.fr\/SeminaireS.htm\">http:\/\/gaogoa.free.fr\/SeminaireS.htm<\/a> (Consult\u00e9 le 03 \/ 03 \/ 2015).<\/p>\n<\/section>\n<p><!--\/novelty_footnote_list()--><\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Cliche, Anne \u00c9laine. 2015. \u00ab Cette enfance que j&rsquo;ai encore. Que j&rsquo;aurai toujours. \u00bb,\u00a0<em>Postures<\/em>, Dossier \u00ab l&rsquo;enfance \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre \u00bb, n\u00b021, En ligne &lt; http:\/\/revuepostures.com\/fr\/articles\/cliche-21 &gt; (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx)<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/cliche-21.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 cliche-21.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-04de9fa5-aa93-428a-9092-6f90710b840f\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/cliche-21.pdf\">cliche-21<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/cliche-21.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-04de9fa5-aa93-428a-9092-6f90710b840f\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier \u00ab l&rsquo;enfance \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre \u00bb, n\u00b021 Cette mani\u00e8re de conjuguer l\u2019enfance au pr\u00e9sent[1]\u00a0nous la donne comme une pr\u00e9sence \u00e0 soi en soi, un \u00ab\u00a0avoir\u00a0\u00bb qui est aussi l\u2019avoir-lieu d\u2019un temps\u00a0perdu retrouv\u00e9\u00a0: avenir de la m\u00e9moire. Duras ne dit pas \u00ab\u00a0cette enfance que j\u2019ai eue\u00a0\u00bb, elle dit l\u2019enfance irr\u00e9ductible au pass\u00e9; inachevable, interminable. 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