{"id":5586,"date":"2024-06-13T19:48:26","date_gmt":"2024-06-13T19:48:26","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/reflechir-les-espaces-critiques-consecration-lectures-et-politique-du-litteraire\/"},"modified":"2024-08-22T18:49:55","modified_gmt":"2024-08-22T18:49:55","slug":"reflechir-les-espaces-critiques-consecration-lectures-et-politique-du-litteraire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5586","title":{"rendered":"R\u00e9fl\u00e9chir les espaces critiques : cons\u00e9cration, lectures et politique du litt\u00e9raire"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6893\">Actes du colloque \u00ab R\u00e9fl\u00e9chir les espaces critiques : cons\u00e9crations, lectures et politique du litt\u00e9raire \u00bb, n\u00b024<\/a><\/h5>\n<blockquote>\n<p>Chaque \u00e9crivain qui na\u00eet ouvre en lui le proc\u00e8s de la litt\u00e9rature.<br \/>\u2013 Roland Barthes,\u00a0<em>Le degr\u00e9 z\u00e9ro de l\u2019\u00e9criture<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 l\u2019occasion de la septi\u00e8me \u00e9dition de son colloque annuel, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0R\u00e9fl\u00e9chir les espaces critiques : cons\u00e9cration, lectures et politique du litt\u00e9raire \u00bb, l\u2019Association \u00e9tudiante des cycles sup\u00e9rieurs en \u00e9tudes litt\u00e9raires de l\u2019UQAM (AECSEL-UQAM) a invit\u00e9 les jeunes chercheuses et les jeunes chercheurs \u00e0 interroger les diff\u00e9rents types d\u2019espaces critiques li\u00e9s \u00e0 la litt\u00e9rature. Ce sont les actes de ce colloque ayant eu lieu le 7 avril 2016 que nous reproduisons ici pour notre 24<sup>e<\/sup> num\u00e9ro.<\/p>\n<h2>M\u00e9canique<\/h2>\n<p>De quelle mani\u00e8re la critique <em>fonctionne<\/em>-t-elle\u00a0? Quels sont ses dispositifs\u00a0? Les textes qui ouvrent le dossier ont pour objet les m\u00e9canismes et strat\u00e9gies de la critique \u2013 celle qui se d\u00e9signe comme telle et celle qui se d\u00e9ploie au sein de textes litt\u00e9raires.<\/p>\n<p>Dans son article, Gabrielle Giasson-Dulude interroge le lieu de n\u00e9gociation entre pens\u00e9e et corps qui se construit au sein de la pratique essayistique. C\u2019est effectivement l\u2019\u00e9tat de pr\u00e9sence de l\u2019essayiste \u00e0 m\u00eame son texte qui, pour Giasson-Dulude, transforme l\u2019\u00e9criture en exp\u00e9rience v\u00e9cue. Cette conception ne manque de faire de l\u2019essai un espace critique singulier et n\u00e9cessaire\u00a0: remettant en cause le morc\u00e8lement des \u00eatres, l\u2019essayiste chercherait \u00e0 renverser le cloisonnement de la pens\u00e9e caract\u00e9risant son \u00e9poque.<\/p>\n<p>Comment s\u2019articulent vrai et beau dans l\u2019\u0153uvre de Musset ? Cette question se trouve au c\u0153ur du texte de Jordan Diaz-Brosseau, qui rel\u00e8ve chez le po\u00e8te et dramaturge fran\u00e7ais l\u2019existence d\u2019une esth\u00e9tique de la vraisemblance. \u00c9tudiant d\u2019abord certains proc\u00e9d\u00e9s rh\u00e9toriques, puis la lecture inductive que cette esth\u00e9tique permet, Diaz-Brosseau montre en quoi l\u2019\u00e9criture de Musset est porteuse d\u2019une valeur critique par sa recherche d\u2019\u00ab\u00a0images sous les mots\u00a0\u00bb et par son int\u00e9gration \u00e0 la m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Val\u00e9rie Savard, quant \u00e0 elle, se penche sur la notion de \u00ab\u00a0formes de vie\u00a0\u00bb. En nous conviant \u00e0 une exploration fine de la place prise par ce concept chez Yves Citton, Nicolas Bourriaud et Richard Rorty, Savard tente de d\u00e9terminer le r\u00f4le des formes de vie dans le cadre sp\u00e9cifique de la critique litt\u00e9raire et artistique. Par la m\u00eame occasion, elle cherche \u00e0 voir les implications de cette notion sur l\u2019\u00e9tude de l\u2019individu et de la soci\u00e9t\u00e9 dans l\u2019\u0153uvre.\u00a0<\/p>\n<h2>Politique<\/h2>\n<p>Le politique se trouve in\u00e9vitablement au c\u0153ur des espaces critiques, \u00e0 travers leurs acteurs et les discours qu\u2019ils produisent, ce que ne manquent pas de souligner certains articles de notre dossier.<\/p>\n<p>Sandrine Bourget-Lapointe s\u2019int\u00e9resse pour sa part aux bio-graphiques (c\u2019est-\u00e0-dire les biographies qui utilisent le m\u00e9dium graphique, soit le roman graphique, la bande dessin\u00e9e ou le zine), et plus particuli\u00e8rement aux bio-graphiques f\u00e9ministes. \u00c0 travers une lecture d\u2019<em>Ainsi soit Benoite Groult<\/em> (Catel Muller), Bourget-Lapointe propose une d\u00e9finition du genre, pour ensuite l\u2019interpr\u00e9ter comme une strat\u00e9gie singuli\u00e8re de transmission de l\u2019histoire f\u00e9ministe.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Camille Toffoli interroge la querelle qui oppose \u00c9ric Marty et Ren\u00e9 de Ceccatty autour de la question de l\u2019antis\u00e9mitisme dans l\u2019\u0153uvre de Jean Genet. Comment ce conflit dissimule-t-il des questions plus larges \u00e0 propos des champs litt\u00e9raire et politique fran\u00e7ais\u00a0? L\u2019auteure montre que la controverse concern\u00e9e r\u00e9v\u00e8le avant tout les implications politiques et id\u00e9ologiques qui sous-tendent l\u2019acte de lecture lui-m\u00eame lorsqu\u2019il touche \u00e0 des questions qui rel\u00e8vent du <em>sens commun<\/em>.<\/p>\n<p>Marie-Pier Tardif se penche finalement sur la question de l\u2019antif\u00e9minisme latent qui impr\u00e8gne les milieux anarchistes de la France r\u00e9volutionnaire. Elle s\u2019attache \u00e0 d\u00e9montrer, par une lecture coll\u00e9e au texte, la mani\u00e8re dont Andr\u00e9 L\u00e9o, dans son roman <em>Marianne<\/em>, parvient \u00e0 mettre en sc\u00e8ne une r\u00e9elle politique de l\u2019amiti\u00e9 et de l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les sexes \u00e0 partir de la transformation du couple h\u00e9t\u00e9rosexuel normatif. \u00a0<\/p>\n<h2>Cons\u00e9cration<\/h2>\n<p>Le dossier se cl\u00f4t sur des textes cernant les ph\u00e9nom\u00e8nes de cons\u00e9cration \u2013 ou au contraire d\u2019occultation \u2013 dont font l\u2019objet les \u0153uvres litt\u00e9raires lorsqu\u2019elles passent par le filtre des espaces critiques.<\/p>\n<p>Soline Asselin nous plonge dans un d\u00e9bat critique \u00e0 propos de la r\u00e9ception internationale d\u2019un ouvrage norv\u00e9gien\u00a0: <em>Min kamp<\/em>, \u00e9crit par le Norv\u00e9gien Karl Ove Knausg\u00e5rd. Chef-d\u2019\u0153uvre ou <em>blockbuster<\/em>\u2009? Depuis la parution des six premiers tomes, entre 2009 et 2011, la question ne cesse d\u2019\u00eatre relanc\u00e9e. Pour y r\u00e9pondre, Asselin analyse un \u00e9ventail de textes publi\u00e9s dans des journaux et revues tant grand public que litt\u00e9raires, provenant de Norv\u00e8ge, d\u2019Angleterre, des \u00c9tats-Unis, de la France et du Qu\u00e9bec.<\/p>\n<p>Amandine Dem\u00eame-Th\u00e9rouin s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019\u00e9tude d\u2019espaces critiques atypiques ayant contribu\u00e9 \u00e0 b\u00e2tir des carri\u00e8res litt\u00e9raires : les salons de l\u2019Ancien R\u00e9gime. Par l\u2019analyse des rituels constitutifs de ces lieux de rencontre, l\u2019auteure montre comment ces derniers ont permis la naissance d\u2019une critique litt\u00e9raire orale, alors qu\u2019ils adoptaient \u00e0 la fois la position de tribunaux litt\u00e9raires et de comit\u00e9s r\u00e9dactionnels. Plus encore, ces salons ont permis aux femmes d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une autorit\u00e9 litt\u00e9raire et culturelle, jusqu\u2019\u00e0 devenir le passage oblig\u00e9 pour quiconque souhaitait une certaine reconnaissance dans le monde des lettres.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1970, le roman <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>, de l\u2019\u00e9crivain guat\u00e9malt\u00e8que Miguel \u00c1ngel Asturias, a vu son statut passer d\u2019h\u00e9ritier \u00e0 fondateur d\u2019une certaine tradition litt\u00e9raire du roman de dictateur. Ce changement radical dans la r\u00e9ception de l\u2019\u0153uvre est attribuable \u00e0 la critique, nous explique Roxane Maionara dans l\u2019article qui cl\u00f4t le dossier. L\u2019auteure met en contexte et explique les causes possibles de cette \u00ab\u00a0refiguration\u00a0\u00bb du roman.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9quipe de\u00a0<em>Postures\u00a0<\/em>remercie chaleureusement les membres des comit\u00e9s de r\u00e9daction et de correction, qui ont travaill\u00e9 b\u00e9n\u00e9volement \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de ce num\u00e9ro. Nous remercions les partenaires financiers qui permettent \u00e0\u00a0<em>Postures\u00a0<\/em>d&rsquo;exister et d\u2019offrir un espace de partage et de diffusion riche et stimulant aux jeunes chercheuses et jeunes chercheurs. Un grand merci \u00e0 Figura, Centre de recherche sur le texte et l&rsquo;imaginaire, \u00e0 l&rsquo;Association Facultaire des \u00c9tudiants en Arts (AFEA), \u00e0 l&rsquo;Association \u00c9tudiante du Module d&rsquo;\u00c9tudes Litt\u00e9raires (AEMEL), \u00e0 l&rsquo;Association \u00c9tudiante des Cycles Sup\u00e9rieurs en \u00c9tudes Litt\u00e9raires (AECSEL).<\/p>\n<p>Enfin,\u00a0<em>Postures\u00a0<\/em>exprime toute sa reconnaissance aux auteur.e.s pour leur travail, ainsi qu&rsquo;\u00e0 Mme Lucie Robert, professeure au D\u00e9partement d&rsquo;\u00e9tudes litt\u00e9raires \u00e0 l&rsquo;UQAM, pour son excellente pr\u00e9face \u00e0 ce num\u00e9ro.<\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Bergeron, \u00c9tienne, Bordeleau-Pitre, \u00c9mile et Savard, Val\u00e9rie. 2016. \u00ab R\u00e9fl\u00e9chir les espaces critiques : cons\u00e9cration, lectures et politique du litt\u00e9raire\u00a0\u00bb, <em>Postures<\/em>, Actes du colloque \u00abR\u00e9fl\u00e9chir les espaces critiques : cons\u00e9cration, lectures et politique du litt\u00e9raire\u00bb, En ligne, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5586 (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx).<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/bergeron-24.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 bergeron-24.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-4d86cfec-9074-475a-94da-a17a7ba4db67\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/bergeron-24.pdf\">bergeron-24<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/bergeron-24.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-4d86cfec-9074-475a-94da-a17a7ba4db67\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Actes du colloque \u00ab R\u00e9fl\u00e9chir les espaces critiques : cons\u00e9crations, lectures et politique du litt\u00e9raire \u00bb, n\u00b024 Chaque \u00e9crivain qui na\u00eet ouvre en lui le proc\u00e8s de la litt\u00e9rature.\u2013 Roland Barthes,\u00a0Le degr\u00e9 z\u00e9ro de l\u2019\u00e9criture \u00c0 l\u2019occasion de la septi\u00e8me \u00e9dition de son colloque annuel, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0R\u00e9fl\u00e9chir les espaces critiques : cons\u00e9cration, lectures et politique [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_coblocks_attr":"","_coblocks_dimensions":"","_coblocks_responsive_height":"","_coblocks_accordion_ie_support":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[1140,1262,1261],"tags":[32,45,333],"class_list":["post-5586","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-avant-propos","category-lectures-et-politique-du-litteraire","category-reflechir-les-espaces-critiques-consecration","tag-bergeron-etienne","tag-bordeleau-pitre-emile","tag-savard-valerie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5586","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5586"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5586\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8671,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5586\/revisions\/8671"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5586"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5586"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5586"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}