{"id":5589,"date":"2024-06-13T19:48:26","date_gmt":"2024-06-13T19:48:26","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/la-refiguration-du-roman-monsieur-le-president-dans-le-champ-de-la-critique-litteraire\/"},"modified":"2024-08-22T18:56:08","modified_gmt":"2024-08-22T18:56:08","slug":"la-refiguration-du-roman-monsieur-le-president-dans-le-champ-de-la-critique-litteraire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5589","title":{"rendered":"La refiguration du roman \u00ab Monsieur le Pr\u00e9sident \u00bb dans le champ de la critique litt\u00e9raire"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6893\">Actes du colloque \u00ab R\u00e9fl\u00e9chir les espaces critiques : cons\u00e9crations, lectures et politique du litt\u00e9raire \u00bb, n\u00b024<\/a><\/h5>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1970, l&rsquo;Am\u00e9rique hispanophone voit sur le march\u00e9 du livre l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;un grand nombre de publications d&rsquo;\u0153uvres litt\u00e9raires traitant du th\u00e8me de la dictature et en particulier de la figure du dictateur<a id=\"footnoteref1_dx6wcba\" class=\"see-footnote\" title=\" Le roman de dictateur et celui de dictature sont d'ailleurs deux genres \u00e0 part enti\u00e8re au sein du corpus hispano-am\u00e9ricain. Le premier fixe la structure narrative sur la figure du dictateur, alors que le deuxi\u00e8me montre les rouages de la violence sous la dictature. Voir \u00e0 ce sujet : \u00ab Litt\u00e9rature hispano-am\u00e9ricaine et violence d'\u00c9tat \u00bb dans \u00c9critures de la r\u00e9clusion, sous la dir. de Isaac Bazi\u00e9 et Carolina Ferrer. Qu\u00e9bec : Presses de l'Universit\u00e9 de Qu\u00e9bec, 2015, pp.\u00a05-25. \" href=\"#footnote1_dx6wcba\">[1]<\/a>, tels <em>El recurso del m\u00e9todo <\/em>d&rsquo;Alejo Carpentier (1974), <em>Yo, el Supremo <\/em>d&rsquo;Augusto Roa Bastos (1974) et <em>El oto\u00f1o del patriarca <\/em>de Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez (1975). Certains critiques litt\u00e9raires commencent alors \u00e0 distinguer les romans fondateurs qui ont trait\u00e9 de dictateur de leurs h\u00e9ritiers. Dans cet article, il s&rsquo;agira de d\u00e9montrer la refiguration, dans le champ de la critique litt\u00e9raire anglophone et hispanophone, du roman <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> (<em>El se\u00f1or Presidente &#8211; <\/em>1946) de l&rsquo;\u00e9crivain guat\u00e9malt\u00e8que Miguel \u00c1ngel Asturias. En effet, ce texte fut, de sa publication en 1946 aux ann\u00e9es 1970, syst\u00e9matiquement compar\u00e9 \u00e0 quelques-uns de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs litt\u00e9raires qui abordaient eux aussi la figure du dictateur, l&rsquo;\u00e9rigeant ainsi en h\u00e9ritier d&rsquo;une certaine tradition litt\u00e9raire. Paradoxalement, dans la critique litt\u00e9raire contemporaine, <em>Monsieur le Pr\u00e9sident <\/em>est plut\u00f4t devenu un texte de r\u00e9f\u00e9rence qui a donn\u00e9 lieu aux romans \u00ab\u00a0classiques\u00a0\u00bb de dictateur des ann\u00e9es 1970.<\/p>\n<p>Cet article tentera donc d\u2019identifier un \u00e9v\u00e9nement qui aurait pu avoir pour cons\u00e9quence d&rsquo;inverser cette tendance, ce rapport de la critique litt\u00e9raire et de ses institutions envers ce roman d\u2019Asturias. Par \u00e9v\u00e9nement, nous d\u00e9sirons signifier, comme le d\u00e9finit Arlette Farge, \u00ab\u00a0un moment, un fragment de r\u00e9alit\u00e9 per\u00e7ue[,] le point focal autour duquel se d\u00e9terminent un avant et un apr\u00e8s. [&#8230;] il cr\u00e9e du temps qui suit son accomplissement, il cr\u00e9e des relations et des interactions, des confrontations ou des ph\u00e9nom\u00e8nes de consentement, il cr\u00e9e du langage, du discours \u00bb (Farge, 2002, 2). Dans le cas qui nous int\u00e9resse, ce sont les r\u00e9v\u00e9lations de \u00ab\u00a0m\u00e9canismes jusque-l\u00e0 invisibles \u00bb (2) qui permettent l&rsquo;\u00e9laboration de cet \u00e9v\u00e9nement. Comment rendre compte alors de quelque chose qui n&rsquo;est pas arriv\u00e9?<\/p>\n<p>Dans le cas de la refiguration de <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> au sein du champ de la critique litt\u00e9raire, la th\u00e8se de Raymond Joseph Gonzales, intitul\u00e9e <em>The latin american dictator in the novel<\/em> (1971), illustre clairement ce tournant critique initi\u00e9 dans les ann\u00e9es 1970. Certes s&rsquo;il souligne, dans son chapitre consacr\u00e9 \u00e0 <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>, certains points communs qu\u2019Asturias partage notamment avec Agust\u00edn Y\u00e1\u00f1ez et Alejo Carpentier, Gonzales d\u00e9gage surtout l&rsquo;influence d&rsquo;Asturias sur Carlos Fuentes, Mario Vargas Llosa, Augusto Roa Bastos, Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez et d&rsquo;autres jeunes auteurs<a id=\"footnoteref2_8uo2z0y\" class=\"see-footnote\" title=\" \u00ab This literary tendency that he shared with Agust\u00edn Y\u00e1\u00f1ez and Alejo Carpentier has had a tremendous influence on such younger writers as Carlos Fuentes, Mario Vargas Llosa, Augusto Roa Bastos, Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez, and a host of other Latin Americans. \u00bb (Gonzales, 1971, 163) \" href=\"#footnote2_8uo2z0y\">[2]<\/a>. En reprenant les propos de Juan Liscano<a id=\"footnoteref3_n27syra\" class=\"see-footnote\" title=\" \u00a0Juan Liscano est un critique litt\u00e9raire, un essayiste et un \u00e9crivain v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien tr\u00e8s connu dans le milieu litt\u00e9raire hispanophone. \" href=\"#footnote3_n27syra\">[3]<\/a>, Gonzales \u00e9crit que <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> est le plus important roman de tous ceux qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits sur le th\u00e8me de la dictature dans l&rsquo;Am\u00e9rique hispanophone<a id=\"footnoteref4_qz6wabp\" class=\"see-footnote\" title=\" \u00a0Nous traduisons directement de l'espagnol : \u00ab El se\u00f1or Presidente... es la m\u00e1s importante novela de todas las que se han escrito sobre el tema de la dictadura en Am\u00e9rica Hispana. \u00bb (121) \" href=\"#footnote4_qz6wabp\">[4]<\/a>. Gonzales accorde ainsi une plus grande importance \u00e0 l&rsquo;influence de <em>Monsieur le Pr\u00e9sident <\/em>sur les romans de dictateur des ann\u00e9es 1970 qu&rsquo;\u00e0 celle de <em>Tirano Banderas<\/em>, roman culte de dictature \u00e9crit en 1926 par Valle-Incl\u00e1n. Par le biais de cette th\u00e8se donc, Gonzales assure ainsi \u00e0 Asturias une place de choix dans l&rsquo;histoire litt\u00e9raire hispano-am\u00e9ricaine, que l&rsquo;auteur conserve encore dans les anthologies contemporaines, comme il le sera d\u00e9montr\u00e9 plus loin. Dans cet article, la th\u00e8se de Gonzales sera analys\u00e9e \u00e0 partir de ce qui la pr\u00e9c\u00e8de, soit l&rsquo;\u00e9chec du Prix Nobel re\u00e7u par Asturias en 1967, et de ce qui lui succ\u00e8de, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;int\u00e9gration institutionnelle de <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>, afin de montrer le processus de refiguration de ce dernier dans le champ de la critique litt\u00e9raire.<\/p>\n<h2>L&rsquo;\u00e9chec du Prix Nobel<\/h2>\n<p><em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>, premier roman d&rsquo;Asturias, para\u00eet en 1946 apr\u00e8s dix ans de r\u00e9\u00e9criture et d&rsquo;ajouts (de 1923 \u00e0 1933). Pendant cette d\u00e9cennie, Asturias part \u00e9tudier \u00e0 Paris. \u00c0 son retour en Am\u00e9rique centrale, le dictateur Jorge Ubico s\u00e9vit au Guatemala. De par ses implications politiques, le manuscrit de <em>Monsieur le Pr\u00e9sident <\/em>ne pourra pas \u00eatre rapport\u00e9 par Asturias, ce qui aura pour cons\u00e9quence d&rsquo;en retarder la publication<a id=\"footnoteref5_o42sqwe\" class=\"see-footnote\" title=\" \u00a0Voir le site des Prix Nobel : http:\/\/www.nobelprize.org\/nobel_prizes\/literature\/laureates\/1967\/asturia... [En ligne] (consult\u00e9 le 9 ao\u00fbt 2016). \" href=\"#footnote5_o42sqwe\">[5]<\/a>. Ce n&rsquo;est que deux ans apr\u00e8s la mort d\u2019Ubico qu&rsquo;Asturias, gr\u00e2ce \u00e0 ses fonctions d&rsquo;attach\u00e9 culturel au Mexique, parvient \u00e0 faire publier son roman dans ce m\u00eame pays. Largement compar\u00e9 au roman <em>Tirano Banderas<\/em>, <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> suscite l\u2019admiration de la part des critiques litt\u00e9raires pour son style d&rsquo;\u00e9criture tr\u00e8s particulier. Juan Liscano, auteur de l&rsquo;article intitul\u00e9 \u00ab\u00a0De Valle-Incl\u00e1n \u00e0 Miguel \u00c1ngel Asturias \u00bb publi\u00e9 dans la revue <em>Europe<\/em> (1958), revient sur la transition d&rsquo;\u00e9criture op\u00e9r\u00e9e dans <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>. Pour lui, la distinction entre les deux romans est tr\u00e8s nette m\u00eame si l&rsquo;influence de Valle-Incl\u00e1n n&rsquo;est pas \u00e0 nier. Il \u00e9crit au sujet du roman d&rsquo;Asturias : \u00ab\u00a0Il faudra attendre quelques ann\u00e9es pour lire le roman qui traduira fid\u00e8lement les influences de Valle-Incl\u00e1n et en m\u00eame temps les sublimera jusqu&rsquo;\u00e0 d\u00e9passer l&rsquo;original<a id=\"footnoteref6_syfqjti\" class=\"see-footnote\" title=\" Dans un autre article, Liscano \u00e9crit, toujours \u00e0 propos de Monsieur le Pr\u00e9sident : \u00ab C'est un livre qui co\u00efncide avec les proc\u00e9d\u00e9s litt\u00e9raires de Valle Incl\u00e1n, mais qui atteint une pl\u00e9nitude artistique, une puissance de r\u00e9alisation et une expressivit\u00e9 qui lui sont propre. \u00bb Nous traduisons : \u00ab Es un libro que coincide con los procedimientos literarios de Valle Incl\u00e1n, pero que alcanza una plenitud art\u00edstica, un poder de realizaci\u00f3n y una expresividad propios. \u00bb (Liscano, 1958, 71) \" href=\"#footnote6_syfqjti\">[6]<\/a>. \u00bb (183) Malgr\u00e9 ce \u00ab\u00a0d\u00e9passement \u00bb litt\u00e9raire, <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> ne s&rsquo;extirpe pas de l&rsquo;influence de <em>Tirano Banderas<\/em> que la critique litt\u00e9raire veut bien lui pr\u00eater. C&rsquo;est l\u00e0 un point majeur de l&rsquo;avanc\u00e9e de la th\u00e8se de Gonzales qui souligne, au contraire de Liscano, que le travail d&rsquo;Asturias \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 bien entam\u00e9 quand Valle-Incl\u00e1n publia son roman en 1926 (Gonzales, 1971, 164), accordant ainsi une plus grande cr\u00e9dibilit\u00e9 au style d&rsquo;\u00e9criture de <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>, plus autonome que ce qu&rsquo;aurait pens\u00e9 de prime abord toute une partie de la critique litt\u00e9raire.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 qu&rsquo;elles lui aient valu un Prix Nobel en 1967, vingt-et-un ans apr\u00e8s la premi\u00e8re publication en espagnol de <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>, les \u0153uvres d&rsquo;Asturias ne se d\u00e9tachent pas d&rsquo;analyses comparatives li\u00e9es \u00e0 une certaine \u00ab tradition litt\u00e9raire \u00bb du roman de dictateur. Par exemple, dans la deuxi\u00e8me \u00e9dition de l&rsquo;ouvrage <em>Histoire de la litt\u00e9rature espagnole et hispano-am\u00e9ricaine <\/em><a id=\"footnoteref7_0s8mk47\" class=\"see-footnote\" title=\" Nous traduisons de l'espagnol : Historia de la literatura espa\u00f1ola e hispanoamericana. \" href=\"#footnote7_0s8mk47\">[7]<\/a> (1968 [1966]), Emiliano Diez-Echarri et Jos\u00e9 Maria Roca Franquesa \u00e9crivent qu&rsquo;Asturias n&rsquo;est pas seulement le meilleur romancier de son pays, mais un des plus remarquables d&rsquo;Am\u00e9rique<a id=\"footnoteref8_9l7oa3a\" class=\"see-footnote\" title=\" Nous traduisons de l'espagnol : \u00ab Miguel \u00c1ngel Asturias no es s\u00f3lo el mejor novelista de su pa\u00eds, sino uno de los m\u00e1s destacados de Am\u00e9rica. \u00bb (Diez-Echarri, 1968, 1449) \" href=\"#footnote8_9l7oa3a\">[8]<\/a>. Cependant, une section assez restreinte est allou\u00e9e au roman <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>, lequel est notamment d\u00e9crit dans son rapport \u00e0 Valle-Incl\u00e1n et \u00e0 Rafael Ar\u00e9valo Mart\u00ednez. Ce dernier publie en 1945 <em>Ecce Pericles<\/em><a id=\"footnoteref9_b4qqxh0\" class=\"see-footnote\" title=\" Il est d'ailleurs, selon nous, un peu anachronique de consid\u00e9rer Ecce Pericles, du Guat\u00e9malt\u00e8que Ar\u00e9valo Mart\u00ednez, comme un texte ayant un quelconque lien avec Monsieur le Pr\u00e9sident, sachant qu'Asturias finit d'\u00e9crire son propre roman en 1933. \" href=\"#footnote9_b4qqxh0\">[9]<\/a>, une forme de biographie du dictateur Manuel Estrada Cabrera, repris, sans jamais \u00eatre nomm\u00e9, comme figure de dictateur dans <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>.<\/p>\n<p>Par contre, du c\u00f4t\u00e9 anglophone, Thomas E. Lyon \u00e9crira, dans un article intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Miguel \u00c1ngel Asturias : Timeless fantasy : The 1967 Nobel Prize for literature \u00bb (1968), qu&rsquo;Asturias est plus connu en Europe que dans son Am\u00e9rique natale, que son travail a largement \u00e9t\u00e9 traduit et lu \u00e0 travers le monde alors que sa patrie ignorait tout de lui fn] Nous traduisons : \u00ab [Asturias] is better known in Europe than on his native American continent. His works have been liberally translated and read abroad while his homeland has all but ignored him. \u00bb (Lyon, 1968, 186) (186). Il va jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9ciser qu&rsquo;Asturias \u00ab reste [\u00e0 cette \u00e9poque] un c\u00e9l\u00e8bre auteur inconnu<a id=\"footnoteref10_d5dxsie\" class=\"see-footnote\" title=\" Nous traduisons : \u00ab [Asturias] remains a famous unknown author. \u00bb (183) \" href=\"#footnote10_d5dxsie\">[10]<\/a>\u00a0\u00bb (183).\u00a0<\/p>\n<p>Robert G. Mead, dans \u00ab Miguel \u00c1ngel Asturias and the Nobel Prize \u00bb (1968), explique la situation litt\u00e9raire internationale d&rsquo;Asturias par rapport \u00e0 celle de Gabriela Mistral, premi\u00e8re r\u00e9cipiendaire du Prix Nobel pour l&rsquo;Am\u00e9rique hispanophone, en 1945. En effet, les deux semblent, selon ses dires, avoir \u00e9prouv\u00e9 de grandes difficult\u00e9s \u00e0 obtenir une certaine reconnaissance par la critique litt\u00e9raire. Cependant, pour Gabriela Mistral, ceci serait attribuable au fait que les syst\u00e8mes de communication \u00e9taient largement inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux de l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;Asturias<a id=\"footnoteref11_33m2lkd\" class=\"see-footnote\" title=\" Mead \u00e9crit : \u00ab Miguel \u00c1ngel Asturias appears upon the world literary horizon twenty-two years after Gabriela Mistral, at a time when communications are wider, quicker, and more effective, and reputations built more readily if not more solidly. \u00bb (Mead, 1968, 327) \" href=\"#footnote11_33m2lkd\">[11]<\/a>. Par ailleurs, les travaux actuels sur les Prix Nobel d\u00e9montrent que la reconnaissance li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;obtention de ce prestigieux prix n&rsquo;est pas au rendez-vous pour bien d&rsquo;autres auteurs r\u00e9cipiendaires. Dans \u00ab Le prix Nobel de litt\u00e9rature \u00e0 l&rsquo;\u00e8re du num\u00e9rique\u00a0\u00bb (2012), Carolina Ferrer observe \u00e0 l&rsquo;aide de la base de donn\u00e9es MLAIB que bien des auteurs nob\u00e9lis\u00e9s n&rsquo;obtiennent pas, ni avant ni apr\u00e8s leur Prix Nobel, une quelconque attention. Ce sont plut\u00f4t des \u00e9v\u00e9nements importants concernant l&rsquo;auteur ou l\u2019une de ses \u0153uvres qui permettent aux r\u00e9cipiendaires de faire l&rsquo;objet d&rsquo;un article, d&rsquo;une th\u00e8se ou simplement d&rsquo;une citation :<\/p>\n<blockquote>\n<p>Dans la plupart des cas, une augmentation dans le nombre de publications critiques est le r\u00e9sultat d&rsquo;un anniversaire, de naissance, de d\u00e9c\u00e8s ou de la publication d&rsquo;une premi\u00e8re \u00e9dition d&rsquo;un texte. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;augmentation d&rsquo;activit\u00e9 critique autour de l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;un auteur ni avant ni apr\u00e8s du [sic] couronnement par l&rsquo;Acad\u00e9mie su\u00e9doise. (32)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mais pour Mead en 1968, si Asturias n&rsquo;a pas joui d&rsquo;une certaine estime de la critique comme un auteur digne du Prix Nobel le devrait normalement<a id=\"footnoteref12_weaup80\" class=\"see-footnote\" title=\" Nous traduisons : \u00ab [Asturias] has not been enjoying the critical esteem which a writer worthy of the Nobel Prize might reasonably expect. \u00bb (Idem.) \" href=\"#footnote12_weaup80\">[12]<\/a>, ce serait d\u00fb entre autres \u00e0 des lacunes acad\u00e9miques au sein m\u00eame des universit\u00e9s : \u00ab\u00a0[&#8230;] in the fact that in the programs of most of our college Spanish majors, courses in Spanish American literature form a small minority of the total courses in Hispanic literature. \u00bb (Mead, 1968, 327) Quand il effectue un travail de recensement des \u00e9crits critiques sur Asturias, Mead n&rsquo;en donne que six<a id=\"footnoteref13_qzarsr0\" class=\"see-footnote\" title=\" \u00a0Aujourd'hui, gr\u00e2ce aux bases de donn\u00e9es, nous en recensons beaucoup plus dans la d\u00e9cennie o\u00f9 \u00e9crit Mead. Cela d\u00e9montre bien aussi les difficult\u00e9s de circulation v\u00e9cues par la critique litt\u00e9raire de cette \u00e9poque. \" href=\"#footnote13_qzarsr0\">[13]<\/a>, dont deux articles seulement qui traitent particuli\u00e8rement du roman <em>Monsieur le Pr\u00e9sident\u00a0<\/em>: l&rsquo;un paru en 1961 (\u00ab Observations on <em>El se<\/em><em>\u00f1<\/em><em>or Presidente<\/em> \u00bb)\u00a0 et l&rsquo;autre en 1967 (\u00ab\u00a0Babylonian Mythology in <em>El se<\/em><em>\u00f1<\/em><em>or Presidente<\/em> \u00bb), tous les deux publi\u00e9s dans la revue <em>Hispania<\/em>.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ici que la position de Gonzales diff\u00e8re largement de celles de Mead et de Lyon quant \u00e0 la difficile r\u00e9ception critique d&rsquo;Asturias. Selon lui, l&rsquo;auteur guat\u00e9malt\u00e8que \u00ab \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 bien connu \u00bb (Gonzales, 1971, 165) dans son pays natal bien avant 1967, alors qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;inverse, le reste de l&rsquo;Am\u00e9rique hispanophone avait du mal \u00e0 se procurer ses \u0153uvres. Reprenant une id\u00e9e de la th\u00e8se <em>Miguel \u00c1ngel Asturias : escritor comprometido<\/em> (Donahue, 1965), Gonzales signale, \u00e0 propos de<em> Monsieur le Pr\u00e9sident,<\/em> qu&rsquo; \u00ab une des raisons de son manque d&rsquo;impact sur le reste de l&rsquo;Am\u00e9rique latine \u00e9tait d\u00fb ironiquement aux r\u00e8gnes de terreur despotique qui existaient dans bon nombre de r\u00e9publiques latino-am\u00e9ricaines<a id=\"footnoteref14_fz9itb7\" class=\"see-footnote\" title=\" Nous traduisons : \u00ab One reason for its lack of impact on the rest of Latin America was due ironically to the fact that a reign of despotic terror existed in a significant number of Latin American republics. \u00bb (Gonzales, 1971, 165) \" href=\"#footnote14_fz9itb7\">[14]<\/a>\u00a0\u00bb (Gonzales, 1971, 165). Ces deux positions en viennent en somme \u00e0 se compl\u00e9ter puisque, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, il semble y avoir des lacunes dans le milieu universitaire anglophone quant \u00e0 l&rsquo;enseignement m\u00eame des \u00ab\u00a0Classiques \u00bb, alors que de l&rsquo;autre il y a bien un probl\u00e8me de circulation des \u00e9crits dans les pays hispanophones sous l&#8217;emprise des dictatures.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin des ann\u00e9es 1960 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, les critiques litt\u00e9raires semblent se rendre compte de la double voie qu&#8217;emprunte la canonisation d&rsquo;Asturias. D&rsquo;une part, cette derni\u00e8re est \u00ab\u00a0internationale \u00bb (de fa\u00e7on symbolique) gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;obtention du Prix Nobel; de l&rsquo;autre, elle est l&rsquo;objet de questionnements dans les revues de critique litt\u00e9raire de l&rsquo;\u00e9poque quant \u00e0 l&rsquo;absence r\u00e9elle, pragmatique, d&rsquo;Asturias en tant qu&rsquo;\u00e9crivain de r\u00e9f\u00e9rence dans les recherches et ouvrages contemporains des ann\u00e9es 1960-1970. Pour d\u00e9montrer nos propos, nous nous sommes tourn\u00e9s vers des anthologies, dont celle de litt\u00e9rature latino-am\u00e9ricaine contemporaine \u00e9dit\u00e9e en 1969 par Jos\u00e9 Donoso, auteur du roman <em>L&rsquo;obsc\u00e8ne oiseau de la nuit<\/em> et critique litt\u00e9raire hispano-am\u00e9ricain reconnu, en collaboration avec William A. Henkin. En effet, il ne s\u2019y trouve qu&rsquo;un extrait tir\u00e9 de l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Asturias, et il ne provient pas de <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>. De plus, l&rsquo;anthologie, de par son titre m\u00eame, inscrit Asturias dans la jeune g\u00e9n\u00e9ration d&rsquo;\u00e9crivains, alors que nous pouvons consid\u00e9rer qu&rsquo;il n&rsquo;en fait plus partie apr\u00e8s sa nob\u00e9lisation.<\/p>\n<h2>Tournant critique et post\u00e9rit\u00e9<\/h2>\n<p>De prime abord, la th\u00e8se de Gonzales semble tout simplement correspondre, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, au tournant du champ de la critique qu&rsquo;il d\u00e9crit lui-m\u00eame dans son propre travail comme le constat que \u00ab\u00a0l&rsquo;influence de <em>Tirano Banderas<\/em> de Valle-Incl\u00e1n et de <em>El se\u00f1or Presidente<\/em> d&rsquo;Asturias est devenue plus apparente dans les derni\u00e8res ann\u00e9es<a id=\"footnoteref15_cka6dnw\" class=\"see-footnote\" title=\" Nous traduisons : \u00ab [...] the influence of Valle-Incl\u00e1n's Tirano Banderas and El se\u00f1or Presidente by Asturias is becoming more apparent in recent years. \u00bb (Gonzales, 1971, 124) \" href=\"#footnote15_cka6dnw\">[15]<\/a>\u00a0\u00bb (Gonzales, 1971, 124). Or, il ne s&rsquo;agit pas justement d&rsquo;une th\u00e8se parmi d&rsquo;autres \u00e9crites \u00e0 cette \u00e9poque, il ne s&rsquo;agit pas non plus d&rsquo;une simple analyse stylistique qui rapprocherait <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> de <em>Tirano Banderas<\/em> et de leurs h\u00e9ritiers; il s&rsquo;agit plut\u00f4t de sugg\u00e9rer une refiguration de l&rsquo;importance du roman guat\u00e9malt\u00e8que de 1946 pour la critique litt\u00e9raire. Quand en 1971 Gonzales \u00e9crit d&rsquo;Asturias que ce dernier \u00ab avait acquis une grande notori\u00e9t\u00e9 bien avant de gagner le prix convoit\u00e9, principalement \u00e0 cause de l&rsquo;attrait universel de son travail\u00a0\u00bb <a id=\"footnoteref16_py1c31x\" class=\"see-footnote\" title=\" Nous traduisons : \u00ab [Asturias] had acquired a great deal of fame prior to the winning of the coveted prize, largely because of the universal appeal of his works. \u00bb (158) \" href=\"#footnote16_py1c31x\">[16]<\/a> (158), il d\u00e9place tout un pan de la r\u00e9ception critique qui jusque-l\u00e0, comme nous l&rsquo;avons mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, divergeait quant aux impacts du Prix Nobel sur la carri\u00e8re d&rsquo;Asturias. Ses propos \u00e9logieux sur <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>, \u00ab son travail le plus important \u00bb <a id=\"footnoteref17_iyx1nxi\" class=\"see-footnote\" title=\" Nous traduisons : \u00ab his most significant work \u00bb (160) \" href=\"#footnote17_iyx1nxi\">[17]<\/a> (160) selon lui, aboutissent ainsi \u00e0 transformer, voire \u00e0 inverser, la tendance de la critique \u00e0 omettre l&rsquo;importance d&rsquo;Asturias qui pr\u00e9c\u00e9dait la publication de cette th\u00e8se. Gonzales fait de ce roman l&rsquo;\u0153uvre la plus marquante de l&rsquo;auteur guat\u00e9malt\u00e8que, laquelle poss\u00e8de, selon ses recherches, une double port\u00e9e dans le champ de la r\u00e9ception critique et litt\u00e9raire : \u00ab <em>El se<\/em><em>\u00f1<\/em><em>or Presidente<\/em> est \u00e9videmment le plus important roman d&rsquo;Asturias, pas seulement du point de vue de sa renomm\u00e9e internationale, mais aussi \u00e0 cause de son influence sur les autres romanciers de l&rsquo;Am\u00e9rique latine<a id=\"footnoteref18_7ehb5fk\" class=\"see-footnote\" title=\" Nous traduisons : \u00ab El se\u00f1or Presidente is, of course, Asturias' most important novel, not only from the standpoint of its international acclaim but also because of its influence on the other novelists of Latin America. \u00bb (162) \" href=\"#footnote18_7ehb5fk\">[18]<\/a>.\u00a0\u00bb (162)<\/p>\n<h2>De l&rsquo;ombre \u00e0 la reconnaissance : l&rsquo;\u00e9crivain<\/h2>\n<p>Comme l&rsquo;\u00e9crit Farge dans son article \u00ab Penser et d\u00e9finir l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement en histoire. Approche des situations et des acteurs sociaux \u00bb, l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement a une post\u00e9rit\u00e9, laquelle se construit par la production de niveaux discours. Apr\u00e8s Gonzales, plusieurs autres litt\u00e9raires vont donner une position plus importante \u00e0 Asturias et \u00e0 <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> dans l&rsquo;histoire litt\u00e9raire hispano-am\u00e9ricaine. Nous prendrons l&rsquo;exemple de Jos\u00e9 Donoso, qui avait ins\u00e9r\u00e9 Asturias dans son anthologie de litt\u00e9rature hispano-am\u00e9ricaine contemporaine en 1969. En 1972, Donoso r\u00e9habilite l&rsquo;\u00e9crivain guat\u00e9malt\u00e8que dans la cour des \u00ab Grands \u00bb dans son ouvrage tr\u00e8s connu <em>Histoire personnelle du \u00ab Boom \u00bb<\/em> <a id=\"footnoteref19_ohhrrhm\" class=\"see-footnote\" title=\" Historia personnal del \u00ab Boom \u00bb\" href=\"#footnote19_ohhrrhm\">[19]<\/a> o\u00f9 Asturias devient une sorte d&rsquo;autorit\u00e9 litt\u00e9raire. Il distingue clairement la jeune g\u00e9n\u00e9ration d&rsquo;auteurs et les \u00ab\u00a0Anciens \u00bb (dont fait partie d\u00e9sormais tr\u00e8s explicitement Asturias) <a id=\"footnoteref20_ww9bkzd\" class=\"see-footnote\" title=\" Donoso \u00e9crit: \u00ab I want to add here that it was not that the critics did not suggest European father to us. Instead, as is natural, they dedicated themselves primarily to authors who although in most cases their merit could not be denied, were too distant from the esthetic preoccupations of the youth at that time : Eduardo Mallea, Germ\u00e1n Arciniegas, Agust\u00ednY\u00e1\u00f1ez, Miguel Angel Asturias, Ciro Alegr\u00eda, Arturo Uslar Pietri. \u00bb (Donoso, 1972, 20) \" href=\"#footnote20_ww9bkzd\">[20]<\/a>, ces derniers dont il avouera qu&rsquo;ils \u00ab\u00a0\u00e9taient traduits dans plusieurs langues \u00e0 leur \u00e9poque, mais [que leurs \u0153uvres] avaient une circulation limit\u00e9e<a id=\"footnoteref21_cp1ldmc\" class=\"see-footnote\" title=\" Nous traduisons: \u00ab [They] were translated into some other languages in their time, but they obtained a very limited circulation. \u00bb (Donoso, 1972, 21) \" href=\"#footnote21_cp1ldmc\">[21]<\/a>\u00a0\u00bb (Donoso, 1972, 21). C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce qu&rsquo;avait d\u00e9j\u00e0 constat\u00e9 Mead en 1968 dans son article \u00ab Miguel \u00c1ngel Asturias and the Nobel Prize \u00bb. Or, \u00ab\u00a0la \u00ab\u00a0popularit\u00e9\u00a0\u00bb du roman hispano-am\u00e9ricain contemporain \u00e9tait largement caus\u00e9e par l&rsquo;efficacit\u00e9 des m\u00e9canismes de publicit\u00e9 que les maisons d&rsquo;\u00e9dition avaient mis en place dans le but de lancer les livres qu&rsquo;elles \u00e9taient pr\u00eates \u00e0 vendre \u00bb <a id=\"footnoteref22_qaknfrp\" class=\"see-footnote\" title=\" Nous traduisons: \u00ab The \" href=\"#footnote22_qaknfrp\">[22]<\/a> (69). Pour Donoso<a id=\"footnoteref23_ay1o688\" class=\"see-footnote\" title=\" D'ailleurs, pour parler d'Asturias, Donoso utilise l'expression \u00ab by the authority of Miguel \u00c1ngel Asturias \u00bb (69). \" href=\"#footnote23_ay1o688\">[23]<\/a>, c&rsquo;est cette diff\u00e9rence flagrante de mise en march\u00e9 de la litt\u00e9rature hispano-am\u00e9ricaine qui permet la nette distinction entre les deux g\u00e9n\u00e9rations. Nous d\u00e9couvrons alors que pour refigurer <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>, la critique litt\u00e9raire s&rsquo;est d&rsquo;abord pench\u00e9e sur la figure m\u00eame de l&rsquo;auteur avant de s&rsquo;attarder au texte propre.<\/p>\n<h2>De l&rsquo;ombre \u00e0 la reconnaissance : <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em><\/h2>\n<p>D&rsquo;autres recherches dans la m\u00eame veine que celles de Gonzales seront publi\u00e9es hors des fronti\u00e8res des Am\u00e9riques, en diverses langues, d\u00e8s le milieu des ann\u00e9es 1970. Nous pensons ici \u00e0 celles de Giuseppe Bellini, lequel a consacr\u00e9 une bonne partie de ses travaux \u00e0 Asturias. En 1975, Bellini publie un article en fran\u00e7ais traduit de l\u2019italien dans la revue <em>Europe<\/em>, dont le titre est assez r\u00e9v\u00e9lateur : \u00ab <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> et le th\u00e8me de la dictature dans le \u00ab\u00a0Nouveau roman\u00a0\u00bb hispano-am\u00e9ricain \u00bb. Il s&rsquo;agit dans ce texte d&rsquo;\u00e9tablir <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> comme le plus important roman de dictature de l&rsquo;Am\u00e9rique hispanophone. En effet, le roman d&rsquo;Asturias serait, selon les propos de Bellini, un \u00ab livre-symbole \u00bb (Bellini, 1975, 152) influen\u00e7ant les auteurs des ann\u00e9es 1970 (Carpentier, Roa Bastos, etc.) qui, avec le retour des dictatures d\u00e8s 1973, \u00e9crivent de fa\u00e7on prolifique sur le sujet. L\u2019id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de Bellini est de poser <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> comme LE roman qui inaugurerait finalement le \u00ab\u00a0Nouveau roman<a id=\"footnoteref24_nfj02ia\" class=\"see-footnote\" title=\" Nous traduisons de l'espagnol : \u00ab nueva novela \u00bb \" href=\"#footnote24_nfj02ia\">[24]<\/a>. \u00bb hispano-am\u00e9ricain \u00ab par ses nouveaut\u00e9s de structure, par l&rsquo;utilisation du temps, la modernit\u00e9 des techniques de narration ou le r\u00f4le conscient du style \u00bb (156). <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> deviendrait alors le chef de file du roman de dictature, la r\u00e9f\u00e9rence pour toute la g\u00e9n\u00e9ration qui le suit : \u00ab L&rsquo;ombre de <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> se projette fortement sur l&rsquo;ensemble du roman hispano-am\u00e9ricain post\u00e9rieur \u00e0 <em>El Reino de este Mundo<\/em>, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;on l&rsquo;a [sic] appel\u00e9 la \u00ab\u00a0nueva novela\u00a0\u00bb [&#8230;]. \u00bb (156) D&rsquo;ailleurs, dans le m\u00eame num\u00e9ro de la revue <em>Europe<\/em>, nous trouvons aussi, dans une optique plus g\u00e9n\u00e9rale mais tout aussi similaire, un autre article intitul\u00e9 \u00ab Miguel Angel Asturias et le \u00ab\u00a0nouveau roman\u00a0\u00bb hispano-am\u00e9ricain \u00bb. Il semble donc que la critique litt\u00e9raire europ\u00e9enne d\u00e9veloppe une pens\u00e9e \u00e0 propos d&rsquo;Asturias qui est similaire, voire qui rappelle, celle que nous avons soulign\u00e9e chez Gonzales en 1971, afin d\u2019offrir une visibilit\u00e9 tout autre \u00e0 <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> dans l\u2019histoire litt\u00e9raire.<\/p>\n<p>Bien apr\u00e8s les ann\u00e9es 1970, l\u2019influence de <em>Monsieur le Pr\u00e9sident <\/em>sur les \u00ab jeunes \u00bb auteurs, abord\u00e9e initialement par Gonzales dans sa th\u00e8se, sera soulign\u00e9e par les litt\u00e9raires. <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> est encore aujourd\u2019hui l&rsquo;objet de plusieurs recherches, autant dans les milieux anglophones qu&rsquo;hispanophones, comme en t\u00e9moignent les articles et les th\u00e8ses universitaires ayant pour sujet la dictature, que nous pouvons retrouver notamment dans les bases de donn\u00e9es. Dans les histoires litt\u00e9raires hispano-am\u00e9ricaines, le roman d&rsquo;Asturias a d\u00e9sormais une place r\u00e9f\u00e9rentielle de choix. Si des h\u00e9sitations persistent \u00e0 savoir s&rsquo;il initie r\u00e9ellement le Nouveau roman hispano-am\u00e9ricain, l&rsquo;influence de <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> ne fait plus aucun doute pour les auteurs de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, comme en t\u00e9moigne <em>The Cambridge History of Latin American Literature<\/em>, publi\u00e9 vingt-cinq ans apr\u00e8s la th\u00e8se de Gonzales. On y trouve de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale le constat d\u2019une r\u00e9elle influence du tournant critique des ann\u00e9es 1970 concernant <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>, dont il est signal\u00e9 qu&rsquo;il est devenu, r\u00e9trospectivement, \u00ab\u00a0extr\u00eamement influent dans les ann\u00e9es 1950<a id=\"footnoteref25_b8eem5q\" class=\"see-footnote\" title=\" Nous traduisons : \u00ab extremely influential in the 1950s \u00bb (Gonz\u00e1lez Echevarr\u00eda et al., 1996, 246). \" href=\"#footnote25_b8eem5q\">[25]<\/a>\u00a0\u00bb (Gonz\u00e1lez Echevarr\u00eda et <em>al.<\/em>, 1996, 246). Dans un ouvrage sur les Prix Nobel hispano-am\u00e9ricains, Antonio Lorente Medina \u00e9crit \u00e0 propos de <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> que \u00ab l&rsquo;immense retentissement et la connaissance g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e que l&rsquo;on a de cet ouvrage dispensent [le critique] de proc\u00e9der \u00e0 [son] analyse d\u00e9taill\u00e9e \u00bb (Lorente Medina et <em>al.<\/em>, 1994, 39).<\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p>Dans cet article, nous avons tent\u00e9 de d\u00e9montrer la complexit\u00e9 du parcours de <em>Monsieur le Pr\u00e9sident <\/em>en tant qu\u2019\u0153uvre canonique de la litt\u00e9rature hispano-am\u00e9ricaine, voire m\u00eame mondiale, traitant de la dictature. \u00c0 l&rsquo;instar de ce qu&rsquo;explique Farge, il \u00e9tait question de mettre en \u00e9vidence les processus de canonisation qui entourent une \u0153uvre, invisibles de prime abord. Gonzales a en ce sens fait un pas de g\u00e9ant pour renverser le peu d&rsquo;importance accord\u00e9e \u00e0 ce roman fondateur qu&rsquo;est <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>. En effet, \u00e0 travers l&rsquo;analyse du champ de la r\u00e9ception critique ant\u00e9rieure \u00e0 la publication de la th\u00e8se de Gonzales, nous avons constat\u00e9 les effets, dans ce cas-ci presque nuls, de la remise du Prix Nobel \u00e0 Asturias en 1967. La canonisation symbolique d&rsquo;Asturias n&rsquo;a eu que tr\u00e8s peu de cons\u00e9quences sur la reconnaissance internationale de l&rsquo;auteur guat\u00e9malt\u00e8que, et encore moins sur son roman <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>, si ce n\u2019est le d\u00e9but d&rsquo;un questionnement de la part de la critique litt\u00e9raire sur son propre silence \u00e0 propos de cette \u0153uvre. Il semble \u00e9vident que les critiques de l&rsquo;\u00e9poque connaissaient l&rsquo;importance du roman <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>, mais que ce n&rsquo;est que gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de romans traitant du th\u00e8me de la dictature que le texte d&rsquo;Asturias va trouver sa place. Gonzales vient, dans son cas, poser une refiguration du roman d\u2019Asturias dans l\u2019histoire litt\u00e9raire hispano-am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>Nous avons constat\u00e9 que pour aborder <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> en tant que tel nous devions passer par la figure m\u00eame de l&rsquo;\u00e9crivain. Si l&rsquo;auteur n&rsquo;est pas pr\u00e9sent\u00e9, les ouvrages, articles ou th\u00e8ses n&rsquo;effectuent tout simplement pas d&rsquo;analyse de <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>. Contrairement \u00e0 <em>Cent ans de solitude<\/em> qui a largement d\u00e9pass\u00e9 son auteur, <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> a d&rsquo;abord d\u00fb attendre la reconnaissance d&rsquo;Asturias avant de se trouver parmi les meilleurs textes de ce dernier.<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Bellini, Giuseppe. \u00ab <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> et le th\u00e8me de la dictature dans le \u00ab\u00a0nouveau roman\u00a0\u00bb hispano-am\u00e9ricain \u00bb, <em>Europe<\/em>, vol. 553, no 54, 1975, pp. 151-161.<\/p>\n<p>Callan, Richard J. \u00ab Babylonian Mythology in <em>El se\u00f1or Presidente<\/em> \u00bb, <em>Hispania<\/em>, vol. 50, no\u00a03, 1967,\u00a0pp.\u00a0417-424.<\/p>\n<p>Campra, Rosalba et <em>al.<\/em>, <em>Les Prix Nobel de litt\u00e9rature hispano-am\u00e9ricaine.<\/em> Gen\u00e8ve : \u00c9ditions Pati\u00f1o, 1994.<\/p>\n<p>Diez-Echarri, Emiliano et Jos\u00e9 Maria Roca Franquesa. <em>Historia de la literatura espa\u00f1ola e hispano americana<\/em>. 2e \u00e9d. Madrid : Aguilar, 1968 [1966].<\/p>\n<p>Donahue, Francis. <em>Miguel \u00c1ngel Asturias : escritor comprometido<\/em>. (Th\u00e8se de doctorat). University of Southern California, 1965.<\/p>\n<p>Donoso, Jos\u00e9et William A. Henkin. <em>The TriQuarterly Anthology of Contemporary Latin American Literature<\/em>. United States of America : Northwestern University Press, 1969.<\/p>\n<p>Donoso, Jos\u00e9. <em>The Boom in Spanish American literature : A Personal History<\/em>. New York\u00a0:\u00a0Columbia University Press, 1977.<\/p>\n<p>Farge, Arlette. \u00ab Penser et d\u00e9finir l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement en histoire. Approche des situations et des acteurs sociaux \u00bb, <em>Terrain<\/em>, no 38, 2002, pp. 67-78.<\/p>\n<p>Ferrer, Carolina. \u00ab Litt\u00e9rature hispano-am\u00e9ricaine et violence d&rsquo;\u00c9tat \u00bb, dans <em>\u00c9critures de la r\u00e9clusion<\/em>, sous la dir. de Isaac Bazi\u00e9 et Carolina Ferrer. Qu\u00e9bec : Presses de l&rsquo;Universit\u00e9 de Qu\u00e9bec, 2015, pp.\u00a05-25.<\/p>\n<p>Ferrer, Carolina. \u00ab Le prix Nobel de litt\u00e9rature \u00e0 l&rsquo;\u00e8re du num\u00e9rique\u00a0: internationalit\u00e9 du prix et r\u00e9ception critique des \u0153uvres des laur\u00e9ats\u00a0\u00bb <em>Inter-Lignes<\/em>, no 10, 2012, pp. 13-35.<\/p>\n<p>Franklin, Richard L. \u00ab Observations on <em>El se\u00f1or Presidente<\/em> \u00bb, <em>Hispania<\/em>, vol. 44, no4, 1961,\u00a0pp. 683-685.<\/p>\n<p>Gonzales, Raymond Joseph. <em>The Latin American Dictator in the Novel<\/em>. (Th\u00e8se de doctorat).University of Southern California. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <em>ProQuest Dissertations Publishing<\/em>.7211925, 1971.<\/p>\n<p>Gonz\u00e1lez Echevarr\u00eda, Roberto et Enrique Pupo-Walker. <em>The Cambridge History of Latin American Literature : The Twentieth Century<\/em> (tome 2). New York : Cambridge University Press, 1996.<\/p>\n<p>Liscano, Juan. \u00ab De Valle-Incl\u00e1n \u00e0 Miguel \u00c1ngel Asturias \u00bb,<em>Europe<\/em>, vol. 36, no 345, 1958, pp.\u00a0181-191.<\/p>\n<p>Lyon, Thomas E. \u00ab Miguel \u00c1ngel Asturias : Timeless fantasy : The 1967 Nobel Prize for literature \u00bb,<em>Books Abroad<\/em>, vol. 42, no 2, 1968, pp. 183-189.<\/p>\n<p>Mead, Robert Jr. \u00ab Miguel \u00c1ngel Asturias and the Nobel Prize \u00bb, <em>Hispania<\/em>, vol. 51, no 2, 1968. pp.\u00a0326-331.<\/p>\n<p>Verdevoye, Paul. \u00ab Miguel Angel Asturias et le \u00ab\u00a0nouveau roman\u00a0\u00bb hispano-am\u00e9ricain \u00bb, <em>Europe<\/em>, vol. 553, no 54, 1975, pp. 121-129.<\/p>\n<p><!--novelty_footnote_list()--><\/p>\n<section class=\"footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed\" data-collapsible-show-label=\"Notes\" data-collapsible-hide-label=\"Notes\">\n<h2>Notes<\/h2>\n<p id=\"footnote1_dx6wcba\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref1_dx6wcba\">[1]<\/a> Le roman de dictateur et celui de dictature sont d&rsquo;ailleurs deux genres \u00e0 part enti\u00e8re au sein du corpus hispano-am\u00e9ricain. Le premier fixe la structure narrative sur la figure du dictateur, alors que le deuxi\u00e8me montre les rouages de la violence sous la dictature. Voir \u00e0 ce sujet : \u00ab Litt\u00e9rature hispano-am\u00e9ricaine et violence d&rsquo;\u00c9tat \u00bb dans <em>\u00c9critures de la r\u00e9clusion<\/em>, sous la dir. de Isaac Bazi\u00e9 et Carolina Ferrer. Qu\u00e9bec : Presses de l&rsquo;Universit\u00e9 de Qu\u00e9bec, 2015, pp.\u00a05-25.<\/p>\n<p id=\"footnote2_8uo2z0y\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref2_8uo2z0y\">[2]<\/a> \u00ab This literary tendency that he shared with Agust\u00edn Y\u00e1\u00f1ez and Alejo Carpentier has had a tremendous influence on such younger writers as Carlos Fuentes, Mario Vargas Llosa, Augusto Roa Bastos, Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez, and a host of other Latin Americans. \u00bb (Gonzales, 1971, 163)<\/p>\n<p id=\"footnote3_n27syra\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref3_n27syra\">[3]<\/a> \u00a0Juan Liscano est un critique litt\u00e9raire, un essayiste et un \u00e9crivain v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien tr\u00e8s connu dans le milieu litt\u00e9raire hispanophone.<\/p>\n<p id=\"footnote4_qz6wabp\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref4_qz6wabp\">[4]<\/a> \u00a0Nous traduisons directement de l&rsquo;espagnol : \u00ab <em>El se\u00f1or Presidente<\/em>&#8230; es la m\u00e1s importante novela de todas las que se han escrito sobre el tema de la dictadura en Am\u00e9rica Hispana. \u00bb (121)<\/p>\n<p id=\"footnote5_o42sqwe\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref5_o42sqwe\">[5]<\/a> \u00a0Voir le site des Prix Nobel : <a href=\"http:\/\/www.nobelprize.org\/nobel_prizes\/literature\/laureates\/1967\/asturias-bio.html\">http:\/\/www.nobelprize.org\/nobel_prizes\/literature\/laureates\/1967\/asturia&#8230;<\/a> [En ligne] (consult\u00e9 le 9 ao\u00fbt 2016).<\/p>\n<p id=\"footnote6_syfqjti\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref6_syfqjti\">[6]<\/a> Dans un autre article, Liscano \u00e9crit, toujours \u00e0 propos de <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em> : \u00ab C&rsquo;est un livre qui co\u00efncide avec les proc\u00e9d\u00e9s litt\u00e9raires de Valle Incl\u00e1n, mais qui atteint une pl\u00e9nitude artistique, une puissance de r\u00e9alisation et une expressivit\u00e9 qui lui sont propre. \u00bb Nous traduisons : \u00ab Es un libro que coincide con los procedimientos literarios de Valle Incl\u00e1n, pero que alcanza una plenitud art\u00edstica, un poder de realizaci\u00f3n y una expresividad propios. \u00bb (Liscano, 1958, 71)<\/p>\n<p id=\"footnote7_0s8mk47\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref7_0s8mk47\">[7]<\/a> Nous traduisons de l&rsquo;espagnol : <em>Historia de la literatura espa\u00f1ola e hispanoamericana<\/em>.<\/p>\n<p id=\"footnote8_9l7oa3a\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref8_9l7oa3a\">[8]<\/a> Nous traduisons de l&rsquo;espagnol : \u00ab Miguel \u00c1ngel Asturias no es s\u00f3lo el mejor novelista de su pa\u00eds, sino uno de los m\u00e1s destacados de Am\u00e9rica. \u00bb (Diez-Echarri, 1968, 1449)<\/p>\n<p id=\"footnote9_b4qqxh0\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref9_b4qqxh0\">[9]<\/a> Il est d&rsquo;ailleurs, selon nous, un peu anachronique de consid\u00e9rer <em>Ecce Pericles, <\/em>du Guat\u00e9malt\u00e8que Ar\u00e9valo Mart\u00ednez, comme un texte ayant un quelconque lien avec <em>Monsieur le Pr\u00e9sident<\/em>, sachant qu&rsquo;Asturias finit d&rsquo;\u00e9crire son propre roman en 1933.<\/p>\n<p id=\"footnote10_d5dxsie\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref10_d5dxsie\">[10]<\/a> Nous traduisons : \u00ab [Asturias] remains a famous unknown author. \u00bb (183)<\/p>\n<p id=\"footnote11_33m2lkd\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref11_33m2lkd\">[11]<\/a> Mead \u00e9crit : \u00ab Miguel \u00c1ngel Asturias appears upon the world literary horizon twenty-two years after Gabriela Mistral, at a time when communications are wider, quicker, and more effective, and reputations built more readily if not more solidly. \u00bb (Mead, 1968, 327)<\/p>\n<p id=\"footnote12_weaup80\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref12_weaup80\">[12]<\/a> Nous traduisons : \u00ab [Asturias] has not been enjoying the critical esteem which a writer worthy of the Nobel Prize might reasonably expect. \u00bb (<em>Idem.<\/em>)<\/p>\n<p id=\"footnote13_qzarsr0\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref13_qzarsr0\">[13]<\/a> \u00a0Aujourd&rsquo;hui, gr\u00e2ce aux bases de donn\u00e9es, nous en recensons beaucoup plus dans la d\u00e9cennie o\u00f9 \u00e9crit Mead. Cela d\u00e9montre bien aussi les difficult\u00e9s de circulation v\u00e9cues par la critique litt\u00e9raire de cette \u00e9poque.<\/p>\n<p id=\"footnote14_fz9itb7\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref14_fz9itb7\">[14]<\/a> Nous traduisons : \u00ab One reason for its lack of impact on the rest of Latin America was due ironically to the fact that a reign of despotic terror existed in a significant number of Latin American republics. \u00bb (Gonzales, 1971, 165)<\/p>\n<p id=\"footnote15_cka6dnw\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref15_cka6dnw\">[15]<\/a> Nous traduisons : \u00ab [&#8230;] the influence of Valle-Incl\u00e1n&rsquo;s <em>Tirano Banderas<\/em> and <em>El se<\/em><em>\u00f1<\/em><em>or Presidente<\/em> by Asturias is becoming more apparent in recent years. \u00bb (Gonzales, 1971, 124)<\/p>\n<p id=\"footnote16_py1c31x\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref16_py1c31x\">[16]<\/a> Nous traduisons : \u00ab [Asturias] had acquired a great deal of fame prior to the winning of the coveted prize, largely because of the universal appeal of his works. \u00bb (158)<\/p>\n<p id=\"footnote17_iyx1nxi\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref17_iyx1nxi\">[17]<\/a> Nous traduisons : \u00ab his most significant work \u00bb (160)<\/p>\n<p id=\"footnote18_7ehb5fk\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref18_7ehb5fk\">[18]<\/a> Nous traduisons : \u00ab <em>El se<\/em><em>\u00f1<\/em><em>or Presidente <\/em>is, of course, Asturias&rsquo; most important novel, not only from the standpoint of its international acclaim but also because of its influence on the other novelists of Latin America. \u00bb (162)<\/p>\n<p id=\"footnote19_ohhrrhm\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref19_ohhrrhm\">[19]<\/a> <em>Historia personnal del \u00ab Boom \u00bb<\/em><\/p>\n<p id=\"footnote20_ww9bkzd\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref20_ww9bkzd\">[20]<\/a> Donoso \u00e9crit: \u00ab I want to add here that it was not that the critics did not suggest European father to us. Instead, as is natural, they dedicated themselves primarily to authors who although in most cases their merit could not be denied, were too distant from the esthetic preoccupations of the youth at that time : Eduardo Mallea, Germ\u00e1n Arciniegas, Agust\u00ednY\u00e1\u00f1ez, Miguel Angel Asturias, Ciro Alegr\u00eda, Arturo Uslar Pietri. \u00bb (Donoso, 1972, 20)<\/p>\n<p id=\"footnote21_cp1ldmc\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref21_cp1ldmc\">[21]<\/a> Nous traduisons: \u00ab [They] were translated into some other languages in their time, but they obtained a very limited circulation. \u00bb (Donoso, 1972, 21)<\/p>\n<p id=\"footnote22_qaknfrp\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref22_qaknfrp\">[22]<\/a> Nous traduisons: \u00ab The \u00ab\u00a0popularity\u00a0\u00bb of the contemporary Spanish American novel is in large part due to the efficiency of the publicity mechanism that publishing houses have set in motion in order to launch the books they are determined to sell. \u00bb (69)<\/p>\n<p id=\"footnote23_ay1o688\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref23_ay1o688\">[23]<\/a> D&rsquo;ailleurs, pour parler d&rsquo;Asturias, Donoso utilise l&rsquo;expression \u00ab by the authority of Miguel \u00c1ngel Asturias \u00bb (69).<\/p>\n<p id=\"footnote24_nfj02ia\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref24_nfj02ia\">[24]<\/a> Nous traduisons de l&rsquo;espagnol : \u00ab nueva novela \u00bb<\/p>\n<p id=\"footnote25_b8eem5q\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref25_b8eem5q\">[25]<\/a> Nous traduisons : \u00ab extremely influential in the 1950s \u00bb (Gonz\u00e1lez Echevarr\u00eda et <em>al.<\/em>, 1996, 246).<\/p>\n<\/section>\n<p><!--\/novelty_footnote_list()--><\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Maiorana, Roxane. 2016. \u00abLa refiguration du roman Monsieur le Pr\u00e9sident dans le champ de la critique litt\u00e9raire.\u00bb, <em>Postures<\/em>, Actes du colloque \u00ab R\u00e9fl\u00e9chir les espaces critiques : cons\u00e9cration, lectures et politique du litt\u00e9raire\u00bb, n\u00b024, En ligne https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5589 (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx).<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/maiorana_24.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 maiorana_24.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-dbfd8736-7a64-4cfc-a1c8-d11d31bb7689\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/maiorana_24.pdf\">maiorana_24<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/maiorana_24.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download 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