{"id":5619,"date":"2024-06-13T19:48:29","date_gmt":"2024-06-13T19:48:29","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/blancheur-peripheries\/"},"modified":"2024-08-25T22:43:14","modified_gmt":"2024-08-25T22:43:14","slug":"blancheur-peripheries","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5619","title":{"rendered":"Blancheur : p\u00e9riph\u00e9ries"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6895\">Dossier \u00ab La disparition de soi : corps, individu et soci\u00e9t\u00e9 \u00bb, n\u00b026<\/a><\/h5>\n<p>J\u2019\u00e9cris ce texte depuis un exil approximatif.<\/p>\n<p>\u00c0 (quelque) distance du ressac.<\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p>Survivance\u00a0: le mot n\u2019est pas exact.<\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0[J]\u2019appellerai blancheur cet \u00e9tat d\u2019absence \u00e0 soi plus ou moins prononc\u00e9, le fait de prendre cong\u00e9 de soi sous une forme ou sous une autre \u00e0 cause de la difficult\u00e9 ou de la p\u00e9nibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre soi.\u00a0\u00bb Cette blancheur, pour David Le Breton, est une \u00ab\u00a0r\u00e9sistance\u00a0\u00bb aux prescriptions productivistes et consum\u00e9ristes qui, dans nos soci\u00e9t\u00e9s n\u00e9olib\u00e9rales, imposent des valeurs de performance et d\u2019efficacit\u00e9 et exigent de l\u2019individu qu\u2019il se construise et se reconstruise perp\u00e9tuellement, somm\u00e9 d\u2019endosser les facettes d\u2019une identit\u00e9 changeante et de l\u2019afficher, en permanence, aux yeux du monde. \u00a0\u00ab\u00a0Entre le lien social et le n\u00e9ant\u00a0\u00bb la blancheur \u00ab\u00a0dessine un territoire interm\u00e9diaire<a id=\"footnoteref1_o5hqnci\" class=\"see-footnote\" title=\"Le Breton, 2015, 17-18. \" href=\"#footnote1_o5hqnci\">[1]<\/a>\u00bb, un espace suspensif o\u00f9 se d\u00e9poser, dans l\u2019effacement du rapport \u00e0 soi.<\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p><em>Me from Myself \u2013 to banish \u2013 <\/em><a id=\"footnoteref2_96nxlxs\" class=\"see-footnote\" title=\"Dickinson, 2015, 96. Ce recueil pr\u00e9sente les versions anglaises et fran\u00e7aises des po\u00e8mes. La traduction de ce vers pr\u00e9sentant certaines difficult\u00e9s, j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 le citer dans sa langue d\u2019origine. \" href=\"#footnote2_96nxlxs\">[2]<\/a><\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p>Or se d\u00e9faire de soi, \u00ab\u00a0une exp\u00e9rience de d\u00e9saisissement\u00a0\u00bb permettant de ne plus avoir \u00e0 endosser, sinon <em>a minima<\/em>, \u00ab\u00a0une pr\u00e9sence au monde douloureuse<a id=\"footnoteref3_mg5w6yd\" class=\"see-footnote\" title=\"Le Breton, 2015, 19. \" href=\"#footnote3_mg5w6yd\">[3]<\/a>\u00a0\u00bb, ne dure souvent qu\u2019un temps. \u00c0 moins que rien ne fasse barrage \u00e0 ce travail d\u2019\u00e9rosion, auquel cas une mort physique ou symbolique guette le sujet, la blancheur dont celui-ci (celle-ci) s\u2019enveloppe n\u2019est pas une stase d\u00e9finitive mais un \u00e9tat impermanent. Un territoire de r\u00e9sistance, certes, mais un lieu de passage qui rejette violemment dans sa p\u00e9riph\u00e9rie ceux (celles) qui croyaient s\u2019y \u00e9tablir.<\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p>Il y aurait \u2013 il y a \u2013 une\u00a0 ext\u00e9riorit\u00e9 \u00e0 la blancheur.<\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p>Comment l\u2019habiter?<\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p>Dans les pages qu\u2019elle consacre au th\u00e9\u00e2tre de Sarah Kane, qu\u2019elle qualifie de \u00ab\u00a0po\u00e8me du deuil de soi\u00a0\u00bb, \u00c9lizabeth Angel-Perez inscrit la dramaturgie de celle-ci dans le sillage des \u00e9critures post-beckettiennes fond\u00e9es sur une \u00ab\u00a0po\u00e9tique de la cendre\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire forg\u00e9es depuis \u00ab\u00a0l\u2019inconsolable de la pens\u00e9e\u00a0\u00bb que repr\u00e9sente Auschwitz<a id=\"footnoteref4_7h7cjzn\" class=\"see-footnote\" title=\" \u00ab\u00a0Auschwitz\u00a0\u00bb constitue chez elle un point de rupture historique de m\u00eame que le r\u00e9f\u00e9rent symbolique originaire, mais \u00e9largi et d\u00e9contextualis\u00e9, des \u00e9critures dramatiques contemporaines. Cf. \u00c9lizabeth Angel-Perez. 2006. Voyages au bout du possible. Les th\u00e9\u00e2tres du traumatisme de Samuel Beckett \u00e0 Sarah Kane. Paris\u00a0: Klincksieck. \" href=\"#footnote4_7h7cjzn\">[4]<\/a>. Sans n\u00e9cessairement s\u2019attacher \u00e0 repr\u00e9senter une r\u00e9alit\u00e9 concentrationnaire, ce th\u00e9\u00e2tre, indissociable d\u2019une \u00ab\u00a0conscience du monstrueux<a id=\"footnoteref5_08to236\" class=\"see-footnote\" title=\"Naugrette, 2004. \" href=\"#footnote5_08to236\">[5]<\/a>\u00a0\u00bb, \u00e9nonce, dans la chair du texte, une \u00ab\u00a0esth\u00e9tique [\u2026] de l\u2019\u00e9videment, du creux\u00a0\u00bb <a id=\"footnoteref6_f5edzr2\" class=\"see-footnote\" title=\"Angel-Perez, 2006, 44. \" href=\"#footnote6_f5edzr2\">[6]<\/a>\u00a0: dislocation du temps, devenu suspensif ou circulaire, r\u00e9tr\u00e9cissement de l\u2019espace, amoindrissement des corps, \u00e9tiolement de la parole, progressivement aval\u00e9e par des trou\u00e9es de silence. Or, dans cette \u00e9criture o\u00f9 le soi se d\u00e9lite jusqu\u2019\u00e0 la blancheur, o\u00f9 l\u2019auteure \u00ab\u00a0confie aux mots le pouvoir de repr\u00e9senter sa d\u00e9construction, sa progressive fantomisation, sa d\u00e9-faite<a id=\"footnoteref7_afknme0\" class=\"see-footnote\" title=\"Angel-Perez, 2006, 175. \" href=\"#footnote7_afknme0\">[7]<\/a>\u00a0\u00bb, une r\u00e9sistance op\u00e8re\u00a0: une tension entre dissolution de soi et affichage paradoxal, et r\u00e9p\u00e9t\u00e9, des marques de cette dissolution emp\u00eache celle-ci d\u2019advenir tout \u00e0 fait. \u00a0<\/p>\n<p>Regardez-moi dispara\u00eetre<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Regardez-moi<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 dispara\u00eetre<\/p>\n<p style=\"margin-left: 35.4pt; text-align: justify;\">regardez-moi<\/p>\n<p style=\"margin-left: 35.4pt; text-align: justify;\">regardez-moi<\/p>\n<p style=\"margin-left: 35.4pt; text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 regardez<a id=\"footnoteref8_h3cea0g\" class=\"see-footnote\" title=\"Kane, 1999, 55. \" href=\"#footnote8_h3cea0g\">[8]<\/a><\/p>\n<p>Cette \u00e9criture habite l\u2019ind\u00e9cidable, \u00ab\u00a0signe la n\u00e9cessaire et presque jubilatoire dissonance de l\u2019art<a id=\"footnoteref9_kytkuez\" class=\"see-footnote\" title=\"Angel-Perez, 2006, 177. \" href=\"#footnote9_kytkuez\">[9]<\/a>\u00a0\u00bb comme celle de l\u2019\u00eatre, avan\u00e7ant dans l\u2019irr\u00e9solution, se promenant sur les fines cr\u00eates o\u00f9 se m\u00ealent persistance de soi et d\u00e9sir de disparition.<\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p><em>Infinit\u00e9s de mers<\/em><\/p>\n<p><em>Affranchies de rivages \u2013 <\/em><\/p>\n<p><em>Formant \u00e0 leur tour \u2013 les mers \u00e0 venir <\/em><a id=\"footnoteref10_l7uq11u\" class=\"see-footnote\" title=\"Dickinson, 2012, 112. \" href=\"#footnote10_l7uq11u\">[10]<\/a><\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p>Se d\u00e9placer, de la blancheur perdue vers ces paysages provisoires.<\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p>Conserver de ce passage quelques cailloux calcin\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p><em>brille scintille cingle br\u00fble tords serre effleure cingle<\/em><\/p>\n<p><em>brille scintille cogne br\u00fble flotte scintille effleure<\/em><a id=\"footnoteref11_phmqnx5\" class=\"see-footnote\" title=\"Kane, 1999,\u00a0 39. \" href=\"#footnote11_phmqnx5\">[11]<\/a><\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p>1. \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 SUSPENSION<\/p>\n<p>Dans l\u2019espace vaste et blanc de la galerie, un paysage \u00e9tique. Ici, l\u00e9ger et ac\u00e9r\u00e9, \u00e0 peine perceptible, un fil de fer est fix\u00e9 au mur. N\u00e9 d\u2019une seule boucle, mouvement saisi \u00e0 l\u2019arr\u00eat, il para\u00eet suspendu entre le sol et un ciel trop haut. Sur les autres murs, dans les salles suivantes, se d\u00e9cline une r\u00e9p\u00e9tition \u00e0 l\u2019identique \u2013 ou presque \u2013 de cette quasi-absence. Les <em>Wire Pieces<\/em>, sculptures-installations minimalistes de Richard Tuttle, disent une relation asym\u00e9trique \u00e0 soi et au monde. Elles \u00e9noncent une tension qui se joue dans la non-correspondance entre ces corps de fer et, sur les parois o\u00f9 ils sont clou\u00e9s, le trac\u00e9 au graphite de leurs contours. \u00ab\u00a0Le fil tridimensionnel, observe Jennifer Norback, danse avec le dessin en deux dimensions et avec l\u2019ombre, laquelle est sans \u00e9paisseur et n\u2019est qu\u2019absence de lumi\u00e8re r\u00e9fl\u00e9chie. Cela me fait penser \u00e0 la th\u00e9orie des cordes et \u00e0 la fa\u00e7on dont l\u2019existence se d\u00e9plie comme un mouvement vibratoire du visible \u00e0 l\u2019invisible<a id=\"footnoteref12_1349u7c\" class=\"see-footnote\" title=\"www.jennifernorbackfineart.com. Je traduis. \" href=\"#footnote12_1349u7c\">[12]<\/a>.\u00a0\u00bb Entre la pi\u00e8ce de m\u00e9tal et sa silhouette dessin\u00e9e au mur, un jeu d\u2019ombres mouvantes; une r\u00e9sistance ambivalente, o\u00f9 se nouent et se d\u00e9nouent une non-co\u00efncidence avec soi et l\u2019affirmation diff\u00e9r\u00e9e d\u2019un engloutissement.\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0<\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p><em>Un R\u00e9cif \u2013 sorti doucement de la mer<\/em><\/p>\n<p><em>D\u00e9vore la ligne fragile \u2013<\/em> <a id=\"footnoteref13_u6j7s5h\" class=\"see-footnote\" title=\"Dickinson, 2015, 127. \" href=\"#footnote13_u6j7s5h\">[13]<\/a><\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p>2. \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 IGNITION<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La sc\u00e8ne restitue la limite du corps et le renvoie \u00e0 sa propre limite \u2013 \u00e0 d\u00e9couvert \u2013, qui est souffrance\u00a0\u00bb, \u00e9crit l\u2019homme de th\u00e9\u00e2tre Romeo Castellucci. Pour lui, la sc\u00e8ne constitue le lieu, unique, \u00ab\u00a0o\u00f9 celui qui parle enl\u00e8ve, creuse et aveugle le mot qu\u2019il vient de prononcer; ce lieu o\u00f9 celui qui parle [\u2026] vient pour se retirer au travers de la voix<a id=\"footnoteref14_e97p5r8\" class=\"see-footnote\" title=\"Castellucci, 2001, 33. \" href=\"#footnote14_e97p5r8\">[14]<\/a>\u00a0\u00bb. Par sa d\u00e9marche soustractive, le metteur en sc\u00e8ne poursuit la principale utopie th\u00e9\u00e2trale depuis la modernit\u00e9, soit d\u00e9barrasser le plateau de l\u2019acteur ou, plut\u00f4t, de son surplus de pr\u00e9sence. Or, alors que Craig r\u00eavait de le remplacer par une \u00ab\u00a0sur-marionnette\u00a0\u00bb, et que Maeterlinck imaginait une sc\u00e8ne spectrale habit\u00e9e de petites effigies, des \u00eatres \u00ab\u00a0ayant l\u2019apparence de la vie sans avoir la vie<a id=\"footnoteref15_uhsap6q\" class=\"see-footnote\" title=\"Maeterlinck, 1962 [1980]. \" href=\"#footnote15_uhsap6q\">[15]<\/a>\u00a0\u00bb, Castellucci op\u00e8re une bifurcation\u00a0: \u00e0 l\u2019\u00e9radication de l\u2019acteur il pr\u00e9f\u00e8re la br\u00fblure d\u2019une nouvelle iconoclastie. Les corps en sc\u00e8ne, dans le pr\u00e9sent de leur apparition, d\u00e9lest\u00e9s de toute tentative de figuration et, ce faisant, de tout d\u00e9sir iconoclaste de \u00ab\u00a0figures \u00e0 hacher\u00a0\u00bb, s\u2019affichent en \u00ab\u00a0continu[ant] \u00e0 br\u00fbler ce qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tat de cendres\u00a0\u00bb. Cette \u00ab\u00a0figure envelopp\u00e9e par le feu [\u2026] nie l\u2019iconographie et nie l\u2019iconoclastie qui l\u2019a doublement engendr\u00e9e<a id=\"footnoteref16_5skukes\" class=\"see-footnote\" title=\"Castellucci, 2011, 100-101. \" href=\"#footnote16_5skukes\">[16]<\/a>\u00a0\u00bb. Oreste sans Oreste. \u00c9lectre sans \u00c9lectre. Corps stigmates, corps arbres d\u2019hiver d\u2019o\u00f9 s\u2019\u00e9l\u00e8ve une voix blanche. Corps o\u00f9 s\u2019efface et se r\u00e9v\u00e8le en m\u00eame temps, par strates calcin\u00e9es, l\u2019interpr\u00e8te.<\/p>\n<p>Pour Castellucci, la \u00ab\u00a0structure de l\u2019acteur\u00a0\u00bb, le neutre de sa pr\u00e9sence d\u00e9barrass\u00e9e d\u2019une part d\u2019elle-m\u00eame, se rapproche de l\u2019homme debout de Giacometti, un \u00eatre suspensif d\u00e9clin\u00e9 \u00e0 l\u2019infini. \u00ab\u00a0Quand on les regarde, \u00e9crit-il, les statues de Giacometti sont en train de br\u00fbler<a id=\"footnoteref17_6auq76m\" class=\"see-footnote\" title=\"Idem. \" href=\"#footnote17_6auq76m\">[17]<\/a>\u00a0\u00bb, tendues entre disparition \u00e0 bas bruit \u2013 mais les marcheurs sont l\u00e9gion \u2013 et r\u00e9sistance \u00e0 la consumation. \u00ab\u00a0C\u2019est quand une maison br\u00fble qu\u2019on en voit la structure, le motif qui la soutient<a id=\"footnoteref18_pzttxqa\" class=\"see-footnote\" title=\"Idem\" href=\"#footnote18_pzttxqa\">[18]<\/a><em>.<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p><em>Je regarde mon visage en reflet dans une fen\u00eatre.<\/em><\/p>\n<p><em>a)\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>Les flammes traversent mon visage.<\/em><\/p>\n<p><em>b)\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>Mais c\u2019est une illusion.<\/em><\/p>\n<p><em>c)\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>Je ne br\u00fble pas vraiment.<\/em><\/p>\n<p><em>d)\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>C\u2019est la maison qui se consume \u00e0 travers moi<\/em><a id=\"footnoteref19_r08cgqc\" class=\"see-footnote\" title=\"Boutin, 2017, 149-150. \" href=\"#footnote19_r08cgqc\">[19]<\/a><em>.<\/em><\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p>3. \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 DISSOLUTION<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<u>Je ne comprends pas de qui je parle lorsque je prononce <\/u><u>\u201c<\/u><u>je<\/u><u>\u201d<\/u><a id=\"footnoteref20_xltq55b\" class=\"see-footnote\" title=\"Ibid., 136. \" href=\"#footnote20_xltq55b\">[20]<\/a>.\u00a0\u00bb Ces mots projet\u00e9s sur un grand \u00e9cran au tout d\u00e9but de la repr\u00e9sentation de <em>Petit guide pour dispara\u00eetre doucement<\/em>, objet sc\u00e9nique hybride o\u00f9 se m\u00ealent partition textuelle, performance et installation<a id=\"footnoteref21_f0ua0gq\" class=\"see-footnote\" title=\"La pi\u00e8ce, con\u00e7ue par F\u00e9lix-Antoine Boutin et Odile Gamache, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 La Friche la Belle de Mai le 11 octobre 2016 dans le cadre du festival Actoral (Marseille, France). Elle a ensuite \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e au Qu\u00e9bec en novembre 2016 (Usine C) et en octobre 2017 (Th\u00e9\u00e2tre La Chapelle). Les fragments textuels soulign\u00e9s ou en caract\u00e8re gras sont projet\u00e9s sur un \u00e9cran durant la repr\u00e9sentation. Sur un tableau blanc, plus petit, des dessins sont aussi projet\u00e9s, \u00e9tablissant un dialogue silencieux avec les graphies et avec les actions sc\u00e9niques. \" href=\"#footnote21_f0ua0gq\">[21]<\/a>, sont l\u2019amorce d\u2019une trajectoire po\u00e9tique o\u00f9 le \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb cherche \u00e0 se d\u00e9faire de lui-m\u00eame en se dissolvant peu \u00e0 peu dans un \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb lui-m\u00eame impermanent et mouvant. Seul en sc\u00e8ne, dans le d\u00e9calage constant d\u2019une parole qui alterne ou superpose mots prononc\u00e9s, projet\u00e9s, et diffus\u00e9s \u00e0 travers des haut-parleurs, F\u00e9lix-Antoine Boutin \u00e9labore cette travers\u00e9e o\u00f9 le paysage int\u00e9rieur doit \u00eatre nomm\u00e9 une derni\u00e8re fois avant de dispara\u00eetre pour de bon\u00a0: \u00ab\u00a0<u>Je nomme ce qui a br\u00fbl\u00e9 en moi et qui n\u2019existe plus.<\/u> <a id=\"footnoteref22_7b5l1n6\" class=\"see-footnote\" title=\"Ibid., 141. \" href=\"#footnote22_7b5l1n6\">[22]<\/a>\u00a0\u00bb Disposant de petites pierres autour d\u2019une maison en origami \u2013 faite des pages de <em>Lettre \u00e0 un jeune po\u00e8te<\/em> de Rilke \u2013 le jeune homme trace au sol un premier rituel de deuil. D\u2019autres suivront. Lorsque cette premi\u00e8re maison \u2013 Moi \u2013 a br\u00fbl\u00e9, c\u2019est vers l\u2019autre, invit\u00e9 \u00e0 partager cette exp\u00e9rience de d\u00e9saisissement de soi, que le trajet se poursuit\u00a0:<\/p>\n<p><u>E. Mon visage est un autre.<\/u><\/p>\n<p>a)\u00a0\u00a0\u00a0 <u>Tu br\u00fbles \u00e0 l\u2019inverse de moi.<\/u><\/p>\n<p>b)\u00a0\u00a0\u00a0 <u>Tu br\u00fbles d\u2019\u00eatre semblable \u00e0 moi.<\/u><\/p>\n<p>c)\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <u>Je br\u00fble de me reconna\u00eetre en toi.<\/u><\/p>\n<p>d)\u00a0\u00a0\u00a0 <u>Je te vois.<\/u><\/p>\n<p>e)\u00a0\u00a0\u00a0 <u>Je te vois me regarder.<\/u><\/p>\n<p>f)\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <u>Je te vois me regarder ne pas dispara\u00eetre.<\/u><\/p>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<p><strong>(Je veux que tu puisses ne pas exister avec moi.)<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 (Comme quelque chose de poreux.)<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 (Comme quelque chose qui englobe tout<\/strong><a id=\"footnoteref23_n666548\" class=\"see-footnote\" title=\"Ibid., 150. \" href=\"#footnote23_n666548\">[23]<\/a><strong>.)<\/strong><\/p>\n<p>Plus tard, d\u2019autres maisonnettes en origami apparaissent. Une \u00e0 une, elles tombent du plafond, emportant dans leur chute des \u00e9clats d\u2019enfance(s) appel\u00e9s \u00e0 se dissoudre\u00a0: la sensation sur la main des plumes noires d\u2019un cygne, t\u00e9n\u00e8bres caress\u00e9es doucement, un p\u00e8re \u00ab\u00a0envol\u00e9 dans le lac<a id=\"footnoteref24_akayxtf\" class=\"see-footnote\" title=\"Ibid., 154. \" href=\"#footnote24_akayxtf\">[24]<\/a>\u00a0\u00bb, une fille effac\u00e9e, engloutie dans sa propre fissure. Bient\u00f4t, sans que l\u2019on ne s\u2019en aper\u00e7oive, l\u2019interpr\u00e8te s\u2019\u00e9vanouit de la sc\u00e8ne, laissant la place \u00e0 des cailloux, \u00e0 de petits spectres noircis, \u00e0 des voix qui ne lui appartiennent pas. Puis, d\u2019autres corps habitent l\u2019espace. Un \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb, furtif, appara\u00eet. Et dispara\u00eet. Non \u00e9radiqu\u00e9 mais transform\u00e9 en une entit\u00e9 mouvante, animale, \u00e9l\u00e9mentaire \u2013 oiseaux, poissons, neige, bruine \u2013, s\u2019observant se fondre aux choses, se regardant \u00ab\u00a0courir ensemble de ne plus se d\u00e9finir<a id=\"footnoteref25_rngxn3x\" class=\"see-footnote\" title=\"Ibid., 183. \" href=\"#footnote25_rngxn3x\">[25]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><em>A.\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>Nous neigeons sur toi qui lac.<\/em><\/p>\n<p><em>B.\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>Nous neigeons sur moi qui fleur.<\/em><\/p>\n<p style=\"margin-left: 35.7pt; text-align: justify;\"><em>C.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>Nous neigeons longtemps sur nos corps inconnus<\/em><a id=\"footnoteref26_m9ej09u\" class=\"see-footnote\" title=\"Ibid., 182. \" href=\"#footnote26_m9ej09u\">[26]<\/a><em>.<\/em><\/p>\n<p>Exil\u00e9 de lui-m\u00eame, le \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb devient espace \u00e0 r\u00e9inventer. Dans cet espace, quelques saillies\u00a0: la lente marche des figurants qui, avant de dispara\u00eetre, d\u00e9posent au sol de petits fant\u00f4mes de papier; les ventilateurs \u2013 leur souffle sur la peau \u2013 qui les balaient; la lumi\u00e8re qui \u00e9tire leur ombre avant de faiblir et de s\u2019\u00e9teindre.<\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p>La disparition de soi au sein du collectif, dans une exp\u00e9rience partag\u00e9e d\u2019abrasion du \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb, puis de dissolution du \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb, n\u2019est pas prise en compte par David Le Breton dont la r\u00e9flexion se concentre sur des exp\u00e9riences intimes de retrait et de \u00ab\u00a0d\u00e9naissance\u00a0\u00bb li\u00e9es \u00e0 la mouvance des constructions identitaires. Le commun se devine, pourtant, en filigrane, dans l\u2019\u00e9nonciation d\u2019un d\u00e9sir de r\u00e9sistance endoss\u00e9 par plusieurs. Reprenant la figure barth\u00e9sienne du neutre, le chercheur met au jour les variantes d\u2019une agentivit\u00e9 paradoxale fond\u00e9e sur le \u00ab\u00a0ne pas choisir\u00a0\u00bb, une posture qui s\u2019oppose aux injonctions contemporaines de productivit\u00e9 et \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019id\u00e9ologie morale de la volont\u00e9<a id=\"footnoteref27_1mqdhl9\" class=\"see-footnote\" title=\"Le Breton, 2015, 194. \" href=\"#footnote27_1mqdhl9\">[27]<\/a>\u00a0\u00bb. Entre les pages de <em>Dispara\u00eetre de soi<\/em> se fait ainsi entendre la rumeur d\u2019une choralit\u00e9 tout actuelle, faisant \u00e9cho \u00e0 celle observ\u00e9e dans <em>Petit guide pour dispara\u00eetre doucement<\/em>\u00a0: un assemblage d\u2019individualit\u00e9s en \u00e9clats, disparates mais unies dans leur opposition aux \u00ab\u00a0imp\u00e9ratifs d\u2019engagement de nos soci\u00e9t\u00e9s\u00a0\u00bb et dans leur qu\u00eate de blancheur. Celle-ci, rappelle l\u2019auteur, est \u00ab\u00a0une virtualit\u00e9 infinie\u00a0\u00bb. Elle \u00ab\u00a0n\u2019est pas le rien, le vide, mais une autre modalit\u00e9 de l\u2019existence tram\u00e9e dans la discr\u00e9tion, la lenteur, l\u2019effacement<a id=\"footnoteref28_bf7bq71\" class=\"see-footnote\" title=\"Idem. \" href=\"#footnote28_bf7bq71\">[28]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Tir\u00e9 hors de ce h\u00e2vre, qui, en principe, est un espace transitoire, l\u2019individu qui en ressent le manque peut trouver sur le territoire de la fiction ou de l\u2019imaginaire des \u00ab\u00a0refuges aux contours moins ac\u00e9r\u00e9s<a id=\"footnoteref29_dp6u5ch\" class=\"see-footnote\" title=\"Le Breton, 2015, 195. \" href=\"#footnote29_dp6u5ch\">[29]<\/a>\u00a0\u00bb que ceux li\u00e9es \u00e0 des conduites plus radicales, une forme apais\u00e9e \u2013 apaisante \u2013 de retrait de soi. Pour qui le traverse ou en arpente les bords, l\u2019imaginaire ne se substitue pas, bien s\u00fbr, \u00e0 la blancheur, mais, tenant le r\u00e9el \u00e0 distance, le recouvrant d\u2019une fine couche de sens, le rend provisoirement habitable.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p>\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>Pouvoir se r\u00e9inventer [\u2026]<\/em><\/p>\n<p>\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>Neiger, aussi. <\/em><\/p>\n<p style=\"margin-left: 54pt; text-align: justify;\"><em>a)\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>Neiger sur tout ce qui existe.<\/em><\/p>\n<p style=\"margin-left: 54pt; text-align: justify;\"><em>b)\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>Rafra\u00eechir les humeurs de toutes les faunes.<\/em><\/p>\n<p style=\"margin-left: 54pt; text-align: justify;\"><em>c)\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>Geler la beaut\u00e9 de toutes les flores.<\/em><\/p>\n<p>\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>Imploser en silence<\/em> <a id=\"footnoteref30_h56u3a5\" class=\"see-footnote\" title=\"Boutin, 2017, 201. \" href=\"#footnote30_h56u3a5\">[30]<\/a>.<\/p>\n<p align=\"center\">*<\/p>\n<p>Mers, cendres, graphite \u2013 ombres port\u00e9es sur toute chose dissoute.<\/p>\n<p>S\u2019inscrire (peut-\u00eatre) dans une dur\u00e9e.\u00a0<\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper\"><!-- scald=43:sdl_editor_representation -->\n<div class=\"image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"44th-wire-piece-1972.jpg\" src=\"http:\/\/revuepostures.com\/sites\/postures.aegir.nt2.uqam.ca\/files\/thumbnails\/image\/44th-wire-piece-1972.jpg\" alt=\"44th-wire-piece-1972.jpg\" width=\"522\" height=\"794\" \/><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Richard Tuttle,\u00a0<em>44th Wire Piece,\u00a0<\/em>1972.<br \/>Cr\u00e9dits\u00a0: Richard Tuttle.<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>ANGEL-PEREZ, \u00c9lizabeth. 2006. <em>Voyages au bout du possible. Les th\u00e9\u00e2tres du traumatisme de Samuel Beckett \u00e0 Sarah Kane<\/em>. Paris\u00a0: Klincksieck, 230 p.<\/p>\n<p>BOUTIN, F\u00e9lix-Antoine. 2017. <em>Koalas\/Un animal (mort)\/Petit guide pour dispara\u00eetre doucement<\/em>. Montr\u00e9al\u00a0: Triptyque, 250 p.<\/p>\n<p>CASTELLUCCI, Romeo et Claudia Castellucci. 2001. <em>Les\u00a0P\u00e8lerins de la mati\u00e8re. Th\u00e9orie est praxis du th\u00e9\u00e2tre<\/em>, trad. K.\u00a0Espinosa. Besan\u00e7on : Les Solitaires Intempestifs, 208 p.<\/p>\n<p>DICKINSON, Emily. 2012. <em>Menus ab\u00eemes<\/em>. <em>Po\u00e8mes traduits et comment\u00e9s par Antoine de Vial<\/em>. Paris\u00a0: Orizons, 245 p.<\/p>\n<p>__________. 2015. <em>Nous ne jouons pas sur les tombes<\/em>, trad. Fran\u00e7ois Heusbourg. Nice\u00a0: Unes, 131 p.<\/p>\n<p>LE BRETON, David. 2015. <em>Dispara\u00eetre de soi, une tentation contemporaine<\/em>. Paris\u00a0: M\u00e9taili\u00e9, 260 p.<\/p>\n<p>KANE, Sarah. 1999. <em>4.48 Psychose<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019Arche, 56 p.<\/p>\n<p>MAETERLINCK, Maurice. 1962 [1890]. <em>Menus propos. Le Th\u00e9\u00e2tre<\/em>. Brest\u00a0: Dynamo, 15 p.\u00a0<\/p>\n<p>NAUGRETTE, Catherine. 2004.\u00a0<em>Paysages d\u00e9vast\u00e9s. Le th\u00e9\u00e2tre et le sens de l\u2019humain.\u00a0<\/em>Belval\u00a0: Circ\u00e9, 176 p.<\/p>\n<p><!--novelty_footnote_list()--><\/p>\n<section class=\"footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed\" data-collapsible-show-label=\"Notes\" data-collapsible-hide-label=\"Notes\">\n<h2>Notes<\/h2>\n<p id=\"footnote1_o5hqnci\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref1_o5hqnci\">[1]<\/a> Le Breton, 2015, 17-18.<\/p>\n<p id=\"footnote2_96nxlxs\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref2_96nxlxs\">[2]<\/a> Dickinson, 2015, 96. Ce recueil pr\u00e9sente les versions anglaises et fran\u00e7aises des po\u00e8mes. La traduction de ce vers pr\u00e9sentant certaines difficult\u00e9s, j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 le citer dans sa langue d\u2019origine.<\/p>\n<p id=\"footnote3_mg5w6yd\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref3_mg5w6yd\">[3]<\/a> Le Breton, 2015, 19.<\/p>\n<p id=\"footnote4_7h7cjzn\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref4_7h7cjzn\">[4]<\/a> \u00ab\u00a0Auschwitz\u00a0\u00bb constitue chez elle un point de rupture historique de m\u00eame que le r\u00e9f\u00e9rent symbolique originaire, mais \u00e9largi et d\u00e9contextualis\u00e9, des \u00e9critures dramatiques contemporaines. Cf. \u00c9lizabeth Angel-Perez. 2006. <em>Voyages au bout du possible. Les th\u00e9\u00e2tres du traumatisme de Samuel Beckett \u00e0 Sarah Kane<\/em>. Paris\u00a0: Klincksieck.<\/p>\n<p id=\"footnote5_08to236\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref5_08to236\">[5]<\/a> Naugrette, 2004.<\/p>\n<p id=\"footnote6_f5edzr2\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref6_f5edzr2\">[6]<\/a> Angel-Perez, 2006, 44.<\/p>\n<p id=\"footnote7_afknme0\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref7_afknme0\">[7]<\/a> Angel-Perez, 2006, 175.<\/p>\n<p id=\"footnote8_h3cea0g\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref8_h3cea0g\">[8]<\/a> Kane, 1999, 55.<\/p>\n<p id=\"footnote9_kytkuez\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref9_kytkuez\">[9]<\/a> Angel-Perez, 2006, 177.<\/p>\n<p id=\"footnote10_l7uq11u\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref10_l7uq11u\">[10]<\/a> Dickinson, 2012, 112.<\/p>\n<p id=\"footnote11_phmqnx5\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref11_phmqnx5\">[11]<\/a> Kane, 1999,\u00a0 39.<\/p>\n<p id=\"footnote12_1349u7c\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref12_1349u7c\">[12]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.jennifernorbackfineart.com\/\">www.jennifernorbackfineart.com<\/a>. Je traduis.<\/p>\n<p id=\"footnote13_u6j7s5h\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref13_u6j7s5h\">[13]<\/a> Dickinson, 2015, 127.<\/p>\n<p id=\"footnote14_e97p5r8\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref14_e97p5r8\">[14]<\/a> Castellucci, 2001, 33.<\/p>\n<p id=\"footnote15_uhsap6q\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref15_uhsap6q\">[15]<\/a> Maeterlinck, 1962 [1980].<\/p>\n<p id=\"footnote16_5skukes\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref16_5skukes\">[16]<\/a> Castellucci, 2011, 100-101.<\/p>\n<p id=\"footnote17_6auq76m\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref17_6auq76m\">[17]<\/a> <em>Idem.<\/em><\/p>\n<p id=\"footnote18_pzttxqa\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref18_pzttxqa\">[18]<\/a> <em>Idem<\/em><\/p>\n<p id=\"footnote19_r08cgqc\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref19_r08cgqc\">[19]<\/a> Boutin, 2017, 149-150.<\/p>\n<p id=\"footnote20_xltq55b\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref20_xltq55b\">[20]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> 136.<\/p>\n<p id=\"footnote21_f0ua0gq\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref21_f0ua0gq\">[21]<\/a> La pi\u00e8ce, con\u00e7ue par F\u00e9lix-Antoine Boutin et Odile Gamache, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 La Friche la Belle de Mai le 11 octobre 2016 dans le cadre du festival Actoral (Marseille, France). Elle a ensuite \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e au Qu\u00e9bec en novembre 2016 (Usine C) et en octobre 2017 (Th\u00e9\u00e2tre La Chapelle). Les fragments textuels soulign\u00e9s ou en caract\u00e8re gras sont projet\u00e9s sur un \u00e9cran durant la repr\u00e9sentation. Sur un tableau blanc, plus petit, des dessins sont aussi projet\u00e9s, \u00e9tablissant un dialogue silencieux avec les graphies et avec les actions sc\u00e9niques.<\/p>\n<p id=\"footnote22_7b5l1n6\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref22_7b5l1n6\">[22]<\/a> <em>Ibid.<\/em>, 141.<\/p>\n<p id=\"footnote23_n666548\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref23_n666548\">[23]<\/a> <em>Ibid.<\/em>, 150.<\/p>\n<p id=\"footnote24_akayxtf\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref24_akayxtf\">[24]<\/a> <em>Ibid.<\/em>, 154.<\/p>\n<p id=\"footnote25_rngxn3x\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref25_rngxn3x\">[25]<\/a> <em>Ibid.<\/em>, 183.<\/p>\n<p id=\"footnote26_m9ej09u\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref26_m9ej09u\">[26]<\/a> <em>Ibid.<\/em>, 182.<\/p>\n<p id=\"footnote27_1mqdhl9\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref27_1mqdhl9\">[27]<\/a> Le Breton, 2015, 194.<\/p>\n<p id=\"footnote28_bf7bq71\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref28_bf7bq71\">[28]<\/a> <em>Idem.<\/em><\/p>\n<p id=\"footnote29_dp6u5ch\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref29_dp6u5ch\">[29]<\/a> Le Breton, 2015, 195.<\/p>\n<p id=\"footnote30_h56u3a5\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref30_h56u3a5\">[30]<\/a> Boutin, 2017, 201.<\/p>\n<\/section>\n<p><!--\/novelty_footnote_list()--><\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Cyr, Catherine. 2017. \u00abBlancheur : p\u00e9riph\u00e9ries\u00bb, <em>Postures<\/em>, Dossier \u00ab La disparition de soi : corps, individu et soci\u00e9t\u00e9 \u00bb, n\u00b026, En ligne, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5619 (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx).<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/cyr_26.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 cyr_26.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-b994d285-3205-4d47-9e61-4731a1547628\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/cyr_26.pdf\">cyr_26<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/cyr_26.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-b994d285-3205-4d47-9e61-4731a1547628\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier \u00ab La disparition de soi : corps, individu et soci\u00e9t\u00e9 \u00bb, n\u00b026 J\u2019\u00e9cris ce texte depuis un exil approximatif. \u00c0 (quelque) distance du ressac. * Survivance\u00a0: le mot n\u2019est pas exact. * \u00ab\u00a0[J]\u2019appellerai blancheur cet \u00e9tat d\u2019absence \u00e0 soi plus ou moins prononc\u00e9, le fait de prendre cong\u00e9 de soi sous une forme ou [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_coblocks_attr":"","_coblocks_dimensions":"","_coblocks_responsive_height":"","_coblocks_accordion_ie_support":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[1275,1274,1139],"tags":[88],"class_list":["post-5619","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-individu-et-societe","category-la-disparition-de-soi-corps","category-preface","tag-cyr-catherine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5619","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5619"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5619\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8710,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5619\/revisions\/8710"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5619"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5619"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5619"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}