{"id":5627,"date":"2024-06-13T19:48:29","date_gmt":"2024-06-13T19:48:29","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/fourbe-comme-un-arabe-ou-lautre-dans-the-alexandria-quartet\/"},"modified":"2024-09-04T15:38:08","modified_gmt":"2024-09-04T15:38:08","slug":"fourbe-comme-un-arabe-ou-lautre-dans-the-alexandria-quartet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5627","title":{"rendered":"Fourbe comme un Arabe ou l\u2019autre dans \u00ab The Alexandria Quartet \u00bb"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6896\">Dossier \u00abL&rsquo;Autre : po\u00e9tique et repr\u00e9sentations litt\u00e9raires de l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9\u00bb, n\u00b025<\/a><\/h5>\n<p>S\u2019il y a un aspect de <em>The Alexandria Quartet<\/em> de Lawrence Durrell (1957-1960) qui a \u00e9t\u00e9 abondamment comment\u00e9 par les critiques de l\u2019auteur, c\u2019est bien son exotisme outrancier. Ce r\u00e9cit d\u2019un \u00e9crivain en devenir, calqu\u00e9 sur un Durrell qui a lui-m\u00eame travaill\u00e9 au Foreign Office durant son s\u00e9jour \u00e0 Alexandrie, est bien camp\u00e9 dans un syst\u00e8me narratif carburant \u00e0 l\u2019orientalisme. Na\u00efvement, le lecteur se laisse raconter des historiettes, des rituels et des coutumes d\u2019outre-mer paradoxalement si \u00e9tranges et si familiers\u00a0: qu\u2019il conna\u00eet sans doute depuis sa tendre enfance. Sa compr\u00e9hension d\u00e9pend essentiellement d\u2019\u00e9l\u00e9ments qu\u2019il conna\u00eet d\u00e9j\u00e0. Il interpr\u00e8te les gestes des personnages alexandrins en fonction d\u2019un r\u00e9pertoire culturel qui lui permet de donner du sens \u00e0 leurs actes. C\u2019est par l\u2019interm\u00e9diaire de ce va-et-vient encyclop\u00e9dique que le lecteur manipule des st\u00e9r\u00e9otypes (Dufays, 2010, 23). Suivant cette perspective, cet article analyse comment le d\u00e9j\u00e0-vu et le d\u00e9j\u00e0-l\u00e0 participent \u00e0 fa\u00e7onner le portait de l\u2019Arabe dans <em>The Alexandria Quartet<\/em>.<\/p>\n<h2>Auteur imp\u00e9rialiste<\/h2>\n<p>Si plusieurs commentateurs n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 classer l\u2019\u0153uvre de Lawrence Durrell parmi les plus grands textes exotiques du dernier si\u00e8cle (Pelletier, Moura), peu d\u2019entre eux se sont r\u00e9ellement int\u00e9ress\u00e9s au fonctionnement de cet \u00abexotisme\u00bb. De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019exotique, comme l\u2019explique Moura, \u00abpeut \u00eatre d\u00e9fini comme aptitude \u00e0 \u00eatre \u00e9mu par le spectacle surprenant qu\u2019offre l\u2019\u00e9tranger et comme d\u00e9sir d\u2019en rendre la singularit\u00e9 par le moyen de l\u2019art\u00bb. Le lecteur, ajoute-t-il, reconna\u00eet l&rsquo;exotisme essentiellement par la description (Moura, 2000, 535). C\u2019est par l\u2019ensemble des lieux, des personnes, des actes que le lointain parvient au lecteur. Pas n\u2019importe quel lecteur\u00a0: celui anticip\u00e9 par l\u2019auteur, car il va sans dire que, par exemple pour le <em>Quartet<\/em>, un lecteur alexandrin ne ressentirait pas cette singularit\u00e9 de la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019un lecteur anglais.\u00a0<\/p>\n<p>Nous allons donc dans un premier temps examiner le profil de ce lecteur occidental \u00e0 partir de la figure de l\u2019auteur. Si les Britanniques tentent de maintenir une certaine emprise sur la r\u00e9gion du Nil, il n\u2019en demeure pas moins que l\u2019\u00c9gypte est depuis l\u2019Antiquit\u00e9 une porte vers l\u2019Orient et toute sa mythologie. Mais comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, cette description de l\u2019Orient \u00abhas less to do with the Orient than it does with \u201cour\u201d world\u00bb (Said, 1994, 12.). En fait, Said va plus loin et rajoute que ce qui compte, c\u2019est notre connaissance de l\u2019Orient, car elle fait autorit\u00e9, elle domine ce m\u00eame Orient et s\u2019impose comme seule r\u00e9alit\u00e9. Au sujet du <em>Quartet<\/em>, James Gifford note d\u2019ailleurs que\u00a0: \u00ab\u00a0[it] is an orientalist text in that it stirs ideas of the mystical Muslim world which one must admit exists primarily in the Western mind. However, this superficial image evoked for mood is quickly usurped by an Orient which is completely unknown\u00bb (Gifford, 1999). Cette m\u00e9connaissance se traduit notamment par la constante confusion (parfois volontaire) entre les cultures copte et musulmane. Dans <em>Justine<\/em>, par exemple, le narrateur r\u00e9v\u00e8le que plusieurs des amis de Nessim Hosnani le surnomment \u00ab\u00a0Prince\u00a0\u00bb (<em>Justine<\/em>, 29). Bien qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une boutade, elle est en quelque sorte av\u00e9r\u00e9e par le texte. La description de Nessim qui s\u2019ensuit s&rsquo;inscrit dans une logique Europe\/Orient singuli\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0Yet the factors which gave him a reputation for eccentricity were neither of them remarkable to those who had lived outside the Levant\u00a0\u00bb (<em>Ibid<\/em>.). Ce sobriquet renvoie donc \u00e0 une vision traditionnellement occidentale d\u2019un Arabe tout droit issu des <em>Mille et une nuits<\/em>, alors qu\u2019en fait Nessim est Copte. De plus, au moment o\u00f9 le narrateur fait ce rapprochement douteux sur les mani\u00e8res princi\u00e8res de son ami, il poursuit en affirmant que celles-ci n\u2019ont rien de particulier pour un Occidental. Or, il contredit \u00e0 nouveau cette vision de Nessim\u00a0: \u00ab\u00a0People were inclined to attribute his manners to a foreign education, but in fact Germany and England had done little\u00a0\u00bb (<em>Ibid<\/em>). Cet appel au savoir (fictionnel) sur l\u2019Orient est n\u00e9cessaire, car le \u00ab\u00a0lecteur recherche [\u2026] en premier lieu une <em>certaine conformit\u00e9 du texte aux st\u00e9r\u00e9otypes qui forment sa comp\u00e9tence<\/em>\u00a0\u00bb (Dufays, 122). Il a d\u00e8s le d\u00e9part une certaine difficult\u00e9 \u00e0 se figurer un tableau complet du personnage de Nessim, que d\u00e9double une \u00ab\u00a0inconstance\u00a0\u00bb dans la description raciale, un ph\u00e9nom\u00e8ne que Durrell entretient tout au long du <em>Quartet<\/em>, en plus de l\u2019appliquer \u00e0 plusieurs autres personnages, comme il le sera montr\u00e9 plus loin.\u00a0<\/p>\n<p>Ce sc\u00e9nario mettant en sc\u00e8ne un Nessim pris entre deux civilisations n\u2019est pas sans rappeler les origines de Lawrence Durrell lui-m\u00eame. N\u00e9 en Inde, il est issu d\u2019une famille bourgeoise qui \u00ab\u00a0was well integrated into the Raj and admired the sense of privilege and rank characteristic of hierarchical British society\u00bb (Kaczvinsky, 2007, 101). Si Durrell n\u2019a jamais h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 se moquer de l\u2019Angleterre, qu\u2019il surnommait <em>Puddin\u2019 Island<\/em> et consid\u00e9rait comme une soci\u00e9t\u00e9 pompeuse et suffisante, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019il ne s\u2019est jamais compl\u00e8tement distanci\u00e9 des politiques et des structures sociales de l\u2019Empire. C\u2019est d\u2019ailleurs depuis une \u00eele, territoire similaire \u00e0 la nation-m\u00e8re, que le narrateur de <em>Justine <\/em>d\u00e9crit son exp\u00e9rience alexandrine\u00a0: \u00abOn these spring mornings while the island slowly uncurls from the sea in the light of an early sun I walk about on the deserted beaches, trying to recover my memories of the time spent in Upper Egypt.\u00bb (<em>Justine,<\/em> 185) Kaczvinsky parlera d\u2019<em>ornementalism <\/em>pour qualifier cette \u00abhierarchy made visible, immanent and actual\u00a0\u00bb (Kaczvinsky, 2007, 95). Il ne faut toutefois pas se m\u00e9prendre sur Durrell\u00a0: s\u2019il fait montre d\u2019un go\u00fbt prononc\u00e9 pour la hi\u00e9rarchie et la mondanit\u00e9, il serait faux de r\u00e9duire sa position complexe \u00e0 celle d\u2019un royaliste ou d\u2019un conservateur empreint d\u2019un ordre d\u00e9j\u00e0 r\u00e9volu dans le <em>Quartet<\/em>. L\u2019\u00e9crivain Pursewarden \u00e9met semblable nuance dans <em>Mountolive<\/em>:<\/p>\n<blockquote>\n<p>Today it all looks to me like a silly shadow-play, for ruling is an art, not a science, just as a society is an organism, not a system. Its smallest unit is the family and really royalism is the right structure for it\u2014for a Royal Family is a mirror image of the human, a legitimate idolatry. I mean, for us, the British, with our essentially quixotic temperament and mental sloth. I don\u2019t know about the others. As for capitalism, its errors and injustices are all remediable, by fair taxation. We should be hunting not for an imaginary equality among men, but simply for a decent equity (<em>Mountolive<\/em>, 439)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En ce qui concerne Durrell, il s\u2019agit davantage d\u2019une id\u00e9ologie relevant du \u00abchacun \u00e0 sa place\u00bb et reconduisant l\u2019importance de conna\u00eetre la place de chacun dans l\u2019Alexandrie du <em>Quartet<\/em>. Le narrateur insiste sur cet aspect d\u00e8s le d\u00e9but de sa relation avec Justine\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>It can come to nothing, this love-affair between a poor school teacher and an Alexandrian society woman. How bitter it would be to have it all end in a conventional scandal which would leave us alone together and give you the task of deciding how to dispose of me. (<em>Justine<\/em>, 28)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019auteur a lui-m\u00eame assum\u00e9 semblable t\u00e2che du \u00abwho\u2019s who\u00bb de 1942 \u00e0 1945 alors qu\u2019il travaille au Caire et \u00e0 Alexandrie en tant que <em>Public Information Officer<\/em>. C\u2019est essentiellement \u00e0 partir de cette pr\u00e9disposition d\u2019esprit que Durrell s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019univers hell\u00e9nique de l\u2019\u00c9gypte, car comme le souligne Lilios : \u00ab hardly any Islamic, Arabic-speaking Egyptian characters of any significance appear in the <em>Quartet<\/em>\u00bb (Lillios, 2004, 22.). En fait, le projet de Durrell est enti\u00e8rement bas\u00e9 sur l\u2019Alexandrie d\u2019un personnage qu\u2019il n\u2019a jamais rencontr\u00e9, le po\u00e8te d\u2019origine grecque Constantine Cavafy. Ironiquement, Lillios note que l\u2019auteur avoue en entrevue avoir longuement h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir le r\u00e9cit du <em>Quartet<\/em> \u00e0 Ath\u00e8nes, \u00ab\u00a0but it lacked Alexandria\u2019s juxtaposition of races and cultures\u00bb (24). Cette pluralit\u00e9 semble plut\u00f4t anecdotique, car comme il a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9, le roman pr\u00e9sente surtout la portion grecque d\u2019Alexandrie.<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019\u00c9gypte que Durrell id\u00e9alise et d\u00e9crit semble plaqu\u00e9e sur des principes et des attentes qui participent davantage \u00e0 un point de vue occidental sur l\u2019Orient \u00e0 telle enseigne qu\u2019il exclut totalement les \u00e9l\u00e9ments qui composent cet Orient, tels que les Arabes et les musulmans.<\/p>\n<h2>L\u2019autre et l\u2019exotisme<\/h2>\n<p>Nous pouvons d\u00e9sormais analyser la repr\u00e9sentation de l\u2019Arabe par l\u2019interm\u00e9diaire de deux \u00e9l\u00e9ments: la posture d\u2019\u00e9crivain de Durrell et l&rsquo;exotisme en tant que tel. Si cette posture est effectivement difficile \u00e0 \u00e9tablir en regard de ce faux-semblant d\u2019exotisme, c\u2019est qu\u2019il est d\u00e9j\u00e0 complexe de d\u00e9m\u00ealer ce qui est ironique de ce qui rel\u00e8ve de l\u2019ignorance chez Durrell. Sans pr\u00e9sumer des intentions de l\u2019auteur, il est tout de m\u00eame possible d\u2019analyser le texte afin de mieux cerner ce qui compose l\u2019effet d\u2019\u00e9tranget\u00e9 qu\u2019il para\u00eet d\u2019abord naturel d\u2019associer \u00e0 l\u2019exotisme.<\/p>\n<p>L\u2019exotisme litt\u00e9raire renvoie d\u2019ordinaire \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de soi, \u00e0 la nostalgie, au d\u00e9sir de rencontre de l\u2019Autre. Daniel-Henri Pageaux en retient deux aspects\u00a0: \u00ab\u00a0La th\u00e9\u00e2tralisation, qui change l\u2019autre en spectacle et l\u2019inclut dans un d\u00e9cor; la sexualisation, qui permet de le dominer ou de s\u2019y abandonner\u00bb (Pageaux). \u00a0Alexandrie est sans aucun doute un th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 \u00abonly the city is real\u00bb. Le narrateur d\u00e9crit chacun des personnages comme s\u2019ils se promenaient sur une sc\u00e8ne, notablement Justine\u00a0:\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p>And with what feeling she reached the passage where the old man throws aside the ancient love-letter which had so moved him and exclaims: \u201cI go sadly out on to the balcony; anything to change this train of thought, even if only to see some little movement in the city I love, in its streets and shops!\u201d Herself pushing open the shutters to stand on the dark balcony above a city of coloured lights: feeling the evening wind stir from the confines of Asia: her body for an instant forgotten (<em>Justine,<\/em> 28-29).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sa position sur\u00e9lev\u00e9e sur le balcon donne au passage une tonalit\u00e9 th\u00e9\u00e2trale. Le regard que porte Justine sur cette ville lumineuse et color\u00e9e ram\u00e8ne en m\u00e9moire le c\u00e9l\u00e8bre monologue <em>All the World\u2019s A Stage<\/em> dans <em>As You Like It <\/em>de Shakespeare. Mais elle n\u2019est pas seulement un observateur, elle est elle-m\u00eame le centre d\u2019attraction. Dans cet extrait, le narrateur met Justine en spectacle, lui fait r\u00e9p\u00e9ter les gestes et s&rsquo;approprier les pens\u00e9es d\u2019un personnage issu des \u00e9crits du vieux po\u00e8te. Le balcon, pr\u00e9lude \u00e0 l\u2019amour dans l\u2019univers shakespearien, est depuis le XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle le lieu des amours pervers tels que Baudelaire les a versifi\u00e9s\u00a0: \u00ab\u00a0Et les soirs au balcon, voil\u00e9s de vapeurs roses, \/ Que ton sein m&rsquo;\u00e9tait doux! que ton c\u0153ur m&rsquo;\u00e9tait bon!\u00a0\u00bb (Baudelaire, 1858, 152). Ces brumes vesp\u00e9rales ne sont pas sans rappeler le vent des confins de l\u2019Asie exalt\u00e9 par le narrateur du <em>Quartet<\/em>. Cette mise en sc\u00e8ne rel\u00e8ve d\u2019un exotisme sensuel et \u00e9rotis\u00e9 o\u00f9 le balcon est \u00e0 la fois le lieu de l\u2019exhibition d\u2019une sexualit\u00e9 interdite et le refuge d\u2019un rationalisme occidental qui occulte et moralise ce rapport hors norme. N\u2019est-ce pas ce que conclut Justine en d\u00e9clarant : \u00abYou talk as if there was a choice. We are not wrong or evil enough to exercise choice. All this is part of an experiment arranged by something else, the city perhaps, or another part of ourselves\u00bb (<em>Justine<\/em>, 28).<\/p>\n<p>La sexualit\u00e9 appelle g\u00e9n\u00e9ralement dans le <em>Quartet<\/em> le laisser aller, l\u2019abandon de soi. D\u00e8s les premi\u00e8res pages de J<em>ustine,<\/em> Pombal r\u00e9sume la vie sexuelle alexandrine en ces termes : \u00abTo a Frenchman the love here is interesting. They act before they reflect. When the time comes to doubt, to suffer remorse, it is too hot, nobody has the energy. It lacks <em>finesse<\/em>, this animalism, but it suits me.\u00bb (<em>Justine<\/em>, 12) La chaleur et l\u2019animalit\u00e9 sont deux \u00e9l\u00e9ments qui reviennent souvent sous la plume de celui que le Fran\u00e7ais d\u00e9signe sous le sobriquet <em>Brother Ass<\/em> pour d\u00e9crire le \u00abbaudouinage\u00bb\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>I told myself in a mirror whose cracks had been pasted over with the trimmings of postage stamps. I meant of course the whole portentous scrimmage of sex itself, the act of penetration which could lead a man to despair for the sake of a creature with two breasts and le <em>croissant <\/em>as the picturesque Levant slang has it. The sound within had increased to a sly groaning and squeaking \u2014 a combustible human voice adding itself to the jostling of an ancient wooden-slatted bed. This was presumably the identical undifferentiated act which Justine and I shared with the common world to which we belonged. How did it differ? How far had our feelings carried us from the truth of the simple, devoid beast-like act itself? (<em>Justine<\/em>, 151)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019entrem\u00ealement des mots \u00ab\u00a0croissant\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Levant\u00a0\u00bb associe explicitement l\u2019exotisme \u00e0 l&rsquo;\u00e9rotisme. Il proc\u00e8de en outre de la dynamique d\u00e9j\u00e0 not\u00e9e opposant la relation raisonn\u00e9e que le narrateur qualifie de \u00abgreek passion-love\u00bb (<em>Justine<\/em>, 137) \u00e0 un monde \u00abfaintly warm and sticky inside\u00bb, \u00e0 l\u2019image du <em>tarbush<\/em><a id=\"footnoteref1_osk7wrh\" class=\"see-footnote\" title=\"Un chapeau en arabe.\" href=\"#footnote1_osk7wrh\">[1]<\/a> qu\u2019il ramasse quelques instants avant cet \u00e9pisode.<\/p>\n<p>Si ces exemples montrent bien que le narrateur tente de romancer et d\u2019orientaliser son r\u00e9cit afin de s\u00e9duire un lectorat occidental pr\u00e9dispos\u00e9 aux r\u00e9cits empreints de charme oriental, une lecture attentive du <em>Quartet<\/em> d\u00e9voile un m\u00e9canisme beaucoup plus complexe en ce qui a trait \u00e0 l\u2019usage de cet effet d\u2019exotisme<em>.<\/em> Bien qu\u2019il rev\u00eate les caract\u00e9ristiques d\u2019un \u00ab\u00a0th\u00e9\u00e2tre bariol\u00e9\u00a0\u00bb, pour reprendre les mots de Moura, l\u2019exotisme de Durrell s\u2019av\u00e8re un artifice, une \u00ab\u00a0r\u00e9action vive et curieuse au choc d\u2019une individualit\u00e9 forte contre une objectivit\u00e9 dont elle per\u00e7oit et d\u00e9guste la distance\u00a0\u00bb (Segalen, 1978, 38).\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019interpr\u00e9tation commune du r\u00e9cit du <em>Quartet <\/em>s\u2019aligne sur celle du narrateur, suivant ainsi un dessein d\u00e9ceptif. L\u2019exotisme ne s\u2019y r\u00e9duit pourtant pas \u00e0 un ornement attrayant, mais recouvre ce que Victor Segalen nomme \u00ab\u00a0le sentiment que nous avons du Divers\u00a0\u00bb (385). Il identifie de cette fa\u00e7on la complexit\u00e9 du dehors et du rapport \u00e0 l\u2019Autre que Durrell se propose d\u2019explorer dans son \u0153uvre et qu\u2019il exprime notamment par l\u2019interm\u00e9diaire de Justine\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u201cLook! Five different pictures of the same subject. Now if I wrote I would try for a multi-dimensional effect in character, a sort of prism-sightedness. Why should not people show more than one profile at a time?\u201d <em>(Justine<\/em>, 28)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est \u00e0 cette multiplication cubiste des facettes d\u2019un m\u00eame profil que s\u2019attache le narrateur dans le premier tome du\u00a0<em>Quartet<\/em>. Entre celles-ci, des interstices demeurent pourtant\u00a0: l\u2019\u0153uvre de Durrell est ainsi parsem\u00e9e de blancs qui rendent difficile la circonscription des objets sch\u00e9matis\u00e9s dans le texte, suivant une strat\u00e9gie d\u2019\u00e9criture nomm\u00e9e ind\u00e9termination. S\u2019il y a ind\u00e9termination dans les objets sch\u00e9matis\u00e9s, c\u2019est qu\u2019il y en a d\u00e9j\u00e0 dans la perception de ceux-ci.<\/p>\n<p>Wolfgang Iser consid\u00e8re l\u2019ind\u00e9termination comme une condition fondamentale de la communication, ajoutant qu\u2019\u00ab\u00a0elle permet la participation du lecteur \u00e0 l\u2019intention du texte\u00a0\u00bb (Iser, 1976, 55.). Elle stimule l\u2019imagination du lecteur, qui doit suppl\u00e9er au texte pour pouvoir continuer sa lecture. Rachel Bouvet remarque que, chez Iser, l\u2019ind\u00e9termination doit toujours \u00eatre r\u00e9solue (Bouvet, 1998, 9). Or, l\u2019analyse du texte fantastique montre que ce n\u2019est pas toujours le cas. Bouvet distingue deux types d\u2019ind\u00e9termination dans les recherches d\u2019Ingarden et Iser : 1) les n\u00e9gations primaires qui consistent en les transgressions de l\u2019ensemble des connaissances et du bagage culturel du lecteur; 2) les n\u00e9gations secondaires qui sont le produit des strat\u00e9gies d\u2019\u00e9criture et des configurations s\u00e9mantiques du lecteur. C\u2019est cette deuxi\u00e8me cat\u00e9gorie qui int\u00e9resse particuli\u00e8rement Bouvet et pousse la th\u00e9oricienne \u00e0 l\u2019explorer dans le cadre du texte fantastique o\u00f9 la n\u00e9gation secondaire rend impossible la r\u00e9solution d\u2019un texte en plus de d\u00e9voiler au lecteur sa propre position dans les rouages de celui-ci.<\/p>\n<p>Bertrand Gervais rappelle que les ind\u00e9terminations d\u00e9pendent du mode de lecture et insiste quant au choix que le lecteur doit faire : \u00ab comprendre mieux ou progresser plus avant\u00bb (Gervais, 2006, 43). Ces deux r\u00e9gimes ont des motivations diff\u00e9rentes. \u00c0 ce sujet, Bouvet, s\u2019inspirant de Gervais, distingue la <em>lecture-en-progression<\/em> de la <em>lecture-en-compr\u00e9hension<\/em>. La premi\u00e8re est gouvern\u00e9e par le d\u00e9sir de se laisser emporter par le r\u00e9cit, de suivre l\u2019intrigue. Il s\u2019agit d\u2019une lecture minimale qui forme des illusions cognitives. La <em>lecture-en-compr\u00e9hension<\/em> exige pour sa part de comprendre et de prendre son temps.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, si le premier tome du <em>Quartet<\/em> est au d\u00e9part fragmentaire, il se d\u00e9veloppe rapidement dans la seconde partie une trame narrative cr\u00e9ant un certain suspense quant \u00e0 la relation de Darley et Justine et \u00e0 l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 que Nessim, instruit de cela, en vienne \u00e0 commettre l\u2019irr\u00e9parable. Cette tension est d\u00e9not\u00e9e dans un style haletant en plus d\u2019\u00eatre accompagn\u00e9e de plus en plus de r\u00e9v\u00e9lations sur la possible double vie que m\u00e8nent certains personnages (Cohen qui est \u00e0 la t\u00eate des services secrets, par exemple). Le lecteur du <em>Quartet<\/em> proc\u00e8de donc avant tout selon une \u00ab\u00a0lecture en progression\u00a0\u00bb et se pr\u00e9occupe cons\u00e9quemment peu des blancs dans la narration.<\/p>\n<h2>L\u2019art de combler les blancs<\/h2>\n<p>Cette analyse du mode de lecture laisse bien s\u00fbr en suspens plusieurs questions au sujet du processus propre au lecteur du\u00a0<em>Quartet<\/em>.\u00a0Lire la suite du r\u00e9cit ne fixe pas le sens de celui-ci. En fait,\u00a0<em>Balthazar,<\/em>\u00a0<em>Mountolive\u00a0<\/em>et\u00a0<em>Clea<\/em>\u00a0offrent des issues distinctes aux intrigues du premier tome sans n\u00e9cessairement se contredire tout \u00e0 fait. Ces diff\u00e9rentes r\u00e9alit\u00e9s coexistent m\u00eame, dans une certaine mesure. Si c\u2019est toutefois le cas, pourquoi le lecteur n\u2019est-il pas compl\u00e8tement d\u00e9sorient\u00e9? Comment peut-il encore suivre la lecture anticip\u00e9e par l\u2019auteur comme un train d\u00e9roule sous lui les rails? Apr\u00e8s tout, pour que le roman leurre son lecteur comme il le fait, il faut qu\u2019il l\u2019ait bien conduit jusqu\u2019au pi\u00e8ge que lui tendait l\u2019auteur. L\u2019exotisme participe \u00e0 la mise en place de cette m\u00e9canique.<\/p>\n<p>Il importe de consid\u00e9rer la question du genre litt\u00e9raire. Selon Dufays, le genre est un \u00ab\u00a0ensemble plus ou moins organis\u00e9 de s\u00e9quences st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es et de <em>topo\u00ef<\/em> qui permet de structurer une s\u00e9rie illimit\u00e9e de discours\u00bb (Dufays, 101). Le genre auquel appartient avant tout le <em>Quartet <\/em>est le r\u00e9cit de voyage. Moura le classe plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans la rubrique du r\u00e9cit de voyage r\u00e9trospectif (Moura, 597.). <em>Justine<\/em> d\u00e9bute notamment avec cette declaration\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>I have escaped to this island with a few books and the child \u2014 Melissa\u2019s child. I do not know why I use the word \u201cescape\u201d. The villagers say jokingly that only a sick man would choose such a remote place to rebuild. Well, then, I have come here to heal myself, if you like to put it that way\u2026 (<em>Justine<\/em>, 17)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est ainsi que s\u2019amorce ce premier retour en arri\u00e8re racont\u00e9 dans un style fragmentaire rappelant le carnet de voyage. Consid\u00e9rant le fait que le narrateur s\u2019installe sur une \u00eele, le choix du mot \u00abescape\u00bb est effectivement particulier, puisqu\u2019il va \u00e0 l\u2019encontre du r\u00e9cit plus commun depuis le XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle de Daniel Defoe ou de Jonathan Swift. L\u2019\u00eele n\u2019est plus le lieu dont il faut s\u2019\u00e9chapper, elle ici est un refuge, un hospice pour le voyageur.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, ce genre produit son lot d\u2019exotisme. Il carbure \u00e0 l\u2019effet d\u2019\u00e9tranget\u00e9 en employant une toponymie \u00e9trang\u00e8re, la rue Fuad ou le lac Mareotis par exemple, ou encore en utilisant un vocabulaire issu d\u2019autres langues : \u00abtarbush, croissant, Bab, etc.\u00bb Mais il renvoie aussi \u00e0 du d\u00e9j\u00e0-vu\/d\u00e9j\u00e0-connu\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>Justine had a child, by whom I do not know. It was kidnapped and disappeared one day. About six years old. A girl. These things do happen quite frequently in Egypt as you know. Later she heard that it had been seen or recognized and began a frantic hunt for it through the Arab quarter of every town, through every house of ill-fame, since you know what happens to parentless children in Egypt. <em>(Justine<\/em>, 82)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019usage redoubl\u00e9 en quelques lignes du \u00abyou know\u00bb fait appel aux id\u00e9es re\u00e7ues du lecteur, une premi\u00e8re fois en mettant de nouveau \u00e0 l\u2019avant-plan cette vision d\u2019un pays inhospitalier et barbare, la seconde en faisant un rapprochement douteux entre l\u2019exploitation sexuelle des enfants et les quartier arabes. Ce st\u00e9r\u00e9otype a pour but de stimuler la r\u00e9action \u00abpassive\u00bb et \u00abautomatique\u00bb du lecteur \u00e0 l\u2019univers r\u00e9f\u00e9rentiel du texte. Si c\u2019est avant tout par la r\u00e9currence que les st\u00e9r\u00e9otypes fonctionnent, Dufays a \u00e9galement r\u00e9pertori\u00e9, notamment gr\u00e2ce aux \u00e9tudes d\u2019Amossy (<em>le discours clich\u00e9s,<\/em>\u00a01982), cinq fonctions de ceux-ci :<\/p>\n<p>1) comme ils sont ais\u00e9ment reconnaissables, ils donnent une impression de clart\u00e9,\u00a0 d&rsquo;univocit\u00e9,\u00a0 et acc\u00e9l\u00e8rent ainsi le rythme de la lecture;<\/p>\n<p>2)\u00a0 comme ce sont aussi des signaux g\u00e9n\u00e9riques, ils orientent l\u2019attention du lecteur vers des horizons de sens familiers;<\/p>\n<p>3) ils favorisent la production de l&rsquo;illusion r\u00e9f\u00e9rentielle, contribuent \u00e0 l&rsquo;effet de vraisemblance et de r\u00e9alisme, lib\u00e8rent des significations conformes \u00e0 la conception que le lecteur se fait du r\u00e9el ;<\/p>\n<p>4) ils stimulent l&rsquo;identification du lecteur aux personnages de la fiction en lui proposant des situations qu&rsquo;il reconnait comme conformes \u00e0 son exp\u00e9rience ou \u00e0 ses fantasmes;<\/p>\n<p>5) comme les lieux communs de la rh\u00e9torique ancienne, ils conf\u00e8rent au discours qui les emploie une certaine force argumentative (Dufays, 230).<\/p>\n<p>Ainsi, ces clich\u00e9s exotiques ont avant tout dans le <em>Quartet <\/em>une fonction ornementale, en particulier lorsque le narrateur, se sentant \u00e9pi\u00e9 par les hommes de Nessim, demande \u00e0 One-eye Hamid si l\u2019homme qu\u2019il a aper\u00e7u correspondait au signalement de l\u2019un des hommes de son ami copte et conclut non sans une certaine pointe de racisme : \u00abbut it also might have been any of the 150,000 inhabitants of the province\u00bb (<em>Justine<\/em>, 122) Suivant cet \u00e9nonc\u00e9, le personnage de Selim serait interchangeable avec n\u2019importe lequel des 150 000 Arabes de la r\u00e9gion. De plus, le mot \u00abmaster\u00bb, employ\u00e9 pour d\u00e9crire la relation entre Hamid et Darley, renvoie une fois de plus \u00e0 un imaginaire de la servitude propre au monde arabe qu\u2019exacerbent \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle plusieurs peintres fran\u00e7ais ayant visit\u00e9 le Moyen-Orient ou le Maghreb, notamment Benjamin-Constant.<\/p>\n<p>En ce qui concerne ce pr\u00e9jug\u00e9 culturel, Dufays note que \u00abtoute lecture est d\u2019embl\u00e9e conditionn\u00e9e par des pr\u00e9jug\u00e9s ou par des habitudes contract\u00e9es lors de lectures ant\u00e9rieures\u00bb (Dufays, 219).Ces lectures exotiques ant\u00e9rieures sont d\u2019ailleurs soulign\u00e9es dans <em>Balthazar:<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p>This robust mind was far from splenetic though its judgements were harsh. I have seen him so moved in describing Joyce\u2019s encroaching blindness and D. H. Lawrence\u2019s illness that his hand shook and he turned pale. He showed me once a letter from the latter in which Lawrence had written: \u201cIn you I feel a sort of profanity \u2014 almost a hate for the tender growing quick in things, the dark Gods\u2026.\u201d He buckled. He deeply loved Lawrence but had no hesitation in replying on a post-card: \u201cMy dear DHL. This side idolatry \u2014 I am simply trying not to copy your habit of building a Taj Mahal around anything as simple as a good f\u2014k.\u201d (<em>Balthazar<\/em>, 283)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans le dernier extrait, Durrell en profite pour moquer la surench\u00e8re stylistique de son compatriote, D. H. Lawrence, qui visite d\u00e8s 1919 l\u2019Australie, l\u2019Italie, Ceylan, les \u00c9tats-Unis, le Mexique et le Sud de la France. La carri\u00e8re de Lawrence le m\u00e8ne \u00e0 \u00e9crire plusieurs textes, souvent \u00e0 caract\u00e8re \u00e9rotique, explorant les th\u00e8mes du voyage, de la nature et de l\u2019exotisme.<\/p>\n<p>La remarque ironique sur l\u2019\u00e9criture de D.H. Lawrence d\u00e9montre que Durrell est bien conscient de l\u2019effet produit par les clich\u00e9s exotiques qu\u2019il utilise pour construire son r\u00e9cit. En fait, l\u2019exotisme chez Durrell a une double, voire une triple fonction. La fonction au premier degr\u00e9 a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 not\u00e9e qui maintient le lecteur dans un processus \u00abpassif\u00bb afin qu\u2019il puisse progresser, mais existent aussi deux fonctions plus subversives. Dufays parle alors d\u2019une \u00e9nonciation aux deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me degr\u00e9s. Au deuxi\u00e8me degr\u00e9, l\u2019\u00e9nonc\u00e9 est pr\u00e9sent\u00e9 comme un d\u00e9j\u00e0-dit dont nul n\u2019est dupe. Celui-ci est trait\u00e9 fa\u00e7on ludique ou ironique. L\u2019extrait raillant D.H. Lawrence et sa vision du Taj Mahal rel\u00e8ve de cette cat\u00e9gorie. L\u2019\u00e9nonc\u00e9 au troisi\u00e8me degr\u00e9 pr\u00e9sente le st\u00e9r\u00e9otype d\u2019une mani\u00e8re complexe en le traitant alternativement ou simultan\u00e9ment comme un signe ordinaire et comme une citation. Deux op\u00e9rations d\u00e9coulent de ce proc\u00e9d\u00e9\u00a0: l\u2019identification du proc\u00e9d\u00e9 formel et l\u2019interpr\u00e9tation de la valeur qu\u2019accorde l\u2019auteur au st\u00e9r\u00e9otype (Dufays, 227).<\/p>\n<p>Cette double fonction de l\u2019exotisme, l\u00e0 o\u00f9 elle semble cr\u00e9er de l\u2019\u00e9tranget\u00e9, permet au lecteur de poursuivre sa lecture malgr\u00e9 certaines ind\u00e9terminations, pour ensuite se r\u00e9v\u00e9ler \u00eatre une mystification qui a profit\u00e9 de ses automatismes. De nombreuses sc\u00e8nes du <em>Quartet <\/em>participent de ce proc\u00e9d\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est le cas du r\u00e9cit de Narouz, le fr\u00e8re de Nessim. Introduit pour la premi\u00e8re fois dans <em>Balthazar<\/em>, il est l\u2019un des personnages qui suscitent le plus de sentiments contradictoires chez le narrateur\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>But when he raised his head to look at him, you saw at once what it was that had ruled Narouz\u2019s life like a dark star. His upper lip was split literally from the spur of the nose \u2014 as if by some terrific punch: it was a hare-lip which had not been caught up and bared in time. It exposed the ends of a white tooth and ended in two little pink tongues of flesh in the centre of his upper lip which were always wet. His dark hair grew down low and curly, like a heifer\u2019s, on to his brow. His eyes were splendid: of a blueness and innocence that made them almost like Clea\u2019s: indeed his whole ugliness took splendour from them. He had grown a ragged and uneven moustache over his upper lip, as someone will train ivy over an ugly wall \u2014 but the scar showed through wherever the hair was thin: and his short, unsatisfactory beard too was a poor disguise: looked simply as if he had remained unshaven for a week. It had no shape of its own and confused the outlines of his taurine neck and high cheekbones. (<em>Balthazar<\/em>, 251)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette description qui fait de lui un animal contraste avec celle du \u00ab\u00a0Prince\u00a0\u00bb Nessim. Le narrateur insiste sur l\u2019aspect bestial de Narouz, notamment lorsqu\u2019il traite du d\u00e9sir qu\u2019\u00e9prouve ce dernier pour Clea. Le jeune fr\u00e8re de la famille Hosnani m\u00e8ne de plus la vie d\u2019un \u00ab Coptic squire, never stirring from Karm Abu Girg where the Hosnani lands marched with the fringe of the desert \u00bb (<em>Ibid<\/em>.). Il incarne ce que Moussa nomme le mythe \u00ab du b\u00e9douin vivant librement au d\u00e9sert, dans un espace r\u00eav\u00e9 comme une Nature primitive, encore pr\u00e9serv\u00e9e\u00bb (Moussa, 2006, 246.). Plusieurs auteurs ont contribu\u00e9 \u00e0 constituer cet imaginaire, comme Ferdinand Freiligrath avec <em>Si j\u2019\u00e9tais sous le charme des portes de La Mecque<\/em> (1836), de m\u00eame que des chercheurs, comme Aflred Brehm avec <em>Reise-Skizzen\u2026 <\/em>(1855). Caroline Cazanave fait remonter \u00e0 la chanson de geste l\u2019apparition de ce mythe (Cazanave, 1988, 62.). L\u2019\u00e9pop\u00e9e m\u00e9di\u00e9vale regorge de r\u00e9cits d\u2019affrontements entre chr\u00e9tiens et musulmans. L\u2019\u00c9glise de Rome attribue sans discernement le nom de Sarrasins aux pa\u00efens issus d\u2019Afrique, d\u2019Asie et du Nord et du Nord-Est de l\u2019Europe (Bancourt,, 1982, 1-32.). Cazanave met au jour la vision particuli\u00e8rement raciste des trouv\u00e8res\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>Le portrait du m\u00e9cr\u00e9ant-type verse imm\u00e9diatement dans l\u2019outrance. L\u2019horrifique, lorsqu\u2019il est extravagant, ne peut-\u00eatre que drolatique. On berce sa peur en se donnant des raisons de rire. Le Sarrasin ploie sous une accumulation de traits singuliers qui le ridiculisent et lui font perdre toute cr\u00e9dibilit\u00e9. Sa peau est d\u2019une noirceur qui d\u00e9passe en profondeur celle de l\u2019encre, de la m\u00fbre, de la poix fondue ou de la sauce au poivre; ses yeux sont s\u00e9par\u00e9s par un entr\u2019\u0153il prodigieux; ses narines sont assez larges pour qu\u2019on y cache l\u2019\u0153uf d\u2019une oie; ses oreilles forment un r\u00e9ceptacle si accueillant qu\u2019on y pourrait engloutir la moiti\u00e9 d\u2019un setier de bl\u00e9 et s\u2019\u00e9panouissent si bien qu\u2019en cas de pluie elles peuvent s\u2019en servir de capuchon; sa bouche est une gueule fendue; ses dents lorsqu\u2019elles s\u2019entrechoquent font plus de bruit qu\u2019un marteau sur l\u2019enclume, etc., etc. Bref, le Sarrasin est d\u2019autant moins redoutable qu\u2019il est plus monstrueux (Cazanave, 1988, 63).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Malgr\u00e9 les si\u00e8cles qui ont pass\u00e9, une part de ces st\u00e9r\u00e9otypes demeure vivace dans l\u2019imaginaire social occidental. Le portrait du Sarrasin dans la chanson de geste est similaire \u00e0 celui qu\u2019en tire Darley \u00e0 partir de la lecture des notes de Balthazar sur Narouz. Il n\u2019en demeure pas moins que cette description du fr\u00e8re de Nessim est une diversion. Elle cherche avant tout \u00e0 taire les raisons qui conduisent \u00e0 sa mort. S\u2019il est souvent pr\u00e9sent\u00e9 comme une menace \u00e0 cause de son temp\u00e9rament impr\u00e9visible, ce n\u2019est pas parce qu\u2019il est un \u00eatre barbare, mais plut\u00f4t un d\u00e9vot, \u00e9l\u00e9ment qui ne prend tout son sens que dans <em>Mountolive<\/em>. Durrell entretient pour lui comme pour Nessim la confusion quant \u00e0 l\u2019origine de la famille Hosnani. Il laisse le lecteur confondre les Coptes avec les Arabes musulmans en cumulant les descriptions d\u00e9ceptives et les clich\u00e9s. Ce n\u2019est qu\u2019au terme du roman que le lecteur peut enfin comprendre que cet \u00e9pisode, auparavant r\u00e9duit \u00e0 l\u2019euthanasie d\u2019une b\u00eate, rel\u00e8ve plut\u00f4t d\u2019un complot politique \u00e0 l\u2019ampleur jusqu\u2019alors insoup\u00e7onn\u00e9e.<\/p>\n<p>La repr\u00e9sentation de l\u2019Arabe dans le <em>Quartet<\/em> met en relief l\u2019usage de st\u00e9r\u00e9otypes \u00e0 des fins d\u00e9ceptives. Ce b\u00e9douin fantasm\u00e9 n\u2019est que de la poudre aux yeux afin de permettre une continuit\u00e9 narrative relative. Il n\u2019en demeure pas moins que ce d\u00e9tournement de deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me degr\u00e9s du st\u00e9r\u00e9otype ne r\u00e9habilite jamais vraiment l\u2019image que le lecteur peut se faire de l\u2019Arabe. Il est par ailleurs renforc\u00e9 par le personnage musulman le plus important, Memlik Pasha, et qui est d\u00e9crit comme un \u00eatre qui ne sourit jamais,\u00a0\u00ab\u00a0morbidly superstitious\u00a0\u00bb, et \u00ab\u00a0incurably venal\u00a0\u00bb (<em>Mountolive<\/em>, 601). L\u2019autre chez Durrell ne s\u2019exp\u00e9rimente pas par le divers comme chez Segalen, mais par la reconnaissance du m\u00eame \u00e0 travers une culture hell\u00e9nique qui supplante un cosmopolitisme d\u00e9ceptif et ostentatoire. \u00a0<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<h3><strong>Corpus<\/strong><\/h3>\n<p>DURELL, Lawrence <em>The Alexandria Quartet<\/em>, Faber and Faber, Londres, 1957-1960 [1962].<\/p>\n<h3><strong>\u00c9tudes sur le corpus<\/strong><\/h3>\n<p>GIFFORD, James, \u00ab\u00a0Reading Orientalism and the Crisis of Epistemology in the Novels of Lawrence Durrell\u00a0\u00bb, <em>Comparative Literature and Culture: A WWWeb<\/em>, Journal 1,1999, [En ligne], <a href=\"http:\/\/dx.doi.org\/10.7771\/1481-4374.1036\">http:\/\/dx.doi.org\/10.7771\/1481-4374.1036<\/a>, (page consult\u00e9e le 18 d\u00e9cembre 2016).<\/p>\n<p>KACZVINSKY, Donald P, \u00ab A Source for Durrell&rsquo;s Darley \u00bb, <em>Journal of Modern Literature<\/em>, 15, 4; Periodicals Archive Online, vol.15, n<sup>o<\/sup> 4, 1989, p.\u00a0592-594.<\/p>\n<p>____, \u00ab\u00a0Memlik\u2019s House and Mountolive\u2019s Uniform: Orientalism, Ornamentalism, and <em>The Alexandria Quartet<\/em>\u00a0\u00bb, <em>Contemporary Literature<\/em>, vol. 48, n<sup>o<\/sup> 1, 2007, p. 93-118.<\/p>\n<p>LILLIOS, Anna (dir.), <em>Lawrence Durell and the Greek World<\/em>, Susquehanna University Press, 2004.<\/p>\n<p>PELLETIER, Jacques, \u00ab <em>Le Quatuor d&rsquo;Alexandrie<\/em> de Durrell : roman de la relativit\u00e9 \u00bb, <em>\u00c9tudes litt\u00e9raires<\/em>, vol. 3, n<sup>o<\/sup> 1, 1970, p.\u00a047-54.<\/p>\n<p>____, Le Quatuor d\u2019Alexandrie<em> de Lawrence Durrell<\/em>, Paris, Hachette, 1975.<\/p>\n<h3><strong>Th\u00e9orie de la lecture<\/strong>.<\/h3>\n<p>BOUVET, Rachel, <em>\u00c9tranges r\u00e9cits, \u00e9tranges lectures : Essai sur l\u2019effet fantastique<\/em>, Montr\u00e9al, PUQ, 2007[1998].<\/p>\n<p>DUFAYS, Jean-Louis, <em>St\u00e9r\u00e9otype et lecture, essai sur la r\u00e9ception litt\u00e9raire<\/em>, Bruxelles, Peter Lang, 2010.<\/p>\n<p>GERVAIS, Bertrand, <em>\u00c0 l\u2019\u00e9coute de la lecture<\/em>, Montr\u00e9al, VLB \u00c9diteur, 1993.<\/p>\n<p>____, <em>Lecture litt\u00e9raire et explorations en litt\u00e9rature am\u00e9ricaine<\/em>, Montr\u00e9al, Les \u00c9ditions XYZ, 1998.<\/p>\n<p>GERVAIS, Bertrand et Rachel Bouvet (dir.), <em>Th\u00e9ories et pratiques de la lecture litt\u00e9raire<\/em>, Qu\u00e9bec, PUQ, 2007.<\/p>\n<p>ISER, Wolfgang, <em>The Act of Reading: <\/em><em>A Theory of Aesthetic Response<\/em>, London, Routledge &amp; Kengan Paul, 1978.<\/p>\n<h3><strong>\u00c9tudes sur l\u2019exotisme<\/strong><\/h3>\n<p>BANCOURT, Paul, <em>Les Mulsulmans dans les chansons de geste du Cycle du Roi<\/em>, tome 2, Aix-en-Provence, Universit\u00e9 de Provence, 1982.<\/p>\n<p>CAZANAVE, Caroline, \u00ab\u00a0Sarrasins terrifiants, Sarrasines attrayantes\u00a0: double effet de la vision de l\u2019autre dans les chansons de geste\u00a0\u00bb, dans Alain Buisine et Norbert Dodille (dir.), <em>L\u2019Exotisme<\/em>, Cahiers CRLH, CIRAOI, n<sup>o<\/sup> 5, 1988, p.\u00a061-72.<\/p>\n<p>PAGEAUX, Daniel-Henri, \u00ab\u00a0Orientalisme\u00a0\u00bb, <em>Grand Atlas des litt\u00e9ratures<\/em>, Paris, <em>Encyclopedia Universalis<\/em>.<\/p>\n<p>MOURA, Jean-Marc, <em>Lire l\u2019exotisme<\/em>, Paris, Dunod, 1992.<\/p>\n<p>____,\u00a0<em>L\u2019Europe litt\u00e9raire et l\u2019ailleurs<\/em>, Paris, PUF, 1998.<\/p>\n<p>____, \u00ab\u00a0L\u2019exotisme fin-de-(XX<sup>e<\/sup>)-si\u00e8cle\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Revue de litt\u00e9rature compar\u00e9e<\/em>, n\u00ba 4, 2000, p. 533-553.<\/p>\n<p>MOUSSA, Sarga, \u00ab Le r\u00e9cit de voyage, genre \u201cpluridisciplinaire\u201d \u00bb \u00c0 propos des Voyages en \u00c9gypte au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle,\u00a0<em>Soci\u00e9t\u00e9s &amp; Repr\u00e9sentations<\/em>, n\u00b0 21, 2006, p. 241-253.\u00a0<\/p>\n<p>SAID, Edward,<em>\u00a0Orientalism<\/em>, Toronto, Random House, 1994.<\/p>\n<p>SEGALEN, Victor,\u00a0<em>Essai sur l\u2019exotisme<\/em>, Paris, Fata Morgana, LGF, 1978.<\/p>\n<p>____,\u00a0<em>Notes sur l&rsquo;Exotisme<\/em>, Paris, Mercure de France, 1955.<\/p>\n<h3><strong>\u00c9tudes narratologiques<\/strong><\/h3>\n<p>AMOSSY, Ruth,\u00a0<em>Les discours du clich\u00e9,<\/em>\u00a0Paris, Sedes, 1982.<\/p>\n<p>____, \u00ab\u00a0Argumentation et Analyse du discours : perspectives th\u00e9oriques et d\u00e9coupages disciplinaires\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Revue \u00e9lectronique du groupe ADARR<\/em>, [En ligne], <a href=\"http:\/\/aad.revues.org\/200\">http:\/\/aad.revues.org\/200<\/a>, 2008, (page consult\u00e9e le 28 f\u00e9vrier 2016).<\/p>\n<p><!--novelty_footnote_list()--><\/p>\n<section class=\"footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed\" data-collapsible-show-label=\"Notes\" data-collapsible-hide-label=\"Notes\">\n<h2>Notes<\/h2>\n<p id=\"footnote1_osk7wrh\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref1_osk7wrh\">[1]<\/a> Un chapeau en arabe.<\/p>\n<\/section>\n<p><!--\/novelty_footnote_list()--><\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Romani, Walid. 2017. \u00abFourbe comme un Arabe ou l\u2019autre dans\u00a0The Alexandria Quartet\u00bb, <em>Postures<\/em>, Dossier : \u00abL&rsquo;Autre : po\u00e9tique et repr\u00e9sentations litt\u00e9raires de l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9\u00bb, n\u00b025, En ligne, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5627 (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx).<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/pdf-romani.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 pdf-romani.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-61bd5a4e-b42b-42b8-b2e8-6b9b576c6d10\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/pdf-romani.pdf\">pdf-romani<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/pdf-romani.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-61bd5a4e-b42b-42b8-b2e8-6b9b576c6d10\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier \u00abL&rsquo;Autre : po\u00e9tique et repr\u00e9sentations litt\u00e9raires de l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9\u00bb, n\u00b025 S\u2019il y a un aspect de The Alexandria Quartet de Lawrence Durrell (1957-1960) qui a \u00e9t\u00e9 abondamment comment\u00e9 par les critiques de l\u2019auteur, c\u2019est bien son exotisme outrancier. Ce r\u00e9cit d\u2019un \u00e9crivain en devenir, calqu\u00e9 sur un Durrell qui a lui-m\u00eame travaill\u00e9 au Foreign Office [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_coblocks_attr":"","_coblocks_dimensions":"","_coblocks_responsive_height":"","_coblocks_accordion_ie_support":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[1134,1285,1284],"tags":[324],"class_list":["post-5627","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","category-excentrer-lethnocentrisme","category-lautre-poetique-et-representations-litteraires-de-lalterite","tag-romani-walid"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5627","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5627"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5627\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8838,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5627\/revisions\/8838"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5627"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5627"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5627"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}