{"id":5641,"date":"2024-06-13T19:48:30","date_gmt":"2024-06-13T19:48:30","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/paroles-et-silences-reflexions-sur-le-pouvoir-de-dire\/"},"modified":"2024-08-21T17:14:45","modified_gmt":"2024-08-21T17:14:45","slug":"paroles-et-silences-reflexions-sur-le-pouvoir-de-dire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5641","title":{"rendered":"Paroles et silences : r\u00e9flexions sur le pouvoir de dire"},"content":{"rendered":"\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6897\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6897\">Dossier \u00ab Paroles et silences : r\u00e9flexions sur le pouvoir de dire \u00bb, no. 28<\/a><\/h5>\n\n\n<blockquote>\n<p>Autobiography is a wound where the blood of history does not dry.<br \/>Gayatri Chakravorty Spivak (1992, 172)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En 1988, Gayatri Spivak fait para\u00eetre le c\u00e9l\u00e8bre essai \u00ab Can the Subaltern Speak? \u00bb, questionnant de fait la place, mais surtout la valeur accord\u00e9e \u00e0 la parole des non dominant.e.s. Ce texte fondateur dans le champ des\u00a0<em>subaltern studies\u00a0<\/em>pose les questions suivantes : \u00ab qui parle? \u00bb, \u00ab\u00a0pour qui?\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0\u00e0 quelles fins?\u00a0\u00bb Elles indiquent d\u00e9j\u00e0 la th\u00e8se principale des th\u00e9ories contemporaines du point de vue situ\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire que la position occup\u00e9e par un sujet d\u00e9termine son interpr\u00e9tation de la r\u00e9alit\u00e9 sociale (Harding 1991, 1993, 2004; Hill Collins 1990). Priv\u00e9s de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la prise de parole, \u00ab [l]es \u00ab\u00a0autres\u00a0\u00bb du discours dominant n\u2019ont pas de mots ni de voix pour \u00e9laborer leur propre portrait; ils sont r\u00e9duits \u00e0 \u00eatre ceux \u00ab\u00a0pour qui on parle\u00a0\u00bb, pour qui parlent ceux qui poss\u00e8dent le pouvoir et les moyens de parler \u00bb (Bahri 2006, 308-309).<\/p>\n<p>En se questionnant sur la distribution de la parole, Spivak rejoint des questions que soulevait d\u00e9j\u00e0 Michel Foucault en 1971 avec\u00a0<em>L\u2019ordre du discours<\/em>, dans lequel il interroge les conditions d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019espace de la parole, mais aussi les dynamiques d\u2019exclusion sur lesquelles le discours, en tant que syst\u00e8me de pouvoir, repose. Il lance alors l\u2019hypoth\u00e8se que le discours est en fait une institution, une structure. Il existe, avance Foucault, plusieurs proc\u00e9dures de contr\u00f4le du discours. Si celui-ci est trou\u00e9 d\u2019interdits, c\u2019est qu\u2019il joue un r\u00f4le vital dans la construction des dynamiques sociales\u00a0: \u00ab le discours n\u2019est pas simplement ce qui traduit les luttes ou les syst\u00e8mes de domination, mais ce pour quoi, ce par quoi on lutte, le pouvoir dont on cherche \u00e0 s\u2019emparer \u00bb (Foucault 1971, 12). Ainsi, plus qu\u2019un simple organe de repr\u00e9sentation, le discours devient un outil du pouvoir; investir l\u2019ordre du discours revient \u00e0 poser un acte subjectif qui approche le sujet parlant du pouvoir. Les champs du discours ne sont pas tous \u00ab ouverts et p\u00e9n\u00e9trables \u00bb (Foucault 1971, 39) de la m\u00eame fa\u00e7on et, \u00e9videmment, les plus susceptibles de mener au pouvoir sont aussi les plus s\u00e9lectifs. Les processus de contr\u00f4le sont mis en place pour pr\u00e9server et limiter l\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces r\u00e9gions diff\u00e9renciatrices du discours, provoquant non pas une r\u00e9duction dans ses propos, mais une diminution du nombre de sujets parlants : \u00ab il s\u2019agit de d\u00e9terminer les conditions de l[a] mise en jeu [des discours], d\u2019imposer aux individus qui les tiennent un certain nombre de r\u00e8gles et ainsi de ne pas permettre \u00e0 tout le monde d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 eux [\u2026]; nul n\u2019entrera dans l\u2019ordre du discours s\u2019il ne satisfait \u00e0 certaines exigences ou s\u2019il n\u2019est, d\u2019entr\u00e9e de jeu, qualifi\u00e9 pour le faire \u00bb (Foucault 1971, 38-39). C\u2019est donc dire que, dans certains cas, le discours est un privil\u00e8ge que se partagent quelques individus favoris\u00e9s et que prendre la parole devient d\u00e8s lors un geste de r\u00e9sistance, de contestation.\u00a0<\/p>\n<p>Arme collective, la prise de parole devient aussi lieu de production d\u2019une subjectivit\u00e9 individuelle\u00a0: \u00ab [Le sujet] \u00e9merge dans un acte de parole singulier qui le fait s\u2019auto-engendrer \u00e0 partir du discours dont il est pourtant le produit. [Il] est un effet de la structure tout comme une \u0153uvre s\u2019inscrit dans un horizon d\u2019attente, comme elle est la production d\u2019un auteur, d\u2019une culture, d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00bb (Dumouli\u00e9 2011, 11-12). Le t\u00e9moignage devient ainsi une prise de parole qui offre un espace de gestation pour un moi en devenir, un th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 une agentivit\u00e9, souvent fragilis\u00e9e, se d\u00e9ploie. La pr\u00e9sence importante des r\u00e9cits de soi dans le champ litt\u00e9raire indique l\u2019\u00e9criture comme le lieu privil\u00e9gi\u00e9 d\u2019une prise sur le r\u00e9el, ou du moins de sa mise en mots. L\u2019autobiographie et les m\u00e9moires, mais aussi et peut-\u00eatre surtout l\u2019autofiction, permettent la rencontre du texte narratif et de la construction identitaire, les m\u00e9canismes de la fiction offrant \u00e0 l\u2019auteur.e la possibilit\u00e9 de s\u2019immiscer au sein de son discours, de faire corps avec lui.<\/p>\n<p>Mais quelle part donner au \u00ab je \u00bb dans l\u2019\u00e9criture? En \u00e9tudes litt\u00e9raires, la question se pose autant dans la recherche (subjectivit\u00e9 de la chercheuse ou du chercheur) que dans la cr\u00e9ation. Particuli\u00e8rement soulev\u00e9s dans le contexte des \u00e9tudes f\u00e9ministes, queers et postcoloniales, de tels questionnements ne s\u2019y limitent pourtant pas. En t\u00e9moigne l\u2019espace qu\u2019occupe pr\u00e9sentement l\u2019enjeu de la parole sur la sc\u00e8ne m\u00e9diatique en g\u00e9n\u00e9ral (#MeToo), mais aussi sp\u00e9cifiquement sur la sc\u00e8ne litt\u00e9raire (popularit\u00e9 de la\u00a0<em>creative non fiction<\/em>, d\u00e9bats sur la s\u00e9paration de l\u2019auteur.e et de sa production \u2014 le cas de la r\u00e9\u00e9dition de C\u00e9line, par exemple).<\/p>\n<h2>\u00c9couter l&rsquo;exclusion<\/h2>\n<p>Pour ouvrir ce vingt-huiti\u00e8me num\u00e9ro de\u00a0<em>Postures<\/em>, les articles rassembl\u00e9s dans la section \u00ab\u00a0\u00c9couter l&rsquo;exclusion\u00a0\u00bb offrent une r\u00e9flexion sur les enjeux qui sous-tendent la prise de parole, la publication ou la r\u00e9ception des textes. Analyse du r\u00e9cit autofictionnel \u00ab\u00a0La honte\u00a0\u00bb, qui fait partie de l\u2019\u0153uvre posthume\u00a0<em>Burqa de chair\u00a0<\/em>(2011), l&rsquo;article de Jennifer B\u00e9langer se penche sur le texte d&rsquo;Arcan en tant que r\u00e9ponse \u00e0 une exp\u00e9rience t\u00e9l\u00e9visuelle traumatique v\u00e9cue par l\u2019auteure. Consid\u00e9rant l&rsquo;\u00e9criture autofictionnelle comme un dispositif de r\u00e9sistance et un m\u00e9canisme de survivance qui permet un renversement du sentiment de honte, la r\u00e9\u00e9criture de l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement t\u00e9moignerait de la r\u00e9appropriation d&rsquo;une parole, d&rsquo;une voix que l&rsquo;on a refus\u00e9 d&rsquo;entendre lors de son passage \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p>La relecture des contes de f\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre dans\u00a0<em>Sula\u00a0<\/em>de Toni Morrison m\u00e8ne Karolyne Chevalier \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir aux mod\u00e8les de pens\u00e9e racistes et sexistes qui persistent dans la litt\u00e9rature. Alors que l&rsquo;intertextualit\u00e9 avec les contes permet \u00e0 Morrison de remettre en question les repr\u00e9sentations fig\u00e9es et st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es des femmes afro-am\u00e9ricaines, c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;aide des th\u00e9ories postcoloniales et f\u00e9ministes que Chevalier suit\u00a0les motifs de la disparition et de la transformation pour mettre au jour les rapports d\u2019exclusion mis en sc\u00e8ne dans le texte.<\/p>\n<p>L&rsquo;essai de P\u00e9n\u00e9lope Langlais-Oligny s&rsquo;inscrit dans une d\u00e9marche de recherche-cr\u00e9ation. R\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la parole, l&rsquo;auteure s&rsquo;interroge sur les fa\u00e7ons concr\u00e8tes, pour les personnes en situation de privil\u00e8ge ou en position de parler, de c\u00e9der la parole \u00e0 des personnes marginalis\u00e9es. Elle met en tension l&rsquo;approche \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb (verticale) et celle \u00ab\u00a0inclusive\u00a0\u00bb (horizontale) de la notion de collecte de paroles afin de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;un processus de cr\u00e9ation \u00e9thique qui prendrait appui sur l&rsquo;\u00e9coute des voix silenci\u00e9es et sur leur d\u00e9ploiement.<\/p>\n<h2>Se faire entendre<\/h2>\n<p>Dans ce deuxi\u00e8me volet, les auteur.e.s se sont pench\u00e9.e.s sur la parole de l&rsquo;individu face aux institutions sociales, scientifiques, artistiques et litt\u00e9raires. Dans son article, Samuel Champagne s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 la litt\u00e9rature \u00e0 th\u00e9matique homosexuelle destin\u00e9e \u00e0 la jeunesse en ce qui a trait aux prises de parole (dont le\u00a0<em>coming out<\/em>) et au discours contestataire port\u00e9 par les personnages adolescents. L&rsquo;auteur offre une lecture de ce corpus grandissant en y constatant l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une voix de plus en plus audible au sein du champ litt\u00e9raire.<\/p>\n<p>\u00c0 travers la sacralit\u00e9 du personnage de Carmen et de sa prise de parole, No\u00e9mie Dub\u00e9 per\u00e7oit la pi\u00e8ce de Michel Tremblay comme une exploration de la musique en tant qu&rsquo;outil de communion et d&rsquo;\u00e9mancipation. Depuis sa tribune, Carmen fait vivre aux voix opprim\u00e9es de la Main l&rsquo;exp\u00e9rience du sacr\u00e9, qui d\u00e9couvrent alors un langage pour se r\u00e9fl\u00e9chir et s&rsquo;exprimer.\u00a0<\/p>\n<p>Le roman\u00a0<em>Beloved\u00a0<\/em>de Toni Morrison suit la trajectoire narrative d&rsquo;une ancienne esclave qui, suite \u00e0 l&rsquo;abolition, est confront\u00e9e \u00e0 des souvenirs longtemps refoul\u00e9s, mais aussi aux institutions sociales qui continuent de reproduire l&rsquo;id\u00e9ologie raciste de la supr\u00e9matie blanche. La parole de la protagoniste, porteuse d&rsquo;un contre-discours, lie ainsi son histoire personnelle \u00e0 l&rsquo;Histoire collective. Outre l&rsquo;analyse de la d\u00e9shumanisation des esclaves noir.e.s et de l&rsquo;int\u00e9riorisation de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie culturelle, l&rsquo;article de Julie Levasseur met en lumi\u00e8re la mani\u00e8re dont les personnages subalternes peuvent exercer leur agentivit\u00e9 par la revendication de leur propre r\u00e9cit.<\/p>\n<h2>Faire face au silence<\/h2>\n<p>La troisi\u00e8me section explore l&rsquo;indicible et le r\u00f4le du silence dans les textes de prose et dans les textes dramatiques. Dans son analyse d&rsquo;<em>Incendies<\/em>, Ga\u00ebtan Dupois se propose d&rsquo;observer la dialectique parole\/silence dans la pi\u00e8ce de Mouawad. Son \u00e9tude du silence, de son r\u00f4le et de ses fonctions, comme motif th\u00e9\u00e2tral, lui permet de lire autrement le mutisme de la m\u00e8re. Comprendre le fait de se taire comme un acte social et politique permet ainsi \u00e0 Dupois de relever la plurifonctionnalit\u00e9 du silence dans l&rsquo;esth\u00e9tique mouawadienne.<\/p>\n<p>Corentin Lahouste nous offre quant \u00e0 lui une lecture du\u00a0<em>Ravissement de Lol V. Stein\u00a0<\/em>sous le prisme de la notion d&rsquo;absolu. Les deux qu\u00eates que relate le roman, celle de Lol et celle de Jacques Hold, s&rsquo;inscriraient toutes deux dans une\u00a0m\u00eame perspective, celle d&rsquo;atteindre ce qui \u00e9chappe. Alors que le texte de Duras tend vers le silence, l&rsquo;exp\u00e9rience de l&rsquo;absolu aboutirait \u00e0 l&rsquo;aporie du langage chez les personnages.\u00a0<\/p>\n<p>En cl\u00f4ture du num\u00e9ro, l&rsquo;article de Marina Lesouef porte sur\u00a0<em>Otro Mundo<\/em>, l&rsquo;un des romans du dernier cycle romanesque de l&rsquo;auteur espagnol Alfons Cervera. Alors que les romans pr\u00e9c\u00e9dents proposaient la mise en r\u00e9cit de souvenirs fictifs, Lesouef consid\u00e8re qu&rsquo;<em>Otro Mundo\u00a0<\/em>travaille plut\u00f4t \u00e0 combler les trous d&rsquo;une m\u00e9moire individuelle lacunaire. La qu\u00eate du narrateur et le travail de m\u00e9moire passent par un monologue int\u00e9rieur s&rsquo;adressant au p\u00e8re d\u00e9funt. Mais face aux silences des absents, les processus d\u2019\u00e9criture suffisent-ils?<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9quipe de\u00a0<em>Postures\u00a0<\/em>remercie chaleureusement les membres des comit\u00e9s de r\u00e9daction et de correction, qui ont travaill\u00e9 b\u00e9n\u00e9volement \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de ce num\u00e9ro. Nous remercions les partenaires financiers qui permettent \u00e0\u00a0<em>Postures<\/em>\u00a0d&rsquo;exister et d\u2019offrir un espace de partage et de diffusion riche et stimulant aux jeunes chercheuses et chercheurs. Un grand merci au D\u00e9partement d&rsquo;\u00e9tudes litt\u00e9raires de l&rsquo;UQAM, \u00e0 Figura, Centre de recherche sur le texte et l&rsquo;imaginaire, \u00e0 l&rsquo;Association Facultaire des \u00c9tudiants en Arts (AFEA), \u00e0 l&rsquo;Association \u00c9tudiante du Module d&rsquo;\u00c9tudes Litt\u00e9raires (AEMEL), \u00e0 l&rsquo;Association \u00c9tudiante des Cycles Sup\u00e9rieurs en \u00c9tudes Litt\u00e9raires (AECSEL) ainsi qu\u2019aux Services \u00e0 la vie \u00e9tudiante (SVE).<\/p>\n<p>Enfin,\u00a0<em>Postures<\/em>\u00a0exprime toute sa reconnaissance aux auteur.e.s pour leur travail,\u00a0ainsi qu&rsquo;\u00e0 Alice van der Klei, charg\u00e9e de cours au D\u00e9partement d&rsquo;\u00e9tudes litt\u00e9raires \u00e0 l&rsquo;UQAM, pour avoir accept\u00e9 de pr\u00e9facer le num\u00e9ro.<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Bahri, Deepika. 2006. \u00ab Le f\u00e9minisme dans\/et le postcolonialisme \u00bb. dans Neil Lazarus (dir.),\u00a0<em>Penser le postcolonial<\/em>. Paris : \u00c9ditions Amsterdam, pp. 301-330.<\/p>\n<p>Benveniste, \u00c9mile. 1966. \u00ab La nature des pronoms \u00bb. dans\u00a0<em>Probl\u00e8mes de linguistique g\u00e9n\u00e9rale I.\u00a0<\/em>Paris : Gallimard, coll. \u00ab\u00a0Tel\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Boyer-Weinmann, Martine et Jean-Pierre Martin (dir.). 2009.\u00a0<em>Col\u00e8res d &lsquo;\u00e9crivains.\u00a0<\/em>Nantes : C\u00e9cile Defaut.<\/p>\n<p>Cixous, H\u00e9l\u00e8ne. 2010 [1975].\u00a0<em>Le Rire de la M\u00e9duse et autres ironies<\/em>. Paris : Galil\u00e9e.<\/p>\n<p>Delvaux, Martine et Val\u00e9rie Lebrun. 2014. \u00ab Qui parle quand une femme parle? \u00bb.\u00a0<em>Spirale : arts \u2022 lettres \u2022 sciences humaines<\/em>, no. 247 : 46-48.<\/p>\n<p>Dumouli\u00e9, Camille. 2011.\u00a0<em>La fabrique du sujet.\u00a0<\/em>Paris : Desjonqu\u00e8res.<\/p>\n<p>Fanon, Frantz. 1952.\u00a0<em>Peau noire, masques blancs.\u00a0<\/em>Paris : Seuil.<\/p>\n<p>Foucault, Michel. 1971.\u00a0<em>L\u2019ordre du discours<\/em>. Paris : Gallimard.<\/p>\n<p>Hall, Stuart. 2007.\u00a0<em>Identit\u00e9s et culture : politiques des cultural studies.\u00a0<\/em>Traduit de l\u2019anglais par Christophe Jacquet. Paris : \u00c9ditions Amsterdam.<\/p>\n<p>Harding, Sandra. 1991.\u00a0<em>Whose Science\/ Whose Knowledge?\u00a0<\/em>Milton Keynes : Open University Press.<\/p>\n<p>_____. 1993. \u00ab Rethinking Standpoint Epistemology: What is Strong Objectivity? \u00bb dans L. Alcoff and\u00a0\u00a0E. Potter (dir.),\u00a0<em>Feminist Epistemologies.\u00a0<\/em>New York\/London : Routledge.<\/p>\n<p>_____ (dir.). 2004.\u00a0<em>The Feminist Standpoint Theory Reader.\u00a0<\/em>New York and London : Routledge.<\/p>\n<p>Hill Collins, Patricia. 1990.\u00a0<em>Black Feminist Thought: Knowledge, Consciousness and the Politics of Empowerment<\/em>. New York and London : Routledge.<\/p>\n<p>hooks, bell. 1990<em>. Yearning Race, Gender, and Cultural Politics.\u00a0<\/em>Toronto : Between the Lines.<\/p>\n<p>_________. 1992.\u00a0<em>Black Looks : Race and Representation.\u00a0<\/em>Boston : South End.<\/p>\n<p>Joseph, Sandrina. 2009.\u00a0<em>Objets de m\u00e9pris, sujets de langage.\u00a0<\/em>Montr\u00e9al : XYZ \u00e9diteur, coll. \u00ab Th\u00e9orie et litt\u00e9rature\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Lorde, Audre. 1997. \u00ab Age, Race, Class, and Sex : Women Redefining Difference \u00bb. dans D<em>angerous Liaisons Gender, Nation, and Postcolonial Perspectives.<\/em>\u00a0Minneapolis : University of Minnesota Press, coll. \u00ab Cultural politics v.11 \u00bb, pp. 374-380.<\/p>\n<p>Michlin, Monica. 2005. \u00ab Les voix interdites prennent la parole \u00bb,\u00a0<em>Sillages critiques\u00a0<\/em>7.\u00a0<a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/sillagescritiques\/1078\u00a0\">http:\/\/journals.openedition.org\/sillagescritiques\/1078\u00a0<\/a>(Page consult\u00e9e le 4 avril 2018)<\/p>\n<p>Ouellet, Pierre (dir.). 2012.\u00a0<em>L&#8217;emportement. Exaltation et irritation dans la parole litt\u00e9raire.\u00a0<\/em>Montr\u00e9al : VLB \u00c9diteur.<\/p>\n<p>Rich, Adrienne. 1979.\u00a0<em>On Lies, Secrets and Silence: Selected Prose, 1966-1978.\u00a0<\/em>New York : Norton.<\/p>\n<p>Ric\u0153ur, Paul. 1985.\u00a0<em>Temps et r\u00e9cit 3<\/em>.\u00a0<em>Le temps racont\u00e9.\u00a0<\/em>Paris : \u00c9ditions du Seuil, coll. \u00ab Ordre philosophique \u00bb.<\/p>\n<p>Smart, Patricia. 1988<em>. \u00c9crire dans la maison du p\u00e8re : l&rsquo;\u00e9mergence du f\u00e9minin dans la tradition litt\u00e9raire du Qu\u00e9bec.\u00a0<\/em>Montr\u00e9al : Qu\u00e9bec\/Am\u00e9rique, coll. \u00ab Litt\u00e9rature d\u2019Am\u00e9rique \u00bb.<\/p>\n<p>_____. 2014.\u00a0<em>De Marie de l&rsquo;Incarnation \u00e0 Nelly Arcan. Se dire, se faire par l&rsquo;\u00e9criture intime.<\/em>\u00a0Montr\u00e9al : Bor\u00e9al.<\/p>\n<p>Spivak, Gayatri Chakravorty. 1988. \u00ab Can the Subaltern Speak? \u00bb. dans C. Nelson &amp; L. Grossberg (dir.),\u00a0<em>Marxism and the Interpretation of Culture<\/em>, Chicago : University of Illinois Press, pp. 271-313.<\/p>\n<p>_____. 1992. \u00ab Acting Bits\/Identity Talk \u00bb.\u00a0<em>Critical Inquiry\u00a0<\/em>18, no. 4 : 770-803.<\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Lafleur, Maude et Jean-Fran\u00e7ois Lebel. 2018. \u00ab Paroles et silences : r\u00e9flexions sur le pouvoir de dire \u00bb.\u00a0<em>Postures<\/em>, Dossier \u00ab Paroles et silences : r\u00e9flexions sur le pouvoir de dire \u00bb, no. 28 (Automne), En ligne : http:\/\/revuepostures.com\/fr\/articles\/avantpropos-28 (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx).<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/avantpropos_28.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 avantpropos_28.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-eefd7b05-d52d-4ca3-b8c6-a82eb15096bf\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/avantpropos_28.pdf\">avantpropos_28<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/avantpropos_28.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-eefd7b05-d52d-4ca3-b8c6-a82eb15096bf\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier \u00ab Paroles et silences : r\u00e9flexions sur le pouvoir de dire \u00bb, no. 28 Autobiography is a wound where the blood of history does not dry.Gayatri Chakravorty Spivak (1992, 172) En 1988, Gayatri Spivak fait para\u00eetre le c\u00e9l\u00e8bre essai \u00ab Can the Subaltern Speak? \u00bb, questionnant de fait la place, mais surtout la valeur [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_coblocks_attr":"","_coblocks_dimensions":"","_coblocks_responsive_height":"","_coblocks_accordion_ie_support":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[1140,1289],"tags":[203,229],"class_list":["post-5641","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-avant-propos","category-paroles-et-silences-reflexions-sur-le-pouvoir-de-dire","tag-lafleur-maude","tag-lebel-jean-francois"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5641","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5641"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5641\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8509,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5641\/revisions\/8509"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5641"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5641"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5641"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}