{"id":5670,"date":"2024-06-13T19:48:32","date_gmt":"2024-06-13T19:48:32","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/lenvers-du-decor-le-discours-biographique-des-manuels-scolaires-sur-gratien-gelinas-et-marcel-dube\/"},"modified":"2024-08-21T14:22:32","modified_gmt":"2024-08-21T14:22:32","slug":"lenvers-du-decor-le-discours-biographique-des-manuels-scolaires-sur-gratien-gelinas-et-marcel-dube","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5670","title":{"rendered":"L\u2019envers du d\u00e9cor. Le discours biographique des manuels scolaires sur Gratien G\u00e9linas et Marcel Dub\u00e9"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6904\">Dossier \u00ab Actes du XXVe Colloque interuniversitaire \u00e9tudiant de litt\u00e9rature (CIEL 2020) \u00bb, Hors s\u00e9rie n\u00b03<\/a><\/h5>\n<p>\u00ab\u00a0Avec [Gratien] G\u00e9linas commence l\u2019<em>histoire du th\u00e9\u00e2tre canadien-fran\u00e7ais<\/em>\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Samuel Baillargeon dans le manuel consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire de la litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise qu\u2019il publie en 1957 (430). Loin d\u2019\u00eatre un simple \u00e9nonc\u00e9, cette affirmation, de mani\u00e8re performative, tient lieu d\u2019acte de naissance de l\u2019enseignement de la dramaturgie nationale (Cellard 2006, 49). Parmi les quelques auteurs \u00e9tudi\u00e9s dans cet ouvrage scolaire, qui contribuent \u00e0 la l\u00e9gitimation du th\u00e9\u00e2tre, se trouve un auteur qui se d\u00e9marque et devient, aux c\u00f4t\u00e9s de G\u00e9linas, un fondateur du genre\u00a0: Marcel Dub\u00e9. Les quatre manuels publi\u00e9s entre 1961 et 1969 et la r\u00e9\u00e9dition de celui de Baillargeon<a id=\"footnoteref1_n8f7b94\" class=\"see-footnote\" title=\"Il s\u2019agit de\u00a0: Samuel Baillargeon, Litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise (1957 [2e \u00e9d.: 1961]); G\u00e9rard Bessette, Lucien Geslin et Charles Parent, Histoire de la litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise (1968); Roger Duhamel, Manuel de litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise (1967); Paul Gay, Notre litt\u00e9rature. Guide litt\u00e9raire du canada fran\u00e7ais a\u0300 l\u2019usage des niveaux secondaire et coll\u00e9gial (1969); et Pierre de Grandpr\u00e9 (dir.), Histoire de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise du Que\u0301bec (1969).\" href=\"#footnote1_n8f7b94\">[1]<\/a> poursuivent ainsi un geste d\u00e9cisif de cons\u00e9cration.<\/p>\n<p>Ce constat m\u2019am\u00e8ne \u00e0 m\u2019interroger sur la valeur que ces ouvrages scolaires attribuent aux \u0153uvres de G\u00e9linas et de Dub\u00e9. \u00c9tant donn\u00e9 qu\u2019ils \u00ab\u00a0ne pr\u00e9sente[nt] jamais l\u2019\u0153uvre, c\u2019est-\u00e0-dire tout ce qu\u2019un \u00e9crivain a \u00e9crit et publi\u00e9, [\u2026] [o]bligatoirement, le[s] manuel[s] <em>doi<\/em>[<em>vent<\/em>] choisir\u00a0\u00bb (Melan\u00e7on, Moisan et Roy 1988, 232). Les r\u00e9dacteurs sont alors appel\u00e9s \u00e0 mettre en place des processus de \u00ab\u00a0<em>valorisations<\/em> qui rel\u00e8vent d\u2019op\u00e9rations de s\u00e9lection, de transmission et d\u2019\u00e9valuation des connaissances\u00a0\u00bb (Roy 2000, 47). En ce sens, j\u2019amorcerai ma r\u00e9flexion en \u00e9tudiant le discours des manuels de litt\u00e9rature de Mgr Camille Roy afin de saisir la conception du th\u00e9\u00e2tre au d\u00e9but du si\u00e8cle dernier, ce qui me permettra, par la suite, de montrer que la valeur et le statut de G\u00e9linas et de Dub\u00e9 sont d\u00e9termin\u00e9s en amont des discours dans lesquels cette valeur et ce statut sont pr\u00e9sent\u00e9s dans les ouvrages scolaires parus entre 1957 et 1969. Puis, \u00e0 partir de la \u00ab\u00a0sociologie axiologique\u00a0\u00bb d\u00e9velopp\u00e9e par Nathalie Heinich (2017), j\u2019examinerai dans ces manuels trois principes axiologiques (ceux du <em>travail<\/em>, de la <em>responsabilit\u00e9<\/em> et du <em>jeu<\/em>) dans les notices biographiques en ce qu\u2019ils participent \u00e0 \u00e9lever G\u00e9linas et Dub\u00e9 en tant que premiers \u00e9crivains dramatiques au Qu\u00e9bec.<\/p>\n<h2>1907-1957\u00a0: le th\u00e9\u00e2tre, un genre \u00e0 part<\/h2>\n<p>Bien que l\u2019admission de l\u2019art dramatique national au coll\u00e8ge soit difficile et tardive (Cellard 2006), le th\u00e9\u00e2tre n\u2019est pas absent des manuels ant\u00e9rieurs \u00e0 celui de Baillargeon. On retrouve effectivement des appr\u00e9ciations, des mentions, des r\u00e9sum\u00e9s ou des extraits de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre<a id=\"footnoteref2_dc0ta3r\" class=\"see-footnote\" title=\"Parmi elles, citons le recueil de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre destin\u00e9 \u00e0 la jeunesse Aux feux de la rampe (1927) de Marie-Claire Daveluy (S\u0153urs de Sainte-Anne 1928, 321); F\u00e9lix Poutr\u00e9 (1878) et Papineau (1880) de Louis Fr\u00e9chette (Roy 1940, 61; S\u0153urs de Sainte-Anne 1928, 134); Le jeune Latour (1844) d\u2019Antoine G\u00e9rin-Lajoie (Roy 1925, 71; S\u0153urs de Sainte-Anne 1928, 83); Rouge et Bleu (1891) et Entendons-nous, vaudeville (1914) de Pamphile Le May, Fatenville (1869), Erreur n\u2019est pas compte (1872), Un bonheur en attire un autre (1883), Les faux brillants (1885) et Le laur\u00e9at (1885) de F\u00e9lix-Gabriel Marchand ainsi que Colas et Colinette (1788), Les R\u00e9publicains fran\u00e7ais (1800) (Roy 1925, 19-20) et L\u2019anglomanie, ou Le d\u00eener \u00e0 l\u2019anglaise (1802) de Joseph Quesnel (Roy 1909, 125-158; S\u0153urs de Sainte\u2011Anne 1928, 25-26).\" href=\"#footnote2_dc0ta3r\">[2]<\/a> dans le <em>Manuel d\u2019histoire de la litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise<\/em> (1907, 1918, 1925, 1940) de Mgr Camille Roy et dans le <em>Pr\u00e9cis d\u2019histoire litt\u00e9raire<\/em> (1928) des S\u0153urs-de-Sainte-Anne, qui furent les premiers ouvrages scolaires destin\u00e9s \u00e0 l\u2019enseignement de la litt\u00e9rature nationale dans les coll\u00e8ges masculins et f\u00e9minins. Comment toutefois comprendre qu\u2019aucune des \u0153uvres \u00e9voqu\u00e9es n\u2019est alors l\u00e9gitim\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e9tudi\u00e9e dans un chapitre sur le genre au m\u00eame titre que l\u2019essai, le roman ou encore la po\u00e9sie? Mgr Roy, qui fut le premier r\u00e9dacteur d\u2019un manuel sur la litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise \u00ab\u00a0\u00e0 raconter son \u00e9volution, \u00e0 d\u00e9crire son caract\u00e8re, \u00e0 le diviser en p\u00e9riodes, en mouvements, en genres, \u00e0 classer les \u00e9crivains [et les \u00e9crivaines] dans leur importance relative\u00a0\u00bb (Robert 1986, 422), nous fournit, \u00e0 ce sujet, une r\u00e9ponse \u00e9clairante dans les quelques phrases qui composent la section \u00ab\u00a0Th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00bb de l\u2019\u00e9dition de 1925 de son <em>Manuel<\/em>. Pour lui, cet art<\/p>\n<blockquote>\n<p>n\u2019a pas encore fourni d\u2019\u0153uvres substantielles a\u0300 la litt\u00e9rature canadienne. Il faut, pour y exceller, beaucoup de talent, une haute culture g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019esprit, le sens de l\u2019observation, de la p\u00e9n\u00e9tration psychologique, un art tr\u00e8s s\u00fbr et tr\u00e8s exp\u00e9riment\u00e9, le don de la sc\u00e8ne. Il semble bien que toutes ces conditions ne se sont pas encore trouv\u00e9es r\u00e9unies chez nous dans un[\u00b7e]\u00a0seul[\u00b7e]\u00a0dramaturge. Et nous n\u2019avons pas encore de th\u00e9\u00e2tre canadien-fran\u00e7ais. (Roy 1925, 116)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On remarque que s\u2019op\u00e8re une forme de <em>tabula rasa<\/em> dans les propos de l\u2019auteur dans la mesure o\u00f9 les pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre mentionn\u00e9es ne sont point consid\u00e9r\u00e9es comme \u00ab\u00a0substantielles\u00a0\u00bb. S\u2019ensuit une r\u00e9flexion moins sur ce qu\u2019<em>est<\/em> le th\u00e9\u00e2tre que ce que l\u2019on <em>attend <\/em>de lui dans le but de l\u2019int\u00e9grer dans un manuel de litt\u00e9rature canadienne de langue fran\u00e7aise. En effet, par l\u2019utilisation des syntagmes nominaux \u00ab\u00a0beaucoup de talent\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0don de la sc\u00e8ne\u00a0\u00bb, Mgr Roy accorde une importance \u00e0 la <em>virtuosit\u00e9<\/em> des dramaturges. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, cette valeur est associ\u00e9e, comme l\u2019\u00e9num\u00e8re Heinich dans son ouvrage <em>Des valeurs <\/em>(2017), \u00e0 \u00ab\u00a0la facilit\u00e9, [\u00e0] l\u2019efficacit\u00e9, [\u00e0] l\u2019aisance, [au] don\u00a0\u00bb (240), ici en \u00e9criture et en jeu. En \u00e9non\u00e7ant la \u00ab\u00a0haute culture g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019esprit, le sens de l\u2019observation, de la p\u00e9n\u00e9tration psychologique, un art tr\u00e8s s\u00fbr et tr\u00e8s exp\u00e9riment\u00e9\u00a0\u00bb, Mgr Roy attribue aussi une valence particuli\u00e8re au <em>travail<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire au \u00ab\u00a0souci de [l\u2019artiste de] fournir un effort, de mettre en \u0153uvre ses capacit\u00e9s, de m\u00e9riter une r\u00e9compense\u00a0\u00bb (241). Il peut s\u2019av\u00e9rer curieux, pour ne pas dire antinomique, que la qualit\u00e9 relative au <em>travail <\/em>joue un r\u00f4le essentiel pour consacrer un \u00e9crivain ou une \u00e9crivaine dramatique. Or si dans l\u2019imagerie scolaire canadienne-fran\u00e7aise, le th\u00e9\u00e2tre (ou l\u2019\u00e9criture dramatique) est consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019art \u00ab\u00a0le plus difficile de tr\u00e8s bien r\u00e9ussir\u00a0\u00bb (Roy 1918, 19), le <em>travail <\/em>rev\u00eat alors une dimension essentielle. La s\u00e9lection et la combinaison des composantes de l\u2019identit\u00e9 th\u00e9\u00e2trale rassembl\u00e9es dans l\u2019\u00e9num\u00e9ration de Mgr Roy cit\u00e9e plus haut am\u00e8nent d\u2019ailleurs le ou la coll\u00e9gien\u00b7ne \u2014 lecteur\u00b7rice en formation \u2014 \u00e0 prendre conscience de la complexit\u00e9 d\u2019exceller dans le genre th\u00e9\u00e2tral. L\u2019utilisation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e du superlatif \u00ab\u00a0tr\u00e8s\u00a0\u00bb introduit en outre l\u2019id\u00e9e que devenir un auteur dramatique suppose l\u2019accumulation d\u2019exp\u00e9riences professionnelles dans le milieu artistique. Elle exprime \u00e9galement, de mani\u00e8re explicite, que le sens accord\u00e9 au <em>travail<\/em> renvoie au succ\u00e8s auquel s\u2019\u00e9l\u00e8ve celui ou celle qui poss\u00e8de cette qualit\u00e9 (Heinich 2017, 167). \u00c0 ceci s\u2019ajoute une pr\u00e9cision non-n\u00e9gligeable\u00a0:\u00a0les crit\u00e8res suscit\u00e9s doivent se retrouver dans \u00ab\u00a0un[\u00b7e] seul[\u00b7e] dramaturge\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dans le <em>Manuel d\u2019histoire de la litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise <\/em>(1940), un \u00e9l\u00e9ment suppl\u00e9mentaire\u00a0\u00e0 ceux pr\u00e9sent\u00e9s est pertinent au regard de la l\u00e9gitimation du th\u00e9\u00e2tre\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>Nous avons signal\u00e9 au cours de cette histoire les noms de quelques auteurs qui les premiers se sont risqu\u00e9s dans le genre dramatique\u00a0: Joseph Quesnel, F.-G. Marchand, Pamphile Le May, Louis Fr\u00e9chette. Il y a aujourd\u2019hui d\u2019autres ouvriers, nombreux, qui n\u2019ont pas encore, semble-t-il, r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er des \u0153uvres <em>durables<\/em> pour la sc\u00e8ne.\u00a0(Roy 1940, 177, je souligne.)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce passage t\u00e9moigne de la difficult\u00e9 des auteurs \u00e9tudi\u00e9s, ou plut\u00f4t \u00e9voqu\u00e9s, de \u00ab\u00a0cr\u00e9er des \u0153uvres <em>durables<\/em> pour la sc\u00e8ne\u00a0\u00bb, autrement dit des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre jou\u00e9es \u00e0 plusieurs reprises et possiblement repr\u00e9sent\u00e9es post\u00e9rieurement \u00e0 leur cr\u00e9ation. Ce facteur est indispensable \u00e0 l\u2019inscription de l\u2019art dramatique dans le milieu coll\u00e9gial, car il contribue \u00e0 attester l\u2019<em>existence<\/em> du genre au Qu\u00e9bec, soit par la <em>p\u00e9rennit\u00e9<\/em> et le <em>succ\u00e8s<\/em> des productions. Mgr Roy institue ainsi explicitement des valeurs conditionnelles au choix d\u2019int\u00e9grer un\u00b7e \u00e9crivain\u00b7e dramatique dans un ouvrage scolaire. Cela a sans contredit des r\u00e9percussions sur l\u2019enseignement du th\u00e9\u00e2tre puisque ce discours a perdur\u00e9 et particip\u00e9, en un sens, \u00e0 l\u2019introduction de Gratien G\u00e9linas et de Marcel Dub\u00e9.<\/p>\n<h2>1957-1969\u00a0: l\u2019entr\u00e9e du th\u00e9\u00e2tre national au coll\u00e8ge<\/h2>\n<p>En effet, au regard des notices biographiques sur G\u00e9linas et Dub\u00e9 dans les manuels publi\u00e9s entre 1957 et 1969, nous avons rep\u00e9r\u00e9 des proc\u00e9d\u00e9s de valorisation pr\u00e9gnants et certains similaires \u00e0 ceux auxquels Mgr Roy octroie de la valeur qui \u00e9l\u00e8vent ces dramaturges au rang de fondateurs du th\u00e9\u00e2tre canadien-fran\u00e7ais\u00a0:\u00a0le <em>jeu<\/em>, le <em>travail<\/em> et la <em>responsabilit\u00e9<\/em><a id=\"footnoteref3_jf5d61p\" class=\"see-footnote\" title=\"Ces valeurs ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es dans mon m\u00e9moire de ma\u00eetrise intitul\u00e9 \u00ab\u00a0De la l\u00e9gitimation \u00e0 la classicisation\u00a0: le discours des manuels scolaires sur Gratien G\u00e9linas et Marcel Dub\u00e9, \u201cp\u00e8res\u201d du th\u00e9\u00e2tre qu\u00e9b\u00e9cois\u00a0\u00bb (2021).\" href=\"#footnote3_jf5d61p\">[3]<\/a>. Nous nous proposons d\u2019\u00e9tudier comment ces proc\u00e9d\u00e9s s\u2019inscrivent dans \u00ab\u00a0chaque objet \u00e9valu\u00e9[, soit les discours sur G\u00e9linas et Dub\u00e9,] [\u2026] [selon] les dispositions du sujet \u00e9valuateur [r\u00e9dacteur d\u2019un manuel]\u00a0\u00bb (Heinich 2017, 167). Cet examen nous permettra de constater que les biograph\u00e8mes \u00ab\u00a0passe[nt] pour une cause, pour ce qui d\u00e9termine la lecture de l\u2019\u0153uvre, justifiant a\u0300 l\u2019avance les commentaires qui vont suivre, alors qu\u2019[ils] [sont], dans [leurs] choix et dans [leur] forme, un produit de l\u2019interpr\u00e9tation du manuel\u00a0\u00bb (Lazar et Payette 1981, 491).<\/p>\n<h2>De qualit\u00e9 et de quantit\u00e9, le <em>travail<\/em><\/h2>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1960, l\u2019\u00e9criture dramatique est consid\u00e9r\u00e9e par les r\u00e9dacteurs de manuels comme l\u2019art \u00ab\u00a0le plus complexe [\u2026] parce qu\u2019il suppose l\u2019\u00e9troite association de multiples facteurs, qu\u2019il exige la collaboration intime de l\u2019auteur[\u00b7e], des interpr\u00e8tes et des spectateur[\u00b7rice\u00b7]s et qu\u2019il se fonde dans une large mesure sur une foule d\u2019\u00e9l\u00e9ments mat\u00e9riels souvent impond\u00e9rables\u00a0\u00bb (Duhamel 1967, 153). Il n\u2019est probablement donc pas anodin que le processus de valorisation du <em>travail<\/em> intervienne \u00e0 nouveau \u00ab\u00a0pour justifier la valorisation ou la d\u00e9valorisation de l\u2019\u0153uvre et de l\u2019\u00e9crivain[\u00b7e]\u00a0\u00bb (Lazar et Payette 1981, 435).<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019exception de Bessette, Geslin et Parent, l\u2019ensemble des auteurs des ouvrages scolaires mettent effectivement l\u2019accent sur les <em>dix ann\u00e9es<\/em> pendant lesquelles G\u00e9linas pr\u00e9sente les <em>Fridolinades<\/em> (1938-1947) au Monument-National, r\u00e9sultat d\u2019une carri\u00e8re en jeu \u00e0 la radio au <em>Cur\u00e9 de village<\/em> et en \u00e9criture au <em>Carrousel de la gaiet\u00e9<\/em>. Baillargeon et D\u2019Auteuil ajoutent \u00e0 ce biograph\u00e8me que \u00ab\u00a060,000 spectateurs [et spectatrices]\u00a0\u00bb (1957, 430; 1969, 189) assistent \u00e0 ces revues. Cette mise en valeur des activit\u00e9s \u00e0 la radio et au th\u00e9\u00e2tre, de la part des r\u00e9dacteurs, signale au lecteur et \u00e0 la lectrice le gage d\u2019un cr\u00e9dit <em>qualitatif<\/em> des \u0153uvres de G\u00e9linas par la <em>quantit\u00e9<\/em>\u00a0: le nombre, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, de spectateur\u00b7rice\u00b7s et d\u2019ann\u00e9es accord\u00e9es aux m\u00e9tiers de la sc\u00e8ne (com\u00e9dien, auteur dramatique et metteur en sc\u00e8ne) et, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, de repr\u00e9sentations des <em>Fridolinades<\/em>. Il est int\u00e9ressant de relever que dans la conclusion sur Gratien G\u00e9linas, Baillargeon it\u00e8re le fait que \u00ab\u00a0G\u00e9linas ne s\u2019est pas improvis\u00e9 dramaturge. <em>Tit-Coq<\/em> est le fruit d\u2019une longue exp\u00e9rience dramatique, prenant sa source aux premiers sketches radiophoniques par les <em>Fridolinades<\/em> et aboutissant \u00e0 une \u00e9tonnante vitalit\u00e9 psychologique.\u00a0\u00bb (1957, 435-436; 1961, 494). En d\u2019autres mots, ces diff\u00e9rentes activit\u00e9s pr\u00e9parent G\u00e9linas au \u00ab\u00a0m\u00e9tier de dramaturge. Le premier fruit de cette exp\u00e9rience [est] <em>Tit-Coq<\/em>, en 1948.\u00a0\u00bb (D\u2019Auteuil 1969, 182) Il appara\u00eet clairement, dans ces deux derni\u00e8res notices biographiques, \u00ab\u00a0que les manuels se r\u00e9pondent [\u2026], [en] modifiant de fa\u00e7on parfois minime, mais toujours efficace, le tissu de texte\u00a0\u00bb (Lazar et Payette 1981, 493), reconduisant ainsi un m\u00eame discours \u00e0 l\u2019\u00e9gard du m\u00eame artiste. Valoriser les acquis de G\u00e9linas dans le milieu artistique permet d\u2019attester et de souligner que la litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise est compos\u00e9e d\u2019\u00e9crivain\u00b7e\u00b7s dramatiques exp\u00e9riment\u00e9\u00b7e\u00b7s, un propos qui rappelle celui de Mgr Camille Roy.<\/p>\n<p>Les efforts de G\u00e9linas sont \u00e9galement reconnus par l\u2019institution litt\u00e9raire. Baillargeon en rend compte en mentionnant la cent-uni\u00e8me repr\u00e9sentation de <em>Tit-Coq <\/em>en 1949, un \u00e9v\u00e9nement lors duquel l\u2019auteur re\u00e7oit un doctorat <em>honoris causa<\/em>\u00a0qui est d&rsquo;ailleurs offert pour la premi\u00e8re fois \u00e0 un homme de th\u00e9\u00e2tre (Robert 2019, 222). Introduire cet \u00e9l\u00e9ment participe \u00e0 certifier que Gratien G\u00e9linas est \u00ab\u00a0le meilleur\u00a0\u00bb, car il cr\u00e9e la premi\u00e8re pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre canadienne-fran\u00e7aise, selon les r\u00e9dacteurs de manuels, le 22 mai 1948.<\/p>\n<p>D\u2019Auteuil conf\u00e8re aussi une valeur artistique \u00e0 Marcel Dub\u00e9 en utilisant une strat\u00e9gie de distinction (\u00ab\u00a0le meilleur\u00a0\u00bb) lorsqu\u2019il affirme l\u2019\u00e9loge que cet \u00e9crivain dramatique re\u00e7oit et du public et du milieu th\u00e9\u00e2tral lors de la mise en sc\u00e8ne de <em>De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du mur<\/em> en 1952, au Ges\u00f9, dans le cadre du Festival r\u00e9gional d\u2019art dramatique (1969, 191). Dub\u00e9 se d\u00e9marque cependant davantage par la <em>quantit\u00e9<\/em> d\u2019\u0153uvres qu\u2019il a \u00e9crites. Le terme \u00ab\u00a0prolifique\u00a0\u00bb est \u00e0 ce propos le qualificatif le plus employ\u00e9 par les r\u00e9dacteurs pour le d\u00e9signer et le distinguer des autres dramaturges.<\/p>\n<p>Parmi une vingtaine de radiodramatiques (Pag\u00e9 et Legris 1975, 251-256), \u00ab\u00a0plusieurs t\u00e9l\u00e9th\u00e9\u00e2tres et deux feuilletons t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s, [Dub\u00e9] a publi\u00e9 quatre pi\u00e8ces<a id=\"footnoteref4_e0zs8ge\" class=\"see-footnote\" title=\"Ces quatre \u0153uvres th\u00e9\u00e2trales sont les principales \u00e9tudi\u00e9es dans les manuels publi\u00e9s entre 1957 et 1969. Notons que la liste \u00e9tablie par les r\u00e9dacteurs de ces manuels ne r\u00e9pertorie pas les drames bourgeois de Dub\u00e9 (Pelletier 2021, 54-55), soit M\u00e9d\u00e9e (1958), Bilan (1960), Les beaux dimanches (1965) et Au retour des oies blanches (1966).\" href=\"#footnote4_e0zs8ge\">[4]<\/a>\u00a0[:] <em>Zone <\/em>([\u2026] 1956), <em>Le temps des lilas<\/em> (1958), <em>Un simple soldat<\/em> (1958), et <em>Florence <\/em>(1960). Deux autres, <em>le Barrage<\/em> et <em>Chambre \u00e0 louer<\/em>, cr\u00e9\u00e9es respectivement en 1955 et 1956, sont encore in\u00e9dites\u00a0\u00bb (Bessette, Geslin et Parent 1968, 684). \u00c9num\u00e9rer ces pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, r\u00e9dig\u00e9es dans un court intervalle, dans le discours biographique atteste que Dub\u00e9 a \u00ab\u00a0l\u2019avantage de s\u2019imposer avec le poids de l\u2019\u00e9vidence\u00a0\u00bb (Melan\u00e7on, Moisan et Roy 1988, 86). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00e9tant donn\u00e9 que la quasi\u2011totalit\u00e9 des r\u00e9dacteurs mettent l\u2019accent sur les productions de Dub\u00e9 dans l\u2019introduction sur cet auteur, on peut affirmer qu\u2019il est consid\u00e9r\u00e9 par l\u2019institution coll\u00e9giale par le cr\u00e9dit <em>quantitatif<\/em> qu\u2019il apporte \u00e0 la litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise, contrairement \u00e0 G\u00e9linas dont la mani\u00e8re de le pr\u00e9senter rel\u00e8ve pratiquement du fait qu\u2019il soit l\u2019auteur d\u2019une \u0153uvre ou deux, \u00e0 savoir <em>Tit-Coq <\/em>et <em>Bousille et Les justes<\/em> (1960). Cela s\u2019accorde avec la volont\u00e9 des r\u00e9dacteurs de manuels d\u2019attester l\u2019existence d\u2019un corpus th\u00e9\u00e2tral national dont l\u2019\u00e9laboration sous-entend l\u2019id\u00e9e d\u2019un r\u00e9pertoire.<\/p>\n<p>La l\u00e9gitimation de l\u2019art dramatique par l\u2019inscription de Gratien G\u00e9linas et de Marcel Dub\u00e9 s\u2019appuie donc entre autres sur le <em>travail <\/em>\u00e0 partir duquel s\u2019articule la <em>qualit\u00e9<\/em> (reconnaissance institutionnelle) et la <em>quantit\u00e9 <\/em>(nombre de repr\u00e9sentations, d\u2019\u0153uvres et de spectateur\u00b7rice\u00b7s). On peut alors avancer que le principe axiologique <em>travail<\/em> est une <em>valeur-objet<\/em> au sens o\u00f9 l\u2019entend Heinich, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0une\u00a0\u00bb valeur (2017, 136), une appr\u00e9ciation positive accord\u00e9e ici par des auteurs de manuels qui cr\u00e9ditent ou non \u00e0 partir d\u2019elle, et ce, \u00e0 des degr\u00e9s variables de consensualit\u00e9, G\u00e9linas et Dub\u00e9 du statut d\u2019\u00e9crivain dramatique. Dans le cas pr\u00e9sent, il est davantage question des \u00ab\u00a0r\u00e9sultats d\u2019\u00e9valuation du processus de valorisation, au premier sens du terme, de mani\u00e8re qualitative et quantitative\u00a0\u00bb (Pelletier 2021, 37). Il en est cependant autrement pour la <em>responsabilit\u00e9 <\/em>d\u00e9finie par Heinich comme le fait de servir \u00ab\u00a0une cause extra-artistique\u00a0\u00bb (2017, 243), un discours investi en particulier envers Gratien G\u00e9linas. Cette qualit\u00e9 est une <em>valeur-principe <\/em>en ce qu\u2019elle a \u00ab\u00a0pour propri\u00e9t\u00e9, comme on le verra, d\u2019\u00eatre une but\u00e9e de l\u2019argumentation\u00a0\u00bb (136\u2011137).<\/p>\n<h2>Au service de la nation<\/h2>\n<p>Pour Bessette, Geslin et Parent ainsi que pour Gay, la Com\u00e9die-Canadienne (l\u2019actuel Th\u00e9\u00e2tre du Nouveau Monde), fond\u00e9e en 1957 par G\u00e9linas, est un \u00e9v\u00e9nement majeur pour la sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale montr\u00e9alaise puisqu\u2019elle a comme objectif de mettre essentiellement sur sc\u00e8ne des productions canadiennes-fran\u00e7aises (1968, 650; 1969, 183)<a id=\"footnoteref5_gnctliq\" class=\"see-footnote\" title=\"Il appara\u00eet difficile de pr\u00e9senter cette initiative dans la premi\u00e8re \u00e9dition de Litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise, car la Com\u00e9die-Canadienne est fond\u00e9e l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 ce manuel para\u00eet. Ceci \u00e9tant dit, Samuel Baillargeon ne la mentionne \u00e9galement pas dans la deuxi\u00e8me \u00e9dition de son ouvrage en 1961.\" href=\"#footnote5_gnctliq\">[5]<\/a>. Baillargeon, quant \u00e0 lui, conf\u00e8re une valeur particuli\u00e8re \u00e0 la <em>responsabilit\u00e9<\/em> de l\u2019\u00e9crivain dans son \u00e9criture\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>G\u00e9linas veut cr\u00e9er un th\u00e9\u00e2tre qui soit un <em>reflet de l\u2019\u00e2me populaire<\/em>. Dans le personnage des tr\u00e9teaux, le spectateur doit se retrouver. Il \u00ab se regarde lui-m\u00eame \u00bb. \u00ab Il rit, il pleure, il n\u2019a point envie de s\u2019en aller \u00bb, nous dit G\u00e9linas.<\/p>\n<p>Tout le secret du dramaturge est dans cette formule : l\u2019auteur et sa cr\u00e9ation vibrent au rythme de l\u2019\u00e2me populaire. (1961, 489)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce passage est int\u00e9ressant pour plusieurs raisons. D\u2019une part, il invite \u00e0 consid\u00e9rer la cr\u00e9ation d\u2019une \u0153uvre mettant en sc\u00e8ne la voix des Canadiens fran\u00e7ais comme une d\u00e9marche intentionnelle et une observation attentive de la soci\u00e9t\u00e9 de la part de l\u2019auteur. D\u2019autre part, il permet de constater qu\u2019il y a fusion des \u00ab\u00a0horizons d\u2019attente\u00a0\u00bb, soit \u00ab\u00a0la disposition d\u2019esprit ou de code esth\u00e9tique\u00a0\u00bb (Jauss 1978, 258-259) de l\u2019\u0153uvre (<em>Tit-Coq<\/em>) et du spectateur ou de la spectatrice par la repr\u00e9sentation de personnages incarnant l\u2019\u00ab\u00a0\u00e2me populaire\u00a0\u00bb. \u00c9tant donn\u00e9 que le public \u00ab\u00a0se regarde lui-m\u00eame\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0se retrouv[e]\u00a0\u00bb dans <em>Tit-Coq <\/em>(Baillargeon 1961, 489), cette pi\u00e8ce est consacr\u00e9e dans <em>Litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise <\/em>puisqu\u2019elle est la \u00ab\u00a0premi\u00e8re\u00a0\u00bb \u00e0 d\u00e9peindre \u00ab\u00a0l\u2019\u00e2me populaire\u00a0\u00bb et, de ce fait, l\u2019\u00e9mergence d\u2019une identit\u00e9 collective au Qu\u00e9bec. Elle permet ainsi, selon D\u2019Auteuil, \u00ab\u00a0\u00e0 la production dramatique [\u2026] de \u201csortir du n\u00e9ant\u201d\u00a0\u00bb (1969, 183). En outre, G\u00e9linas joue le r\u00f4le\u2011titre en plus d\u2019assurer la mise en sc\u00e8ne et la direction artistique de <em>Tit-Coq<\/em>, ce qui participe \u00e0 confirmer qu\u2019il a \u00ab\u00a0beaucoup de talent\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0don de la sc\u00e8ne\u00a0\u00bb et que son \u00ab\u00a0art [est] tr\u00e8s s\u00fbr et tr\u00e8s exp\u00e9riment\u00e9\u00a0\u00bb (Roy 1925, 116), pour reprendre les mots de Mrg Roy. Baillargeon met donc en valeur l\u2019\u00e9crivain (G\u00e9linas) par sa pi\u00e8ce-phare (<em>Tit-Coq<\/em>). Cela r\u00e9v\u00e8le l\u2019importance que ce r\u00e9dacteur accorde au <em>devoir <\/em>national, en pr\u00e9sentant \u00e9galement l\u2019accueil enthousiaste du public que cette \u0153uvre re\u00e7oit.<\/p>\n<h2>(En)jeux de r\u00e9ception<\/h2>\n<p>Plusieurs auteurs de manuels conf\u00e8rent une valeur particuli\u00e8re au <em>jeu<\/em> (valeur-principe), associ\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019humour, l\u2019exp\u00e9rimentation, l\u2019amusement, le divertissement\u00a0\u00bb (Heinich 2017, 240). Il est, dans son traitement dans les notices biographiques, de l\u2019ordre de la r\u00e9ception des \u0153uvres<a id=\"footnoteref6_mgjqjjb\" class=\"see-footnote\" title=\"Nous ne pr\u00e9tendons \u00e9videmment pas occulter le fait que ce principe axiologique puisse rejoindre la transmission d\u2019une \u0153uvre, c\u2019est-\u00e0-dire relever davantage de la position du cr\u00e9ateur ou de la cr\u00e9atrice. Il n\u2019en sera cependant pas question dans cette analyse.\" href=\"#footnote6_mgjqjjb\">[6]<\/a>, de l\u2019exp\u00e9rience du spectateur ou de la spectatrice. \u00c9tudions, par exemple, le discours du r\u00e9dacteur de la section \u00ab\u00a0Le th\u00e9\u00e2tre de 1945 \u00e0 nos jours\u00a0\u00bb au sujet de Dub\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Avec une pi\u00e8ce en un acte\u00a0: <em>De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du mur<\/em>, Marcel Dub\u00e9 faisait ses premi\u00e8res armes de dramaturge, aux applaudissements des spectateur[\u00b7rice\u00b7]s et du juge anglais du Festival.\u00a0\u00bb (D\u2019Auteuil 1969, 191) D\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, les commencements de Dub\u00e9 en \u00e9criture attestent une r\u00e9ception favorable, comme nous l\u2019avons \u00e9voqu\u00e9 plus t\u00f4t, ce qui laisse pr\u00e9sager ici un avenir prometteur pour ce \u00ab\u00a0nouvel auteur dramatique [\u2026] n\u00e9 au Canada fran\u00e7ais\u00a0\u00bb (191). Si \u00ab\u00a0le discours didactique transmet toujours un point de vue sur un savoir d\u00e9j\u00e0 existant\u00a0\u00bb (Lazar et Payette 1981, 493), il va sans dire que D\u2019Auteuil organise, par le biais de paradigmes narratifs tels que le temps (les d\u00e9buts de Dub\u00e9), l\u2019espace (sc\u00e8ne professionnelle), le personnage (public et milieu th\u00e9\u00e2tral) et l\u2019action (succ\u00e8s de la pi\u00e8ce) (Moisan 1992), la mise en intrigue du parcours de Dub\u00e9 dans son manuel.<\/p>\n<p>Cela est \u00e9galement le cas pour G\u00e9linas dans la mesure o\u00f9 l\u2019accueil des <em>Fridolinades<\/em> est crucial dans l\u2019\u00e9volution de la carri\u00e8re de cet artiste\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>Pendant une dizaine d\u2019ann\u00e9es, sa revue des <em>Fridolinades<\/em>, tour d\u2019horizon satirique et joyeux sur les incidents de notre vie collective, a fait rire toute la province. C\u2019est de quelques-uns de ces tableaux qu\u2019il a tir\u00e9 la mati\u00e8re de sa premi\u00e8re pi\u00e8ce <em>Tit-Coq<\/em> [\u2026], que devaient suivre, dans une veine analogue, <em>Bousille et les justes<\/em> (1961) et <em>Hier les enfants dansaient<\/em> (1966). (Duhamel 1967, 154)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019\u00e9loge que re\u00e7oit <em>Tit-Coq<\/em> r\u00e9sulte ainsi, selon Duhamel, de sa gen\u00e8se, soit des sketches. Gay confirme cette pr\u00e9misse\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>Gratien G\u00e9linas, d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s au courant du probl\u00e8me de la sc\u00e8ne par les <em>Fridolinades<\/em>, revues annuelles d\u2019actualit\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es au public montr\u00e9alais d\u00e8s 1938, connut un succ\u00e8s foudroyant au lendemain de la guerre avec <em>Tit Coq<\/em> [sic][\u2026]. [\u2026] Mieux que quiconque, G\u00e9linas connaissait le public qui le soutenait\u00a0: on comprend que sa pi\u00e8ce f\u00fbt port\u00e9e aux nues. (1969, 183)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans le premier passage de cet extrait, le r\u00e9dacteur de <em>Notre litt\u00e9rature<\/em> affirme que <em>Tit-Coq<\/em> obtient un succ\u00e8s imm\u00e9diat dans un contexte sociohistorique particulier, \u00ab\u00a0au lendemain de la guerre\u00a0\u00bb. Malgr\u00e9 la p\u00e9riode pr\u00e9caire pendant laquelle elle est jou\u00e9e, la r\u00e9ussite sur sc\u00e8ne qu\u2019elle engendre est certaine et est sans aucun doute due \u00e0 l\u2019horizon d\u2019attente \u00ab\u00a0du grand public comme [de] la classe cultiv\u00e9e\u00a0\u00bb (Baillargeon 1957, 430) qu\u2019a fid\u00e9lis\u00e9 et, en quelque sorte, \u00ab\u00a0conditionn\u00e9\u00a0\u00bb (Jauss 1978, 258-259) G\u00e9linas avec les <em>Fridolinades<\/em>. C\u2019est ce \u00e0 quoi nous invite aussi \u00e0 interpr\u00e9ter Gay en nous signalant, \u00e0 la fin du paragraphe, que G\u00e9linas conna\u00eet les spectateurs et spectatrices auxquel\u00b7le\u00b7s il s\u2019adresse. De ce fait, ce r\u00e9dacteur laisse entendre que le <em>plaisir<\/em> (Heinich 2017, 237-238) (ou \u00ab\u00a0jouissance esth\u00e9tique\u00a0\u00bb [Jauss 1978]) \u00e9prouv\u00e9 par l\u2019auditoire repose sur la fusion des horizons d\u2019attente, soit ceux de l\u2019\u0153uvre et ceux du public.<\/p>\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne m\u2019appara\u00eet int\u00e9ressant puisque l\u2019on assiste \u00e0 une d\u00e9marche diff\u00e9rente de la part de Bessette, Geslin et Parent \u00e0 l\u2019endroit de Marcel Dub\u00e9. M\u00eame s\u2019ils le consid\u00e8rent comme \u00e9tant le \u00ab\u00a0plus populaire des dramaturges, apr\u00e8s Gratien G\u00e9linas\u00a0\u00bb (Bessette, Geslin et Parent 1968, 683), ils ne pr\u00e9sentent point les raisons d\u2019un tel succ\u00e8s, alors que nous sont expos\u00e9es les r\u00e9actions du public \u00e0 la suite de la repr\u00e9sentation de <em>Tit-Coq<\/em> et les justifications du triomphe de G\u00e9linas. Pourtant, Dub\u00e9 est mis en valeur du seul fait de l\u2019utilisation du superlatif dans la phrase qui exprime pr\u00e9cis\u00e9ment son degr\u00e9 de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9. Un r\u00e9dacteur, en effet,<\/p>\n<blockquote>\n<p>n\u2019explicit[e] ni ne justifi[e] les crit\u00e8res de choix des \u00e9crivain[\u00b7e\u00b7]s et des \u0153uvres, de m\u00eame que la r\u00e9partition en p\u00e9riodes ou le type de pr\u00e9sentation d\u2019analyse. Les crit\u00e8res de s\u00e9lection sont ant\u00e9rieurs au discours, donc \u00e9tablis par avance sur des <em>valeurs <\/em>qui restent <em>inconnues. <\/em>Quand ils jouent dans la s\u00e9lection de la mati\u00e8re du manuel, ils n\u2019apparaissent que dans leurs <em>effets de valorisation <\/em>de cette mati\u00e8re. Ils demeurent toujours indiscutables, parce que non r\u00e9f\u00e9renc\u00e9s, non explicit\u00e9s. (Moisan 1987, 146)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est ce que l\u2019analyse des crit\u00e8res axiologiques dans les notices biographiques des manuels de litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise (1957-1969) a mis en \u00e9vidence. Les ouvrages scolaires sont r\u00e9dig\u00e9s par des acteurs du milieu litt\u00e9raire qui v\u00e9hiculent, quand ils pr\u00e9sentent et commentent le th\u00e9\u00e2tre de Gratien G\u00e9linas et de Marcel Dub\u00e9, des crit\u00e8res \u00ab\u00a0de valorisation d\u2019ordre esth\u00e9tique, id\u00e9ologique [&#8230;]\u00a0\u00bb (Melan\u00e7on, Moisan et Roy 1988, 87). On a, \u00e0 ce propos, pu constater que l\u2019enseignement de l\u2019art dramatique national est tardif au coll\u00e8ge notamment en raison des qualit\u00e9s \u00e9voqu\u00e9es par Mgr Camille Roy pour que ce genre soit int\u00e9gr\u00e9 au coll\u00e8ge. Ces consid\u00e9rations pr\u00e9sent\u00e9es, nous avons d\u00e9voil\u00e9 la mani\u00e8re dont elles ont fa\u00e7onn\u00e9 le discours sur l\u2019introduction des fondateurs du th\u00e9\u00e2tre au Qu\u00e9bec dans les manuels parus dans les ann\u00e9es 1960. L\u2019examen des biograph\u00e8mes \u00e0 l\u2019endroit de Gratien G\u00e9linas et de Marcel Dub\u00e9 dans ces ouvrages scolaires a d\u00e9montr\u00e9 que leur l\u00e9gitimation rel\u00e8ve, d\u2019une part, de leurs activit\u00e9s \u00e0 la radio et sur les tr\u00e9teaux (valeur de<em> travail<\/em>), car elles engendrent un cr\u00e9dit institutionnel par la <em>qualit\u00e9<\/em> ou la <em>quantit\u00e9<\/em> de leur \u0153uvre respective et, d\u2019autre part, de l\u2019importance de la notori\u00e9t\u00e9 de ces dramaturges (valeur de<em> jeu<\/em>). \u00c0 ceci s\u2019ajoute le d\u00e9sir de G\u00e9linas de mettre en\/sur sc\u00e8ne le peuple canadien-fran\u00e7ais (valeur de <em>responsabilit\u00e9<\/em>). Ces trois processus de valorisation permettent ainsi \u00e0 l\u2019ensemble des auteurs de manuels parus pendant la R\u00e9volution tranquille de certifier l\u2019existence d\u2019un th\u00e9\u00e2tre national avec G\u00e9linas et Dub\u00e9.<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Baillargeon, Samuel. 1957 [2<sup>e<\/sup> e\u0301d.: 1961]. <em>Litte\u0301rature canadienne-franc\u0327aise<\/em>. Que\u0301bec\u00a0: E\u0301ditions Fides.<\/p>\n<p>Bessette, Ge\u0301rard, Lucien Geslin et Charles Parent. 1968. <em>Histoire de la litte\u0301rature canadienne- franc\u0327aise<\/em>. Montre\u0301al\u00a0: Centre E\u0301ducatif et Culturel, Inc.<\/p>\n<p>Cellard, Karine. 2006. \u00ab Un genre a\u0300 part. Le the\u0301a\u0302tre dans les manuels d\u2019histoire de la litte\u0301rature que\u0301be\u0301coise, ou l\u2019histoire d\u2019un revirement spectaculaire \u00bb.\u00a0<em>L\u2019Annuaire the\u0301a\u0302tral<\/em>, no. 39\u00a0: 47-59.<\/p>\n<p>D\u2019Auteuil, Georges-Henri. 1969. \u00ab Le the\u0301a\u0302tre de 1945 a\u0300 nos jours \u00bb. Dans <em>Histoire de la litte\u0301rature franc\u0327aise du Que\u0301bec<\/em>, Pierre de Grandpre\u0301 (dir). Montre\u0301al\u00a0: Beauchemin, 181-234.<\/p>\n<p>Duhamel, Roger. 1967. <em>Manuel de litte\u0301rature canadienne-franc\u0327aise<\/em>. Montre\u0301al\u00a0: E\u0301ditions du Renouveau Pe\u0301dagogique Inc.<\/p>\n<p>Gay, Paul. 1969. <em>Notre litte\u0301rature. Guide litte\u0301raire du canada franc\u0327ais a\u0300 l\u2019usage des niveaux secondaire et colle\u0301gial<\/em>. Montre\u0301al\u00a0: \u00c9ditions HMH.<\/p>\n<p>Heinich, Nathalie. 2017.\u00a0<em>Des valeurs. Une approche sociologique<\/em>. Paris\u00a0: Gallimard, coll. \u00ab Bibliothe\u0300que des sciences humaines \u00bb.<\/p>\n<p>\u2014 \u2014 \u2014. 2017. \u00ab\u00a0Dix propositions sur les valeurs\u00a0\u00bb.\u00a0<em>Questions de communication<\/em>, no. 31\u00a0: 291-313.<\/p>\n<p>Jauss, Hans Robert. 1978.\u00a0<em>Pour une esthe\u0301tique de la re\u0301ception\u00a0<\/em>(trad. par Claude Maillard). Paris\u00a0: Gallimard.<\/p>\n<p>Lazar, He\u0301le\u0300ne et Denis Payette. 1981. \u00ab Le discours biographique dans les manuels d\u2019histoire litte\u0301raire \u00bb.\u00a0<em>E\u0301tudes litte\u0301raires<\/em>\u00a014, no. 3\u00a0: 491-508.<\/p>\n<p>Melanc\u0327on, Joseph, Cle\u0301ment Moisan et Max Roy. 1988.\u00a0<em>Le discours d\u2019une didactique. La formation litte\u0301raire dans l\u2019enseignement classique au Que\u0301bec (1852-1967)<\/em>. Que\u0301bec\u00a0: Centre de recherche en litte\u0301rature que\u0301be\u0301coise (CRELIQ).<\/p>\n<p>Moisan, Cl\u00e9ment. 1987.\u00a0<em>Qu\u2019est-ce que l\u2019histoire litt\u00e9raire ?<\/em>\u00a0Paris\u00a0: Presses Universitaires de France.<\/p>\n<p>\u2014 \u2014 \u2014. \u00ab L\u2019histoire litt\u00e9raire comme texte \u00bb. Dans\u00a0<em>Texte<\/em>, no. 12, 1992.<\/p>\n<p>Page\u0301, Pierre et Rene\u0301e Legris. 1975.\u00a0<em>Re\u0301pertoire des \u0153uvres de la litte\u0301rature radiophonique que\u0301be\u0301coise (1930-1970)<\/em>. Montre\u0301al\u00a0: \u00c9ditions Fides.<\/p>\n<p>Pelletier, Eug\u00e9nie-Rapha\u00eblle. 2021. \u00ab De la l\u00e9gitimation \u00e0 la\u00a0<em>classicisation<\/em>\u00a0: le discours des manuels scolaires sur Gratien G\u00e9linas et Marcel Dub\u00e9,\u00a0<span style=\"color: #4d5156; font-family: arial, sans-serif; font-size: 14px;\">\u201cp\u00e8res<span style=\"color: #4d5156; font-family: arial, sans-serif; font-size: 14px;\">\u201d\u00a0du th\u00e9\u00e2tre qu\u00e9b\u00e9cois \u00bb, m\u00e9moire de ma\u00eetrise, D\u00e9partement d\u2019\u00e9tudes litt\u00e9raires, Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al, 128 f.<\/span><\/span><\/p>\n<p>Robert, Lucie. 1986. \u00ab\u00a0Camille Roy et la litt\u00e9rature \u00bb. Dans Paul Wyczynski, Franc\u0327ois Gallays et Sylvain Simard (dir.),\u00a0<em>L\u2019Essai et la prose d\u2019ide\u0301es au Que\u0301bec<\/em>, vol 6. Montr\u00e9al\u00a0: \u00c9ditions Fides, 411-423.<\/p>\n<p>\u2014 \u2014 \u2014. 2019. \u00ab\u00a0<em>Tit-Coq\u00a0<\/em>(1948) de Gratien Ge\u0301linas. De l\u2019e\u0301ve\u0301nement the\u0301a\u0302tral a\u0300 la conse\u0301cration litte\u0301raire \u00bb.\u00a0<em>Les cahiers des dix<\/em>, no.72\u00a0: 213-247.<\/p>\n<p>Roy, Camille. 1918 [2<sup>e<\/sup> e\u0301d.: 1925; 8<sup>e<\/sup> e\u0301d.: 1940]. <em>Manuel d\u2019histoire de la litte\u0301rature canadienne-franc\u0327aise<\/em>. Que\u0301bec\u00a0: Imprimerie de l\u2019Action sociale.<\/p>\n<p>Roy, Max. 2000. \u00ab Le renouveau scolaire : la recherche d&rsquo;une culture commune et pratique \u00bb. Dans Denis Saint-Jacques, (dir.),\u00a0<em>Que vaut la litte\u0301rature?<\/em>\u00a0Que\u0301bec\u00a0: Nota bene, 45-72.<\/p>\n<p>S\u0153urs de Sainte-Anne [s\u0153ur Marie-E\u0301lise]. 1928. <em>Pre\u0301cis d\u2019histoire litte\u0301raire. Litte\u0301rature canadienne- franc\u0327aise<\/em>. Lachine\u00a0: Procure des missions des S\u0153urs de Sainte-Anne.<\/p>\n<p>Heinich, Nathalie. 2017.\u00a0<em>Des valeurs. Une approche sociologique<\/em>. Paris\u00a0: Gallimard, coll. \u00ab Bibliothe\u0300que des sciences humaines \u00bb.<\/p>\n<p>\u2014 \u2014 \u2014. 2017. \u00ab\u00a0Dix propositions sur les valeurs\u00a0\u00bb.\u00a0<em>Questions de communication<\/em>, no. 31\u00a0: 291-313.<\/p>\n<p><!--novelty_footnote_list()--><\/p>\n<section class=\"footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed\" data-collapsible-show-label=\"Notes\" data-collapsible-hide-label=\"Notes\">\n<h2>Notes<\/h2>\n<p id=\"footnote1_n8f7b94\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref1_n8f7b94\">[1]<\/a> Il s\u2019agit de\u00a0: Samuel Baillargeon, <em>Litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise <\/em>(1957 [2e \u00e9d.: 1961]); G\u00e9rard Bessette, Lucien Geslin et Charles Parent, <em>Histoire de la litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise <\/em>(1968); Roger Duhamel, <em>Manuel de litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise <\/em>(1967); Paul Gay, <em>Notre litt\u00e9rature. Guide litt\u00e9raire du canada fran\u00e7ais a\u0300 l\u2019usage des niveaux secondaire et coll\u00e9gial <\/em>(1969); et Pierre de Grandpr\u00e9 (dir.), <em>Histoire de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise du Que\u0301bec <\/em>(1969).<\/p>\n<p id=\"footnote2_dc0ta3r\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref2_dc0ta3r\">[2]<\/a> Parmi elles, citons le recueil de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre destin\u00e9 \u00e0 la jeunesse <em>Aux feux de la rampe<\/em> (1927) de Marie-Claire Daveluy (S\u0153urs de Sainte-Anne 1928, 321); <em>F\u00e9lix Poutr\u00e9<\/em> (1878) et <em>Papineau<\/em> (1880) de Louis Fr\u00e9chette (Roy 1940, 61; S\u0153urs de Sainte-Anne 1928, 134); <em>Le jeune Latour <\/em>(1844) d\u2019Antoine G\u00e9rin-Lajoie (Roy 1925, 71; S\u0153urs de Sainte-Anne 1928, 83); <em>Rouge et Bleu<\/em> (1891) et <em>Entendons-nous, vaudeville<\/em> (1914) de Pamphile Le May, <em>Fatenville <\/em>(1869), <em>Erreur n\u2019est pas compte<\/em> (1872), <em>Un bonheur en attire un autre<\/em> (1883), <em>Les faux brillants<\/em> (1885) et <em>Le laur\u00e9at <\/em>(1885) de F\u00e9lix-Gabriel Marchand ainsi que <em>Colas et Colinette<\/em> (1788), <em>Les R\u00e9publicains fran\u00e7ais<\/em> (1800) (Roy 1925, 19-20) et <em>L\u2019anglomanie, ou Le d\u00eener \u00e0 l\u2019anglaise<\/em> (1802) de Joseph Quesnel (Roy 1909, 125-158; S\u0153urs de Sainte\u2011Anne 1928, 25-26).<\/p>\n<p id=\"footnote3_jf5d61p\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref3_jf5d61p\">[3]<\/a> Ces valeurs ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es dans mon m\u00e9moire de ma\u00eetrise intitul\u00e9 \u00ab\u00a0De la l\u00e9gitimation \u00e0 la <em>classicisation<\/em>\u00a0: le discours des manuels scolaires sur Gratien G\u00e9linas et Marcel Dub\u00e9, \u201cp\u00e8res\u201d du th\u00e9\u00e2tre qu\u00e9b\u00e9cois\u00a0\u00bb (2021).<\/p>\n<p id=\"footnote4_e0zs8ge\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref4_e0zs8ge\">[4]<\/a> Ces quatre \u0153uvres th\u00e9\u00e2trales sont les principales \u00e9tudi\u00e9es dans les manuels publi\u00e9s entre 1957 et 1969. Notons que la liste \u00e9tablie par les r\u00e9dacteurs de ces manuels ne r\u00e9pertorie pas les drames bourgeois de Dub\u00e9 (Pelletier 2021, 54-55), soit <em>M\u00e9d\u00e9e <\/em>(1958), <em>Bilan <\/em>(1960), <em>Les beaux dimanches <\/em>(1965) et <em>Au retour des oies blanches <\/em>(1966).<\/p>\n<p id=\"footnote5_gnctliq\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref5_gnctliq\">[5]<\/a> Il appara\u00eet difficile de pr\u00e9senter cette initiative dans la premi\u00e8re \u00e9dition de <em>Litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise<\/em>, car la Com\u00e9die-Canadienne est fond\u00e9e l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 ce manuel para\u00eet. Ceci \u00e9tant dit, Samuel Baillargeon ne la mentionne \u00e9galement pas dans la deuxi\u00e8me \u00e9dition de son ouvrage en 1961.<\/p>\n<p id=\"footnote6_mgjqjjb\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref6_mgjqjjb\">[6]<\/a> Nous ne pr\u00e9tendons \u00e9videmment pas occulter le fait que ce principe axiologique puisse rejoindre la transmission d\u2019une \u0153uvre, c\u2019est-\u00e0-dire relever davantage de la position du cr\u00e9ateur ou de la cr\u00e9atrice. Il n\u2019en sera cependant pas question dans cette analyse.<\/p>\n<\/section>\n<p><!--\/novelty_footnote_list()--><\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Pelletier, Eug\u00e9nie-Rapha\u00eblle. 2021. \u00ab L&rsquo;envers du d\u00e9cor. Le discours biographique des manuels scolaires sur Gratien G\u00e9linas et Marcel Dub\u00e9 \u00bb <em>Postures<\/em>, Dossier \u00ab Actes du XXVe Colloque interuniversitaire \u00e9tudiant de litt\u00e9rature (CIEL 2020) \u00bb, Hors s\u00e9rie n\u00b03. En ligne, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5670 (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx).<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/pelletier_hs3.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 pelletier_hs3.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-80b7b884-c68f-4d32-b326-9e837e56006f\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/pelletier_hs3.pdf\">pelletier_hs3<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/pelletier_hs3.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-80b7b884-c68f-4d32-b326-9e837e56006f\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier \u00ab Actes du XXVe Colloque interuniversitaire \u00e9tudiant de litt\u00e9rature (CIEL 2020) \u00bb, Hors s\u00e9rie n\u00b03 \u00ab\u00a0Avec [Gratien] G\u00e9linas commence l\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre canadien-fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Samuel Baillargeon dans le manuel consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire de la litt\u00e9rature canadienne-fran\u00e7aise qu\u2019il publie en 1957 (430). 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