{"id":5679,"date":"2024-06-13T19:48:33","date_gmt":"2024-06-13T19:48:33","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/ecrire-le-lieu-modalites-de-la-representation-spatiale\/"},"modified":"2024-08-22T16:13:13","modified_gmt":"2024-08-22T16:13:13","slug":"ecrire-le-lieu-modalites-de-la-representation-spatiale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5679","title":{"rendered":"\u00c9crire le lieu\u00a0: modalit\u00e9s de la repr\u00e9sentation spatiale"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6902\">Dossier \u00ab \u00c9crire le lieu : modalit\u00e9s de la repr\u00e9sentation spatiale \u00bb, n\u00b0 31<\/a><\/h5>\n<p>Si les sciences humaines et sociales ont longtemps privil\u00e9gi\u00e9 l\u2019\u00e9tude du temps au d\u00e9triment de celle de l\u2019espace, les derni\u00e8res d\u00e9cennies marquent l\u2019av\u00e8nement d\u2019un\u00a0<em>spatial turn<\/em>\u00a0qui renverse cette posture critique. On observe en effet la mont\u00e9e d\u2019un nouveau paradigme analytique \u00ab\u00a0g\u00e9ocentr\u00e9\u00a0\u00bb (Ziethen 2013) convoquant, entre autres, la g\u00e9opo\u00e9tique de Kenneth White (1994), la g\u00e9ocritique de Bertrand Westphal (2007) ou encore la g\u00e9ographie litt\u00e9raire de Michel Collot (2014)\u00a0\u2014\u00a0approches qui revendiquent, chacune \u00e0 leur fa\u00e7on, le r\u00f4le primordial de la dimension spatiale dans la construction de la connaissance.<\/p>\n<p>Ainsi, et comme le rappellent Barney Warf et Santa Arias dans leur ouvrage\u00a0<em>The Spatial Turn<\/em>, \u00ab\u00a0[g]eography matters, not for the simplistic and overly used reason that everything happens in space, but because where things happen is critical to knowing how and why they happen\u00a0\u00bb (2008, 1). Antje Ziethen rel\u00e8ve en outre que \u00ab\u00a0[le lieu] ne se r\u00e9sume [plus] \u00e0 une fonction de sc\u00e8ne anodine sur laquelle se d\u00e9ploie le destin des personnages mais s\u2019impose comme enjeu di\u00e9g\u00e9tique, substance g\u00e9n\u00e9ratrice, agent structurant et vecteur signifiant\u00a0\u00bb (2013, 3-4). Le lieu, en tant qu\u2019il participe pleinement d\u2019un r\u00e9gime litt\u00e9raire, permet donc de focaliser bon nombre de discours et de savoirs\u00a0: il forme et informe le regard singulier que nous propose toute \u0153uvre.<\/p>\n<p>C\u2019est notamment le constat de Jean-Fran\u00e7ois Richer qui, dans son ouvrage sur les boudoirs balzaciens, t\u00e9moigne de la \u00ab\u00a0compacit\u00e9 discursive\u00a0\u00bb de l\u2019espace priv\u00e9 romanesque, c\u2019est-\u00e0-dire de sa \u00ab\u00a0double capacit\u00e9 de d\u00e9terminer les \u201cesp\u00e8ces sociales\u201d (Balzac) et leurs discours, et d\u2019\u00eatre, en retour, d\u00e9termin\u00e9 par ces esp\u00e8ces, enregistrant les mouvements dialectiques qui modifient les diff\u00e9rents savoirs sur la nature humaine.\u00a0\u00bb (2012, 11) Selon Richer, \u00ab\u00a0[l]\u2019espace produit par une soci\u00e9t\u00e9 peut donc \u00eatre \u00e0 la fois \u201cdiscours de\u201d et \u201cdiscours sur\u201d l\u2019\u00eatre humain, un condens\u00e9 mat\u00e9riel d\u2019ontologie portant les traces du pass\u00e9 et une matrice pouvant g\u00e9n\u00e9rer l\u2019intellection du pr\u00e9sent et de l\u2019avenir\u00a0\u00bb (11). L\u2019espace priv\u00e9 devient ainsi, de fa\u00e7on tout \u00e0 fait paradoxale, un terrain privil\u00e9gi\u00e9 pour repr\u00e9senter les enjeux du social. Quels sont alors les discours port\u00e9s par les diff\u00e9rents lieux de l\u2019intimit\u00e9 romanesques? Que disent les chambres, les salons, les biblioth\u00e8ques, des individus romanesques qui les habitent? Le lieu de l\u2019intimit\u00e9 permet-il seulement d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une certaine essence du \u00ab\u00a0priv\u00e9\u00a0\u00bb, ou s\u2019int\u00e8gre-t-il toujours dans une logique discursive visant \u00e0 renvoyer aux enjeux du social?<\/p>\n<p>Inversement, les espaces ouverts, les grandes \u00e9tendues renvoient souvent, eux aussi, \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une int\u00e9riorit\u00e9. Selon Gaston Bachelard, \u00ab\u00a0[l]\u2019immensit\u00e9 est, pourrait-on dire, une cat\u00e9gorie philosophique de la r\u00eaverie\u00a0\u00bb (1957, 168). Or c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment parce que cette infinitude ne peut \u00eatre qu\u2019imagin\u00e9e qu\u2019elle est indissociable d\u2019un certain frisson, d\u2019une jouissance m\u00eal\u00e9e de terreur\u00a0\u2014\u00a0combinaison caract\u00e9ristique du sublime tel que le d\u00e9finissent respectivement Burke (1757) et Kant (1790). Comment les repr\u00e9sentations litt\u00e9raires de l\u2019immensit\u00e9\u00a0\u2014\u00a0fort nombreuses depuis les romantiques\u00a0\u2014\u00a0expriment-elles ce vertige? Quelles strat\u00e9gies d\u2019\u00e9criture mobilisent-elles pour d\u00e9crire cette \u00ab\u00a0grandeur\u00a0\u00bb effarante? Relevons que ces consid\u00e9rations ouvrent \u00e0 des perspectives diverses\u00a0: si la fascination qu\u2019elle engage concerne moins le gigantisme d\u2019une \u00e9tendue fantasm\u00e9e que le foisonnement que rec\u00e8le la vie ordinaire, la\u00a0<em>Tentative d\u2019\u00e9puisement d\u2019un lieu parisien<\/em>\u00a0de George Perec (1975) participe aussi d\u2019une confrontation \u00e0 l\u2019immensit\u00e9. Comment se n\u00e9gocient, sur ce plan, volont\u00e9 de saisie de l\u2019espace et richesse d\u2019un \u00ab\u00a0in\u00e9puisable\u00a0\u00bb lieu?<\/p>\n<p>Loin du sublime que contemple le \u00ab\u00a0voyageur\u00a0\u00bb du c\u00e9l\u00e8bre tableau de Caspar David Friedrich, de larges portions d\u2019espace se voient pour leur part stri\u00e9es, d\u00e9shabit\u00e9es ou jonch\u00e9es d\u2019une forme du\u00a0<em>junkspace\u00a0<\/em>que d\u00e9crit l\u2019urbaniste Rem Koolhas (2011). Face \u00e0 ces innombrables non-lieux\u00a0\u2014\u00a0\u00ab\u00a0espace[s] qui ne peu[vent] se d\u00e9finir ni comme identitaire[s], ni comme relationnel[s], ni comme historique[s]\u00a0\u00bb (Aug\u00e9 1992, 100)\u00a0\u2014\u00a0et d\u00e9lieux\u00a0\u2014\u00a0espaces \u00ab\u00a0qui ont \u00e9t\u00e9 des lieux\u00a0\u00bb, mais qui seraient \u00e0 pr\u00e9sent \u00ab\u00a0d\u00e9construits, d\u00e9shabit\u00e9s, d\u00e9territorialis\u00e9s\u00a0\u00bb (Prado 2010, 121)\u00a0\u2014\u00a0qui pars\u00e8ment le territoire, l\u2019\u00e9copolitique qu\u2019\u00e9voque Marielle Mac\u00e9 dans\u00a0<em>Nos cabanes<\/em>\u00a0invite \u00e0 \u00ab\u00a0imaginer des fa\u00e7ons de vivre dans un monde ab\u00eem\u00e9\u00a0\u00bb (2019, 27) et \u00e0 \u00ab\u00a0\u00e9largir\u00a0\u00bb, ce faisant, \u00ab\u00a0les formes de vie \u00e0 consid\u00e9rer\u00a0\u00bb (2019, 30). L\u2019\u00e9criture, ici, permettrait non seulement de r\u00e9habiter les for\u00eats, les rives et les fleuves menac\u00e9s et de reconna\u00eetre\u00a0\u2014\u00a0\u00e0 la mani\u00e8re du Ponge du\u00a0<em>Parti pris des choses\u00a0<\/em>(1942)\u00a0\u2014\u00a0leur part d\u2019agentivit\u00e9, mais aussi de r\u00e9investir jusqu\u2019aux non-lieux, de tenter \u00ab\u00a0avec [eux] des liens, des c\u00f4toiements, des m\u00e9diations, des nouages\u00a0\u00bb (Mac\u00e9 2019, 30). Sur ce terrain encore, les initiatives ne manquent pas\u00a0: citons notamment la carte interactive du projet\u00a0<em>Gares<\/em>, dont les \u00ab\u00a0tableaux d\u2019inspiration g\u00e9opo\u00e9tique\u00a0\u00bb entendent se \u00ab\u00a0r\u00e9approprier\u00a0\u00bb les stations du train de banlieue de Montr\u00e9al (Cliche et La Travers\u00e9e 2012, n.p.).<\/p>\n<p>Pour ce trente-et-uni\u00e8me num\u00e9ro,\u00a0<em>Postures<\/em>\u00a0se propose donc de prolonger la r\u00e9flexion du philosophe Gaston Bachelard qui, dans sa\u00a0<em>Po\u00e9tique de l\u2019espace<\/em>, avance que \u00ab\u00a0[l]a maison v\u00e9cue n\u2019est pas une bo\u00eete inerte\u00a0\u00bb (1957, 73). Le lieu, lorsqu\u2019il na\u00eet de la plume, n\u2019est jamais atone\u00a0: il foisonne plus qu\u2019il renferme, il t\u00e9moigne plus qu\u2019il cache, il r\u00e9v\u00e8le plus qu\u2019il rec\u00e8le.<\/p>\n<h2>Parcourir les lieux: topographies et trajectoires po\u00e9tiques<\/h2>\n<p>En ouverture de ce dossier, Gabriel Meshkinfam traite de l\u2019int\u00e9r\u00eat du po\u00e8te fran\u00e7ais Yves Bonnefoy pour la mise en sc\u00e8ne du lieu, laquelle donne naissance dans son \u0153uvre \u00e0 ce qu\u2019il nomme une m\u00e9taphysique \u00ab\u00a0spatiale\u00a0\u00bb. L\u2019auteur se penche sur la tension qui oppose deux conceptions de l\u2019espace\u00a0: une qui se constituerait comme un d\u00e9cor, comme un leurre, et une seconde qui mettrait de l\u2019avant un espace habitable, un vrai lieu. En faisant l\u2019examen des carrefours, des seuils et des nombreux espaces repr\u00e9sent\u00e9s par le po\u00e8te, il m\u00e8ne une r\u00e9flexion, aliment\u00e9e par la pens\u00e9e d\u2019Heidegger, sur la notion de pr\u00e9sence.<\/p>\n<p>L\u00e9a Beauchemin-Laporte aborde ensuite les rapports qui unissent l\u2019espace, le langage et l\u2019\u00e9criture dans le roman\u00a0<em>Piter Pan dans les Jardins de Kensington<\/em>\u00a0de J.\u00a0M. Barrie. En s\u2019appuyant sur les r\u00e9flexions de l\u2019anthropologue Tim Ingold et en usant de la m\u00e9thode ethnocritique, elle met au jour le faisceau de lignes concentriques qui unissent les Jardins de Kensington, les discours des personnages et la pratique scripturale du narrateur dans ce r\u00e9cit, une observation qui lui permet alors d\u2019appr\u00e9hender sous un autre regard la \u00ab\u00a0carte\u00a0\u00bb \u00e0 la fois topographique, narrative et orale offerte par le romancier dans cette \u0153uvre.<\/p>\n<p>Ambroise Bernier se propose, pour sa part, de revisiter\u00a0<em>Les R\u00eaveries du promeneur solitaire\u00a0<\/em>\u00e0 partir d\u2019une \u00e9tude approfondie des diff\u00e9rents \u00ab\u00a0niveaux\u00a0\u00bb de lieux mis en sc\u00e8ne par Jean-Jacques Rousseau dans son \u0153uvre. Il montre ainsi les distinctions \u00e9tablies dans la pens\u00e9e de l\u2019auteur entre vie active et vie contemplative gr\u00e2ce aux diff\u00e9rents lieux du texte, tout en observant les rapports \u00e9troits qui se mettent en place sous la plume de Rousseau entre spatialit\u00e9 et r\u00e9flexion philosophique.<\/p>\n<h2>Laisser sa marque : lieux et violences<\/h2>\n<p>Paola Ouedraogo s\u2019int\u00e9resse, quant \u00e0 elle, \u00e0 la fa\u00e7on dont l\u2019\u00e9crivaine martiniquaise Michelle Maillet se r\u00e9approprie l\u2019imaginaire du camp de concentration en tant que lieu structur\u00e9 par la violence dans son roman\u00a0<em>L\u2019\u00c9toile noire<\/em>. Elle montre comment, par le recours \u00e0 une dramatisation qui m\u00e9lange r\u00e9cits r\u00e9els et fictifs, l\u2019autrice arrive \u00e0 investir ces lieux de nouvelles voix et de nouvelles m\u00e9moires dans le but de transcender l\u2019horreur qui les fonde.<\/p>\n<p>Tasn\u00eem Tirkawi offre une lecture de\u00a0<em>Peut-\u00eatre Esther<\/em>\u00a0de Katja Petrowskaja \u00e0 partir de la notion de post-m\u00e9moire. Elle s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la fa\u00e7on dont le r\u00e9investissement d\u2019un lieu de trauma participe \u00e0 recr\u00e9er un pass\u00e9 qui \u00e9chapperait autrement \u00e0 la transmission interg\u00e9n\u00e9rationnelle, c\u2019est-\u00e0-dire en tant que processus qui viserait finalement \u00e0 lutter contre la neutralisation affective et l\u2019oubli en redonnant \u00e0 ces lieux une histoire humaine.<\/p>\n<h2>En marge : espaces investis, espaces identitaires<\/h2>\n<p>Dans son article, Francesca Caiazzo fait porter sa r\u00e9flexion sur l\u2019\u0153uvre de l\u2019auteur marocain Abdellah Ta\u00efa. Elle examine comment, \u00e0 travers un parcours migratoire, le narrateur part \u00e0 la recherche d\u2019un espace intime, un espace \u00e0 soi. Pour le protagoniste de ces autofictions, personnage rel\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la marge \u00e0 cause de son orientation sexuelle et de son appartenance culturelle, la qu\u00eate d\u2019un espace o\u00f9 l\u2019identit\u00e9 peut se d\u00e9velopper en s\u00e9curit\u00e9 est vitale. En mettant \u00e0 profit les \u00e9crits de Bachelard et l\u2019id\u00e9e d\u2019une mythologie homosexuelle urbaine, Caiazzo explore les liens qui se tissent entre l\u2019expression des d\u00e9sirs et de l\u2019\u00e9thos homosexuels et les divers lieux, priv\u00e9s et publics, qui leur permettent de se d\u00e9ployer.<\/p>\n<p>Beth Fenn Kearney se penche, pour sa part, sur le p\u00e9riple entrepris par les personnages de l\u2019artiste et \u00e9crivaine fran\u00e7aise Valentine Penrose. Pour celles-ci, un couple lesbien, la fuite repr\u00e9sente une des seules avenues possibles face \u00e0 la pression de la norme. Les endroits visit\u00e9s par les amantes, des contr\u00e9es nouvelles, rendent possible l\u2019expression de leur alt\u00e9rit\u00e9. En les examinant \u00e0 la lumi\u00e8re de la notion d\u2019exotisme, Kearney rel\u00e8ve la complexit\u00e9 des lieux repr\u00e9sent\u00e9s et, surtout, des rapports qu\u2019entretiennent, avec ceux-ci, les protagonistes.<\/p>\n<h2>Cartographier la ville\u00a0: du chez-soi aux non-lieux<\/h2>\n<p>Par l&rsquo;\u00e9tude du roman\u00a0<em>Saufs\u00a0<\/em>de Fannie Loiselle, Rosemarie Savignac probl\u00e9matise l\u2019espace de la banlieue et s\u2019applique \u00e0 penser la port\u00e9e politiques des gestes de r\u00e9sistance que ses habitants peuvent lui opposer. Plus encore que par une contestation active, c\u2019est par une d\u00e9ambulation passive, par l\u2019investissement des interstices de la\u00a0<em>suburbia<\/em>\u00a0que la protagoniste de\u00a0<em>Saufs\u00a0<\/em>parvient \u00e0 s\u2019extirper de son emprise.<\/p>\n<p>Pablo B\u00e9rub\u00e9-Montanchez propose, quant \u00e0 lui, une lecture crois\u00e9e des textes du rappeur Lary Kidd et du philosophe Emil Cioran. Dans son article, l\u2019auteur avance que la posture de \u00ab\u00a0monstre\u00a0\u00bb que revendique le rappeur, loin d\u2019\u00eatre gratuite, t\u00e9moigne d\u2019un pessimisme assum\u00e9 et d&rsquo;une volont\u00e9 de contester non seulement l&rsquo;ordre social, mais aussi le joug d&rsquo;un environnement symbolique (nomm\u00e9 \u00ab\u00a0Montr\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb par Lary Kidd).<\/p>\n<p>Dans \u00ab\u00a0Partout chez lui, chez lui nulle part\u00a0: le narrateur toussaintien vit \u00e0 l\u2019h\u00f4tel\u00a0\u00bb, Cl\u00e9mentin Rachet s\u2019attache \u00e0 relever les paradoxes que soul\u00e8ve la figure de l\u2019h\u00f4tel dans les romans de Jean-Philippe Toussaint. Autant espaces de transit que refuges habitables, autant dortoirs impersonnels qu\u2019appartements familiers, les chambres o\u00f9 logent les personnages toussaintiens oscillent entre le lieu et le non-lieu.<\/p>\n<h2>Hors-dossier<\/h2>\n<p>Enfin, Fr\u00e9d\u00e9rique Lamoureux analyse les divers dispositifs \u00e9nonciatifs qui sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans le roman dystopique\u00a0<em>Notre vie dans les for\u00eats<\/em>, de Marie Darrieussecq. Elle s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la fa\u00e7on dont ce type d\u2019\u00e9criture du t\u00e9moignage produit un effet de brouillage entre univers r\u00e9f\u00e9rentiel et r\u00e9el, voire entre lecteur implicite et r\u00e9el, bref un glissement qui traduirait avant tout un souci politique de transcendance et de communion.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9quipe de <em>Postures<\/em> remercie chaleureusement les membres des comit\u00e9s de r\u00e9daction et de correction, qui ont travaill\u00e9 b\u00e9n\u00e9volement \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de ce num\u00e9ro. Nous remercions les partenaires financiers qui permettent \u00e0 <em>Postures<\/em> d\u2019exister et d\u2019offrir un espace de partage et de diffusion riche et stimulant aux jeunes chercheuses et chercheurs. Un grand merci au D\u00e9partement d\u2019\u00e9tudes litt\u00e9raires de l\u2019UQAM, \u00e0 Figura, Centre de recherche sur le texte et l\u2019imaginaire, \u00e0 l\u2019Association Facultaire des \u00c9tudiants en Arts (AFEA), \u00e0 l\u2019Association \u00c9tudiante du Module d\u2019\u00c9tudes Litt\u00e9raires (AEMEL), \u00e0 l\u2019Association \u00c9tudiante des Cycles Sup\u00e9rieurs en \u00c9tudes Litt\u00e9raires (AECSEL) ainsi qu\u2019aux Services \u00e0 la vie \u00e9tudiante (SVE).<\/p>\n<p>Enfin, <em>Postures<\/em> exprime toute sa reconnaissance aux auteur\u00b7e\u00b7s pour leur travail.<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Aug\u00e9, Marc. 1992.\u00a0<em>Non-lieux. Introduction \u00e0 une anthropologie de la surmodernit\u00e9<\/em>. Paris\u00a0: Seuil.<\/p>\n<p>Bachelard, Gaston. 1957. <em>La Po\u00e9tique de l\u2019espace<\/em>. Paris\u00a0: Presses universitaires fran\u00e7aises.<\/p>\n<p>Burke, Edmond. 2009 [1757]. Recherche philosophique sur l\u2019origine de nos id\u00e9es du sublime et du beau. Paris : Vrin.<\/p>\n<p>Cliche, S\u00e9bastien, La Travers\u00e9e \u2013 Atelier qu\u00e9b\u00e9cois de g\u00e9opo\u00e9tique. 2012. <em>Gares<\/em>. <a href=\"http:\/\/aplacewhereyoufeelsafe.com\/gares\/\">http:\/\/aplacewhereyoufeelsafe.com\/gares\/<\/a>. (Page consult\u00e9e le 25 novembre 2019)<\/p>\n<p>Collot, Michel. 2014. <em>Pour une g\u00e9ographie litt\u00e9raire<\/em>. Paris : Jos\u00e9 Corti. &lt;pKant, Emmanuel. 1968. Critique de la facult\u00e9 de juger. Paris : Vrin.<\/p>\n<p>Koolhas, Rem. 2011. <em>Junkspace. Repenser radicalement l\u2019espace urbain<\/em>. Paris : Payot &amp; Rivages.<\/p>\n<p>Mac\u00e9, Marielle. 2019. <em>Nos cabanes<\/em>. Paris\u00a0: Verdier. &lt;pPerec, Georges. 2008 [1976]. <em>Tentative d\u2019\u00e9puisement d\u2019un lieu parisien<\/em>. Paris : Christian Bourgeois \u00e9diteur.<\/p>\n<p>Prado, Patrick. 2010. \u00ab Lieux et \u00ab\u00a0d\u00e9lieux\u00a0\u00bb \u00bb. <em>Communications<\/em> 87, no. 2\u00a0: 121-127. &lt;pRicher, Jean-Fran\u00e7ois. 2012. <em>Les boudoirs dans l\u2019oeuvre d\u2019Honor\u00e9 de Balzac<\/em>. Montr\u00e9al : Nota Bene.<\/p>\n<p>Warf, Barney et Santa Arias (dir.). 2009. <em>The Spatial Turn\u00a0: Interdisciplinary Perspectives<\/em>. Londres : Routledge.<\/p>\n<p>Westphal, Bertrand. 2007. <em>La G\u00e9ocritique. R\u00e9el, fiction, espace<\/em>. Paris\u00a0: Minuit. &lt;pWhite, Kenneth. 1994. <em>Le plateau de l\u2019albatros. Introduction \u00e0 la g\u00e9opo\u00e9tique<\/em>. Paris : Grasset.<\/p>\n<p>Ziethen, Antje. 2013. \u00ab La litt\u00e9rature et l\u2019espace \u00bb. <em>Arborescences<\/em>, no 3<em>. <\/em><a href=\"https:\/\/id.erudit.org\/iderudit\/1017363ar\">https:\/\/id.erudit.org\/iderudit\/1017363ar<\/a>. (Page consult\u00e9e le 25 novembre 2019)<\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Bauduin, \u00c9milie et al. 2020. \u00ab \u00c9crire le lieu : modalit\u00e9s de la repr\u00e9sentation spatiale \u00bb, <em>Postures<\/em>, Dossier \u00ab \u00c9crire le lieu : modalit\u00e9s de la repr\u00e9sentation spatiale \u00bb, n\u00b031, En ligne, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5679\u00a0(Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx).<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/avantpropos_31_0.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 avantpropos_31_0.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-ff0ecf3e-fe9e-456d-9ece-c959a52d7018\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/avantpropos_31_0.pdf\">avantpropos_31_0<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/avantpropos_31_0.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-ff0ecf3e-fe9e-456d-9ece-c959a52d7018\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier \u00ab \u00c9crire le lieu : modalit\u00e9s de la repr\u00e9sentation spatiale \u00bb, n\u00b0 31 Si les sciences humaines et sociales ont longtemps privil\u00e9gi\u00e9 l\u2019\u00e9tude du temps au d\u00e9triment de celle de l\u2019espace, les derni\u00e8res d\u00e9cennies marquent l\u2019av\u00e8nement d\u2019un\u00a0spatial turn\u00a0qui renverse cette posture critique. 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