{"id":5731,"date":"2024-06-13T19:48:36","date_gmt":"2024-06-13T19:48:36","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/litterature-et-mouvements-sociaux-25-ans-de-postures\/"},"modified":"2024-08-19T14:53:48","modified_gmt":"2024-08-19T14:53:48","slug":"litterature-et-mouvements-sociaux-25-ans-de-postures","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5731","title":{"rendered":"Litt\u00e9rature et mouvements sociaux \/ 25 ans de \u00ab Postures \u00bb"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6907\" data-type=\"post\" data-id=\"6907\">Dossier \u00ab Litt\u00e9rature et mouvements sociaux\/25 ans de Postures \u00bb<\/a>, no 35<\/h5>\n<blockquote>\n<p>Toutes nos libert\u00e9s prises au pi\u00e8ge l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre et garrott\u00e9es; [\u2026] la presse traqu\u00e9e, le jury tri\u00e9, pas assez de justice et beaucoup trop de police<a id=\"footnoteref1_cqi39cd\" class=\"see-footnote\" title=\"Victor Hugo. 1883.\u00a0Actes et paroles\u00a01. 452-453, Paris\u00a0: Hetzel-Quantin.\" href=\"#footnote1_cqi39cd\">[1]<\/a>[.]<\/p>\n<p>Victor Hugo, <em>Actes et paroles<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Alors qu\u2019une avalanche de comm\u00e9morations souligne en grande pompe les dix ans de la gr\u00e8ve \u00e9tudiante qu\u00e9b\u00e9coise de 2012, tandis qu\u2019on d\u00e9poussi\u00e8re les pages jaunies de la revue\u00a0<em>Fermaille<\/em>,\u00a0<em>Postures\u00a0<\/em>s\u2019int\u00e9resse aux influences r\u00e9ciproques qu\u2019exercent les uns sur les autres textes litt\u00e9raires et mouvements sociaux. \u00c0 cette heure des bilans, il est n\u00e9cessaire d\u2019insister sur l\u2019importance des \u00ab\u00a0moments de rupture v\u00e9cus \u00e0 plusieurs\u00a0\u00bb (<em>En suspens<\/em>\u00a02012, 22) qu\u2019ont suscit\u00e9s les luttes du printemps\u00a02012, non sans souligner les angles morts politiques d\u2019un mouvement marqu\u00e9 par bon nombre de d\u00e9rapages sexistes et racistes<a id=\"footnoteref2_z8fjd0e\" class=\"see-footnote\" title=\"\u00a0Voir Ancelovici et Roy-Allard\u00a02014 et Delvaux\u00a0et al\u00a02014.\" href=\"#footnote2_z8fjd0e\">[2]<\/a>, pour ne nommer que ceux-l\u00e0. Pour raviver les souvenirs du conflit \u00e9tudiant et pour souligner sa dimension litt\u00e9raire, ce num\u00e9ro invitait donc \u00e0 examiner les \u00ab\u00a0textes en vers et en prose \u00e9crits\u00a0<em>dans\u00a0<\/em>et\u00a0<em>pour\u00a0<\/em>la gr\u00e8ve\u00a0\u00bb (Lacroix, Nadon et Parenteau\u00a02014, 233) qui ont jalonn\u00e9 le printemps et l\u2019\u00e9t\u00e9\u00a02012. Mais il se proposait en outre d\u2019envisager les rapports qu\u2019entretiennent litt\u00e9rature et luttes collectives dans une perspective plus large.<\/p>\n<p>On peut caract\u00e9riser les \u00ab\u00a0mouvements sociaux\u00a0\u00bb comme des \u00ab\u00a0formes d\u2019action collective concert\u00e9e en faveur d\u2019une cause\u00a0\u00bb (Neveu\u00a02019, 9) et participant, de fait, d\u2019un \u00ab\u00a0<em>agir-ensemble intentionnel<\/em>\u00a0\u00bb (9). De Mai 68 au mouvement\u00a0<em>#MeToo<\/em>\u00a0et d\u2019<em>Idle No More<\/em>\u00a0aux Gilets jaunes, les mouvements sociaux prennent forme \u00e0 des \u00e9chelles diverses et selon des modes d\u2019organisation vari\u00e9s. Les textes litt\u00e9raires puisent de diff\u00e9rentes fa\u00e7ons dans les enchev\u00eatrements de discours et de pratiques que tissent ces luttes collectives. Il peut s\u2019agir d\u2019en faire l\u2019objet d\u2019\u0153uvres et de repr\u00e9senter ces conflits tout en les tenant \u00e0 distance. Mais il peut aussi s\u2019agir de les prolonger ou de les contester dans le cadre de \u00ab\u00a0politiques de la litt\u00e9rature\u00a0\u00bb plus affirm\u00e9es. Notion centrale dans ce num\u00e9ro, la \u00ab\u00a0politique de la litt\u00e9rature\u00a0\u00bb est d\u00e9finie par Jean-Fran\u00e7ois Hamel (\u00e0 la suite de Beno\u00eet Denis) comme \u00ab\u00a0un syst\u00e8me de repr\u00e9sentations, plus ou moins largement partag\u00e9, \u00e9labor\u00e9 par les acteurs du champ litt\u00e9raire, qui, en r\u00e9ponse \u00e0 un imp\u00e9ratif de justification, contribue \u00e0 \u00e9tablir la grandeur de la litt\u00e9rature dans le monde social\u00a0\u00bb (2014, 14-15).\u00a0<em>Postures\u00a0<\/em>s\u2019interroge\u00a0: quelles politiques de la litt\u00e9rature les mouvements sociaux portent-ils? \u00c0 quelles fins s\u2019approprie-t-on ou d\u00e9tourne-t-on les mots par lesquels s\u2019expriment ces luttes? Quels pouvoirs les militant\u00b7e\u00b7s pr\u00eatent-iels \u00e0 la production d\u2019\u0153uvres?<\/p>\n<p>De l\u2019<em>Essai sur les r\u00e9volutions\u00a0<\/em>de Ch\u00e2teaubriand \u00e0 la sc\u00e8ne des barricades des\u00a0<em>Mis\u00e9rables\u00a0<\/em>et des\u00a0<em>Gu\u00e9rill\u00e8res\u00a0<\/em>de Monique Wittig \u00e0\u00a0<em>Un \u0153il en moins<\/em>\u00a0de Nathalie Quintane, l\u2019\u00e9ventail des \u00e9critures des mouvements sociaux est large. \u00c0 titre d\u2019exemples, on ne retiendra qu\u2019une poign\u00e9e de cas.<\/p>\n<p>La litt\u00e9rature et la langue sont des outils de lutte pour les f\u00e9ministes de la premi\u00e8re heure (Christine de\u00a0Pizan, Olympe de\u00a0Gouges, Mary Wollstonecraft). Cet engagement pour les causes sociales devient radical \u00e0 partir des d\u00e9cennies\u00a01960-1970\u00a0: tant par la forme que par le fond, les autrices interrogent la place des femmes dans le texte, dans la langue et dans la soci\u00e9t\u00e9. Cet \u00e9lan se poursuit dans les ann\u00e9es qui suivent, la litt\u00e9rature continuant d\u2019\u00eatre une arme non seulement pour les luttes f\u00e9ministes, mais aussi pour les luttes\u00a0<em>2SLGBTQIA+<\/em>, qui occupent une place de plus en plus importante dans la sph\u00e8re publique. Si certains textes d\u00e9noncent ouvertement les oppressions v\u00e9cues par ces groupes par le biais de discours explicites, d\u2019autres proposent plut\u00f4t une transformation des repr\u00e9sentations. Ainsi, on peut voir dans plusieurs \u0153uvres litt\u00e9raires une volont\u00e9 de rendre visibles certains groupes marginalis\u00e9s ou de proposer des mod\u00e8les alternatifs aux repr\u00e9sentations st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es des femmes ou des groupes\u00a0<em>2SLGBTQIA+\u00a0<\/em>(pensons aux personnages de\u00a0<em>The Color Purple\u00a0<\/em>d\u2019Alice Walker (1982) ou au roman\u00a0<em>La fille d\u2019elle-m\u00eame\u00a0<\/em>de Gabrielle Boulianne-Tremblay (2021)). Cela se voit par la plus grande diversit\u00e9 de personnages que figurent les \u0153uvres, mais aussi par le traitement d\u2019enjeux peu abord\u00e9s en litt\u00e9rature, comme ceux que soul\u00e8vent la charge mentale des femmes, l\u2019homosexualit\u00e9 et la transexualit\u00e9.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, il y a lieu de noter l\u2019\u00e9mergence d\u2019une pens\u00e9e f\u00e9ministe noire d\u00e8s les ann\u00e9es\u00a01970. Cette derni\u00e8re se r\u00e9approprie une histoire volontairement \u00e9cart\u00e9e de l\u2019imaginaire occidental. Les femmes racis\u00e9es investissent un espace public autrefois blanc et masculin pour y b\u00e2tir un lieu d\u2019\u00e9mancipation et de revendication qui se s\u00e9pare d\u2019une double oppression raciale et sexuelle (Hill Collins\u00a02016, 193). C\u2019est le cas de la protagoniste Ifemelu du roman\u00a0<em>Americanah\u00a0<\/em>(2013) de l\u2019\u00e9crivaine nig\u00e9riane Chimamanda Ngozi Adichie, qui d\u00e9nonce les standards de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine dans son blogue\u00a0<em>Raceteenth<\/em>. De mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, il convient de souligner la place qu\u2019occupe la litt\u00e9rature dans les mouvements antiracistes, des luttes d\u00e9coloniales au mouvement\u00a0<em>Black Lives Matter<\/em>\u00a0(BLM). Armes efficaces, les mots d\u00e9tiendraient selon l\u2019\u00e9crivaine et militante Audre Lorde la capacit\u00e9 \u00ab\u00a0[to] [transform] the silence into language and action\u00a0\u00bb (2007 [1984], 42). Pour plusieurs, la litt\u00e9rature permettrait de faire \u00e9merger de nouvelles subjectivit\u00e9s \u00e0 m\u00eame de probl\u00e9matiser et de contester les discours et les repr\u00e9sentations qu\u2019impose la blanchit\u00e9 dominante. D\u2019ailleurs, il y a lieu de relever l\u2019attention que pr\u00eatent les acteur\u00b7rice\u00b7s des luttes d\u00e9coloniales et antiracistes aux \u00e9tudes de la blanchit\u00e9 (\u00ab\u00a0<em>Whiteness Studies<\/em>\u00a0\u00bb) qui t\u00e2chent de rendre compte du caract\u00e8re socialement construit de la \u00ab\u00a0race\u00a0\u00bb. Pensons \u00e0 James Baldwin et \u00e0\u00a0<em>The Fire Next Time\u00a0<\/em>(1963) ou encore \u00e0 Toni Morrison et \u00e0 son essai\u00a0<em>Playing in the Dark\u00a0<\/em>(1992). Plus r\u00e9cemment Reni Eddo Lodge et son ouvrage\u00a0<em>Why I\u2019m No Longer Talking to White People About Race\u00a0<\/em>(2017) d\u00e9noncent le privil\u00e8ge blanc et ses cons\u00e9quences. Ces \u0153uvres \u00e0 port\u00e9e politique refusent de taire les violences raciales.\u00a0<\/p>\n<p>Pour ce trente-cinqui\u00e8me num\u00e9ro,\u00a0<em>Postures<\/em>\u00a0invitait donc \u00e0 \u00e9tudier comment les textes litt\u00e9raires se font la chambre d\u2019\u00e9cho des luttes qui secouent les rues et, inversement, comment les \u0153uvres alimentent ou relancent les mouvements sociaux. De quelles fa\u00e7ons les postures d\u2019activiste et d\u2019auteur\u00b7rice peuvent-elles se recouper? Que font les luttes collectives, d\u2019apr\u00e8s les \u00e9crivain\u00b7e\u00b7s? Que peut la litt\u00e9rature, d\u2019apr\u00e8s les militant\u00b7e\u00b7s?<\/p>\n<h2>Textes en contextes, textes en lutte<\/h2>\n<p>Dans l\u2019article qui inaugure ce num\u00e9ro, Samuel Provost offre un portrait historique de la revue\u00a0<em>Strat\u00e9gie<\/em>, qui a pris forme \u00e0 Montr\u00e9al dans les ann\u00e9es\u00a01970. S\u2019int\u00e9ressant \u00e0 la culture en tant que composante du monde social, la revue a travers\u00e9 trois p\u00e9riodes et, \u00e0 chacune d\u2019entre elles, s\u2019est li\u00e9e de plus en plus \u00e9troitement avec le mouvement marxiste-l\u00e9niniste qu\u00e9b\u00e9cois. Provost porte un regard attentif sur les pratiques du collectif de production de\u00a0<em>Strat\u00e9gie<\/em>, sur les mutations organisationnelles qui ont marqu\u00e9 la revue, puis sur les effets qu\u2019ont eus ces mutations\u00a0sur la production du collectif.<\/p>\n<p>Ensuite, Denis Valiquette s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la politique d\u00e9coloniale de la litt\u00e9rature qu\u2019\u00e9labore le th\u00e9oricien et psychiatre martiniquais Frantz Fanon. En prenant appui sur des essais c\u00e9l\u00e8bres\u00a0de Fanon tels que\u00a0<em>Peau noire, masques blancs<\/em>\u00a0et\u00a0<em>Racisme et culture<\/em>, l\u2019auteur de l\u2019article soutient que la litt\u00e9rature, occupant une place centrale chez Fanon, est pens\u00e9e comme une\u00a0<em>pratique<\/em>\u00a0\u00e0 l\u2019usage des mouvements sociaux. Puis, \u00e0 travers une g\u00e9n\u00e9alogie de la pens\u00e9e fanonienne et des diff\u00e9rentes phases qui caract\u00e9risent l\u2019\u00e9crivain\u00b7e colonis\u00e9\u00b7e, Valiquette montre que la litt\u00e9rature dans les mouvements d\u00e9coloniaux appelle \u00e0 une lutte physique (\u00e0 laquelle contribue l\u2019\u00e9laboration de nouvelles formes de langage).<\/p>\n<h2>Le tract et sa r\u00e9cup\u00e9ration<\/h2>\n<p>Antoine Deslauriers propose de penser le tract, genre litt\u00e9raire associ\u00e9 depuis toujours aux luttes sociales, \u00e0 l\u2019aune des th\u00e9ories du discours et de l\u2019\u00e9nonciation d\u2019\u00c9mile Benveniste. Apr\u00e8s une analyse historique et morphologique des traditions, des formes et des id\u00e9ologies du tract, il se penche sur un texte de l\u2019Internationale situationniste, \u00ab\u00a0Adresse aux r\u00e9volutionnaires d\u2019Alg\u00e9rie et de tous les pays\u00a0\u00bb (1966). Deslauriers r\u00e9v\u00e8le alors comment ce tract, par sa fonction conative et par son usage d\u2019une grammaire inventive, appelle le lectorat \u00e0 non seulement r\u00e9-imaginer ses conditions d\u2019existence, mais \u00e9galement \u00e0 agir concr\u00e8tement sur elles. Ce tract montre bien le pouvoir politique du discours, permettant une r\u00e9interpr\u00e9tation du monde gr\u00e2ce \u00e0 une langue r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>Ensuite, Zo\u00e9 Perrier s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la collection \u00ab\u00a0Tracts\u00a0\u00bb lanc\u00e9e par les \u00e9ditions Gallimard dans le contexte de la crise sociale des Gilets jaunes. Dans son article, elle consid\u00e8re cette collection comme un objet embl\u00e9matique des contradictions qui traversent la notion d\u2019engagement dans le champ \u00e9ditorial et intellectuel. \u00c0 travers une analyse qui va puiser dans l\u2019histoire et l\u2019id\u00e9ologie port\u00e9e par cette forme litt\u00e9raire particuli\u00e8re, elle montre comment la forme du tract en appelle \u00e0 un double h\u00e9ritage pour les \u00e9ditions Gallimard, chacun se rapportant \u00e0 des conceptions diff\u00e9rentes du r\u00f4le de l\u2019intellectuel.\u00a0<\/p>\n<h2>Une politique de la litt\u00e9rature<\/h2>\n<p>Dans un article essayistique, rachel lamoureux explore les rapports entre litt\u00e9rature et politique. Pour montrer que tout texte litt\u00e9raire peut susciter, \u00e0 divers degr\u00e9s, une prise de conscience politique, elle propose une analyse de\u00a0<em>Cr\u00e2ne chaud\u00a0<\/em>(2012) de Nathalie Quintane, l\u2019un des livres les moins explicitement politiques de la po\u00e8te. C\u2019est entre autres par le processus de subjectivation de la voix \u00e9nonciatrice que Quintane cr\u00e9e un espace conversationnel avec le lectorat qui, loin d\u2019\u00eatre passif devant cet objet livre \u00e9tonnant, est appel\u00e9 \u00e0 activer le dispositif textuel quintanien par le geste interpr\u00e9tatif.<\/p>\n<h2>Entretiens<\/h2>\n<p>Dans l\u2019entretien \u00ab\u00a0Sortir l\u2019universit\u00e9 de l\u2019universit\u00e9\u00a0\u00bb, \u00c9mile Bordeleau-Pitre et Rachel Nadon reviennent sur le r\u00f4le qu\u2019iels ont jou\u00e9 dans le comit\u00e9 organisateur de Mots et images de la r\u00e9sistance, s\u00e9rie de soir\u00e9es con\u00e7ues dans la foul\u00e9e de la gr\u00e8ve \u00e9tudiante qu\u00e9b\u00e9coise de 2012 qui invitait ses participant\u00b7e\u00b7s \u00e0 allier r\u00e9flexions sur l\u2019art et r\u00e9flexions politiques. Quels risques g\u00e9n\u00e8re la prise de parole? Comment les assumer? Comment repenser les cadres qui structurent le travail intellectuel en contexte universitaire? Comment mener ce travail \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des campus? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles l\u2019exp\u00e9rience de Mots et images de la r\u00e9sistance a apport\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 tous les regards sont pos\u00e9s sur la gr\u00e8ve de 2012, s\u2019int\u00e9resser \u00e0 des d\u00e9brayages ant\u00e9rieurs \u00e0 ce printemps \u00e9tudiant offre un recul bienvenu pour aborder les enjeux qu\u2019il soul\u00e8ve. Tel est justement le programme de l\u2019entretien \u00ab\u00a0L\u2019autre gr\u00e8ve\u00a0\u00bb\u00a0: l\u2019\u00e9crivaine Maryse Andraos y parle de son roman\u00a0<em>Sans refuge<\/em>, dont l\u2019une des parties campe ses personnages dans la gr\u00e8ve \u00ab\u00a0intra-uqamienne\u00a0\u00bb de 2008. Il y est question notamment de la pluralit\u00e9 des formes que peuvent rev\u00eatir les luttes sociales, de la place qu\u2019occupent les privil\u00e8ges dans la vie militante et des potentialit\u00e9s politiques de l\u2019art.<\/p>\n<h2>25\u00a0ans de\u00a0<em>Postures<\/em><\/h2>\n<p>Pour souligner les 25\u00a0ans de\u00a0<em>Postures<\/em>, l\u2019\u00e9quipe a eu envie de s\u2019entretenir avec deux des membres de son comit\u00e9 fondateur. Dans \u00ab\u00a025\u00a0ans plus tard\u00a0\u00bb, St\u00e9phane Inkel et Julie Lachance d\u00e9crivent avec g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 les tout premiers moments de la revue. Revenant sur les intentions initiales qui ont motiv\u00e9 la cr\u00e9ation de cette revue\u00a0et sur les efforts qui ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de ses premiers num\u00e9ros, iels livrent un t\u00e9moignage pr\u00e9cieux qui permet non seulement de prendre la mesure du chemin parcouru depuis 1996, mais aussi de souligner l\u2019apport des \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7s et des professeur\u00b7e\u00b7s qui ont contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019aventure collective qu\u2019est\u00a0<em>Postures<\/em>.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9quipe de\u00a0<em>Postures<\/em>\u00a0remercie chaleureusement les membres des comit\u00e9s de r\u00e9daction et de correction, qui ont travaill\u00e9 b\u00e9n\u00e9volement \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de ce num\u00e9ro. Nous remercions les partenaires financiers qui permettent \u00e0\u00a0<em>Postures<\/em>\u00a0d\u2019exister et d\u2019offrir un espace de partage et de diffusion riche et stimulant aux jeunes chercheur\u00b7euse\u00b7s. Un grand merci au D\u00e9partement d\u2019\u00e9tudes litt\u00e9raires, \u00e0 l\u2019Association Facultaire des \u00c9tudiants en Arts (AFEA), \u00e0 l\u2019Association \u00c9tudiante des Cycles Sup\u00e9rieurs en \u00c9tudes Litt\u00e9raires (AECSEL) ainsi qu\u2019aux Services \u00e0 la vie \u00e9tudiante (SVE) de l\u2019UQAM.\u00a0<em>Postures<\/em>\u00a0exprime toute sa reconnaissance aux auteur\u00b7rice\u00b7s de ce num\u00e9ro pour leur travail.<\/p>\n<p>En ce 25e\u00a0anniversaire, l\u2019\u00e9quipe de\u00a0<em>Postures\u00a0<\/em>aimerait aussi exprimer sa gratitude \u00e0 l\u2019ensemble des personnes qui ont contribu\u00e9 \u00e0 ses 35\u00a0num\u00e9ros, que ce soit en tant qu\u2019auteur\u00b7rice, que membre de l\u2019\u00e9quipe de gestion, que membre de l\u2019un de ses comit\u00e9s ou qu\u2019illustrateur\u00b7rice. Un merci sp\u00e9cial \u00e0 Mireille Laurin-Burgess, qui a sign\u00e9 les visuels des num\u00e9ros pendant pr\u00e8s d\u2019une quinzaine d\u2019ann\u00e9es (!) et \u00e0 qui\u00a0<em>Postures\u00a0<\/em>doit son logo actuel.<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Adichie, Chimamanda Ngozi. 2013.\u00a0<em>Americanah<\/em>.\u00a0New York : Alfred A. Knopf.\u00a0<\/p>\n<p>Ancelovici, Marcos et Maxime Roy-Allard. 2014. \u00abLa d\u00e9mocratie directe en mouvement. Structure et rapports de pouvoir au sein de la CLASSE\u00bb. Dans\u00a0<em>Un Printemps rouge et noir. Regards crois\u00e9s sur la gr\u00e8ve \u00e9tudiante de 2012<\/em>, Marcos Ancelovici et Francis Dupuis-D\u00e9ri (dir.), 87-114. Montr\u00e9al: \u00c9cosoci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Baldwin, James. 1992 [1963].\u00a0<em>The Fire Next Time<\/em>. New York\u00a0: Knopf Doubleday Publishing Group.<\/p>\n<p>Delvaux, Martine et al. 2014. \u00ab\u00a0Militantes f\u00e9ministes gr\u00e9vistes. Du Comit\u00e9 femmes de l\u2019ASS\u00c9 au Comit\u00e9 femmes GGI de l\u2019UQAM\u00a0\u00bb. Dans\u00a0<em>Un Printemps rouge et noir. Regards crois\u00e9s sur la gr\u00e8ve \u00e9tudiante de 2012<\/em>, Marcos Ancelovici et Francis Dupuis-D\u00e9ri (dir.), 115-149. Montr\u00e9al\u00a0: \u00c9cosoci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Dornier, Carole. 2005. \u00ab\u00a0Introduction\u00a0\u00bb, dans Charles Duclos,\u00a0<em>Consid\u00e9rations sur les m\u0153urs de ce si\u00e8cle<\/em>.\u00a0Paris\u00a0: Champion Classiques, coll. \u00ab\u00a0Litt\u00e9ratures\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Eddo-Lodge, Reni. 2017.\u00a0<em>Why I\u2019m No Longer Talking to White People About Race<\/em>. Londres\u00a0: Bloomsbury.<\/p>\n<p><em>En suspens<\/em>. 2012. Montr\u00e9al\u00a0: La Mitrailleuse Diffusion.<\/p>\n<p>Hamel, Jean-Fran\u00e7ois. 2014. \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce qu\u2019une politique de la litt\u00e9rature?\u00a0\u00bb. Dans\u00a0<em>Politiques de la litt\u00e9rature. Une travers\u00e9e du XXe\u00a0si\u00e8cle fran\u00e7ais<\/em>, Laurence C\u00f4t\u00e9-Fournier, \u00c9lyse Guay et Jean-Fran\u00e7ois Hamel (dir.), 9-30. Montr\u00e9al\u00a0: Figura, le Centre de recherche sur le texte et sur l\u2019imaginaire.<\/p>\n<p>Hill Collins, Patricia. 2016 [1990].\u00a0<em>La pens\u00e9e f\u00e9ministe noire<\/em>, traduit de l\u2019anglais par Diane Lamoureux, Montr\u00e9al\u00a0: \u00c9ditions du remue-m\u00e9nage.<\/p>\n<p>Hugo, Victor. 1883.\u00a0<em>Actes et paroles\u00a01<\/em>. Paris\u00a0: Hetzel-Quantin.<\/p>\n<p>Lacroix, Michel, Rachel Nadon et Olivier Parenteau. 2014. \u00ab\u00a0La gr\u00e8ve en vers et en prose\u00a0: combats, silences et fissures\u00a0\u00bb. Dans\u00a0<em>Un Printemps rouge et noir. Regards crois\u00e9s sur la gr\u00e8ve \u00e9tudiante de 2012<\/em>, Marcos Ancelovici et Francis Dupuis-D\u00e9ri (dir.), 233-255.\u00a0Montr\u00e9al\u00a0: \u00c9cosoci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Lorde, Audre. 2007 [1984].\u00a0<em>Sister Outsider\u00a0: Essays and Speaches<\/em>. Berkeley\u00a0: Crossing Press.\u00a0<\/p>\n<p>Morrison, Toni. 1992.\u00a0<em>Playing in the Dark : Whiteness and Literary Imagination<\/em>.\u00a0Cambridge\u00a0: Harvard University Press.<\/p>\n<p>Neveu, \u00c9rik. 2019 [1996].\u00a0<em>Sociologie des mouvements sociaux<\/em>. Paris\u00a0: La D\u00e9couverte.<\/p>\n<p><!--novelty_footnote_list()--><\/p>\n<section class=\"footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed\" data-collapsible-show-label=\"Notes\" data-collapsible-hide-label=\"Notes\">\n<h2>Notes<\/h2>\n<p id=\"footnote1_cqi39cd\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref1_cqi39cd\">[1]<\/a> Victor Hugo. 1883.\u00a0<em>Actes et paroles\u00a01<\/em>. 452-453, Paris\u00a0: Hetzel-Quantin.<\/p>\n<p id=\"footnote2_z8fjd0e\" class=\"footnote\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref2_z8fjd0e\">[2]<\/a> \u00a0Voir Ancelovici et Roy-Allard\u00a02014 et Delvaux\u00a0<em>et al<\/em>\u00a02014.<\/p>\n<\/section>\n<p><!--\/novelty_footnote_list()--><\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Berger Soucie, Kevin et al. 2022. \u00ab Litt\u00e9rature et mouvements sociaux \/ 25 ans de Postures \u00bb, <em>Postures<\/em>, Dossier \u00ab Litt\u00e9rature et mouvements sociaux \/ 25 ans de Postures \u00bb, no 35, En ligne, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5731\u00a0 (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx).<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/avantpropos_35_0.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 avantpropos_35_0.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-131b4c65-c3eb-4d10-bde0-6ede70f861de\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/avantpropos_35_0.pdf\">avantpropos_35_0<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/avantpropos_35_0.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-131b4c65-c3eb-4d10-bde0-6ede70f861de\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier \u00ab Litt\u00e9rature et mouvements sociaux\/25 ans de Postures \u00bb, no 35 Toutes nos libert\u00e9s prises au pi\u00e8ge l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre et garrott\u00e9es; [\u2026] la presse traqu\u00e9e, le jury tri\u00e9, pas assez de justice et beaucoup trop de police[1][.] Victor Hugo, Actes et paroles Alors qu\u2019une avalanche de comm\u00e9morations souligne en grande pompe les dix [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_coblocks_attr":"","_coblocks_dimensions":"","_coblocks_responsive_height":"","_coblocks_accordion_ie_support":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[1140,1346],"tags":[30,39,161,164,334],"class_list":["post-5731","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-avant-propos","category-litterature-et-mouvements-sociaux-25-ans-de-postures","tag-berger-soucie-kevin","tag-blais-marc-antoine","tag-gingras-gagne-marion","tag-giroux-alexia","tag-savignac-rosemarie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5731","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5731"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5731\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8355,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5731\/revisions\/8355"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5731"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5731"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5731"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}