{"id":5753,"date":"2024-06-13T19:48:38","date_gmt":"2024-06-13T19:48:38","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/2024\/06\/13\/anamnese-oubli-et-oublie%c2%b7e%c2%b7s-en-litterature\/"},"modified":"2024-07-24T00:36:03","modified_gmt":"2024-07-24T00:36:03","slug":"anamnese-oubli-et-oublie%c2%b7e%c2%b7s-en-litterature","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=5753","title":{"rendered":"Anamn\u00e8se : oubli et oubli\u00e9\u00b7e\u00b7s en litt\u00e9rature"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Comme toi, moi aussi, j\u2019ai essay\u00e9 de lutter de toutes mes forces contre l\u2019oubli. Comme toi, j\u2019ai oubli\u00e9. Comme toi, j\u2019ai d\u00e9sir\u00e9 savoir une inconsolable m\u00e9moire, une m\u00e9moire d\u2019ombres et de pierre<a class=\"see-footnote\" id=\"footnoteref1_qtdzm10\" title=\" Marguerite Duras. 1960.\u00a0Hiroshima mon amour.\u00a0Paris: Gallimard, p. 32.\" href=\"#footnote1_qtdzm10\">[1]<\/a>.\u00a0<\/p>\n<p>Marguerite Duras,\u00a0<em>Hiroshima mon amour<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 l\u2019occasion de sa journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude annuelle intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Laiss\u00e9\u00b7e\u00b7s-pour-contre et minores\u00a0: penser l\u2019oubli en \u00e9tudes litt\u00e9raires\u00a0\u00bb, qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e le 20\u00a0mai 2022 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al, l\u2019Association \u00e9tudiante des cycles sup\u00e9rieurs en \u00e9tudes litt\u00e9raires (AECSEL) a convi\u00e9 les chercheur\u00b7euse\u00b7s \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir aux \u0153uvres oubli\u00e9es par l\u2019institution litt\u00e9raire. En s\u2019attardant aux axes th\u00e9matiques de la r\u00e9ception, de la m\u00e9moire, de l\u2019inclusion et de l\u2019absence, l\u2019AECSEL a ouvert la voie \u00e0 Postures pour analyser, plus largement, les textes dans leur rapport \u00e0 l\u2019oubli et \u00e0 leur fa\u00e7on de le contrer. C\u2019est donc dans une volont\u00e9 de penser au-del\u00e0 du canon, mais \u00e9galement d\u2019interroger les textes litt\u00e9raires que Postures s\u2019inspire de cette th\u00e9matique pour b\u00e2tir son trente-septi\u00e8me num\u00e9ro.<\/p>\n<p>Se d\u00e9finissant comme une \u00ab\u00a0d\u00e9faillance de la m\u00e9moire, portant soit sur des connaissances ou aptitudes acquises, soit sur les souvenirs\u00a0\u00bb (Le Robert, n. p.), l\u2019oubli peut \u00e9galement \u00eatre pens\u00e9 comme le \u00ab\u00a0fait de ne pas prendre en consid\u00e9ration\u00a0\u00bb (n. p.) un texte litt\u00e9raire ou un personnage de roman qui se retrouve non plus au centre, mais dans la marge. On pourrait \u00e0 bon droit concevoir une dialectique de la m\u00e9moire et de l\u2019oubli, une \u00ab\u00a0relation n\u00e9cessaire, seule fa\u00e7on de bien comprendre ces proc\u00e9d\u00e9s par lesquels nous parvenons \u00e0 nous construire comme sujets et \u00eatres pensants\u00a0\u00bb (Gervais 2017, n. p.).<\/p>\n<p>Dans un autre ordre d\u2019id\u00e9es, d\u2019un point de vue po\u00e9tique et narratologique, Bertrand Gervais postule les fictions de la ligne bris\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Les fictions de la ligne bris\u00e9e d\u00e9signent les mises en r\u00e9cit et en intrigue de l\u2019oubli. Si la m\u00e9moire est une ligne ininterrompue qui rattache le pr\u00e9sent au pass\u00e9, l\u2019oubli est, par opposition, une ligne bris\u00e9e, une ligne qui se maintient malgr\u00e9 ses ruptures et ses interruptions.\u00a0\u00bb (2017, n. p.) Par ailleurs, l\u2019oubli peut \u00eatre it\u00e9r\u00e9 de multiples mani\u00e8res dans le texte litt\u00e9raire. Postures s\u2019interroge\u00a0: de quelle mani\u00e8re l\u2019oubli se manifeste-t-il en litt\u00e9rature? S\u2019impose-t-il \u00e0 l\u2019aide d\u2019un r\u00e9gime totalitaire \u00e0 la mani\u00e8re de\u00a0<em>Cristallisation secr\u00e8te<\/em>\u00a0(1994) de Yoko Ogawa; s\u2019infiltre-t-il au travers d\u2019un processus surnaturel comme dans\u00a0<em>Le nom au bout de la langue<\/em>\u00a0(1993) de Pascal Quignard; se conceptualise-t-il gr\u00e2ce \u00e0 une figure \u00e0 l\u2019image de\u00a0<em>Perdu dans le labyrinthe<\/em>\u00a0(1968) de John Barth; s\u2019incarne-t-il dans un personnage comme dans\u00a0<em>Funes ou la m\u00e9moire<\/em>\u00a0(1944) de Jorge Luis Borg\u00e8s; sinon par la langue m\u00eame, par exemple dans le fameux\u00a0<em>Cit\u00e9 de verre\u00a0<\/em>(1995) de Paul Auster? Mais surtout, qu\u2019est-ce que ces manifestations disent de la litt\u00e9rature, de la m\u00e9moire et de l\u2019oubli?<\/p>\n<p>De fait, la question de l\u2019oubli sonde \u00e9galement l\u2019\u00e9thique de la recherche en litt\u00e9rature\u00a0: l\u2019examen d\u2019un cas historiographique au profit d\u2019un autre interroge le choix m\u00eame des chercheur\u00b7euse\u00b7s. Doit-on remettre en lumi\u00e8re des textes oubli\u00e9s, des auteur\u00b7rice\u00b7s ignor\u00e9\u00b7e\u00b7s? Pourquoi choisir d\u2019examiner tel ou tel texte plut\u00f4t qu\u2019un autre? Quels principes sont mobilis\u00e9s dans la s\u00e9lection d\u2019une \u0153uvre \u00e0 analyser? Quels sont les biais qui peuvent informer la s\u00e9lection, et quoi en faire? Ce type de choix n\u2019est jamais neutre et r\u00e9v\u00e8le le v\u00e9ritable \u00ab\u00a0devoir de m\u00e9moire\u00a0\u00bb qui incombe aux chercheur\u00b7euse\u00b7s. Ainsi que l\u2019\u00e9crit Paul Ric\u0153ur, \u00ab\u00a0la question du devoir de m\u00e9moire ou d\u2019autres probl\u00e8mes cruciaux faisant appel \u00e0 une politique de la m\u00e9moire \u2014 amnistie contre crimes imprescriptibles \u2014 peuvent \u00eatre plac\u00e9s sous le titre de la r\u00e9appropriation du pass\u00e9 historique par une m\u00e9moire instruite par l\u2019histoire, et souvent bless\u00e9e par elle\u00a0\u00bb (Ric\u0153ur 2006, 21).\u00a0<\/p>\n<p>Il convient \u00e9galement de souligner que, dans les \u00e9tudes f\u00e9ministes, postcoloniales, d\u00e9coloniales et queer, la question de l\u2019oubli demeure une pr\u00e9occupation majeure. L\u2019autrice franco-alg\u00e9rienne Fa\u00eeza Gu\u00e8ne insistait sur la n\u00e9cessit\u00e9 de \u00ab\u00a0surtout r\u00e9parer l\u2019offense de l\u2019oubli\u00a0\u00bb (Gu\u00e8ne cit\u00e9e dans Bouchenni 2020) lors de la sortie de son dernier roman intitul\u00e9\u00a0<em>La Discr\u00e9tion\u00a0<\/em>(2020). Cette \u0153uvre croise les r\u00e9cits de plusieurs femmes d\u2019une m\u00eame lign\u00e9e, dans des contextes bien diff\u00e9rents\u00a0: l\u2019on passe de l\u2019Alg\u00e9rie colonis\u00e9e \u00e0 la violence imp\u00e9rialiste de Paris, marqu\u00e9e par l\u2019enfer du m\u00e9pris social et politique. Gu\u00e8ne souhaite r\u00e9parer cette offense de l\u2019oubli par la litt\u00e9rature, notamment en racontant l\u2019histoire de celles et ceux qui sont mort\u00b7e\u00b7s \u00ab\u00a0de discr\u00e9tion\u00a0\u00bb (2020), c\u2019est-\u00e0-dire mort\u00b7e\u00b7s de la violence de l\u2019indiff\u00e9rence.<\/p>\n<p>Similairement, la po\u00e9sie f\u00e9ministe actuelle met de l\u2019avant la figure de l\u2019a\u00efeul\u00b7e qui alimente le lieu commun f\u00e9ministe de la lign\u00e9e de femmes. Pensons aux recueils\u00a0<em>\u00c0 nos humanit\u00e9s r\u00e9volt\u00e9es de Kiy\u00e9mis<\/em>\u00a0(2018),\u00a0<em>Postcolonial Banter<\/em>\u00a0de Suhaiymah Manzoor Khan (2019) et\u00a0<em>Teaching my mother how to give birth\u00a0<\/em>de Warsan Shire (2015). Les litt\u00e9ratures f\u00e9ministes et d\u00e9coloniales traitent de certain\u00b7e\u00b7s oubli\u00e9\u00b7e\u00b7s, avec une perspective in\u00e9dite, contestant ainsi les repr\u00e9sentations dominantes. L\u2019enjeu ici est donc double\u00a0: autant la repr\u00e9sentation que le devoir de m\u00e9moire participent \u00e0 ces litt\u00e9ratures dites marginales. Nous pouvons donc nous demander\u00a0: la litt\u00e9rature peut-elle r\u00e9parer (Gefen, 2017) la n\u00e9gligence \u00e9pist\u00e9mique subie par de nombreux groupes marginalis\u00e9s? Quel r\u00f4le pour la litt\u00e9rature dans les batailles m\u00e9morielles et les processus de d\u00e9colonisation?<\/p>\n<p>Ajoutons encore que plusieurs cat\u00e9gories d\u2019\u0153uvres ont \u00e9t\u00e9, au fil du temps, n\u00e9glig\u00e9es, pour ne pas dire carr\u00e9ment snob\u00e9es par les \u00e9tudes litt\u00e9raires. Ce fut le cas de toutes celles qui touchent \u00e0 la culture populaire. Des polars, aux romans d\u2019amour en passant par les novellisations commerciales, ces sous-genres, souvent assimil\u00e9s \u00e0 une d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence voire \u00e0 une infantilisation du public, ont \u00e9t\u00e9 synonymes, pour les aficionados de la vulgate adornienne, d\u2019une production de masse sans profondeur destin\u00e9e \u00e0 une consommation hic et nunc<a class=\"see-footnote\" id=\"footnoteref2_0b7st9a\" title=\"Pour m\u00e9moire: Theodor W. Adorno. 1964. \u00ab L'industrie\u00a0culturelle \u00bb.\u00a0Communications, no 3 : 12-18.\" href=\"#footnote2_0b7st9a\">[2]<\/a>\u00a0incompatibles avec le s\u00e9rieux de l\u2019analyse universitaire.\u00a0<\/p>\n<p>De fa\u00e7on analogue, nombre de publications auxquelles on accole l\u2019adjectif \u00ab\u00a0jeunesse\u00a0\u00bb, qu\u2019il s\u2019agisse de contes, de fables, de po\u00e9sie ou de livres illustr\u00e9s, ne re\u00e7oivent pas la m\u00eame attention ni le m\u00eame traitement que les textes qui s\u2019adressent \u00e0 un lectorat plus m\u00fbr ou plus instruit. La revue Fabula-LhT soulignait, \u00e0 ce titre, dans un r\u00e9cent appel \u00e0 contributions, la discr\u00e9tion, pour diff\u00e9rentes raisons dans l\u2019histoire litt\u00e9raire, de l\u2019album qui pourtant constitue depuis un si\u00e8cle le point de d\u00e9part de multiples trajectoires de lecteurs et lectrices (Boulaire, Perrin 2022).\u00a0<\/p>\n<p>Paradoxalement, on peut se demander si c\u2019est parce qu\u2019il partage avec les paralitt\u00e9ratures une dimension accessible et d\u00e9mocratique que l\u2019ouvrage pour enfant est condamn\u00e9 \u00e0 occuper une position en marge du champ litt\u00e9raire traditionnel. Quelle valeur accorde-t-on aux\u00a0<em>Malheurs de Sophie<\/em>, \u00e0\u00a0<em>Harry Potter<\/em>\u00a0ou plus localement aux livres d\u2019\u00c9lise Gravel et aux romans de La courte \u00e9chelle?\u00a0Dans une chronique parue dans le\u00a0<em>New York Times<\/em>\u00a0et intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Adults Should Read Adult Books\u00a0\u00bb, Jo\u00ebl Stein affirmait que \u00ab\u00a0the only thing more embarrassing than catching a guy on the plane looking at pornography on his computer is seeing a guy on the plane reading \u201cThe Hunger Games.\u201d\u00a0Or a Twilight book\u00a0\u00bb (Stein 2012). C\u2019est dire que cette m\u00e9fiance \u00e0 l\u2019endroit de la litt\u00e9rature jeunesse ne rel\u00e8ve pas uniquement d\u2019un biais de la recherche universitaire; elle est \u00e9galement prononc\u00e9e socialement.<\/p>\n<p>M\u00eame si, l\u2019une comme l\u2019autre, la litt\u00e9rature populaire et la litt\u00e9rature jeunesse ont pris assez de gallons ces derni\u00e8res ann\u00e9es pour faire leur entr\u00e9e dans plusieurs programmes d\u2019enseignement sup\u00e9rieur \u2014 ce qui est le cas aussi de genres comme la bande dessin\u00e9e ou le roman graphique \u2014 il reste que leur apparente simplicit\u00e9 ou bien peut-\u00eatre l\u2019id\u00e9e qu\u2019elles puissent mobiliser un public moins pourvu en capital culturel<a class=\"see-footnote\" id=\"footnoteref3_dp0chaf\" title=\"Voir Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron. 1970.\u00a0La Reproduction. \u00c9l\u00e9ments pour une th\u00e9orie du syst\u00e8me d\u2019enseignement. Paris : Les \u00c9ditions de minuit.\" href=\"#footnote3_dp0chaf\">[3]<\/a>\u00a0continue de les faire passer pour des objets d\u2019\u00e9tude de second ordre.<\/p>\n<p>Pour son trente-septi\u00e8me num\u00e9ro, Postures invitait les chercheur\u00b7euse\u00b7s \u00e0 \u00e9tudier le texte litt\u00e9raire et les liens qu\u2019il entretient avec l\u2019oubli et les oubli\u00e9\u00b7e\u00b7s de la litt\u00e9rature, les mani\u00e8res par lesquelles il peut contrer l\u2019oubli et lutter contre \u00ab\u00a0les crimes imprescriptibles\u00a0\u00bb (Ric\u0153ur 2006, 21) gr\u00e2ce \u00e0 la comm\u00e9moration et \u00e0 la rem\u00e9moration, et les fa\u00e7ons par lesquelles il ouvre la voie (et offre une voix) pour penser au-del\u00e0 de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie et du canon litt\u00e9raire.<\/p>\n<h2>L\u2019oubli\u00a0<\/h2>\n<p>En ouverture de num\u00e9ro, Marie-\u00c8ve Kingsley pose l\u2019hypoth\u00e8se que lorsqu\u2019un travail d\u2019\u00e9criture tourn\u00e9e vers le pass\u00e9 s\u2019enclenche, le sujet peut passer de l&rsquo;assujettissement \u00e0 la subjectivit\u00e9. C\u2019est \u00e0 partir de l\u2019auto-socio-biographie\u00a0<em>M\u00e9moire de fille<\/em>\u00a0et l\u2019essai\u00a0<em>L\u2019\u00e9criture comme un couteau. Entretien avec Fr\u00e9d\u00e9ric-Yves Jeannet\u00a0<\/em>que l\u2019autrice de l\u2019article d\u00e9veloppe cette id\u00e9e. En effet, la honte, qui ressurgit lors de l\u2019\u00e9criture des \u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s, permet \u00e0 la narratrice d\u2019enclencher un dialogue avec la jeune fille qu\u2019elle \u00e9tait \u00e0 la colonie de vacances et celle qui \u00e9crit, quelques ann\u00e9es plus tard. Ernaux renverse donc, selon Kingsley, la pens\u00e9e assujettie et enclenche un processus d\u2019\u00e9mancipation.\u00a0<\/p>\n<p>En se basant sur la lecture que fait Ivan Delazari (2021) de\u00a0<em>Nous qui n\u2019\u00e9tions rien<\/em>\u00a0(2018) de Madeleine Thien, qu\u2019il consid\u00e8re \u00ab\u00a0comme une encyclop\u00e9die non-conventionnelle\u00a0\u00bb, Agla\u00e9 Boivin tente de d\u00e9montrer que le\u00a0<em>Livre des traces<\/em>, en tant que mise en abyme du roman, est lui aussi de nature encyclop\u00e9dique. Dans la foul\u00e9e, elle constate que le paradoxe inh\u00e9rent de ce \u00ab\u00a0roman-monde\u00a0\u00bb (Samoyault 1999), c\u2019est-\u00e0-dire sa dimension ouverte et ferm\u00e9e, s\u2019apparente au fonctionnement de la m\u00e9moire, et ce, par la transformation constante de l\u2019inscription m\u00e9morielle initiale.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de la notion de \u00ab\u00a0pacte du t\u00e9moin\u00a0\u00bb de Philippe Forest, Mara Capraro \u00e9tudie le corpus carc\u00e9ral de l\u2019\u00e9crivaine Goliarda Sapienza qui, selon elle, exprime, par ses strat\u00e9gies d\u2019\u00e9criture, la vie carc\u00e9rale telle que v\u00e9cue par les t\u00e9moins. En effectuant d\u2019abord une br\u00e8ve pr\u00e9sentation de la biographie de Sapienza, l\u2019autrice de l\u2019article sugg\u00e8re ensuite que l\u2019\u00e9crivaine Sapienza, connaissant les histoires de la communaut\u00e9 carc\u00e9rale, est charg\u00e9e de les transmettre pour ainsi conserver la m\u00e9moire de ces t\u00e9moins.\u00a0<\/p>\n<h2>Les oubli\u00e9\u00b7e\u00b7s<\/h2>\n<p>Dans \u00ab\u00a0R\u00e9ception de Victor Segalen\u00a0: de l\u2019oubli \u00e0 l\u2019exhumation\u00a0\u00bb, Said Ouchari retrace les enjeux, \u00e0 la fois id\u00e9ologiques et esth\u00e9tiques, qui ont d\u00e9termin\u00e9 la r\u00e9ception de Victor Segalen, d\u2019abord par ses contemporains puis par la post\u00e9rit\u00e9. Il analyse la transformation de cette r\u00e9ception, \u00e0 l\u2019aune de la notion de l\u2019oubli et des apports id\u00e9ologique et litt\u00e9raire de Segalen, un auteur qui offre une conception nouvelle de l\u2019exotisme. Dans quelle mesure l&rsquo;\u0153uvre de Segalen fut-elle oubli\u00e9e ? Comment est-elle sortie de l\u2019oubli ?<\/p>\n<p>Dans \u00ab\u00a0<em>Profil de l\u2019orignal<\/em>\u00a0d\u2019Andr\u00e9e Maillet ou Le \u201cclassique oubli\u00e9\u201d\u00a0\u00bb, Victor Caron-Veilleux propose une \u00e9tude de la r\u00e9ception de ce roman, suivant les r\u00e9\u00e9ditions successives de l&rsquo;\u0153uvre (1953, 1974, 1990). Il s\u2019interroge notamment sur le r\u00f4le de l\u2019autrice dans le champ litt\u00e9raire et sur la tension d\u2019une \u0153uvre \u00e0 chaque fois c\u00e9l\u00e9br\u00e9e lors de sa parution ou de ses r\u00e9\u00e9ditions, pour \u00eatre presque imm\u00e9diatement oubli\u00e9e par l\u2019institution litt\u00e9raire qu\u00e9b\u00e9coise.<\/p>\n<p>Dans le cadre de cet article, Marie-Catherine Lapointe pr\u00e9sente un d\u00e9cryptage punk d\u2019un album de Fran\u00e7ois Blais. En plus de rapprocher deux mondes en apparence \u00e9loign\u00e9s \u2014 la litt\u00e9rature jeunesse et le mouvement punk \u2014, l\u2019autrice met en valeur un objet de r\u00e9flexion et un appareillage th\u00e9orique encore peu consid\u00e9r\u00e9s par les \u00e9tudes litt\u00e9raires. \u00ab\u00a0<em>Punk is not dead<\/em>\u00a0: une lecture du\u00a0<em>Livre o\u00f9 la poule meurt \u00e0 la fin\u00a0<\/em>\u00bb r\u00e9v\u00e8le le grand pouvoir heuristique et op\u00e9ratoire que peut receler le punk. L\u2019analyse de th\u00e8mes comme l\u2019autodestruction, la provocation ou le refus de l\u2019autorit\u00e9 servent, au demeurant, \u00e0 d\u00e9passer le comique de fa\u00e7ade pour exposer les nombreuses questions philosophiques qui jalonnent le texte.<\/p>\n<h2>Hors-dossier<\/h2>\n<p>Sarah-Maude\u00a0Bilodeau propose une analyse de l\u2019\u00e9volution de la litt\u00e9rature autofictionnelle des femmes ainsi que de sa r\u00e9ception dans la critique litt\u00e9raire, en se penchant sur la repr\u00e9sentation de la souffrance f\u00e9minine. En prenant appui sur les critiques de\u00a0<em>Borderline<\/em>\u00a0de Marie Sissi Labr\u00e8che (2000) et de\u00a0<em>Trente<\/em>\u00a0de Marie Darsigny (2018), Bilodeau montre comment la r\u00e9ception de l\u2019\u00e9criture de la souffrance f\u00e9minine a \u00e9volu\u00e9 depuis la parution de Borderline. En effet, l\u2019autrice de l\u2019article pointe que le roman\u00a0<em>Trente<\/em>, s\u2019inscrivant dans une filiation avec\u00a0<em>Borderline<\/em>, participe \u00e0 la l\u00e9gitimation de l\u2019\u00e9criture de la souffrance f\u00e9minine qui \u00e9tait autrefois per\u00e7ue par la critique litt\u00e9raire comme \u00ab\u00a0narcissique et mineure\u00a0\u00bb, pour le dire avec Bilodeau.\u00a0<\/p>\n<p>En cl\u00f4ture de num\u00e9ro, rachel lamoureux avec \u00ab\u00a0\u00c9crire le d\u00e9go\u00fbt d\u2019\u00eatre h\u00e9riti\u00e8re dans le roman\u00a0<em>Nom<\/em>\u00a0de Constance Debr\u00e9\u00a0\u00bb conteste le projet de l\u2019\u00e9crivaine qui aspire \u00e0 se lib\u00e9rer de son r\u00e9cit familial et \u00e0 remettre en cause l\u2019h\u00e9ritage bourgeois dont son patronyme se fait l\u2019\u00e9cho. En t\u00e9moignant notamment de la r\u00e9ception des \u0153uvres de Debr\u00e9, de la position qu\u2019elle occupe dans le champ litt\u00e9raire et de la socialit\u00e9 qui \u00e9mane de son \u00e9criture, lamoureux r\u00e9v\u00e8le habilement le paradoxe qu\u2019il y a \u00e0 vouloir s\u2019affranchir de son milieu tout en jouant le jeu des institutions.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9quipe de\u00a0<em>Postures<\/em>\u00a0remercie chaleureusement les membres des comit\u00e9s de r\u00e9daction et de correction, qui ont travaill\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de ce num\u00e9ro. Nous remercions les partenaires financiers qui permettent \u00e0\u00a0<em>Postures<\/em>\u00a0d\u2019exister et d\u2019offrir un espace de partage et de diffusion riche et stimulant aux chercheur\u00b7euse\u00b7s \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7s. Un grand merci au D\u00e9partement d\u2019\u00e9tudes litt\u00e9raires, \u00e0 l\u2019Association Facultaire des \u00c9tudiants en Arts (AFEA), \u00e0 l\u2019Association \u00c9tudiante des Cycles Sup\u00e9rieurs en \u00c9tudes Litt\u00e9raires (AECSEL), \u00e0 l\u2019Association \u00c9tudiante Modulaire en \u00c9tudes Litt\u00e9raires (AEMEL) ainsi qu\u2019aux Services \u00e0 la vie \u00e9tudiante (SVE) de l\u2019UQAM.\u00a0<em>Postures<\/em>\u00a0exprime toute sa reconnaissance aux auteur\u00b7rice\u00b7s de ce num\u00e9ro pour leur travail.<\/p>\n<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Adorno, Theodor W. 1964. \u00ab\u00a0L\u2019industrie culturelle\u00a0\u00bb. Dans\u00a0<em>Communications<\/em>, no 3, p. 12-18.<\/p>\n<p>Bouchenni, Nadia. 2020. \u00ab\u00a0Avec \u201cLa discr\u00e9tion\u201d, Fa\u00efza Gu\u00e8ne veut \u201cr\u00e9parer l\u2019offense de l\u2019oubli\u201d\u00a0\u00bb. TV5MONDE. 11\u00a0octobre.\u00a0<a href=\"https:\/\/information.tv5monde.com\/info\/avec-la-discretion-faiza-guene-veut-reparer-l-offense-de-l-oubli-376756\">https:\/\/information.tv5monde.com\/info\/avec-la-discretion-faiza-guene-veut-reparer-l-offense-de-l-oubli-376756<\/a>\u00a0(Page consult\u00e9e le 27\u00a0novembre 2022).<\/p>\n<p>Bourdieu, Pierre et Jean-Claude Passeron. 1970.\u00a0<em>La Reproduction. \u00c9l\u00e9ments pour une th\u00e9orie du syst\u00e8me d\u2019enseignement<\/em>. Paris\u00a0: Les \u00c9ditions de minuit.<\/p>\n<p>Boulaire, C\u00e9cile et Dominique Perrin. 2022. \u00ab\u00a0La Litt\u00e9rature avant la lettre. L\u2019album pour enfants devant la th\u00e9orie litt\u00e9raire\u00a0\u00bb.\u00a0<em>Fabula-LhT<\/em>. 29\u00a0avril.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.fabula.org\/actualites\/107851\/fabula-lht--la-litterature-avant-la-lettre-lalbum-pour.html\">https:\/\/www.fabula.org\/actualites\/107851\/fabula-lht&#8211;la-litterature-avant-la-lettre-lalbum-pour.html<\/a>\u00a0(Page consult\u00e9e le 14\u00a0novembre 2022).\u00a0<\/p>\n<p>Gefen, Alexandre. 2017.\u00a0<em>R\u00e9parer le monde\u00a0: la litt\u00e9rature fran\u00e7aise face au XXIe si\u00e8cle<\/em>. Paris, France\u00a0: \u00c9ditions Corti.<\/p>\n<p>Gervais, Bertrand. 2017. \u00ab\u00a0Fictions de la ligne bris\u00e9e\u00a0: Typologie des mises en r\u00e9cit de l\u2019oubli\u00a0\u00bb.\u00a0<em>R\u00e9flexions sur le contemporain. Observation de l\u2019Imaginaire contemporain<\/em>. 11\u00a0septembre.\u00a0<a href=\"https:\/\/oic.uqam.ca\/fr\/carnets\/reflexions-sur-le-contemporain\/fictions-de-la-ligne-brisee-typologie-des-mises-en-recit-de\">https:\/\/oic.uqam.ca\/fr\/carnets\/reflexions-sur-le-contemporain\/fictions-de-la-ligne-brisee-typologie-des-mises-en-recit-de<\/a>\u00a0(Page consult\u00e9e le 27\u00a0novembre 2022).<\/p>\n<p>Le Robert. s.d. \u00ab\u00a0Oubli\u00a0\u00bb.\u00a0<em>Le Robert<\/em>. Dico en ligne. s.d.\u00a0<a href=\"https:\/\/dictionnaire.lerobert.com\/definition\/oubli\">https:\/\/dictionnaire.lerobert.com\/definition\/oubli<\/a>\u00a0(Page consult\u00e9e le 27\u00a0novembre 2022).\u00a0<\/p>\n<p>Ric\u0153ur, Paul. 2006. \u00ab\u00a0M\u00e9moire, histoire, oubli\u00a0\u00bb.\u00a0<em>Esprit<\/em>, vol. 3\u00a0: 20-29.\u00a0<\/p>\n<p>Stein, Jo\u00ebl. 2012.\u00a0\u00ab\u00a0Adults Should Read Adult Books\u00a0\u00bb.\u00a0<em>New York Times<\/em>, 23 mai.<a href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/roomfordebate\/2012\/03\/28\/the-power-of-young-adult-fiction\/adults-should-read-adult-books\">https:\/\/www.nytimes.com\/roomfordebate\/2012\/03\/28\/the-power-of-young-adult-fiction\/adults-should-read-adult-books<\/a>(Page consult\u00e9e le 19\u00a0novembre 2022).<\/p>\n<p><strong>Corpus<\/strong><\/p>\n<p>Auster, Paul. 1985.\u00a0<em>Cit\u00e9 de verre<\/em>. Arles\u00a0: Actes sud.<\/p>\n<p>Barth, John. 1968.\u00a0<em>Lost in the Funhouse<\/em>. \u00c9tats-Unis\u00a0: Doubleday.\u00a0<\/p>\n<p>Borges, Jorge Luis. 1994.\u00a0<em>Ficciones: Fictions<\/em>\u00a0(trad. Roger Caillois). Paris\u00a0: Gallimard, Coll. \u00ab\u00a0Folio Bilingue\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Duras, Marguerite. 1960.\u00a0<em>Hiroshima mon amour<\/em>. Paris\u00a0: Gallimard.<\/p>\n<p>Gu\u00e8ne, Fa\u00efza. 2020.\u00a0<em>La discr\u00e9tion<\/em>. Paris, France\u00a0: Plon.<\/p>\n<p>Kiy\u00e9mis. 2020.\u00a0<em>\u00c0 nos humanit\u00e9s r\u00e9volt\u00e9es<\/em>. France\u00a0: PNM \u00e9ditions.<\/p>\n<p>Manzoor-Khan, Suhaiymah. 2019.\u00a0<em>Postcolonial Banter<\/em>. London, Royaume-Uni de Grande-Bretagne. Verve Poetry Press.<\/p>\n<p>Quignard, Pascal. 1993.\u00a0<em>Le nom sur le bout de la langue<\/em>. Paris\u00a0: Gallimard.<\/p>\n<p>Ogawa, Yoko. 1994.\u00a0<em>Cristallisation secr\u00e8te<\/em>. Arles\u00a0: Actes sud.<\/p>\n<p>Shire, Warsan.\u00a02011.\u00a0<em>Teaching my mother how to give birth<\/em>.\u00a0London, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d\u2019Irlande du Nord\u00a0: Mouthmark, 2011.<\/p>\n<p><!--novelty_footnote_list()--><\/p>\n<section class=\"footnotes-wrapper collapsible-wrapper collapsed\" data-collapsible-show-label=\"Notes\" data-collapsible-hide-label=\"Notes\">\n<h2>Notes<\/h2>\n<p class=\"footnote\" id=\"footnote1_qtdzm10\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref1_qtdzm10\">[1]<\/a>  Marguerite Duras. 1960.\u00a0<em>Hiroshima mon amour.<\/em>\u00a0Paris: Gallimard, p. 32.<\/p>\n<p class=\"footnote\" id=\"footnote2_0b7st9a\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref2_0b7st9a\">[2]<\/a> Pour m\u00e9moire: Theodor W. Adorno. 1964. \u00ab L&rsquo;industrie\u00a0culturelle \u00bb.\u00a0<em>Communications<\/em>, no 3 : 12-18.<\/p>\n<p class=\"footnote\" id=\"footnote3_dp0chaf\"><a class=\"footnote-label\" href=\"#footnoteref3_dp0chaf\">[3]<\/a> Voir Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron. 1970.\u00a0<em>La Reproduction. \u00c9l\u00e9ments pour une th\u00e9orie du syst\u00e8me d\u2019enseignement<\/em>. Paris : Les \u00c9ditions de minuit.<\/p>\n\n<\/section>\n<p><!--\/novelty_footnote_list()--><\/p>\n<h5>Pour citer cet article :<\/h5>\n<p>Berger Soucie, Kevin\u00a0et al. 2023. \u00ab Anamn\u00e8se : oubli et oubli\u00e9\u00b7e\u00b7s\u00a0en litt\u00e9rature \u00bb,\u00a0Postures, Dossier \u00ab Anamn\u00e8se : oubli et oubli\u00e9\u00b7e\u00b7s en litt\u00e9rature\u00a0\u00bb, no 37, En ligne <http:\/\/www.revuepostures.com\/fr\/articles\/anamn\u00e8se-oubli-oubli\u00e9es-en-litt\u00e9rature> (Consult\u00e9 le xx \/ xx \/ xxxx).<\/p>\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/avant-propos_37.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 avant-propos_37.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-6c5ad1b2-9ab3-481d-b77c-dc0cdc1a981d\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/avant-propos_37.pdf\">avant-propos_37<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/avant-propos_37.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-6c5ad1b2-9ab3-481d-b77c-dc0cdc1a981d\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme toi, moi aussi, j\u2019ai essay\u00e9 de lutter de toutes mes forces contre l\u2019oubli. Comme toi, j\u2019ai oubli\u00e9. Comme toi, j\u2019ai d\u00e9sir\u00e9 savoir une inconsolable m\u00e9moire, une m\u00e9moire d\u2019ombres et de pierre[1].\u00a0 Marguerite Duras,\u00a0Hiroshima mon amour \u00c0 l\u2019occasion de sa journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude annuelle intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Laiss\u00e9\u00b7e\u00b7s-pour-contre et minores\u00a0: penser l\u2019oubli en \u00e9tudes litt\u00e9raires\u00a0\u00bb, qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_coblocks_attr":"","_coblocks_dimensions":"","_coblocks_responsive_height":"","_coblocks_accordion_ie_support":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[1357,1140],"tags":[30,138,164,175,221],"class_list":["post-5753","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-anamnese-oubli-et-oubliees-en-litterature","category-avant-propos","tag-berger-soucie-kevin","tag-fiset-yohann-mickael","tag-giroux-alexia","tag-hammar-liza","tag-lapointe-marie-catherine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5753","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5753"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5753\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7840,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5753\/revisions\/7840"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5753"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5753"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5753"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}