{"id":9541,"date":"2024-11-29T17:15:26","date_gmt":"2024-11-29T17:15:26","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=9541"},"modified":"2024-12-03T18:06:59","modified_gmt":"2024-12-03T18:06:59","slug":"insecte-inceste-exorciser-le-trauma-par-phantasme-de-parthenogenese","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=9541","title":{"rendered":"Insecte-inceste: exorciser le trauma par phantasme de parth\u00e9nogen\u00e8se"},"content":{"rendered":"\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=6910\">Dossier&nbsp;&nbsp;\u00ab Impostures \u00bb, no <\/a>40<\/h5>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Depuis ma peur, je ne tue plus les bestioles qui m<\/em><em>\u2019<\/em><em>accompagnent, je ne tue plus rien, persuad\u00e9 que ces choses vivantes r\u00e9parent le cruel d\u00e9r<\/em><em>\u00e8<\/em><em>glement du cosmos.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Peur piet\u00e0<\/em>, Nicholas Dawson<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>De l<\/em><em>\u2019<\/em><em>histoire de la mouche, je voudrais dire encore un peu plus.<br><\/em><em>Je la vois encore, elle, cette mouche-l\u00e0<\/em><em>, sur le mur blanc, mourir. Dans la lumi<\/em><em>\u00e8<\/em><em>re solaire d<\/em><em>\u2019<\/em><em>abord, et puis dans la lumi<\/em><em>\u00e8re r<\/em><em>\u00e9fract<\/em><em>\u00e9e et sombre du sol carrel\u00e9.<br><\/em><em>On peut aussi ne pas \u00e9crire, oublier une mouche.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>\u00c9crire<\/em>, Marguerite Duras<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Limite, liminaire et liminarit\u00e9. La journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude m\u2019appara\u00eet comme une invitation \u00e0 \u00e9laborer les assises d\u2019un nouvelle piste de recherche-cr\u00e9ation qui lie sexualit\u00e9 et vivant et enfin, un espace s\u00e9curitaire pour penser l\u2019\u00e9criture du trauma de l\u2019inceste. Je suis venue \u00e0 l\u2019\u00e9criture par l\u2019anthropologie, la science politique et enfin, par le cin\u00e9ma et la litt\u00e9rature. Dans mon premier court-m\u00e9trage Papaya, qui met en sc\u00e8ne la m\u00e9moire traumatique suite \u00e0 une agression sexuelle, je me donne naissance et je r\u00e9alise que je continue \u00e0 travers l\u2019\u00e9criture de chaque oeuvre. C\u2019est la violence sexuelle fondatrice qui a op\u00e9r\u00e9 cette nouvelle posture. Ces trous de m\u00e9moire, provoqu\u00e9s par l\u2019amn\u00e9sie traumatique, m\u2019\u00e9chappent et je ne cesse de vouloir les remplir gr\u00e2ce \u00e0 la parole. \u00c0 partir d\u2019archives personnelles et d\u2019une communaut\u00e9 d\u2019auteurices, je colmate les manques et y trouve une forme. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, mon autoth\u00e9orie (Fournier 2021), voire autoethnographie, impliquait uniquement des personnes humaines. Dans la pr\u00e9sente, je mets en place des outils conceptuels pour d\u00e9plier la violence humaine et l\u2019\u00e9tendre au reste du vivant.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En tant qu\u2019artiste-chercheure, j\u2019\u00e9cris autour du trauma de l\u2019inceste, sa repr\u00e9sentation et sa mise en forme par le biais de diff\u00e9rentes formes d\u2019art. D\u2019abord, une permutation simple des lettres centrales a nourri mes errances th\u00e9oriques autour de la figure de l\u2019insecte. Dans ma d\u00e9marche embryonnaire, mon hypoth\u00e8se est la suivante : mon personnage liminaire quitte un lieu familier, celui du corps inceste, et aspire \u00e0 un corps insecte. L\u2019\u00e9criture devient un rituel pour exorciser, expulser la pr\u00e9sence d\u2019autres corps sur, dans, \u00e0 travers le sien. Ultimement, l\u2019\u00e9criture s\u2019auto-engendre comme le fait le phasme gr\u00e2ce \u00e0 la parth\u00e9nog\u00e9n\u00e8se et ouvre \u00e0 une sympoi\u00e8se.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Corps-inceste: exorciser le trauma<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Lors d\u2019un s\u00e9minaire d\u2019<em>Approches du travail cr\u00e9ateur<\/em> \u00e0 l\u2019hiver 2022, je me plains. Fatigu\u00e9e d\u2019\u00eatre mon genre, ma race, d\u2019avoir \u00e0 porter un corps humain. La professeure qui deviendra ma superviseure me r\u00e9pond : \u00ab \u00c7a ne fait que commencer! Pour m\u2019en d\u00e9faire, je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 la physique quantique et aux math\u00e9matiques dans la litt\u00e9rature. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Durant un cours de psychanalyse et litt\u00e9rature, \u00e0 l\u2019automne dernier, la professeure introduit le concept du Nom-du-p\u00e8re. Personne dans la classe ne comprend. En guise d\u2019analogie, elle raconte le moment o\u00f9 elle discerne la forme du phasme dans un bocal \u00e0 l\u2019Insectarium. La fonction du p\u00e8re se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 l\u2019enfant, tel un phasme \u00e0 l\u2019observateur. <\/p>\n\n\n\n<p><a>Ces deux professeures allument une \u00e9tincelle de savoir. Leurs interventions creusent un passage vers une autre forme d\u2019existence dans la litt\u00e9rature qui jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent ne m\u2019\u00e9tait pas possible. Je restais confin\u00e9e dans les limites de mon corps d\u2019humaine. Je ne m\u2019autorisais pas \u00e0 traverser d\u2019autres fronti\u00e8res corporelles, temporelles, spatiales. Si j\u2019\u00e9crivais ma disparition tel un refuge, j\u2019exp\u00e9rimente des fa\u00e7ons d\u2019appara\u00eetre sur la page. Mon \u00e9criture serait donc un espace de libert\u00e9 afin de d\u00e9ployer mon humanimalit\u00e9, face \u00e0 une identit\u00e9 morcel\u00e9e, \u00e0 l\u2019intersection de marqueurs identitaires qui rel\u00e8vent historiquement de l\u2019abject.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>**<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9sent texte est le fruit d\u2019une anecdote \u00e0 l\u2019\u00e9criture de mon m\u00e9moire sur la performance de la filiation dans le contexte de l\u2019adoption internationale. Je m\u00e8ne une enqu\u00eate sur le phasme, plut\u00f4t sur ma relation au phasme. Je trace les contours de sa morphologie comme ma voix trouve un chemin. Dans le livre <em>Phasmes essais sur l&rsquo;apparition, <\/em>Didi-Huberman donne le nom de phasmes, comme les insectes, ces choses qui apparaissent, similaires au fantasme. Ces choses disparates qu\u2019on laisse sur le bord d\u2019un bureau poussi\u00e9reux ou ces objets fortuits qu\u2019on aper\u00e7oit le long de la route : \u00ab Parfois, dans sa course, le chercheur s\u2019arr\u00eate, interdit : une autre chose tout \u00e0 coup est apparue sous ses yeux, qu\u2019il n\u2019attendait pas. Non pas la chose en soi de sa qu\u00eate fondamentale, mais une chose fortuite, une chose inattendue qui se trouvait l\u00e0, sur le passage \u00bb&nbsp; (Didi-Huberman 1998, 9). On pourrait parler du concept de s\u00e9rendipit\u00e9, du r\u00f4le du hasard dans les d\u00e9couvertes. En litt\u00e9rature, ces digressions de lecture deviennent un genre accidentel de connaissance et d\u2019\u00e9criture, qu\u2019on n\u2019avait pas cherch\u00e9es mais qui, en apparaissant, font surgir soudain le sens m\u00eame de ce qu\u2019on avait toujours recherch\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me questionne sur le lieu de mes agressions sexuelles. O\u00f9 arrivent-elles? Dans des lieux industrialis\u00e9s, colonis\u00e9s, contamin\u00e9s, dans les ruines du capitalisme. Comment imaginer, comment cr\u00e9er \u00e0 partir de ces lieux, comment les r\u00e9enchanter ? Comment vivre son <em>corps vivante<\/em> (pour reprendre le titre du livre de Julie Delporte (2022))? Comment les processus de cicatrisation du vivant inspirent ceux humains? &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>**<\/p>\n\n\n\n<p>Je r\u00e9alise <em>Papaya<\/em> (2022), un court-m\u00e9trage exp\u00e9rimental. Le synopsis est simple&nbsp;: une adopt\u00e9e sino-canadienne brise le silence de l\u2019inceste en r\u00e9pondant \u00e0 ses archives familiales par la danse. \u00c0 travers le sacrifice d\u2019une papaye, elle rejoue son pass\u00e9 traumatique pour \u00e9manciper sa sexualit\u00e9 adulte. La danseuse performe au parc Fr\u00e9d\u00e9rick-Back une improvisation <em>butoh<\/em>, un style de danse japonais cr\u00e9\u00e9 apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. En fait, je me rends compte que ce parc est un ancien d\u00e9potoir de la ville, transform\u00e9 en un parc public. Je tourne dans une poubelle \u00e0 aire ouverte, dans un espace contamin\u00e9, comme un corps incest\u00e9 du latin <em>incestum<\/em> qui signifie souillure (<em>incesto<\/em>, rendre impur).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>**<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En France, #MeTooInceste, Christine Angot, Francoise H\u00e9ritier, Iris Brey, Camille Kouchner, Doroth\u00e9e Dussy en font partie. Apr\u00e8s un terrain de recherche en France et au Qu\u00e9bec, Dussy, une anthropologue fran\u00e7aise, publie<em> Anthropologie de l\u2019inceste : berceau des dominations<\/em> (2013). Elle y aborde les m\u00e9canismes sociaux et culturels de l\u2019agression sexuelle entre membres d\u2019une m\u00eame famille et d\u00e9nonce l\u2019aveuglement des sciences sociales face \u00e0 ce tabou. \u00c0 force d\u2019\u00e9tudier l\u2019interdit de l\u2019inceste, comme l\u2019anthropologue Claude L\u00e9vi-Strauss, ou l\u2019inceste sans contact, c\u2019est-\u00e0-dire le complexe d\u2019\u0152dipe, fantasme en psychanalyse, on a oubli\u00e9 d\u2019\u00e9tudier l\u2019inceste qui arrive au quotidien dans la maison.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Qu\u00e9bec, L\u00e9a Clermont-Dion, Kharoll-Ann Souffrant, Marie-Pier Lafontaine, Pattie O\u2019Green. Je note la faiblesse du mouvement #MeTooInceste ici, la mince contribution de personnes racis\u00e9es et en plus, adopt\u00e9es. Comment d\u00e9passer le r\u00e9cit de soi, de la d\u00e9nonciation? Comment se raconter et s\u2019imaginer apr\u00e8s l\u2019agression? Et que r\u00e9v\u00e8le, que condense cette forme de violence, de pouvoir \u00e0 propos de notre monde?<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est bien l\u00e0 que mon \u00e9criture se bute \u00e0 un sentiment d\u2019impuissance, une crise de la sensibilit\u00e9: \u00ab Si nous ne voyons rien dans \u2018\u2018la nature\u2019\u2019, ce n\u2019est pas seulement par ignorance de savoirs \u00e9cologiques, \u00e9thologiques et \u00e9volutionnaires, mais parce que nous vivons dans une cosmologie dans laquelle il n\u2019y aurait suppos\u00e9ment rien \u00e0 voir, c\u2019est-\u00e0-dire ici rien \u00e0 traduire : pas de sens \u00e0 interpr\u00e9ter \u00bb (Morizot 2020, 20). L\u2019enjeu de ma recherche-cr\u00e9ation revient \u00e0 rendre sensible et traduire la diversit\u00e9 des milieux vivants.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, mon d\u00e9sir vers le vivant m\u2019emm\u00e8ne \u00e0 rencontrer une chercheure en histoire de l\u2019art. Dans <em>Peindre corps \u00e0 corps <\/em>(2022), Zhong Mengual explique que la nature n\u2019existe que dans notre ontologie naturaliste occidentale et sert d\u2019arri\u00e8re-plan, donne forme ou exprime notre sexualit\u00e9 humaine. Selon sa th\u00e8se, Georgia O\u2019Keefe adopte le point de vue du pollinisateur, comme si une abeille entrait pour se poser sur le pistil. Je me souviens aussit\u00f4t de la mouche qui appara\u00eet dans l\u2019ouverture de la papaye fleurie, \u00e0 la fin de mon court-m\u00e9trage <em>Papaya<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Corps-insecte : phantasme de parth\u00e9<\/strong><strong>nogen<\/strong><strong>\u00e8se<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9cris phantasme avec un ph, en r\u00e9f\u00e9rence au phasme. M\u00e9taphores et emprunts aux insectes abondent en litt\u00e9rature. Dans <em>La m<\/em><em>\u00e9tamorphose<\/em> de Kafka (1915), le personnage se mue en cafard et vit une forme d\u2019ali\u00e9nation. <em>Les fourmis<\/em> de Bernard Werber (1991) explore les comportements collectifs dans une soci\u00e9t\u00e9 donn\u00e9e. La fable de <em>La cigale et la fourmi<\/em> de Jean de La Fontaine (1668) offre une morale sur le travail et la responsabilit\u00e9. En po\u00e9sie, des m\u00e9taphores convenues de l\u2019araign\u00e9e qui tisse sa toile. Manipulation ou cr\u00e9ativit\u00e9&nbsp;? Une chenille se transforme en papillon, symbole d\u2019une m\u00e9tamorphose suite \u00e0 une \u00e9preuve de la vie. \u00c0 la diff\u00e9rence de ce dernier, le phasme conserve un seul corps tout au long de son existence.<\/p>\n\n\n\n<p>Les phasmes sont un ordre d&rsquo;insectes dont la forme peut faire penser \u00e0 une branche (phasmes-b\u00e2ton), \u00e0 une feuille (phasmes-feuille), \u00e0 une tige \u00e9pineuse (phasmes-ronce) ou encore \u00e0 une \u00e9corce (phasmes-\u00e9corce). Outre les entomologistes, les th\u00e9oriciens de l\u2019art s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 ses propri\u00e9t\u00e9s d\u2019apparition : \u00ab Qu\u2019est-ce donc qu\u2019un phasme? Un insecte, sans doute. D\u2019o\u00f9 lui vient son nom? De phasma, sans doute, qui signifie tout \u00e0 la fois l\u2019apparition, le signe des dieux, le ph\u00e9nom\u00e8ne prodigieux, voire monstrueux; le simulacre, aussi; le pr\u00e9sage, enfin \u00bb (Didi-Huberman 1998, 17). Le phasme entre donc en relation avec celui qui le trouve. Ou plut\u00f4t, c\u2019est l\u2019humain qui le reconna\u00eet et lui attribue cet \u00e9v\u00e9nement divin. Si le phasme ensorc\u00e8le l\u2019observateur, c\u2019est qu\u2019il poss\u00e8de en fait une propri\u00e9t\u00e9 intrins\u00e8que \u00e0 son mim\u00e9tisme.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Camouflage, c\u2019est assimilation au d\u00e9cor, au milieu, recherche de l\u2019invisibilit\u00e9. Pour parvenir \u00e0 cette fin, l\u2019animal doit essentiellement perdre son individualit\u00e9, c\u2019est \u00e0 dire effacer ses contours, les appareiller \u00e0 un fond de teinte uniforme ou, au contraire, bariol\u00e9, sur lequel il se d\u00e9tacherait sans cette adaptation. (Caillois 1960,&nbsp; 102)<\/p>\n\n\n\n<p>Ces insectes captent dans leur morphologie m\u00eame ce moment, ce que Bertrand Gervais nomme <em>phasme de la f<\/em><em>in<\/em>, soit le moment de ce surgissement, pour le sujet qui l\u00e2che un fameux <em>Eur\u00eaka<\/em> face \u00e0 cette v\u00e9rit\u00e9 qui lui \u00e9chappait:<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut noter que le terme par lequel on d\u00e9signe cet insecte a plus \u00e0 voir avec son effet sur l\u2019observateur qu\u2019avec sa propre morphologie. Il n\u2019est un fant\u00f4me, un apparaitre que pour celui qui ne soup\u00e7onnait pas sa pr\u00e9sence. Le phasme est une apparition : un \u00e9v\u00e9nement de nature s\u00e9miotique qui vient bouleverser le temps, en le for\u00e7ant \u00e0 se contracter sous le choc de la r\u00e9v\u00e9lation et l\u2019irruption d\u2019une pr\u00e9sence. (Gervais 2005, 21)<\/p>\n\n\n\n<p>Ces penseurs \u00e9clairent mon chemin. Or, comme Gervais le souligne, le nom du phasme provient de notre position d\u2019observateur humain et non de lui en tant qu\u2019\u00eatre vivant. Je d\u00e9sire m\u2019engendrer par la parole en m\u2019inspirant des processus de cicatrisation et d\u2019adaptation du vivant. Pour ce faire, je m\u2019inspire du principe d\u2019analogie d\u2019\u00e9thologie perspectiviste (Morizot 2020). Il s\u2019agit d\u2019une<\/p>\n\n\n\n<p>tentative de traduction du point de vue des autres vivants, et non d\u2019\u00e9nonciation d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 derni\u00e8re sur la nature des choses : elle sera ainsi imparfaite (c\u2019est le \u00ab&nbsp;comme&nbsp;\u00bb), mais la reconnaissance de cette imperfection signe dans le m\u00eame temps son exigence, car l\u2019analogie perspectiviste porte en son c\u0153ur le projet constitutif de la traduction \u2014 faire justice, malgr\u00e9 l\u2019impossibilit\u00e9 annonc\u00e9e de la perfection. (Zhong Mengual 2022, 43)<\/p>\n\n\n\n<p>Comment me situer \u00e0 la place d\u2019un insecte, le phasme, dans une relation sans en \u00eatre pr\u00e9cis\u00e9ment le centre? Comment d\u00e9centrer la cha\u00eene de signifiants?<\/p>\n\n\n\n<p>**<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai vu un phasme dans un lieu anodin au moment o\u00f9 je m\u2019y attendais le moins. Sur le retour de l\u2019\u00e9picerie, au coin des rues Bordeaux et Des Carri\u00e8res. Ma voisine entretient sur le devant de sa maison un \u00e9norme jardin le long du trottoir. Un hibiscus. Je me penche pour sentir son parfum. Sur la tige de cette fleur se tient un phasme. Je dirais feuille ou b\u00e2ton. Je ne me souviens plus si son corps \u00e9tait plut\u00f4t vert ou brun. Mon rapport au monde change au fur et \u00e0 mesure que l\u2019\u00e9criture prend forme. Cette rencontre tout pr\u00e8s de chez moi dans un lieu du quotidien oriente ma qu\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>**<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Parth\u00e9nog\u00e9n\u00e8se&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 du moment de r\u00e9v\u00e9lation qui nous a fait prendre la faune pour de la flore, je m\u2019int\u00e9resse au mode de reproduction des phasmes. Dans une entrevue \u00e0 <em>Moteur de recherche <\/em>(2021), France Drufresne, professeure de biologie, explique que ces insectes sont en mesure de se reproduire par parth\u00e9nogen\u00e8se, un mode de reproduction asexu\u00e9&nbsp;:\u00ab Ces derniers r\u00e9ussissent \u00e0 se multiplier \u00e0 l&rsquo;aide des \u0153ufs non fertilis\u00e9s qui poss\u00e8dent exactement le m\u00eame code g\u00e9n\u00e9tique que celui de la m\u00e8re. \u00bb (Dufresne 2021) Selon l&rsquo;experte, la reproduction asexu\u00e9e permettrait aux esp\u00e8ces de se multiplier plus vite. Les femelles peuvent se reproduire en se passant des m\u00e2les. Cependant, les esp\u00e8ces qui n&rsquo;ont pas de relations sexuelles seraient plus enclines \u00e0 avoir des mutations g\u00e9n\u00e9tiques; ces changements dans leur ADN les rendraient plus faibles et finiraient par provoquer leur extinction. Elle explique comment les phasmes utilisent les deux modes de reproduction afin de faire perdurer leur esp\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/1-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9558\" style=\"width:258px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/1-768x1024.jpg 768w, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/1-225x300.jpg 225w, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/1-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/1.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Cr\u00e9dit : Lo\u00efc Beauregard-Lefebvre <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>**<\/p>\n\n\n\n<p>Je me rends \u00e0 l\u2019Insectarium de Montr\u00e9al. Un guide m\u2019explique que les femelles vierges produisent des \u0153ufs qui, lorsqu\u2019ils sont m\u00fbrs, deviennent \u00e0 leur tour des femelles.&nbsp; Lorsqu\u2019un m\u00e2le vient s\u2019accoupler avec une femelle, il n\u2019y a que 50% de chances que les descendants de cette union soient des m\u00e2les. Un phasme femelle en captivit\u00e9 peut produire des centaines de descendantes sans jamais s\u2019accoupler. En fait, il existe des esp\u00e8ces de phasmes pour lesquels les scientifiques n\u2019ont jamais trouv\u00e9 de m\u00e2les.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant ce temps, un ami saisit ce moment. Il photographie la projection de l\u2019assemblage de deux cam\u00e9ras sur le mur. Une cam\u00e9ra \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et l\u2019autre \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du bocal. La photo capte le regard que je porte sur le phasme. C\u2019est le point de vue du phasme qui compte. L\u2019inversion du regard.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>**<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>Green Porno<\/em> (2008), Isabella Rosselini interpr\u00e8te les rituels d&rsquo;accouplement de divers insectes et animaux \u00e0 partir de d\u00e9coupes en carton et de sculptures en mousse. Il s\u2019agit d\u2019une performance f\u00e9ministe qui utilise la figure de l\u2019insecte pour remettre en question les pratiques normatives de l\u2019h\u00e9t\u00e9rosexualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"396\" height=\"943\" src=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/2-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-9564\" style=\"width:242px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/2-1.png 396w, https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/2-1-126x300.png 126w\" sizes=\"auto, (max-width: 396px) 100vw, 396px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Cr\u00e9dit&nbsp;: xkcd<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Je d\u00e9couvre aussi l\u2019\u0153uvre du dessinateur xkcd (2013) qui d\u00e9peint comment une orchid\u00e9e capte la pr\u00e9sence d\u2019une abeille, dans son d\u00e9sir et sa mortalit\u00e9. Malgr\u00e9 l\u2019extinction de cette esp\u00e8ce d\u2019abeille, elle cette derni\u00e8re subsiste gr\u00e2ce \u00e0 la fleur vivante qui prend la forme des organes \u00e9rotiques de l\u2019abeille femelle. L\u2019abeille existe \u00e0 travers la forme de la fleur qui l\u2019imite, dans le corps de la fleur. Face \u00e0 la disparition de ces abeilles, l\u2019orchid\u00e9e adopte une strat\u00e9gie de survie&nbsp;: l\u2019autopollinisation. La forme de la fleur est \u00ab une id\u00e9e de ce \u00e0 quoi ressemblait l\u2019abeille femelle pour l\u2019abeille m\u00e2le\u2026 telle qu\u2019interpr\u00e9t\u00e9e par une plante\u2026 le seul souvenir de l\u2019abeille est une peinture d\u2019une fleur mourante \u00bb (Haraway 2016, 69). L\u2019incarnation de Rosselini et le dessin de xkcd repr\u00e9sentent les insectes loin des m\u00e9taphores anthropocentristes mentionn\u00e9es ci-dessus. Dans l\u2019inversion du regard et des corps, ces \u0153uvres performent une autre forme de sexualit\u00e9 et de rituel de deuil. Elles mettent en sc\u00e8ne les corps des insectes et leurs propri\u00e9t\u00e9s intrins\u00e8ques.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un rituel pour passer de corps inceste \u00e0 corps insecte, mon \u00e9criture traduit la parth\u00e9nog\u00e9n\u00e8se du phasme par l\u2019auto-engendrement et ouvre \u00e0 une symbiogen\u00e8se. L\u2019auto-engendrement est ce \u00ab moment o\u00f9 l&rsquo;\u0153uvre est pens\u00e9e elle-m\u00eame comme puissance d\u2019engendrement, comme le lieu de repr\u00e9sentation, mais aussi d\u2019effectuation, de la possibilit\u00e9 qu\u2019aurait le sujet de se cr\u00e9er ou de s\u2019inventer lui-m\u00eame. Du dandysme baudelairien, en passant par le narrateur proustien qui enfante sa \u201cvraie vie\u201d dans la litt\u00e9rature, l\u2019id\u00e9e de cr\u00e9ation de soi dans et par l\u2019art traverse la modernit\u00e9 esth\u00e9tique \u00bb (Bernier 2012, 7). En d\u2019autres mots, mon \u00e9criture pourrait prendre plusieurs formes comme une voix qui cherche \u00e0 se donner naissance. Ce pourrait \u00eatre la naissance de l&rsquo;\u0153uvre, de l\u2019artiste ou du personnage \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du r\u00e9cit. Dans mon \u00e9criture, cet av\u00e8nement se rapproche du personnage de l\u2019orphelin ou de l\u2019adopt\u00e9 qui coupe toute ses filiations et en tisse de nouvelles. \u00c0 mon sens, l\u2019auto-engendrement est un fantasme humain que le phasme r\u00e9alise : \u00ab fantasme de propri\u00e9t\u00e9 par excellence puisqu\u2019il s\u2019agit de contenir la puissance \u00e0 l\u2019origine de sa propre production, de d\u00e9tenir toutes les places, en \u00e9tant \u00e0 la fois produit et producteur, cr\u00e9ateur et cr\u00e9ature, p\u00e8re, m\u00e8re, fils et fille \u00bb (Bernier 2012, 10).<\/p>\n\n\n\n<p>Si le phasme peut s\u2019auto-engendrer, comment puis-je le faire moi aussi&nbsp;? J\u2019aimerais mettre en contraste l\u2019autopo\u00efese et l\u2019autoth\u00e9orie. Les deux propositions contiennent le pr\u00e9fixe \u00ab&nbsp;auto&nbsp;\u00bb et r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 des syst\u00e8mes centr\u00e9s sur la subjectivit\u00e9 d\u2019un individu. Qui ou quoi est inclut dans le pr\u00e9fixe \u00ab&nbsp;auto&nbsp;\u00bb&nbsp;? L\u2019autopoi\u00e8se est un syst\u00e8me autonome, similaire \u00e0 l\u2019auto-engendrement, avec des fronti\u00e8res spatiales et temporelles d\u00e9finies. Si j\u2019admets que l\u2019auto-engendrement est une utopie f\u00e9ministe, je peux n\u00e9anmoins faire avec, faire parent\u00e9 avec d\u2019autres unit\u00e9s du vivant. Quelles sont les limites de l\u2019individu? Peut-on penser une autoth\u00e9orie en relation avec d\u2019autres vivants?<\/p>\n\n\n\n<p>La proposition de sympoi\u00e8se de Donna Haraway, qui cite Beth Dempster, une biologiste am\u00e9ricaine, me semble une avenue f\u00e9conde. Une sympoi\u00e8se est un syst\u00e8me collectif sans \u00ab self-defined spatial or temporal boundaries \u00bb (Haraway 2016, 61). Comment se proclamer auto-th\u00e9orie en relation avec le vivant&nbsp;? Cela \u00e9quivaut-il \u00eatre en sympoi\u00e8se&nbsp;? Comment prendre en charge le spectre de la narration avec d\u2019autres vivants&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, l\u2019\u00e9bauche de ce cadre cr\u00e9atif et th\u00e9orique serait de sortir du soi et de s\u2019adresser \u00e0 une autre forme de vie qui poss\u00e8de une autre subjectivit\u00e9, celle-ci n\u2019\u00e9manant pas du pur langage verbal.&nbsp; De trouver des mani\u00e8res de dire et de s\u2019\u00e9crire, d\u2019\u00e9noncer au lieu de d\u00e9noncer. Avec la permutation des lettres s et c, on traverse deux postures d\u2019\u00e9criture, on passe d\u2019un corps inceste, auto-suffisant, \u00e0 un corps insecte en symbiose avec son environnement. Le phasme existe pour ses propri\u00e9t\u00e9s de mim\u00e9tisme et d\u2019apparition, ainsi que son mode de copulation. J\u2019ai tent\u00e9 de faire le pont entre la litt\u00e9rature sur le trauma de l\u2019inceste et le vivant.<\/p>\n\n\n\n<p>**<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autoth\u00e9orie m\u2019am\u00e8ne \u00e0 \u00e9crire dans une logique non-extractiviste. Je ne vais rien d\u00e9couvrir ni puiser. Je ne produis pas de la connaissance. Je fais avec mon mat\u00e9riel litt\u00e9raire, je r\u00e9ponds \u00e0 une communaut\u00e9 d\u2019auteurices, mais qu\u2019en est-il du reste du vivant&nbsp;? Je m\u2019engendre, m\u2019auto-engendre, m\u2019engendre avec, m\u2019engendre comme des esp\u00e8ces autres qu\u2019humaines. En quoi suis-je seule&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Bibliographie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Bernier, Fr\u00e9d\u00e9rique. 2012. <em>Cr<\/em><em>\u00e9atures : Figures esth\u00e9tiques de l<\/em><em>\u2019<\/em><em>auto-engendrement<\/em>, Qu\u00e9bec : \u00c9ditions Nota Bene.<\/p>\n\n\n\n<p>Caillois, Roger. 1960. <em>M<\/em><em>\u00e9duse et cie<\/em>, Paris : Gallimard.<\/p>\n\n\n\n<p>Delporte, Julie. 2022. <em>Corps vivante<\/em>, Montr\u00e9al&nbsp;: Pow Wow.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Didi-Huberman, Georges. 1998. <em>Phasmes : essais sur l\u2019apparition<\/em>. Paris : Les \u00c9ditions de Minuit.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Dufresne, France. 2021. \u00ab Le phasme, cet insecte capable de se cloner \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Moteur de recherche, OhDio<\/em>, 26 octobre.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/ici.radio-canada.ca\/ohdio\/premiere\/emissions\/moteur-de-recherche\/segments\/chronique\/376530\/reproduction-assexue-sexue\">https:\/\/ici.radio-canada.ca\/ohdio\/premiere\/emissions\/moteur-de-recherche\/segments\/chronique\/376530\/reproduction-assexue-sexue<\/a> (Page consult\u00e9e le 11 septembre 2024)<\/p>\n\n\n\n<p>Fournier, Lauren. 2021. <em>Autotheory as Feminist Practice in Art, Writing, and Criticism<\/em>, Cambridge: The MIT Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Gervais, Bertrand. 2005. \u00abLes phasmes de la fin. Anticipations, r\u00e9v\u00e9lations et r\u00e9p\u00e9titions dans Le Petit K\u00f6chel de Normand Chaurette\u00bb, <em>Cahiers Figura<\/em>, no. 12: 15-57.<\/p>\n\n\n\n<p>Haraway, Donna J. 2016. <em>Staying with the Trouble: Making Kin in the Chthulucene<\/em>. Durham: Duke University Press.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Rossellini, Isabella. 2008. \u00ab Praying Mantis \u00bb, <em>Sundance TV<\/em>, 11 ao\u00fbt.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=TKyg7pYEAoY\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=TKyg7pYEAoY<\/a> (Page consult\u00e9e le 11 septembre 2024)<\/p>\n\n\n\n<p>Morizot, Baptiste. 2020. <em>Mani<\/em><em>\u00e8<\/em><em>res d\u2019\u00eatre vivant<\/em>. Paris : Actes Sud.<\/p>\n\n\n\n<p>Zhong Mengual. Estelle. 2022. <em>Peindre corps \u00e0 <\/em><em>corps<\/em>. Paris : Actes Sud.<\/p>\n\n\n\n<p>xkcd. 2013. \u00ab Bee Orchid \u00bb, <em>A webcomic of romance, sarcasm, math and language<\/em>. No. 1259, en ligne, &lt;<a href=\"https:\/\/xkcd.com\/1259\/\">https:\/\/xkcd.com\/1259\/<\/a>&gt; consult\u00e9 le 18 octobre 2024.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Pour citer l&rsquo;article : <\/h5>\n\n\n\n<p>Chen, D\u00e9d\u00e9. 2024.&nbsp;\u00ab Insecte-inceste: exorciser le trauma par phantasme de parth\u00e9nogen\u00e8se \u00bb, <em>Postures<\/em>, Dossier \u00ab Impostures \u00bb, no. 40, En ligne <a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=9541\">https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=9541<\/a> (Consult\u00e9 le xx \/ xx\/ xxxx).<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/chen_40.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 chen_40.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-f1924035-b410-41cd-abc6-27ba9eb1bdc7\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/chen_40.pdf\">chen_40<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/chen_40.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-f1924035-b410-41cd-abc6-27ba9eb1bdc7\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier&nbsp;&nbsp;\u00ab Impostures \u00bb, no 40 Depuis ma peur, je ne tue plus les bestioles qui m\u2019accompagnent, je ne tue plus rien, persuad\u00e9 que ces choses vivantes r\u00e9parent le cruel d\u00e9r\u00e8glement du cosmos. 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