{"id":9736,"date":"2025-12-11T00:00:00","date_gmt":"2025-12-11T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=9736"},"modified":"2025-12-06T19:21:05","modified_gmt":"2025-12-06T19:21:05","slug":"peut-on-sortir-la-fuite-de-son-paradigme-de-passivite-etude-de-cas-des-recits-de-fuite-vers-le-nord","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=9736","title":{"rendered":"Peut-on sortir la fuite de son paradigme de passivit\u00e9? \u00c9tude de cas des r\u00e9cits de fuite vers le Nord"},"content":{"rendered":"<h5><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=9758\">Hors s\u00e9rie, actes du colloque interuniversitaire \u00e9tudiant de litt\u00e9rature (CIEL) 2025<\/a><\/h5>\n<p>Le chercheur en \u00e9tudes litt\u00e9raires Daniel Chartier, sp\u00e9cialiste du Nord, pr\u00e9sente ce dernier comme \u00ab\u2009le produit d\u2019un double regard, de l\u2019ext\u00e9rieur et de l\u2019int\u00e9rieur, que l\u2019on peut distinguer entre les \u201crepr\u00e9sentations\u201d du Nord et les \u0153uvres des \u201ccultures nordiques\u201d\u2009\u00bb (2018, 10). Lorsqu\u2019il propose de d\u00e9finir le Nord par l\u2019imaginaire, c\u2019est-\u00e0-dire de le consid\u00e9rer comme \u00ab\u2009un\u00a0syst\u00e8me de signes pluriel et mouvant, qui fonctionne de mani\u00e8re variable selon les contextes d\u2019\u00e9nonciation et de r\u00e9ception\u2009\u00bb, et qui est constitu\u00e9 \u00e0 partir de \u00ab\u2009[l]\u2019ensemble des discours \u00e9nonc\u00e9s sur le Nord, l\u2019hiver et l\u2019Arctique [\u2026] accumul\u00e9s au cours des si\u00e8cles selon un double principe de synth\u00e8se de concurrence\u2009\u00bb (12), il tient compte du rapport de force in\u00e9gale entre ce double regard externe et interne \u2015 qui s\u2019explique par l\u2019important \u00e9cart d\u00e9mographique. Ainsi, au sein de la population mondiale, le Nord est davantage imagin\u00e9 que v\u00e9cu.<\/p>\n<p>Le neurobiologiste Henri Laborit a pour sa part d\u00e9fini \u00ab\u2009l\u2019imaginaire\u2009\u00bb comme une capacit\u00e9 humaine qui \u00ab\u2009s\u2019apparente ainsi \u00e0 une contr\u00e9e d\u2019exil o\u00f9 l\u2019on trouve refuge lorsqu\u2019il est impossible de trouver le bonheur parce que l\u2019action gratifiante en r\u00e9ponse aux pulsions ne peut \u00eatre satisfaite dans le conformisme socioculturel\u2009\u00bb (1976, 121). Si le Nord est davantage appr\u00e9hend\u00e9 par l\u2019imaginaire plut\u00f4t que par l\u2019exp\u00e9rience r\u00e9elle, il n\u2019est pas anodin qu\u2019il soit per\u00e7u comme une contr\u00e9e d\u2019exil, un espace de pr\u00e9dilection vers lequel fuir \u00e0 l\u2019\u00e9cart de tout imp\u00e9ratif de conformit\u00e9 sociale.<\/p>\n<p>Sur le plan linguistique, le dictionnaire <i>Le Grand Robert<\/i> d\u00e9finit le verbe \u00ab\u2009fuir\u2009\u00bb comme l\u2019action de \u00ab\u2009s\u2019\u00e9loigner rapidement pour \u00e9chapper \u00e0 quelqu\u2019un ou quelque chose de mena\u00e7ant\u2009\u00bb et de \u00ab\u2009chercher \u00e0 \u00e9viter (quelqu\u2019un, un groupe, un lieu) [en s\u2019\u00e9loignant, en se tenant \u00e0 l\u2019\u00e9cart<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"1\" data-mfn-post-scope=\"0000000000002ecb0000000000000000_9736\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000000002ecb0000000000000000_9736-1\">1<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000000002ecb0000000000000000_9736-1\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"1\">Entre crochets dans l&rsquo;original.<\/span>]\u2009\u00bb. En fran\u00e7ais, la fuite se d\u00e9finit donc en termes d\u2019\u00e9loignement et d\u2019\u00e9vitement. Elle se r\u00e9v\u00e9lerait ainsi une solution passive qui consiste \u00e0 \u00e9viter un probl\u00e8me en se distan\u00e7ant de sa source. Or une \u00e9tude attentive de la structure narrative des r\u00e9cits de fuite, en particulier ceux de la fuite vers le Nord, montre plut\u00f4t que cette derni\u00e8re serait un processus actif de transformation du sujet. Cette opposition entre la d\u00e9finition linguistique de la fuite et sa mise en r\u00e9cit dans la litt\u00e9rature soul\u00e8ve une question importante\u00a0: est-il possible de soustraire la fuite \u00e0 son paradigme de passivit\u00e9\u2009?<\/p>\n<p>Afin d\u2019y r\u00e9pondre, nous proposons dans cet article d\u2019\u00e9tudier l\u2019\u00e9volution des rapports spatiaux du sujet au cours de sa fuite<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"2\" data-mfn-post-scope=\"0000000000002ecb0000000000000000_9736\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000000002ecb0000000000000000_9736-2\">2<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000000002ecb0000000000000000_9736-2\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"2\">Pour une \u00e9tude plus d\u00e9taill\u00e9e des rapports spatiaux du sujet en fuite voir Olivier Hamel, \u00ab\u2009La fuite du Nord vers le Nord. Tension entre espace imaginaire et lieu r\u00e9el dans les litt\u00e9ratures circumpolaires du XXI\u1d49 si\u00e8cle\u2009\u00bb, Montr\u00e9al, Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al, D\u00e9partement d\u2019\u00e9tudes litt\u00e9raires, 2025, 135 f.<\/span>. En effet, l\u2019analyse du rapport au territoire que le sujet entretient au cours de sa fuite nous permet de d\u00e9couper le processus de fuite en trois phases : id\u00e9alisation, confrontation et transformation. Comme le d\u00e9roulement de chacune de ces \u00e9tapes d\u00e9pend de la motivation et de la volont\u00e9 du sujet, la fuite d\u00e9veloppe implicitement l\u2019agentivit\u00e9 de ce dernier. Pour le d\u00e9montrer, nous expliquerons, dans un premier temps, les principes fondamentaux qui lient la notion de fuite \u00e0 celle de l\u2019imaginaire du Nord. Dans un second temps, nous d\u00e9taillerons succinctement chacune des trois phases du processus de fuite \u00e0 l\u2019aide d\u2019exemples litt\u00e9raires tir\u00e9s d\u2019un corpus de sept \u0153uvres circumpolaires (qu\u00e9b\u00e9coises, norv\u00e9giennes, danoises et russes). Dans un troisi\u00e8me et dernier temps, nous pr\u00e9senterons une typologie des sujets qui fuient vers le Nord que nous avons d\u00e9velopp\u00e9 pour souligner leur agentivit\u00e9.<\/p>\n<h3><b>Principes fondamentaux<\/b><\/h3>\n<p>Quelques principes fondamentaux appuient la conception de la fuite au XXIe si\u00e8cle. Dans un essai humoristique sur le snobisme arctique, Antonius Moonen remarque que la mondialisation de notre \u00e9poque a eu pour effet de soustraire tous les lieux auparavant accessibles pour la fuite \u00e0 l\u2019exception pr\u00e8s des \u00ab\u2009p\u00f4les et [du] Grand Nord [qui] restent encore suffisamment \u201cinabordables\u201d pour offrir un appr\u00e9ciable lieu de retraite\u2009\u00bb (2008, 29). Il ne faut toutefois pas s\u2019y m\u00e9prendre, ce \u00ab\u2009lieu de retraite\u2009\u00bb n\u2019est pas toujours de tout repos. Cette conception du Nord comme lieu de fuite avanc\u00e9 par Moonen peut \u00eatre nuanc\u00e9e par les propos de Chartier\u00a0: \u00ab\u2009S\u2019il est d\u2019abord vu comme un lieu de fuite, le Nord appara\u00eet aussi comme un lieu de grande d\u00e9solation qui conduit \u00e0 une absence de rep\u00e8res et \u00e0 une \u00e9preuve int\u00e9rieure qui m\u00e8ne parfois \u00e0 la folie\u2009\u00bb (2004, 25). Comme le globe n\u2019a plus, ou presque, de <i>terra incognita <\/i>\u00e0 cartographier, seul le Nord demeure une zone suffisamment m\u00e9connue pour y autoriser les projections du sujet m\u00eame si y fuir ne se fait pas sans risque pour son int\u00e9grit\u00e9. Mais le sujet en fuite cherche-t-il vraiment \u00e0 pr\u00e9server son int\u00e9grit\u00e9\u2009? ou serait-il plut\u00f4t justement en qu\u00eate de changements, de transformations\u2009? Afin de bien pouvoir analyser la construction des r\u00e9cits de fuite dans la litt\u00e9rature, il faut d\u2019abord, comme le sugg\u00e8re Thierry Pardo dans son essai <i>Petite g\u00e9ographie de la fuite<\/i>, se d\u00e9tacher de la pr\u00e9conception selon laquelle la fuite se pense en termes d\u2019\u00e9vitement et d\u2019abandon pour plut\u00f4t la percevoir comme un choix volontaire, un principe actif de r\u00e9sistance. Comme il l\u2019\u00e9crit\u00a0: \u00ab\u2009La fuite a bien souvent mauvaise presse, on la tient en odeur de l\u00e2chet\u00e9. Retenir qu\u2019elle est l\u2019inverse de l\u2019opini\u00e2tret\u00e9, c\u2019est un peu oublier qu\u2019elle s\u2019oppose \u00e9galement \u00e0 la r\u00e9signation\u2009\u00bb (2015, 9).<\/p>\n<p>Dans un m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9e, Laborit explique dans son <i>\u00c9loge de la fuite <\/i>que tout sujet n\u2019a souvent que deux choix\u00a0: se r\u00e9volter ou fuir. Or, \u00e9crit-il\u00a0: \u00ab\u2009[s]e r\u00e9volter, c\u2019est courir \u00e0 sa perte, car la r\u00e9volte si elle se r\u00e9alise en groupe, retrouve aussit\u00f4t une \u00e9chelle\/hi\u00e9rarchique de soumission \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du groupe, et la r\u00e9volte seule, aboutit rapidement \u00e0 la suppression du r\u00e9volt\u00e9 par la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 anormale qui se croit d\u00e9tentrice de la normalit\u00e9. Il ne reste plus que la fuite\u2009\u00bb (1976, 17-18). Il faut fuir pour \u00e9viter la confrontation, mais surtout fuir pour \u00e9viter de perdre.<\/p>\n<p>Si nous avons choisi d\u2019\u00e9tudier pr\u00e9cis\u00e9ment les r\u00e9cits de fuite vers le Nord, c\u2019est parce que ce dernier appara\u00eet comme le lieu de pr\u00e9dilection de la fuite. Penser le Nord comme concept n\u00e9cessite de tenir compte de sa double acception. Il se d\u00e9finit \u00e0 la fois comme une direction cardinale et comme un lieu topographique identifiable. Le concevoir comme une direction implique de reconna\u00eetre son caract\u00e8re relatif qui varie en fonction de la position du sujet dans l\u2019espace. Le concevoir comme un lieu absolu implique que l\u2019on puisse le d\u00e9limiter pr\u00e9cis\u00e9ment avec des fronti\u00e8res sur une carte\u2009; que l\u2019on puisse s\u2019y rendre, y rester, ou en revenir.<\/p>\n<p>L\u2019ambigu\u00eft\u00e9 s\u00e9mantique de la double acception du Nord, con\u00e7u \u00e0 la fois comme une notion relative et une notion absolue, pose un d\u00e9fi de pr\u00e9hension et peut expliquer en partie pourquoi, selon Chartier, les fronti\u00e8res du Nord fuient \u00e0 l\u2019horizon et encouragent une mont\u00e9e continuelle en latitude (2004, 10). Lorsqu\u2019une personne met les pieds dans un lieu d\u00e9fini comme le Nord, son regard se tourne vers l\u2019horizon, dans la direction cardinale, et elle peut constater qu\u2019un autre lieu, plus nordique que le premier, s\u2019y trouve au loin, du moins jusqu\u2019\u00e0 son arriv\u00e9e au p\u00f4le, o\u00f9 s\u2019inversent les perspectives. Dans un certain imaginaire, le Nord appara\u00eet ainsi comme un lieu id\u00e9al vers lequel fuir puisque ses fronti\u00e8res sans cesse repouss\u00e9es \u00e0 l\u2019horizon autorisent une fuite presque \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9, la destination finale demeurant pratiquement inatteignable.<\/p>\n<p>Afin de concevoir le Nord comme un lieu r\u00e9el de fuite, il faut arriver \u00e0 le d\u00e9limiter. S\u2019appuyer seulement sur la valeur absolue du P\u00f4le ou sur la mesure latitudinale de l\u2019Arctique ne permettrait pas de le consid\u00e9rer dans toute sa complexit\u00e9. Il importe donc de donner au Nord une d\u00e9finition qui embrasse toute sa fluidit\u00e9, et qui ne tient pas seulement compte de ses caract\u00e9ristiques climatiques, topographiques et botaniques. Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette perspective, le linguiste et g\u00e9ographe Louis-Edmond Hamelin a d\u00e9velopp\u00e9 une \u00e9chelle de valeurs polaires (appel\u00e9es \u00ab\u2009VAPO\u2009\u00bb) qui place le p\u00f4le Nord au rang le plus \u00e9lev\u00e9 (1000 VAPO), et qui permet ensuite de graduer diff\u00e9rentes r\u00e9gions par un degr\u00e9 de nordicit\u00e9 en fonction d\u2019une s\u00e9rie de crit\u00e8res \u00e0 la fois naturels \u2015 temp\u00e9rature moyenne, nombre de jours sous z\u00e9ros, etc. \u2015 et humains \u2015 densit\u00e9 de population, accessibilit\u00e9 par la route, etc. (1975, 84). Gr\u00e2ce \u00e0 la circonscription par l\u2019\u00e9chelle de valeurs polaires qu\u2019il propose, Hamelin explique que \u00ab\u2009le Nord, plut\u00f4t de n\u2019\u00eatre qu\u2019un fait physique, voire m\u00eame climatique, devient une r\u00e9gion refl\u00e9tant des caract\u00e9ristiques naturelles et humaines\u2009\u00bb (89). Cette \u00e9chelle accorde \u00e9galement une flexibilit\u00e9 \u00e0 la d\u00e9finition du Nord et permet d\u2019y inclure des r\u00e9gions externes \u00e0 la zone arctique comme ayant un caract\u00e8re fonci\u00e8rement nordique sans pour autant homog\u00e9n\u00e9iser et invisibiliser ses multiples facettes \u2015 notamment la ville de Montr\u00e9al qui, pour reprendre les mots de Chartier, \u00ab\u2009avec ses 3,5 millions d\u2019habitants, peut-\u00eatre consid\u00e9r\u00e9e \u2015 non en raison de sa latitude \u00e0 45 degr\u00e9s, mais en fonction de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 et de la dur\u00e9e de son hiver \u2015 comme la grande ville (de plus d\u2019un million d\u2019habitants) la plus froide au monde\u2009\u00bb (2018, 25). L\u2019\u00e9chelle de valeurs polaire propos\u00e9e par Hamelin nous permet \u00e9galement de d\u00e9finir la fuite vers le Nord comme un d\u00e9placement vers un espace au degr\u00e9 de nordicit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9, m\u00eame si cet espace ne se situe pas absolument au nord du lieu de d\u00e9part.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude sur la fuite du Nord vers le Nord que nous proposons s\u2019appuie sur une s\u00e9lection de romans dont le point de d\u00e9part des protagonistes se situe dans la r\u00e9gion circumpolaire. Leur fuite se caract\u00e9rise par un d\u00e9placement d\u2019un lieu de nordicit\u00e9 moins \u00e9lev\u00e9e vers un lieu de nordicit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9, peu importe la distance qui s\u00e9pare ces deux lieux. Toutes les \u0153uvres du corpus ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es au XXIe si\u00e8cle, que leur r\u00e9cit se d\u00e9roule \u00e0 l\u2019\u00e9poque, dans un futur anticip\u00e9 ou dans un pass\u00e9 r\u00e9volu \u2015 le but n\u2019\u00e9tant pas de valider la r\u00e9alit\u00e9 historique du Nord, mais d\u2019observer quelles perceptions du Nord alimentent l\u2019imaginaire litt\u00e9raire contemporain.<\/p>\n<p>Cette perception du Nord comme lieu de pr\u00e9dilection de la fuite \u00e9volue au fil du processus de fuite qui peut \u00eatre divis\u00e9 en trois phases\u00a0succinctes\u00a0: l\u2019id\u00e9alisation, la confrontation et la transformation.<\/p>\n<h3><b>Phase\u00a01\u00a0: Id\u00e9alisation<\/b><\/h3>\n<p>Dans la premi\u00e8re phase du processus de fuite, le sujet con\u00e7oit le Nord comme un espace imaginaire id\u00e9alis\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire, selon la d\u00e9finition propos\u00e9e par Jean-Didier Urbain, comme un fragment d\u2019\u00e9tendu, une conception spatiale d\u00e9limit\u00e9e par des fronti\u00e8res avec un certain degr\u00e9 d\u2019abstraction (2010, 100). Si les protagonistes du corpus choisissent le Nord comme lieu de la fuite, c\u2019est entre autres parce qu\u2019iels le con\u00e7oivent comme un espace situ\u00e9 au bout du monde, donc le point le plus \u00e9loign\u00e9 o\u00f9 l\u2019on peut se rendre. <i>\u00c0 la recherche du bout du monde <\/i>(2012) est d\u2019ailleurs le titre d\u2019un roman de l\u2019auteur algonquin Michel No\u00ebl dans lequel le protagoniste part vers le Nord.\u00a0<\/p>\n<p>C\u2019est aussi parce que le Nord est per\u00e7u dans l\u2019imaginaire comme un lieu inhospitalier et inhabit\u00e9. Ces caract\u00e9ristiques r\u00e9pondent notamment au d\u00e9sir de la protagoniste du roman qu\u00e9b\u00e9cois <i>Rapide-Danseur <\/i>de Louise Desjardins qui monte vers le Nord pour se trouver dans un espace ind\u00e9fini puisqu\u2019elle veut se retrouver <i>nulle part <\/i>(2012, 43)<i>\u2009<\/i>; et \u00e0 celui de la protagoniste du roman danois <i>Chienne de vie <\/i>de Helle Helle qui se d\u00e9place dans une zone de nordicit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9e afin de b\u00e9n\u00e9ficier des avantages d\u2019une identit\u00e9 ind\u00e9finie \u2015 elle veut n\u2019\u00eatre <i>personne <\/i>(2011, 41). Pour le sujet en fuite, la possibilit\u00e9 de n\u2019\u00eatre <i>personne <\/i>et de ne se trouver <i>nulle part <\/i>\u2015 aussi bien dire redevenir une personne vierge dans un environnement vierge\u00a0\u2015 offre la meilleure opportunit\u00e9 de se renouveler pour recommencer sa vie \u00e0 neuf. En ce sens, le Nord leur offre un potentiel de renouveau.<\/p>\n<p>Le Nord est \u00e9galement d\u00e9crit comme un espace de libert\u00e9. Si la perception du Nord comme un espace impropre \u00e0 l\u2019\u00e9panouissement de la vie humaine r\u00e9pond au besoin d\u2019anonymat recherch\u00e9 par le sujet en fuite, l\u2019inhospitalit\u00e9 et la dangerosit\u00e9 de l\u2019espace nordique accentuent la force et le courage de celleux qui s\u2019y aventurent, et surtout, d\u00e9couragent leurs poursuivant\u00b7es. Cette conception du Nord comme un espace de libert\u00e9 est tr\u00e8s marqu\u00e9e dans le roman russe <i>Volia Volna\u00efa <\/i>de Victor Remizov dans lequel un chasseur s\u2019enfuit sur son territoire de chasse en Sib\u00e9rie pour \u00e9chapper \u00e0 la milice locale qui l\u2019a attrap\u00e9 en train de transporter des \u0153ufs de saumon destin\u00e9s \u00e0 la contrebande, elle qui avait toujours ferm\u00e9 les yeux sur cette activit\u00e9 de subsistance en \u00e9change d\u2019une part des profits (2017, 29).<\/p>\n<p>Finalement, le Nord est envisag\u00e9 comme le lieu des r\u00e9ponses. Ainsi l\u2019illustre l\u2019attitude du protagoniste du roman norv\u00e9gien <i>Doppler <\/i>d\u2019Erlend Loe qui fuit vers la for\u00eat en p\u00e9riph\u00e9rie d\u2019Oslo pour s\u2019opposer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de productivit\u00e9 et de consommation. Il y va en qu\u00eate de r\u00e9ponses \u00e0 une question qu\u2019il est incapable de formuler, tout en \u00e9tant habit\u00e9 par une certitude\u00a0: c\u2019est en passant du temps dans les bois qu\u2019il finira par tout \u00e9lucider (2006, 44).<\/p>\n<p>Les motivations du sujet en fuite \u2015 qu\u2019elles t\u00e9moignent d\u2019une volont\u00e9 de se renouveler, de revendiquer sa libert\u00e9 ou de trouver des r\u00e9ponses \u2015 influencent ses perceptions de l\u2019espace nordique et ses d\u00e9cisions de sorte que toute information susceptible de remettre en question sa fuite soit occult\u00e9e. Cette premi\u00e8re phase montre d\u00e9j\u00e0 que la fuite emp\u00eache le sujet de rester passif devant sa situation en le poussant \u00e0 choisir son lieu de fuite en fonction de ce qu\u2019il veut am\u00e9liorer dans sa vie. Elle prend fin lorsque le sujet arrive dans le Nord et qu\u2019il constate que la r\u00e9alit\u00e9 confronte ses pr\u00e9conceptions.<\/p>\n<h3><b>Phase\u00a02\u00a0: Confrontation<\/b><\/h3>\n<p>Au cours de cette seconde phase, les caract\u00e9ristiques du Nord r\u00e9el opposent une force de r\u00e9sistance au sujet en fuite. L\u2019arriv\u00e9e dans le Nord correspond d\u2019abord \u00e0 une prise de distance pour le sujet par rapport \u00e0 sa situation initiale. Deux modalit\u00e9s marquent ce ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019\u00e9loignement\u00a0: la distance physique \u2015 exemplifi\u00e9e par le roman qu\u00e9b\u00e9cois <i>Rapide-Danseur<\/i> qui exprime la distance par les centaines de kilom\u00e8tres s\u00e9parant les diff\u00e9rentes villes entre Montr\u00e9al et la Baie-James \u2015 et la distance psychologique \u2015 pr\u00e9sent\u00e9e dans le roman norv\u00e9gien <i>Doppler<\/i> comme une fronti\u00e8re symbolique que le protagoniste traverse en quittant la vie urbaine pour habiter dans le bois en p\u00e9riph\u00e9rie d\u2019Oslo.<\/p>\n<p>Cette prise de distance que le sujet en fuite anticipe comme b\u00e9n\u00e9fique se r\u00e9v\u00e8le plut\u00f4t comme un d\u00e9fi \u00e0 surmonter en cours de route. Se trouver loin des grands centres urbains, ou \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la soci\u00e9t\u00e9, oblige les protagonistes \u00e0 surmonter certains enjeux li\u00e9s au d\u00e9placement et \u00e0 l\u2019approvisionnement en aliments frais. Le Nord comme lieu r\u00e9el confronte leurs pr\u00e9conceptions du territoire et les oblige \u00e0 abandonner une partie du confort mat\u00e9riel auquel iels \u00e9taient habitu\u00e9\u00b7es dans la soci\u00e9t\u00e9 sudiste. Pour \u00e9viter d\u2019abandonner la fuite, deux solutions s\u2019imposent\u00a0: d\u00e9velopper un rapport avec le territoire et aller \u00e0 la rencontre de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9. La premi\u00e8re m\u00e8ne \u00e0 appr\u00e9cier le Nord tel qu\u2019il est en d\u00e9veloppant une sensibilit\u00e9 \u00e0 la nature, \u00e0 ses paysages et \u00e0 ses \u00e9l\u00e9ments. La seconde permet de trouver un mod\u00e8le adapt\u00e9 aux conditions nordiques, que ce dernier soit humain ou non humain.\u00a0<\/p>\n<p>La rencontre de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 permet principalement au sujet de remettre en question ses pr\u00e9conceptions et ainsi poser un nouveau regard sur le monde. La vision nouvelle qu\u2019il d\u00e9veloppe lui sert par la suite \u00e0 r\u00e9gler le conflit interne \u00e0 l\u2019origine de sa fuite. Encore une fois, la fuite exige une agentivit\u00e9 du sujet qui doit d\u00e9velopper des relations \u00e0 la fois avec les autres et avec son environnement. La fuite devient \u00e9galement un parcours avec des obstacles \u00e0 surmonter. Elle devient un projet \u00e0 r\u00e9aliser qu\u2019une attitude passive avorterait. La seconde phase du processus de fuite se termine lorsque le sujet atteint une limite physique incarn\u00e9e dans les r\u00e9cits par une fronti\u00e8re, la fin de la route ou l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un domicile fixe. La fuite doit alors changer de modalit\u00e9 pour progresser.<\/p>\n<h3><b>Phase\u00a03\u00a0: Transformation<\/b><\/h3>\n<p>Dans la troisi\u00e8me phase, la fuite bascule d\u2019un paradigme de confrontation externe \u00e0 un paradigme de confrontation interne qui transforme les protagonistes. Les r\u00e9cits de fuite pr\u00e9sentent une n\u00e9gociation constante entre l\u2019axe horizontal du d\u00e9placement et l\u2019axe vertical de l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 du sujet. Celui-ci se d\u00e9place dans le Nord jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il atteigne une fronti\u00e8re, une limite, un point au-del\u00e0 duquel sa progression physique devient impossible. Le d\u00e9veloppement de la fuite, qui a suivi jusque-l\u00e0 un trac\u00e9 horizontal \u00e0 travers le territoire, doit maintenant emprunter une trajectoire verticale vers l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 du sujet pour continuer son cheminement. Ce changement axiologique se per\u00e7oit notamment dans les descriptions de paysages o\u00f9 le sujet projette son int\u00e9riorit\u00e9 sur son environnement et dans les sc\u00e8nes o\u00f9 la m\u00e9t\u00e9o se veut l\u2019\u00e9cho de l\u2019\u00e9tat \u00e9motionnel des protagonistes. Le recours au processus de r\u00e9miniscence et aux analepses indique aussi le passage d\u2019une fuite spatiale (axe horizontal) \u00e0 une fuite temporelle (axe vertical). Le Nord fait ainsi ressurgir des \u00e9v\u00e8nements pass\u00e9s pour mettre en lumi\u00e8re la source du conflit interne \u00e0 l\u2019origine de la fuite et \u00e9ventuellement mener \u00e0 sa r\u00e9solution.<\/p>\n<p>Le changement paradigmatique de la fuite externe \u00e0 la fuite interne d\u00e9voile aussi une tension entre un d\u00e9sir conscient \u2015 ce que le sujet croit chercher dans le Nord \u2015 et un besoin inconscient \u2015 la v\u00e9ritable source de motivation \u00e0 l\u2019origine de la fuite. Il importe de souligner encore une fois qu\u2019une attitude passive ne permettrait pas au sujet d\u2019atteindre un tel \u00e9tat de transformation.<\/p>\n<h3><b>Typologie<\/b><\/h3>\n<p>Il est possible d\u2019\u00e9laborer une typologie des personnages en fuite vers le Nord bas\u00e9 sur leurs motivations et leurs modes d\u2019agentivit\u00e9. Elle se constitue de trois figures \u2015 le mercenaire, le missionnaire et le m\u00e9sadapt\u00e9 \u2015 qui ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es dans les romans qu\u00e9b\u00e9cois <i>La saison froide <\/i>de Catherine Lafrance (2011, 247) et <i>Jack est scrap<\/i> de Denis Lord (2020, 28) comme les trois types de personnes qui se rendent dans le Nord. Pour chacune de ces figures types, nous situerons la source de leur motivation, identifierons les caract\u00e9ristiques principales de l\u2019espace de fuite anticip\u00e9, lui associerons une trajectoire, orienterons son regard et d\u00e9terminerons les qualit\u00e9s n\u00e9cessaires \u00e0 la poursuite de sa fuite.<\/p>\n<p>Le personnage du mercenaire, \u00e0 l\u2019image de Stepane Kobiakov dans le roman russe <i>Volia Volna\u00efa<\/i>, (s\u2019en)fuit vers le Nord parce qu\u2019il est poursuivi. Il abandonne tout derri\u00e8re lui par n\u00e9cessit\u00e9, motiv\u00e9 par la pression d\u2019une contrainte externe sur laquelle il n\u2019a que peu de pouvoir. Il choisit donc de se diriger vers un Nord familier o\u00f9 il aura l\u2019avantage du terrain pour semer ses poursuivants. Son parcours contourne la route principale, son regard se retourne constamment vers l\u2019arri\u00e8re pour surveiller ses trousses. La pers\u00e9v\u00e9rance et la capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019adapter aux conditions nordiques extr\u00eames constituent les deux pr\u00e9requis pour assurer la r\u00e9ussite de sa fuite. Le personnage mercenaire doit survivre \u00e0 ses poursuivant\u00b7es dans les conditions nordiques en s\u2019adaptant mieux qu\u2019elleux.<\/p>\n<p>Le personnage du missionnaire fuit vers le Nord pour r\u00e9pondre \u00e0 un appel, \u00e0 l\u2019image d\u2019Andreas Doppler dans le roman norv\u00e9gien \u00e9ponyme qui s\u2019est senti interpell\u00e9 par la for\u00eat lors de sa chute \u00e0 v\u00e9lo dans la bruy\u00e8re. Il abandonne tout derri\u00e8re lui par d\u00e9faut, motiv\u00e9 par une qu\u00eate interne. Cette derni\u00e8re peut prendre la forme d\u2019un d\u00e9sir, comme retrouver le Nord de son enfance, ou celle d\u2019un questionnement existentiel, voire spirituel, comme c\u2019est le cas pour le protagoniste du roman autochtone <i>\u00c0 la recherche du bout du monde<\/i> qui quitte sa communaut\u00e9 pour tenter de trouver les confins de la terre, l\u00e0 o\u00f9 l\u2019Esprit du Caribou lui a donn\u00e9 rendez-vous. Il part donc en mission vers un Nord partiellement connu ou compl\u00e8tement inconnu dans l\u2019espoir de trouver ce qu\u2019il est venu y chercher. Son parcours s\u2019aligne sur son regard riv\u00e9 droit devant lui, vers l\u2019horizon. L\u2019endurance et sa capacit\u00e9 \u00e0 apprendre se r\u00e9v\u00e8lent les deux qualit\u00e9s essentielles \u00e0 la r\u00e9ussite de sa fuite. Le personnage du missionnaire doit pouvoir rester dans le Nord jusqu\u2019\u00e0 ce que ce qu\u2019il cherche se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 lui.<\/p>\n<p>Le personnage du m\u00e9sadapt\u00e9, le type le plus repr\u00e9sent\u00e9 dans notre corpus, fuit vers le Nord \u00e0 la recherche d\u2019un nouveau lieu d\u2019enracinement. Il abandonne volontairement tout derri\u00e8re lui, motiv\u00e9 par un conflit interne non identifi\u00e9, telle la protagoniste du roman qu\u00e9b\u00e9cois <i>La saison froide <\/i>qui se rend dans les Territoires du Nord-Ouest pour \u00e9viter la chaleur estivale alors qu\u2019elle cherche au fond \u00e0 se d\u00e9tacher d\u2019une relation impossible avec son amant. Ce type de sujet en fuite choisit donc de se diriger vers un Nord inconnu en qu\u00eate de d\u00e9paysement et de r\u00e9conciliation. Le regard fuyant, le personnage du m\u00e9sadapt\u00e9 esquive ses obligations. Son parcours zigzague entre le Nord et le Sud, comme celui de la protagoniste du roman qu\u00e9b\u00e9cois <i>Rapide-Danseur <\/i>qui s\u2019\u00e9tablit en Abitibi, un lieu de tension situ\u00e9 entre sa ville d\u2019origine, Montr\u00e9al, et le point latitudinal culminant de sa fuite, Chisasibi. Le personnage du m\u00e9sadapt\u00e9 se caract\u00e9rise principalement par son sentiment d\u2019inaptitude que seule une r\u00e9flexion profonde dans un nouvel environnement lui permettra de surmonter. Il doit prendre le recul n\u00e9cessaire \u00e0 son introspection pour identifier ce qui l\u2019emp\u00eache de mener sa vie.<\/p>\n<h3><b>Conclusion<\/b><\/h3>\n<p>L\u2019\u00e9tude attentive des rapports spatiaux dans les r\u00e9cits de fuite permet ainsi de res\u00e9mantiser la notion de fuite\u00a0\u2015 associ\u00e9e \u00e0 tort \u00e0 la passivit\u00e9 et \u00e0 l\u2019\u00e9vitement \u2015 en la posant comme un principe actif de transformation qui met l\u2019accent sur le r\u00f4le qu\u2019occupent la volont\u00e9 et les perceptions du sujet au sein du processus de fuite. Une fine analyse du r\u00f4le structurant des rapports spatiaux dans les r\u00e9cits de fuite permet de postuler que le Nord appara\u00eet comme un lieu id\u00e9al pour la fuite, puisque c\u2019est un lieu qui confronte le sujet sur ce qu\u2019il tient pour acquis. Il est ainsi possible d\u2019avancer que la fuite n\u2019est pas un processus qui permet au sujet d\u2019\u00e9viter le conflit, au contraire, elle lui permet plut\u00f4t de s\u2019y confronter. Les r\u00e9cits de fuite constituent, en ce sens, un dialogue entre l\u2019environnement et le sujet gr\u00e2ce auquel ce dernier en apprend sur lui-m\u00eame et peut, par la suite, r\u00e9gler le conflit qui motivait sa fuite vers le Nord.<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>CHARTIER, Daniel. 2004. \u00ab\u2009Au Nord et au large. Repr\u00e9sentations du Nord et formes narratives\u2009\u00bb. Dans Jo\u00ebl Bouchard, Daniel Chartier et Emily Nadeau (dir.) <i>Probl\u00e9matiques de l\u2019imaginaire du Nord en litt\u00e9rature, cin\u00e9ma et arts visuels<\/i>. Montr\u00e9al\u00a0: Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al\u00a0: 9-25.<\/p>\n<p>\u2015\u2015\u2015. 2018. <i>Qu\u2019est-ce que l\u2019imaginaire du Nord\u2009? Principes \u00e9thiques<\/i>. Montr\u00e9al et Harstad\u00a0: Imaginaire | Nord et Arctic Arts Summit.<\/p>\n<p>DESJARDINS, Louise. 2012. <i>Rapide-Danseur<\/i>. Montr\u00e9al\u00a0: Bor\u00e9al.<\/p>\n<p>\u00ab\u2009Fuir\u2009\u00bb, dans <em>Le Grand Robert<\/em>, s.d. https:\/\/grandrobertlerobertcom.proxy.bibliotheques.uqam.ca\/robert.asp (Page consult\u00e9e le 28 janvier 2024)<\/p>\n<p>HAMELIN, Louis-Edmond. 1975. <i>Nordicit\u00e9 canadienne<\/i>. Montr\u00e9al\u00a0: Hurtubise.<\/p>\n<p>HELLE, Helle. <i>Chienne de vie<\/i>. 2011 [2008]. Monaco\u00a0: \u00c9ditions du Rocher.<\/p>\n<p>LABORIT, Henri. 1976. <i>\u00c9loge de la fuite<\/i>. Paris\u00a0: Robert Laffont.<\/p>\n<p>LAFRANCE, Catherine. 2011. <i>La saison froide<\/i>. Montr\u00e9al\u00a0: La Presse.<\/p>\n<p>LOE, Erlend. 2006 [2004]. <i>Doppler<\/i>. Paris\u00a0: 10\/18.<\/p>\n<p>LORD, Denis. 2020. <i>Jack est scrap<\/i>. Sudbury\u00a0: Prise de parole.<\/p>\n<p>MOONEN, Antonius. 2008. <i>Snob extr\u00eame. Pr\u00e9cis de fuite arctique et antarctique<\/i>. Paris\u00a0: Paulsen.<\/p>\n<p>NO\u00cbL, Michel. 2012. <i>\u00c0 la recherche du bout du monde<\/i>. Montr\u00e9al\u00a0: Hurtubise HMH.<\/p>\n<p>PARDO, Thierry. 2015. <i>Petite g\u00e9ographie de la fuite. Essai de g\u00e9opo\u00e9tique<\/i>. Outremont\u00a0: Les \u00e9ditions du passage.<\/p>\n<p>REMIZOV, Victor. 2017 [2014]. <i>Volia Volna\u00efa<\/i>. Paris\u00a0: Belfond.<\/p>\n<p>URBAIN, Jean-Didier. 2010. \u00ab\u2009Lieux, liens, l\u00e9gendes. Espaces, tropismes et attractions touristiques\u2009\u00bb. <i>Communication<\/i> 2, n\u00b0 91\u00a0: 99-107.<\/p>\n<h6>pour citer<\/h6>\n<p>Hamel, Olivier. 2025. \u00ab Peut-on sortir la fuite de son paradigme de passivit\u00e9? \u00c9tude de cas des r\u00e9cits de fuite vers le Nord \u00bb, <em>Postures<\/em>, \u00ab Actes du colloque CIEL 2025 \u00bb, hors s\u00e9rie, en ligne, &lt;https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/?p=9736&gt;, consult\u00e9 le xx\/xx\/xxxx.<\/p>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/250601_Olivier-Hamel_Peut-on-sortir-la-fuite-de-son-paradigme-de-passivitA\u00a9.docx-1.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 250601_Olivier Hamel_Peut-on sortir la fuite de son paradigme de passivitA\u0303\u00a9.docx.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-f18ab74f-5e23-4fdc-8077-7bf6465dcd90\" href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/250601_Olivier-Hamel_Peut-on-sortir-la-fuite-de-son-paradigme-de-passivitA\u00a9.docx-1.pdf\">250601_Olivier Hamel_Peut-on sortir la fuite de son paradigme de passivitA\u0303\u00a9.docx<\/a><a href=\"https:\/\/revuepostures.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/250601_Olivier-Hamel_Peut-on-sortir-la-fuite-de-son-paradigme-de-passivitA\u00a9.docx-1.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-f18ab74f-5e23-4fdc-8077-7bf6465dcd90\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n<h2 class=\"modern-footnotes-list-heading \">Notes<\/h2><ul class=\"modern-footnotes-list \"><li><span>1<\/span><div>Entre crochets dans l&rsquo;original.<\/div><\/li><li><span>2<\/span><div>Pour une \u00e9tude plus d\u00e9taill\u00e9e des rapports spatiaux du sujet en fuite voir Olivier Hamel, \u00ab\u2009La fuite du Nord vers le Nord. Tension entre espace imaginaire et lieu r\u00e9el dans les litt\u00e9ratures circumpolaires du XXI\u1d49 si\u00e8cle\u2009\u00bb, Montr\u00e9al, Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al, D\u00e9partement d\u2019\u00e9tudes litt\u00e9raires, 2025, 135 f.<\/div><\/li><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hors s\u00e9rie, actes du colloque interuniversitaire \u00e9tudiant de litt\u00e9rature (CIEL) 2025 Le chercheur en \u00e9tudes litt\u00e9raires Daniel Chartier, sp\u00e9cialiste du Nord, pr\u00e9sente ce dernier comme \u00ab\u2009le produit d\u2019un double regard, de l\u2019ext\u00e9rieur et de l\u2019int\u00e9rieur, que l\u2019on peut distinguer entre les \u201crepr\u00e9sentations\u201d du Nord et les \u0153uvres des \u201ccultures nordiques\u201d\u2009\u00bb (2018, 10). 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