Insecte-inceste: exorciser le trauma par phantasme de parthénogenèse

Dossier  « Impostures », no 40

Depuis ma peur, je ne tue plus les bestioles qui maccompagnent, je ne tue plus rien, persuadé que ces choses vivantes réparent le cruel dérèglement du cosmos.

Peur pietà, Nicholas Dawson

De lhistoire de la mouche, je voudrais dire encore un peu plus.
Je la vois encore, elle, cette mouche-là, sur le mur blanc, mourir. Dans la lumière solaire dabord, et puis dans la lumière réfractée et sombre du sol carrelé.
On peut aussi ne pas écrire, oublier une mouche.

Écrire, Marguerite Duras

Limite, liminaire et liminarité. La journée d’étude m’apparaît comme une invitation à élaborer les assises d’un nouvelle piste de recherche-création qui lie sexualité et vivant et enfin, un espace sécuritaire pour penser l’écriture du trauma de l’inceste. Je suis venue à l’écriture par l’anthropologie, la science politique et enfin, par le cinéma et la littérature. Dans mon premier court-métrage Papaya, qui met en scène la mémoire traumatique suite à une agression sexuelle, je me donne naissance et je réalise que je continue à travers l’écriture de chaque oeuvre. C’est la violence sexuelle fondatrice qui a opéré cette nouvelle posture. Ces trous de mémoire, provoqués par l’amnésie traumatique, m’échappent et je ne cesse de vouloir les remplir grâce à la parole. À partir d’archives personnelles et d’une communauté d’auteurices, je colmate les manques et y trouve une forme. Jusqu’à présent, mon autothéorie (Fournier 2021), voire autoethnographie, impliquait uniquement des personnes humaines. Dans la présente, je mets en place des outils conceptuels pour déplier la violence humaine et l’étendre au reste du vivant. 

En tant qu’artiste-chercheure, j’écris autour du trauma de l’inceste, sa représentation et sa mise en forme par le biais de différentes formes d’art. D’abord, une permutation simple des lettres centrales a nourri mes errances théoriques autour de la figure de l’insecte. Dans ma démarche embryonnaire, mon hypothèse est la suivante : mon personnage liminaire quitte un lieu familier, celui du corps inceste, et aspire à un corps insecte. L’écriture devient un rituel pour exorciser, expulser la présence d’autres corps sur, dans, à travers le sien. Ultimement, l’écriture s’auto-engendre comme le fait le phasme grâce à la parthénogénèse et ouvre à une sympoièse.

Corps-inceste: exorciser le trauma

Lors d’un séminaire d’Approches du travail créateur à l’hiver 2022, je me plains. Fatiguée d’être mon genre, ma race, d’avoir à porter un corps humain. La professeure qui deviendra ma superviseure me répond : « Ça ne fait que commencer! Pour m’en défaire, je m’intéresse à la physique quantique et aux mathématiques dans la littérature. »

Durant un cours de psychanalyse et littérature, à l’automne dernier, la professeure introduit le concept du Nom-du-père. Personne dans la classe ne comprend. En guise d’analogie, elle raconte le moment où elle discerne la forme du phasme dans un bocal à l’Insectarium. La fonction du père se révèle à l’enfant, tel un phasme à l’observateur.

Ces deux professeures allument une étincelle de savoir. Leurs interventions creusent un passage vers une autre forme d’existence dans la littérature qui jusqu’à présent ne m’était pas possible. Je restais confinée dans les limites de mon corps d’humaine. Je ne m’autorisais pas à traverser d’autres frontières corporelles, temporelles, spatiales. Si j’écrivais ma disparition tel un refuge, j’expérimente des façons d’apparaître sur la page. Mon écriture serait donc un espace de liberté afin de déployer mon humanimalité, face à une identité morcelée, à l’intersection de marqueurs identitaires qui relèvent historiquement de l’abject.

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Le présent texte est le fruit d’une anecdote à l’écriture de mon mémoire sur la performance de la filiation dans le contexte de l’adoption internationale. Je mène une enquête sur le phasme, plutôt sur ma relation au phasme. Je trace les contours de sa morphologie comme ma voix trouve un chemin. Dans le livre Phasmes essais sur l’apparition, Didi-Huberman donne le nom de phasmes, comme les insectes, ces choses qui apparaissent, similaires au fantasme. Ces choses disparates qu’on laisse sur le bord d’un bureau poussiéreux ou ces objets fortuits qu’on aperçoit le long de la route : « Parfois, dans sa course, le chercheur s’arrête, interdit : une autre chose tout à coup est apparue sous ses yeux, qu’il n’attendait pas. Non pas la chose en soi de sa quête fondamentale, mais une chose fortuite, une chose inattendue qui se trouvait là, sur le passage »  (Didi-Huberman 1998, 9). On pourrait parler du concept de sérendipité, du rôle du hasard dans les découvertes. En littérature, ces digressions de lecture deviennent un genre accidentel de connaissance et d’écriture, qu’on n’avait pas cherchées mais qui, en apparaissant, font surgir soudain le sens même de ce qu’on avait toujours recherché.

Je me questionne sur le lieu de mes agressions sexuelles. Où arrivent-elles? Dans des lieux industrialisés, colonisés, contaminés, dans les ruines du capitalisme. Comment imaginer, comment créer à partir de ces lieux, comment les réenchanter ? Comment vivre son corps vivante (pour reprendre le titre du livre de Julie Delporte (2022))? Comment les processus de cicatrisation du vivant inspirent ceux humains?  

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Je réalise Papaya (2022), un court-métrage expérimental. Le synopsis est simple : une adoptée sino-canadienne brise le silence de l’inceste en répondant à ses archives familiales par la danse. À travers le sacrifice d’une papaye, elle rejoue son passé traumatique pour émanciper sa sexualité adulte. La danseuse performe au parc Frédérick-Back une improvisation butoh, un style de danse japonais créé après la Seconde Guerre mondiale. En fait, je me rends compte que ce parc est un ancien dépotoir de la ville, transformé en un parc public. Je tourne dans une poubelle à aire ouverte, dans un espace contaminé, comme un corps incesté du latin incestum qui signifie souillure (incesto, rendre impur).

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En France, #MeTooInceste, Christine Angot, Francoise Héritier, Iris Brey, Camille Kouchner, Dorothée Dussy en font partie. Après un terrain de recherche en France et au Québec, Dussy, une anthropologue française, publie Anthropologie de l’inceste : berceau des dominations (2013). Elle y aborde les mécanismes sociaux et culturels de l’agression sexuelle entre membres d’une même famille et dénonce l’aveuglement des sciences sociales face à ce tabou. À force d’étudier l’interdit de l’inceste, comme l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, ou l’inceste sans contact, c’est-à-dire le complexe d’Œdipe, fantasme en psychanalyse, on a oublié d’étudier l’inceste qui arrive au quotidien dans la maison.

Au Québec, Léa Clermont-Dion, Kharoll-Ann Souffrant, Marie-Pier Lafontaine, Pattie O’Green. Je note la faiblesse du mouvement #MeTooInceste ici, la mince contribution de personnes racisées et en plus, adoptées. Comment dépasser le récit de soi, de la dénonciation? Comment se raconter et s’imaginer après l’agression? Et que révèle, que condense cette forme de violence, de pouvoir à propos de notre monde?

C’est bien là que mon écriture se bute à un sentiment d’impuissance, une crise de la sensibilité: « Si nous ne voyons rien dans ‘‘la nature’’, ce n’est pas seulement par ignorance de savoirs écologiques, éthologiques et évolutionnaires, mais parce que nous vivons dans une cosmologie dans laquelle il n’y aurait supposément rien à voir, c’est-à-dire ici rien à traduire : pas de sens à interpréter » (Morizot 2020, 20). L’enjeu de ma recherche-création revient à rendre sensible et traduire la diversité des milieux vivants.

Enfin, mon désir vers le vivant m’emmène à rencontrer une chercheure en histoire de l’art. Dans Peindre corps à corps (2022), Zhong Mengual explique que la nature n’existe que dans notre ontologie naturaliste occidentale et sert d’arrière-plan, donne forme ou exprime notre sexualité humaine. Selon sa thèse, Georgia O’Keefe adopte le point de vue du pollinisateur, comme si une abeille entrait pour se poser sur le pistil. Je me souviens aussitôt de la mouche qui apparaît dans l’ouverture de la papaye fleurie, à la fin de mon court-métrage Papaya.

Corps-insecte : phantasme de parthénogenèse

J’écris phantasme avec un ph, en référence au phasme. Métaphores et emprunts aux insectes abondent en littérature. Dans La métamorphose de Kafka (1915), le personnage se mue en cafard et vit une forme d’aliénation. Les fourmis de Bernard Werber (1991) explore les comportements collectifs dans une société donnée. La fable de La cigale et la fourmi de Jean de La Fontaine (1668) offre une morale sur le travail et la responsabilité. En poésie, des métaphores convenues de l’araignée qui tisse sa toile. Manipulation ou créativité ? Une chenille se transforme en papillon, symbole d’une métamorphose suite à une épreuve de la vie. À la différence de ce dernier, le phasme conserve un seul corps tout au long de son existence.

Les phasmes sont un ordre d’insectes dont la forme peut faire penser à une branche (phasmes-bâton), à une feuille (phasmes-feuille), à une tige épineuse (phasmes-ronce) ou encore à une écorce (phasmes-écorce). Outre les entomologistes, les théoriciens de l’art s’intéressent à ses propriétés d’apparition : « Qu’est-ce donc qu’un phasme? Un insecte, sans doute. D’où lui vient son nom? De phasma, sans doute, qui signifie tout à la fois l’apparition, le signe des dieux, le phénomène prodigieux, voire monstrueux; le simulacre, aussi; le présage, enfin » (Didi-Huberman 1998, 17). Le phasme entre donc en relation avec celui qui le trouve. Ou plutôt, c’est l’humain qui le reconnaît et lui attribue cet événement divin. Si le phasme ensorcèle l’observateur, c’est qu’il possède en fait une propriété intrinsèque à son mimétisme.  

Camouflage, c’est assimilation au décor, au milieu, recherche de l’invisibilité. Pour parvenir à cette fin, l’animal doit essentiellement perdre son individualité, c’est à dire effacer ses contours, les appareiller à un fond de teinte uniforme ou, au contraire, bariolé, sur lequel il se détacherait sans cette adaptation. (Caillois 1960,  102)

Ces insectes captent dans leur morphologie même ce moment, ce que Bertrand Gervais nomme phasme de la fin, soit le moment de ce surgissement, pour le sujet qui lâche un fameux Eurêka face à cette vérité qui lui échappait:

Il faut noter que le terme par lequel on désigne cet insecte a plus à voir avec son effet sur l’observateur qu’avec sa propre morphologie. Il n’est un fantôme, un apparaitre que pour celui qui ne soupçonnait pas sa présence. Le phasme est une apparition : un événement de nature sémiotique qui vient bouleverser le temps, en le forçant à se contracter sous le choc de la révélation et l’irruption d’une présence. (Gervais 2005, 21)

Ces penseurs éclairent mon chemin. Or, comme Gervais le souligne, le nom du phasme provient de notre position d’observateur humain et non de lui en tant qu’être vivant. Je désire m’engendrer par la parole en m’inspirant des processus de cicatrisation et d’adaptation du vivant. Pour ce faire, je m’inspire du principe d’analogie d’éthologie perspectiviste (Morizot 2020). Il s’agit d’une

tentative de traduction du point de vue des autres vivants, et non d’énonciation d’une vérité dernière sur la nature des choses : elle sera ainsi imparfaite (c’est le « comme »), mais la reconnaissance de cette imperfection signe dans le même temps son exigence, car l’analogie perspectiviste porte en son cœur le projet constitutif de la traduction — faire justice, malgré l’impossibilité annoncée de la perfection. (Zhong Mengual 2022, 43)

Comment me situer à la place d’un insecte, le phasme, dans une relation sans en être précisément le centre? Comment décentrer la chaîne de signifiants?

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J’ai vu un phasme dans un lieu anodin au moment où je m’y attendais le moins. Sur le retour de l’épicerie, au coin des rues Bordeaux et Des Carrières. Ma voisine entretient sur le devant de sa maison un énorme jardin le long du trottoir. Un hibiscus. Je me penche pour sentir son parfum. Sur la tige de cette fleur se tient un phasme. Je dirais feuille ou bâton. Je ne me souviens plus si son corps était plutôt vert ou brun. Mon rapport au monde change au fur et à mesure que l’écriture prend forme. Cette rencontre tout près de chez moi dans un lieu du quotidien oriente ma quête.

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Parthénogénèse           

Au-delà du moment de révélation qui nous a fait prendre la faune pour de la flore, je m’intéresse au mode de reproduction des phasmes. Dans une entrevue à Moteur de recherche (2021), France Drufresne, professeure de biologie, explique que ces insectes sont en mesure de se reproduire par parthénogenèse, un mode de reproduction asexué :« Ces derniers réussissent à se multiplier à l’aide des œufs non fertilisés qui possèdent exactement le même code génétique que celui de la mère. » (Dufresne 2021) Selon l’experte, la reproduction asexuée permettrait aux espèces de se multiplier plus vite. Les femelles peuvent se reproduire en se passant des mâles. Cependant, les espèces qui n’ont pas de relations sexuelles seraient plus enclines à avoir des mutations génétiques; ces changements dans leur ADN les rendraient plus faibles et finiraient par provoquer leur extinction. Elle explique comment les phasmes utilisent les deux modes de reproduction afin de faire perdurer leur espèce.

Crédit : Loïc Beauregard-Lefebvre

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Je me rends à l’Insectarium de Montréal. Un guide m’explique que les femelles vierges produisent des œufs qui, lorsqu’ils sont mûrs, deviennent à leur tour des femelles.  Lorsqu’un mâle vient s’accoupler avec une femelle, il n’y a que 50% de chances que les descendants de cette union soient des mâles. Un phasme femelle en captivité peut produire des centaines de descendantes sans jamais s’accoupler. En fait, il existe des espèces de phasmes pour lesquels les scientifiques n’ont jamais trouvé de mâles.

Pendant ce temps, un ami saisit ce moment. Il photographie la projection de l’assemblage de deux caméras sur le mur. Une caméra à l’intérieur et l’autre à l’extérieur du bocal. La photo capte le regard que je porte sur le phasme. C’est le point de vue du phasme qui compte. L’inversion du regard. 

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Dans Green Porno (2008), Isabella Rosselini interprète les rituels d’accouplement de divers insectes et animaux à partir de découpes en carton et de sculptures en mousse. Il s’agit d’une performance féministe qui utilise la figure de l’insecte pour remettre en question les pratiques normatives de l’hétérosexualité.

Crédit : xkcd

Je découvre aussi l’œuvre du dessinateur xkcd (2013) qui dépeint comment une orchidée capte la présence d’une abeille, dans son désir et sa mortalité. Malgré l’extinction de cette espèce d’abeille, elle cette dernière subsiste grâce à la fleur vivante qui prend la forme des organes érotiques de l’abeille femelle. L’abeille existe à travers la forme de la fleur qui l’imite, dans le corps de la fleur. Face à la disparition de ces abeilles, l’orchidée adopte une stratégie de survie : l’autopollinisation. La forme de la fleur est « une idée de ce à quoi ressemblait l’abeille femelle pour l’abeille mâle… telle qu’interprétée par une plante… le seul souvenir de l’abeille est une peinture d’une fleur mourante » (Haraway 2016, 69). L’incarnation de Rosselini et le dessin de xkcd représentent les insectes loin des métaphores anthropocentristes mentionnées ci-dessus. Dans l’inversion du regard et des corps, ces œuvres performent une autre forme de sexualité et de rituel de deuil. Elles mettent en scène les corps des insectes et leurs propriétés intrinsèques.

Dans un rituel pour passer de corps inceste à corps insecte, mon écriture traduit la parthénogénèse du phasme par l’auto-engendrement et ouvre à une symbiogenèse. L’auto-engendrement est ce « moment où l’œuvre est pensée elle-même comme puissance d’engendrement, comme le lieu de représentation, mais aussi d’effectuation, de la possibilité qu’aurait le sujet de se créer ou de s’inventer lui-même. Du dandysme baudelairien, en passant par le narrateur proustien qui enfante sa “vraie vie” dans la littérature, l’idée de création de soi dans et par l’art traverse la modernité esthétique » (Bernier 2012, 7). En d’autres mots, mon écriture pourrait prendre plusieurs formes comme une voix qui cherche à se donner naissance. Ce pourrait être la naissance de l’œuvre, de l’artiste ou du personnage à l’intérieur du récit. Dans mon écriture, cet avènement se rapproche du personnage de l’orphelin ou de l’adopté qui coupe toute ses filiations et en tisse de nouvelles. À mon sens, l’auto-engendrement est un fantasme humain que le phasme réalise : « fantasme de propriété par excellence puisqu’il s’agit de contenir la puissance à l’origine de sa propre production, de détenir toutes les places, en étant à la fois produit et producteur, créateur et créature, père, mère, fils et fille » (Bernier 2012, 10).

Si le phasme peut s’auto-engendrer, comment puis-je le faire moi aussi ? J’aimerais mettre en contraste l’autopoïese et l’autothéorie. Les deux propositions contiennent le préfixe « auto » et réfèrent à des systèmes centrés sur la subjectivité d’un individu. Qui ou quoi est inclut dans le préfixe « auto » ? L’autopoièse est un système autonome, similaire à l’auto-engendrement, avec des frontières spatiales et temporelles définies. Si j’admets que l’auto-engendrement est une utopie féministe, je peux néanmoins faire avec, faire parenté avec d’autres unités du vivant. Quelles sont les limites de l’individu? Peut-on penser une autothéorie en relation avec d’autres vivants?

La proposition de sympoièse de Donna Haraway, qui cite Beth Dempster, une biologiste américaine, me semble une avenue féconde. Une sympoièse est un système collectif sans « self-defined spatial or temporal boundaries » (Haraway 2016, 61). Comment se proclamer auto-théorie en relation avec le vivant ? Cela équivaut-il être en sympoièse ? Comment prendre en charge le spectre de la narration avec d’autres vivants ?

Bref, l’ébauche de ce cadre créatif et théorique serait de sortir du soi et de s’adresser à une autre forme de vie qui possède une autre subjectivité, celle-ci n’émanant pas du pur langage verbal.  De trouver des manières de dire et de s’écrire, d’énoncer au lieu de dénoncer. Avec la permutation des lettres s et c, on traverse deux postures d’écriture, on passe d’un corps inceste, auto-suffisant, à un corps insecte en symbiose avec son environnement. Le phasme existe pour ses propriétés de mimétisme et d’apparition, ainsi que son mode de copulation. J’ai tenté de faire le pont entre la littérature sur le trauma de l’inceste et le vivant.

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L’autothéorie m’amène à écrire dans une logique non-extractiviste. Je ne vais rien découvrir ni puiser. Je ne produis pas de la connaissance. Je fais avec mon matériel littéraire, je réponds à une communauté d’auteurices, mais qu’en est-il du reste du vivant ? Je m’engendre, m’auto-engendre, m’engendre avec, m’engendre comme des espèces autres qu’humaines. En quoi suis-je seule ?


Bibliographie

Bernier, Frédérique. 2012. Créatures : Figures esthétiques de lauto-engendrement, Québec : Éditions Nota Bene.

Caillois, Roger. 1960. Méduse et cie, Paris : Gallimard.

Delporte, Julie. 2022. Corps vivante, Montréal : Pow Wow. 

Didi-Huberman, Georges. 1998. Phasmes : essais sur l’apparition. Paris : Les Éditions de Minuit.

Dufresne, France. 2021. « Le phasme, cet insecte capable de se cloner ».

Moteur de recherche, OhDio, 26 octobre.

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/moteur-de-recherche/segments/chronique/376530/reproduction-assexue-sexue (Page consultée le 11 septembre 2024)

Fournier, Lauren. 2021. Autotheory as Feminist Practice in Art, Writing, and Criticism, Cambridge: The MIT Press.

Gervais, Bertrand. 2005. «Les phasmes de la fin. Anticipations, révélations et répétitions dans Le Petit Köchel de Normand Chaurette», Cahiers Figura, no. 12: 15-57.

Haraway, Donna J. 2016. Staying with the Trouble: Making Kin in the Chthulucene. Durham: Duke University Press.

Rossellini, Isabella. 2008. « Praying Mantis », Sundance TV, 11 août. 

https://www.youtube.com/watch?v=TKyg7pYEAoY (Page consultée le 11 septembre 2024)

Morizot, Baptiste. 2020. Manières d’être vivant. Paris : Actes Sud.

Zhong Mengual. Estelle. 2022. Peindre corps à corps. Paris : Actes Sud.

xkcd. 2013. « Bee Orchid », A webcomic of romance, sarcasm, math and language. No. 1259, en ligne, <https://xkcd.com/1259/> consulté le 18 octobre 2024.

Pour citer l’article :

Chen, Dédé. 2024. « Insecte-inceste: exorciser le trauma par phantasme de parthénogenèse », Postures, Dossier « Impostures », no. 40, En ligne https://revuepostures.uqam.ca/?p=9541 (Consulté le xx / xx/ xxxx).